Marc Maurette, né le à Paris et mort le à Paris Relevé des fichiers de l'Insee, est un acteur, un réalisateur, un scénariste et un producteur de cinéma français.

Biographie Marc Maurette est le fils du géographe et sociologue français Fernand Maurette, à cette époque surveillant à l'École normale supérieureArchives de Paris, acte de naissance n°548., et de Marie-Thérèse Dupuy, qui a dirigé l'École internationale de Genève.

En 1936, au moment du Front populaire, il est étudiant en droit à Paris et passionné de cinéma. Il devient stagiaire dans La vie est à nous de Jean Renoir, et se lie d’amitié avec Jacques Becker, assistant du film. Ce film est tourné à l'initiative du Parti communiste français pour la campagne électorale du Front populaire, avec des fonds recueillis à la suite des collectes effectuées au cours des meetings et avec la participation bénévole des techniciens et artistes.

Il suit alors les cours de Charles Dullin.

En 1937, il est documentaliste et script aux côtés de Becker sur le tournage du film de Jean Renoir La Marseillaise, qui sort l'année suivante dans les salles de cinéma.

En 1939, il fait son service militaire au Maroc, mais la Seconde Guerre mondiale, puis l'Armistice le démobilise.

De retour en France, il retrouve Jacques Becker, dont il devient l'assistant-réalisateur pour les films Dernier Atout, Goupi Mains Rouges et Falbalas, de 1942 à 1944.

En 1943, Marc Maurette rejoint le « Comité de salut public du cinéma français », fondé par les cinéastes résistants Jean-Paul Le Chanois, Jean Painlevé, Max Douy, Nicolas Hayer, René Houdet, Étienne Laroche et Jacques Lemare. Ce groupe constitue un réseau de défense du cinéma, majoritairement communiste, et qui s'organise dans la clandestinitéAlbert Montagne, Histoire juridique des interdits cinématographiques en France, 1909-2001, éditions L'Harmattan, Paris : 2007.

En 1944, lors de la Libération de la France, le « Comité de libération du cinéma français » (CLCF), qui regroupe plusieurs groupes et syndicats de la Résistance dans le cinéma français (allant des communistes aux gaullistes), en l’absence de Jean-Paul Le Chanois, décide de nommer le Pierre Blanchar président, Louis Daquin secrétaire général et Marc Maurette secrétaire adjointLaurent Marie, Le cinéma est à nous: le PCF et le cinéma français de la Libération à nos jours, éditions L'harmattan, Paris : 2005.

Marc Maurette devient ensuite secrétaire adjoint du syndicat des techniciens CGTPatricia Hubert-Lacombe, Le cinéma français dans la guerre froide: 1946-1956, éditions L'Harmattan, Paris : 1996.

En 1946, Marc Maurette lance l'opposition à l'accord Blum-Byrnes, qui réduit d'une façon drastique les projets cinématographiques français au profit du cinéma américain. Il organise l’engagement total du syndicat dans les « Comités de défense du cinéma » et dans le vaste mouvement d’opinion qui amène le Parlement à créer une loi d’Aide, la première au monde, sans laquelle le cinéma français aurait peut-être disparu.

Il fait partie du comité de direction de la Coopérative générale du cinéma français, qui produit notamment La Bataille du rail de René Clément et Voyage Surprise de Pierre Prévert.

Marc Maurette devient le trésorier du Syndicat des techniciens et rédige la Convention collective des techniciens du cinéma, qui est signée le . Il est membre également du Parti communiste français.

En 1947, il réalise Dernier refuge, adaptation d’un roman de Georges Simenon. À la même époque, il travaille avec Stellio Lorenzi.

En 1981, Marc Maurette rompt avec la CGT, en s'opposant à la Fédération du spectacle et la CGT, qui entendent faire adopter par le Syndicat des techniciens (SNTPCT) dont il est membre le concept d'« audiovisuel » confondant cinéma et télévision, ce qui ouvrirait la voie à la disparition de la convention collective de la production cinématographique et son absorption dans une « convention de l'audiovisuel », la fusionnant notamment avec les accords de l'audiovisuel public qui proposent des salaires significativement inférieurs. Il participe au maintien du Syndicat national des techniciens de la production cinématographique et de télévision, tel qu'il avait été fondé en 1937, et qui, dès lors, poursuit son action en tant que syndicat professionnel non affilié<ref>[http://sntpct.fr/pdf/Maurette_Marc_Lettre_ouverte_a_Rene_JANELLE_24_septembre_1981.pdf Lettre ouverte adressée par Marc Maurette au secrétaire général de la Fédération du Spectacle, diffusée en 1981 par le SNTPCT]</ref>1981: une recomposition syndicale dans l'audiovisuel et le cinéma, Samuel Zarka, le mouvement social n°268, Paris : 2019, 3è trimestreBref rappel de l'histoire du SNTPCT sur le site de ce syndicat.

Marc Maurette meurt le .

Filmographie Assistant réalisateur 1936 : La Vie est à nous de Jean Renoir 1938 : La Marseillaise de Jean Renoir 1942 : Dernier Atout de Jacques Becker 1943 : Goupi Mains Rouges de Jacques Becker 1943 : Le Colonel Chabert de René Le Hénaff 1945 : Falbalas de Jacques Becker 1949 : Alice au pays des merveilles (Alice in Wonderland) de Dallas Bower et Louis Buner (film d'animation 1950 : La Belle que voilà de Jean-Paul Le Chanois 1951 : La Taverne de la Nouvelle-Orléans de William Marshall 1952 : Le Carrosse d'or de Jean Renoir 1953 : Madame de... de Max Ophüls 1954 : Touchez pas au grisbi de Jacques Becker 1954 : Ali Baba et les quarante voleurs de Jacques Becker 1956 : Don Juan de John Berry 1958 : Tamango de John Berry 1958 : Chéri, fais-moi peur de Jack Pinoteau 1958 : Les Femmes des autres de Claude Barma 1959 : Faibles femmes de Michel Boisrond 1961 : Le Caporal épinglé de Jean Renoir 1962 : Le Procès d'Orson Welles 1963 : Le train de Berlin est arrêté téléfilm de Rolf Hädrich 1963 : Charade de Stanley Donen 1963 : La Tulipe noire de Christian-Jaque 1966 : Mademoiselle de Tony Richardson 1969 : Un château en enfer de Sydney Pollack 1971 : Les Mariés de l'an II de Jean-Paul Rappeneau

Directeur de production 1964 : La Chasse à l'homme d'Édouard Molinaro 1967 : Le Marin de Gibraltar de Tony Richardson 1968 : Une histoire immortelle d'Orson Welles 1969 : L'Escalier de Stanley Donen 1970 : La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil d'Anatole Litvak 1972 : Barbe bleue de Edward Dmytryk 1976 : Le Locataire de Roman Polanski 1976 : Noroît de Jacques Rivette 1978 : Ne pleure pas de Jacques Ertaud 1981 : La Peau de Liliana Cavani 1984 : Un amour de Swann de Volker Schlöndorff 1985 : Flagrant Désir de Claude Faraldo 1988 : Le Grand bleu de Luc Besson 1993 : Louis, enfant roi de Roger Planchon

Scénariste 1947 : Dernier refuge de Marc Maurette 1951 : L'Étrange Madame X de Jean Grémillon 1954 : Ali Baba et les quarante voleurs de Jacques Becker 1964 : La Nuit de feu de Georges Folgoas TV 1967 : L'Affaire Lourdes de Marcel Bluwal TV 1970 : Thérèse d'Avila de Jeannette Hubert TV

Réalisateur 1947 : Dernier refuge1953 : Horizons 1952-1953 coréalisé avec Robert Ménégoz 1957 : La Citadelle anéantie ou Citadela sfarîmata coréalisé avec Haralambie Boros 1961 : Le procès de Sainte-Thérèse de l'enfant Jésus coréalisé avec Guy Lessertisseur 1964 : Reflets (documentaire à propos de Paul Éluard) avec Jean Ferrat

Producteur 1949 : Alice au pays des merveilles de Dallas Bower 1977 : Le Diable probablement de Robert Bresson

Acteur 1958 : En votre âme et conscience : Le Troisième Accusé ou l'Affaire Gayet de Claude Barma 1974 : Une légende une vie: Citizen Welles, documentaire de Maurice Frydland (Marc Maurette dans son propre rôle) 1991 : Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax (Marc Maurette dans le rôle du juge) 1993 : Jean Renoir: Première partie - De La Belle Époque à la Seconde Guerre mondiale, documentaire de David Thompson (Marc Maurette dans son propre rôle)

Conseiller technique 1955 : Le Rendez-vous des quais de Paul Carpita 1951 : La Taverne de la Nouvelle-Orléans (Adventures of Captain Fabian), de William Marshall

À noter Marc Maurette et Marcelle Maurette ont travaillé ensemble sur le scénario du film L'Étrange Madame X'' de Jean Grémillon en 1951. Certaines sources confondent parfois Marc Maurette et Marcelle Maurette en tant que scénariste. Cette confusion est entretenue quand le patronyme n'indique que « M. Maurette » Enfin si d'autres sources confirment bien Genève comme lieu de naissance, quelques-unes indiquent comme dates de naissance et de décès (1880-1957), dates qui ne couvriraient qu'une partie de la filmographie de Marc Maurette.

Notes et références

Liens externes

Biographie de Marc Maurette

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