Baron Divavesi WaqaLe nom complet figure sur les résultats officiels des élections législatives de 2010, publiés par le gouvernement. « Baron » est un prénom, et non pas un titre., né le Fiche biographique, gouvernement de Nauru, est un homme d'État nauruan, président de la République du au . Durant ses six années à la tête de l'État, il est accusé avec son ministre de la Justice et numéro deux du gouvernement, David Adeang, d'une dérive autoritaire, réprimant l'opposition. Ayant perdu son siège de député aux élections législatives d'août 2019, il quitte le pouvoir.

Il est ensuite élu secrétaire général du Forum des îles du Pacifique, poste qu'il occupe depuis le "Baron Waqa begins role as Pacific Islands Forum secretary general", Radio New Zealand, 4 juin 2024.

Biographie Études et débuts en politique Après une licence en éducation à l'université du Pacifique Sud à Suva (Fidji), il obtient en 1993 un master en administration et politique d'éducation à l'université Monash à Clayton en Australie.

Député de la circonscription de Boe "Members of the 20th Parliament of Nauru", Parlement de Nauru depuis les élections législatives de 2003 "Baron Waqa named as new Nauru president", Radio Australia, 11 juin 2013, il siège sans étiquette comme ses collègues puisqu'il n'y a pas de partis politiques à Nauru "About Parliament", Parlement de Nauru.

Ministre (2003, 2004-2007) De juin à , il occupe une première fois les fonctions de ministre de l'Éducation sous le président Ludwig Scotty, jusqu'à ce que ce gouvernement éphémère soit démis par une motion de censure au Parlement. Il est membre de l'opposition sous la présidence de René Harris d' à et critique la gestion qu'opère le gouvernement Harris de l'économie nauruane "Down and Out?", Journeyman Pictures, juin 2004. Il est ensuite ministre de l'Éducation et de la Formation professionnelle, de la Jeunesse et des Travaux publics dans le nouveau gouvernement du président Ludwig Scotty, de à "ASSIGNMENT OF RESPONSIBILITY FOR THE BUSINESS OF GOVERNMENT", Government Gazette, 30 juin 2004. Dans le cadre d'une crise économique, il décide, de concert avec le gouvernement, que le ministère de l'Éducation accorderait la priorité au financement de la formation des enseignants plutôt qu'à la rénovation des locaux scolaires "Blighted isle", The Age, 19 avril 2005.

En 2005, il reconnait publiquement que « certains » des demandeurs d'asile (notamment afghans) détenus à Nauru pour le compte de l'Australie, dans le cadre de la solution du Pacifique introduite par le Premier ministre australien John Howard, « souffr[aient] réellement », ayant parfois été détenus pendant plus de trois ans dans l'attente du traitement de leurs dossiers par les autorités australiennes. Il exprime le souhait que ces personnes soient « bien traitées et que leurs dossiers soient examinés rapidement » "Blighted isle", The Age, 19 avril 2005.

Chef de l'opposition (2010-2011, 2012-2013) À l'issue des élections législatives de juin 2010, il devient chef de l'opposition au gouvernement de Marcus Stephen. En octobre, le gouvernement Stephen l'accuse, ainsi que les autres membres de l'opposition, d'avoir reçu des sommes d'argent de la part de la compagnie australienne Getax, acheteuse de phosphate nauruan, la seule exportation conséquente du pays. Le gouvernement, appuyé par des officiels australiens, accuse notamment Getax d'avoir financé la campagne électorale de l'opposition, dans l'espoir qu'un nouveau gouvernement signerait un contrat de vente de phosphate très favorable à Getax - contrat que le gouvernement Stephen avait refusé de signer. Les autorités nauruanes demandent et obtiennent que la police fédérale australienne enquête sur les relations présumées entre Getax et l'opposition parlementaire nauruane dirigée par Waqa. Interrogé par le journal The Australian, Waqa ne veut ni confirmer, ni infirmer l'affirmation selon laquelle Getax aurait financé la campagne de l'opposition, mais déclare : « Getax a toujours aidé Nauru. […] Getax est déçue de la manière dont ce pays est gouverné » "Nauru instability 'Aussie phosphate plot'", The Australian, 25 octobre 2010.

Le , Marcus Stephen démissionne mais il n'y a pas de changement de majorité et Frederick Pitcher est élu à sa succession. Waqa estime que la majorité présidentielle est fragile et que Pitcher pourrait être renversé par l'opposition "Nauru opposition remains confident it can unseat government", Radio New Zealand International, 10 novembre 2011. Le , Sprent Dabwido, député de la majorité, rejoint l'opposition, permettant à celle-ci de destituer le gouvernement Pitcher par une motion de censure. La nouvelle majorité accorde la présidence de la République à Dabwido, qui nomme Waqa ministre de l'Éducation, de la Santé et des Sports dans son gouvernement "New Nauru leader strong on government reforms", ABC Radio Australia, 17 novembre 2011. Le , toutefois, Dabwido limoge son propre gouvernement, l'accusant de ne pas soutenir ses projets de réforme constitutionnelle qui visent une plus grande stabilité politique. Il nomme un nouveau gouvernement composé de députés de l'opposition "Nauru President teams up with Opposition and names new Cabinet", Radio New Zealand International, 11 juin 2012. Waqa devient l'une des figures principales de l'opposition à ce gouvernement.

Président de la République (2013-2019) Peu après les élections législatives du 8 juin 2013, il obtient le soutien d'une majorité de députés qui l'élisent à la présidence de la République le par treize voix contre cinq pour Roland Kun "New Nauru President prioritises stable government", Radio New Zealand International, 11 juin 2013. Le , il se nomme ministre des Services publics, des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, du Changement climatique, de la Police, et des Services d'urgence dans son propre gouvernement "President Waqa names his cabinet", gouvernement de Nauru, 13 juin 2013.

Le gouvernement Waqa a été vivement critiqué par l'opposition pour ses actions perçues comme une entrave à la liberté de la presse et à l'indépendance de la justice. Durant l'été 2013, le gouvernement interdit aux médias de diffuser une interview du député d'opposition Mathew Batsiua, concernant les émeutes qui viennent d'avoir lieu dans les centres de détention de demandeurs d'asile, détenus à Nauru pour le compte de l'Australie "NAURU: Opposition interview on riot stopped, MP outraged over censorship", Pacific Media Centre, 29 juillet 2013. Début , le gouvernement multiplie par quarante les frais pour les demandes de visa des journalistes étrangers, les portant à $A 8 000 (€ 5 200), non remboursables. L'opposition et les organisations internationales des droits de l'homme, telles que Human Rights Watch, accusent le gouvernement de vouloir dissimuler les conditions de vie dans ces centres de détention "Dispatches: Foreign Journalists Aren’t Welcome in Nauru", Human Rights Watch, 10 janvier 2014. En également, le gouvernement Waqa expulse subitement le seul magistrat présent dans le pays, Peter Law (de nationalité australienne). Lorsque le juge en chef de Nauru, Geoffrey Eames (également de nationalité australienne) ordonne que Law soit autorisé à rester dans le pays, il se voit à son tour interdit de séjour. Eames dénonce une interférence politique dans le cours de la justice, puisque Law avait été sur le point de juger des demandeurs d'asile accusés d'émeute et de dégradation de leur centre de détention. L'opposition nauruane accuse le gouvernement Waqa de vouloir empêcher le fonctionnement de la justice après avoir muselé les médias locaux et empêché la venue de journalistes étrangers "Courts in crisis as Nauru sacks its only magistrate, bars Chief Justice", Islands Business, 20 janvier 2014. Simultanément, la compagne australienne du député d'opposition Roland Kun, ancien candidat à la présidentielle face à Waqa, voit son permis de séjour subitement révoqué par les autorités "Nauru MP says the treatment of his partner is a personal attack", Radio Australia, 22 janvier 2014. Quelques jours plus tard, la majorité parlementaire introduit une législation rétroactive permettant au gouvernement de déporter immédiatement et sans appel tout étranger présent dans le pays ; cette loi est alors appliquée à l'Australien Rod Henshaw, conseiller du gouvernement précédent, accusé lui aussi d'être trop proche de l'opposition. Le gouvernement a dès lors « le pouvoir absolu de déporter n'importe qui sans indiquer de raison et sans recours aux tribunaux » "Pacific Correspondent says Nauru situation not unique", Radio Australia, 30 janvier 2014 "Nauru passes law to allow deportation of Australian Rod Henshaw", Brisbane Times, 30 janvier 2014. Le , le juge en chef de Nauru, Geoffrey Eames, démissionne, accusant le gouvernement Waqa d'avoir violé la séparation des pouvoirs et l'indépendance de la justice "Nauru’s Australian chief justice resigns after ‘losing faith’ in the system", The Guardian, 12 mars 2014.

Le , sur proposition du ministre de la Justice David Adeang, le Parlement vote la suspension de trois députés d'opposition (Kieren Keke, Roland Kun et Mathew Batsiua), au motif qu'ils ont critiqué le gouvernement auprès des médias étrangers, et auraient ainsi nui à la réputation internationale du pays. Kieren Keke répond en accusant la majorité parlementaire de vouloir faire taire toute critique, et de dérive vers une dictature "Nauru Parliament erupts into chaos after opposition MPs suspended for speaking to ABC, foreign media", Australian Broadcasting Corporation, 14 mai 2014.

Pour l'année 2014, Freedom House note un net déclin des libertés à Nauru sous la présidence de Baron Waqa. L'organisation classe Nauru parmi les dix pays au monde ayant le plus régressé en matière de liberté "Freedom’s Biggest Gains and Losses in 2014", Freedom House. En matière de liberté de la presse, Freedom House rétrograde le pays du statut de « libre » à celui de « partiellement libre », dénonçant « les efforts du gouvernement pour restreindre la couverture des événements politiques », ainsi que l'impossibilité pour les journalistes étrangers d'enquêter sur le centre de détention australien sur l'île, ou de parler aux détenus "Freedom of the Press: Nauru", Freedom House.

En , la Australian Broadcasting Corporation (ABC) révèle que Baron Waqa, David Adeang et plusieurs autres députés les soutenant auraient reçu entre eux plusieurs centaines de milliers de dollars australiens en pots-de-vin de la part de la compagnie australienne de commerce de phosphate Getax en 2009 et en 2010. Ces sommes étaient destinées à les aider dans leur conquête du pouvoir, afin qu'ils mettent en œuvre des politiques favorables à Getax. Dans un e-mail consulté par la ABC, Adeang promet d'œuvrer pour que Getax obtienne le plein contrôle sur les réserves de phosphate de Nauru, qui était alors considérées comme un bien public "Nauru's president Baron Waqa and justice minister allegedly bribed by Australian phosphate dealer Getax", Australian Broadcasting Corporation, 8 juin 2015. Le , la ABC diffuse un reportage avançant des preuves de corruption à l'encontre de Waqa et d'Adeang ; la police fédérale australienne ouvre une enquête à l'encontre de la compagnie Getax "Nauru President and Justice Minister face bribery allegations involving Australian company" (vidéo), Australian Broadcasting Corporation, 8 juin 2015. C'est l'« affaire Getax ».