María Corina Machado Parisca (Prononciation en espagnol d'Amérique retranscrite selon la norme API.), née le à Caracas, est une femme politique vénézuélienne de droite voire d'extrême droite.

Figure de l'opposition au président Hugo Chávez, puis à son successeur Nicolás Maduro, elle crée en 2002 le mouvement Súmate, puis en 2012 le parti politique de droite radicale . Elle est députée élue dans la deuxième circonscription de l'État de Miranda, entre 2011 et 2014.

Se disant menacée, elle vit dans une semi-clandestinité depuis 2024, habitant un lieu tenu secret tout en continuant ses tournées dans le pays pour propager son message contre le pouvoir. Elle reçoit en 2024 le prix Václav-Havel de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et le prix Sakharov du Parlement européen, puis le prix Nobel de la paix 2025 le .

Biographie Enfance et études María Corina Machado Parisca naît le à Caracas, la capitale du Venezuela. Elle est l'aînée d'une famille de quatre enfants.. Son père, Henrique Machado Zuloaga, est un homme d’affaires, héritier d’une famille ayant fondé la compagnie d’électricité Electricidad de Caracas et les entreprises sidérurgiques (plus grand producteur d’acier privé du Venezuela) et (ancienne filiale de Sivensa, nationalisée en 2010). Sa mère, , est psychologue.

María Corina Machado fréquente une école catholique d'élite pour filles à Caracas et un pensionnat à Wellesley, dans le Massachusetts.. Dans une interview accordée au New York Times, elle qualifie sa jeunesse d'« enfance protégée du contact avec la réalité »..

Diplômée de l'université catholique Andrés-Bello en ingénierie et d'un master en finance de l', María Corina Machado commence sa carrière au sein de l'entreprise familiale avant de travailler avec sa mère dans un foyer pour enfants abandonnés.

Carrière politique Elle devient militante politique en 2002, en contribuant à la création d'un groupe de défense des droits des électeurs, Súmate.. Lors du coup d'État de 2002 – tentative avortée de destituer le président Hugo Chávez– Maria Corina Machado est présente au palais présidentiel lors de l'investiture du « président par intérim », le putschiste Pedro Carmona. Elle est signataire du « décret Carmona », qui dissout l'Assemblée nationale et destitue les responsables politiques élus..

vignette|George W. Bush accueille María Corina Machado dans le Bureau ovale, le . En 2004, elle réunit trois millions de signatures demandant le départ d'Hugo Chávez, ce qui conduit au , remporté par le président vénézuélien. En 2005, elle rencontre le président américain George W. Bush à la Maison-Blanche, le gouvernement des États-Unis se montrant déterminé à renverser le régime chaviste. Elle est ensuite accusée avec d'autres représentants de l'association Súmate de trahison pour avoir reçu des fonds de la part du National Endowment for Democracy (NED), une organisation américaine promouvant la démocratie libérale, et subit une interdiction de sortie du territoire.. Ces fonds ( US $) étaient destinés à favoriser la destitution du président Hugo Chávez lors du référendum.. Des menaces de mort sont proférées à l'encontre de sa famille, aussi envoie-t-elle ses enfants encore très jeunes chez sa mère qui vit aux États-Unis. vignette|gauche|María Corina Machado au Forum économique mondial (2011). En , elle quitte son poste à Súmate et annonce sa candidature à l'Assemblée nationale du Venezuela. Elle est élue députée en 2010 dans la deuxième circonscription de l'État de Miranda María Corina Machado fue la diputada electa con más votos en todo el país con el 85,28%.. Le , à l'Assemblée nationale et en direct à la télévision nationale, María Corina Machado lance une contre Chávez et le traite directement de voleur, affirmant que « exproprier, c’est voler »..

Lors des primaires de l’opposition de 2012, elle remporte 3,81 % des voix contre 64,33 % pour son adversaire Henrique Capriles. En 2012, son suppléant se retire de la Table de l'unité démocratique (MUD), coalition de partis d'opposition à Chávez, déplorant l'autoritarisme qui prévaut dans son fonctionnement interne et sa « déconnexion sociale »..

En , elle est destituée de son mandat pour avoir figuré dans la délégation d'un autre État, le Panama, devant l'Organisation des États américains, ce qui était interdit par la constitution vénézuélienne aux parlementaires. Elle est interdite d'entrée à l'Assemblée nationale le , ses partisans sont dispersés par les autorités à coups de bombes lacrymogènes tandis que sa destitution est confirmée par la Cour suprême : pour elle, cela constitue « une preuve qu'il y a une dictature au Venezuela, c'est un coup brutal porté à la Constitution »..

Elle lance en 2014, avec Leopoldo López, le mouvement « La Salida » pour promouvoir des manifestations contre le gouvernement de Nicolas Maduro, successeur d'Hugo Chavez, dont elle ne reconnaît pas l'élection.

Elle milite pour le boycott de l'élection présidentielle vénézuélienne de 2018, estimant que la participation aux élections tendait à légitimer un pouvoir autoritaire, et qualifie de « répugnante et indigne » la démarche de conciliation du candidat de l'opposition Henri Falcón.. À partir de 2019, elle soutient activement Juan Guaidó pour son accession à la présidence du Venezuela. vignette|gauche|Maria Corina Machado (à gauche) et Edmundo González Urrutia (). Le , elle remporte avec 93,13 % des voix., les primaires organisées par l'opposition en vue de l'élection présidentielle de 2024., renforçant par ce vote sa notoriété.. Cependant, le contrôleur général de la République, organe de surveillance des comptes publics, avait interdit en à Machado d’exercer toute fonction publique jusqu'en 2030., l'accusant de fraude fiscale et de soutenir les sanctions économiques imposées par les États-Unis au Venezuela. Le , le Tribunal suprême de justice interdit sa candidature et la rend inéligible.. Le , María Corina Machado annonce qu’elle est représentée par à la présidentielle du ., mais celle-ci est également interdite de se présenter. Finalement, Edmundo González Urrutia représente la Plateforme unitaire à cette élection, María Corina Machado lui apporte son soutien. Dans un sondage de l’institut Datincorp, réalisé en , il obtient 50 % des intentions de vote, contre 18 % pour le président Nicolas Maduro . Menacée dans son pays, María Corina Machado décide toutefois d'y rester mais d'y vivre dans une semi-clandestinité, habitant un lieu tenu secret tout en continuant ses tournées dans le pays pour propager son message contre le pouvoir..

Les autorités vénézuéliennes lui interdisent de rentrer au Venezuela après qu'elle se soit déplacée en Norvège pour y recevoir son prix Nobel. Elle décide alors de s'établir au Panama.'.. » Son parti Vente Venezuela a appelé en septembre 2026 à une mobilisation nationale qui a vu des centaines de personnes manifester pour demander son retour. Sa principale adjointe, Claudia Macero, est de son coté autorisée à rentrer au Venezuela.

Idéologie et prises de position Politique nationale Son programme économique est libéral, voire ultralibéral.. Elle projette de privatiser la compagnie pétrolière PDVSA, de déléguer l’exploitation du pétrole à des compagnies étrangères, et de favoriser l'enseignement privé.. Les journaux Monde diplomatique et L'Humanité situent Maria Corina Machado à l'extrême droite. Elle fait partie de la droite radicale selon Le Monde..

Elle apporte son soutien au coup d'État de 2002 au Venezuela contre Hugo Chavez, alors élu démocratiquement..

Tenante d'une ligne dure face au gouvernement vénézuélien, elle soutient les sanctions économiques prises par Washington contre le Venezuela. et plaide pour une intervention de l'armée américaine pour renverser le président Nicolás Maduro, ce que critiquent d'autres dirigeants de l'opposition.. Selon un sondage de Datanalisis réalisé en 2025, seuls 3 % des Vénézuéliens soutiennent une éventuelle intervention militaire des États-Unis.. Elle remercie, à l’antenne de Fox News en , Donald Trump pour les frappes dans la mer des Caraïbes et pour ses menaces militaires contre le Venezuela. Elle réitère cette position après l'enlèvement de Nicolas Maduro par les Etats-Unis en . Le président américain exclut toutefois après cette attaque de la placer à la tête du Venezuela, estimant qu’elle « ne [bénéficiait] ni du soutien ni du respect au sein de son pays ».

Politique internationale Amérique latine Elle apporte son soutien à Iván Duque lors de l'élection présidentielle colombienne de 2018, que celui-ci remporte. Elle est intervenue à ses côtés lors de meetings de campagne, affirmant que l'élection du candidat de gauche, Gustavo Petro, ferait prendre à la Colombie le même chemin que le Venezuela et Cuba.. Elle est signataire de la charte de Madrid lancée en 2020 par le parti d’extrême droite espagnol Vox, aux côtés notamment de Javier Milei ou José Antonio Kast, afin de rassembler les extrêmes droites d'Espagne et d’Amérique latine contre le « narco-communisme, la gauche et le crime organisé »...

Elle félicite Jair Bolsonaro pour son élection à la tête du Brésil en 2019, y voyant « une opportunité qui va bien au-delà des frontières du Brésil », ainsi que Javier Milei pour sa victoire à la présidentielle argentine de , la qualifiant de triomphe de la lutte pour le « changement » et la « liberté » en Amérique latine.. Elle soutient en 2026 les candidats d'extrême droite Abelardo de la Espriella et Keiko Fujimori à l'élection présidentielle de Colombie pour l'un et du Pérou pour l'autre.

Elle soutient l'annexion par le Venezuela de l'Essequibo, une région du Guyana, mais pas par la force militaire.. Elle accuse l'ancien président vénézuélien Hugo Chávez d'avoir « abandonné de manière irresponsable la récupération active de l'Essequibo pour des raisons purement politiques »..

Israël Elle soutient le « droit d’Israël à se défendre » lors de la guerre d'Israël à Gaza débutée en 2023, régulièrement considérée comme un génocide, et affirme que « le terrorisme doit être vaincu, quel qu'en soit le prix ».. Elle a des liens étroits avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qu'elle félicite pour « ses actions au cours de la guerre »., bien que celui-ci soit sous mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.. Son parti, Vente Venezuela, a signé en 2020 un accord d'association avec le Likoud..

Prix et distinctions 2018 : listée parmi les 100 Women par la BBC.. : prix Vaclav-Havel.. : prix Sakharov avec Edmundo González Urrutia, « pour leur lutte courageuse en faveur du rétablissement de la liberté et de la démocratie au Vénézuéla »... : prix Nobel de la paix..

Prix Nobel de la paix María Corina Machado reçoit le prix Nobel de la paix le , pour ses efforts .

Le , peu après l’annonce du prix, la lauréate publie sur le réseau social X :

Des analystes ont estimé que ce geste risquait d’accentuer la polarisation politique autour de sa figure, en l’associant davantage à la politique étrangère des États-Unis..

La Maison-Blanche a pour sa part affirmé dans un communiqué que le comité du Nobel de paix avait fait passer la « politique avant la paix » en attribuant la récompense à María Corina Machado plutôt qu’à Donald Trump, qui convoitait ouvertement ce prix. Le choix a en revanche été applaudi par nombre de chefs d’État, qui saluent le courage de la lauréate et voient dans cette distinction « un coup dur pour Nicolas Maduro ». Au Venezuela, sur les réseaux sociaux, les défenseurs de Nicolas Maduro ont attaqué le prix Nobel, « instrument de l’impérialisme occidental », tandis que les opposants sont divisés sur ce choix.