Dominique Venner, né le à Paris et mort le dans la même ville., est un essayiste et militant politique français d'extrême droite.. Auteur de textes racistes et antisémites, promoteur de thèses complotistes comme celle du grand remplacement, il publie des livres d'histoire sur la période allant de à , et notamment sur la révolution russe, les corps francs de la Baltique, la collaboration et la Résistance en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Sous-officier pendant la guerre d'Algérie, il milite dans les années 1950 à Jeune Nation, un groupuscule néofasciste, puis adhère à l'Organisation de l'armée secrète (OAS), organisation terroriste pro-Algérie française, et fonde dans les années 1960 Europe-Action, un groupe fascisant

Il contribue en à la fondation du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE) et crée la même année un éphémère Institut d'études occidentales.

Il se retire par la suite du militantisme politique pour se consacrer à l'écriture et à l'édition, en fondant et dirigeant successivement les revues Enquête sur l'histoire et La Nouvelle Revue d'histoire. Lauréat en du prix Broquette-Gonin de l'Académie française, il est également un spécialiste reconnu des armes, sur lesquelles il a écrit de nombreux ouvrages.

Il se suicide par arme à feu le devant le maître-autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Biographie Jeunesse et formation Dominique Venner est le fils d'Odette Manson et de Charles Venner, architecte, membre du Parti populaire français, qui a dirigé plusieurs sociétés immobilièresNotice biographique dans . et qui a notamment réalisé l'église Saint-Jean-Baptiste du Plateau d'Ivry-sur-Seine et l'église Sainte-Odile d'Antony.Dominique Venner étudie au collège Bossuet à Paris, à l' au Royaume-Uni, puis à l'École supérieure des arts modernes. Il se détourne alors du catholicisme et le rejette.

À 17 ans, , il s'engage à l'école militaire de Rouffach.

Guerre d'Algérie Volontaire pour la guerre d'Algérie, il est sergent au sein du de chasseurs à pied, et combat le FLN dans les montagnes près de la frontière tunisienne (à proximité de Tébessa, région du Constantinois) jusqu'en . Cette guerre, pour laquelle il est décoré de la croix du combattant, compte beaucoup dans sa formation.

À son retour en Métropole, c'est en constatant le soutien du Parti communiste français au FLN qu'il s'engage en politique.

Militantisme d'extrême droite

Jeune Nation Il entre au mouvement Jeune NationPierre Milza rattache le mouvement Jeune Nation au et au ., mouvement néo-fasciste dissous à deux reprises, très actif dans la défense de l'Algérie française.. Il prend part, à la suite de l'insurrection de Budapest, à la mise à sac du siège du PCF le , de la à la ... En , il participe avec Pierre Sidos au lancement de l'éphémère Parti nationaliste, et adhère également au Mouvement populaire du 13-Mai du général Chassin. Lors de la campagne des croix gammées de fin , les anciens membres de Jeune Nation sont soupçonnés d'y avoir contribué ; Dominique Venner, considéré comme , et les militants, racistes et antisémites, continuent de se réunir ; le , Venner ..

Organisation de l'armée secrète Il soutient le putsch des généraux d'. Il participe à la structuration de l'OAS-Métropole, branche de l'organisation terroriste pro-Algérie française, à la suite de quoi il est incarcéré dix-huit mois au quartier des détenus politiques de la prison de la Santé à Paris, de à .

À sa sortie de prison à l'automne , il essaie de prendre la tête de la Fédération des étudiants nationalistes (FEN) qui est une reviviscence de Jeune Nation, interdit par le gouvernement en .

Il écrit un manifeste intitulé Pour une critique positive , dans lequel, prenant acte de l'échec du putsch des généraux et du fossé existant entre et , il préconise la création d'une organisation , , . Dominique Venner entend alors incarner la formule de Charles Maurras :

Très influencé par Karl Marx et Lénine, il analyse le communisme non seulement comme un programme politique, mais aussi comme un mode d'organisation et une approche stratégique et tactique efficaces que les militants nationalistes doivent adopter, en se structurant intellectuellement et en menant le combat sur les plans idéologique et culturel, reprenant ici les analyses d'Antonio Gramsci. Il s’inspire également des luttes anticolonialistes et développe rapidement l'idée que les mouvements nationalistes européens doivent adopter la rhétorique des mouvements d'indépendance nationale. Critique envers le christianisme, Dominique Venner prône une réhabilitation des traditions et des identités, une défense des cultures face au melting-pot, et une valorisation élitiste de la force et de l'héroïsme.

Europe-Action En , il fonde, puis dirige, le journal et mouvement d'extrême droite fascisant Europe-Action qui rassemble, autour de convictions nationalistes et européistesPierre Milza présente Europe-Action comme affichant des . C'est pourquoi Pierre-André Taguieff le qualifie de ., d'anciens SS français, comme Pierre Bousquet, Jean Castrillo et Saint-Loup (pseudonyme de Marc Augier) ; l'auteur nordiciste et ethno-régionaliste Jean Mabire, qui se réclame de la SA, les sections d'assaut nazies. ; des membres de la Fédération des étudiants nationalistes ; des anciens membres de l'OAS-Métropole ; d'anciens intellectuels collaborationnistes comme Lucien Rebatet ; et de nombreux jeunes militants. Il crée aussi les Éditions Saint-JustLe choix du nom du révolutionnaire français s'expliquant par la volonté de se différencier de l'extrême droite catholique. , mises au service d'Europe-Action.

Europe-Action s'inscrit dans le sillage d'une extrême droite racialiste et néo-paganisante ; Venner est le défenseur d'une selon Stéphane François.. Dans le discours d'Europe-Action, l'exaltation de la nation se fonde sur des références à la culture et à la « race » ; la civilisation européenne est assimilée à « l'Occident », à une « race blanche supérieure », tandis que le métissage est présenté comme un ; l'histoire de l'Europe devient une . Aussi, le mouvement Europe-Action a-t-il été soupçonné de proximité avec le néonazisme. Le fait est, rappellent les politologues Stéphane François et Nicolas Lebourg, qu'Europe-Action comptait en son sein des Waffen-SS et avait présenté de manière élogieuse le Drame des juifs européens () de Paul Rassinier, l’un des principaux représentants du négationnisme en France.

GRECE En , Venner contribue à la fondation du GRECE : , suivi de la note 13 () indiquant que .. Il utilise aussi le nom « Jean Gauvin », ..

La même année , avec Thierry Maulnier, il crée l'Institut d'études occidentales. Il lui adjoint en la revue Cité-Liberté — Selon Pierre-André Taguieff., rassemblant plusieurs intellectuels (Robert Aron, Pierre Debray-Ritzen, Thomas Molnar, Jules Monnerot, Jules Romains, Louis Rougier, Raymond Ruyer, Paul Sérant) autour de l'anticommunisme, la lutte contre et pour L'Institut d'études occidentales se présentait comme un (cité par Pierre-André Taguieff dans ).. Après avoir organisé des colloques et publié sept numéros de Cité-Liberté, l'Institut disparaît en . La période de militantisme politique de Dominique Venner prend fin au cours des années 1965-1970.Dans , Jean-Yves Camus et René Monzat notent .Cf. présentation par l'éditeur du livre , ouvrage entièrement consacré à ses mémoires de militant, lesquels se concluent par le récit de la fin de l'Institut d'études occidentales (début des années 1970). Il note également, en post-scriptum de : .

Œuvre d'essayiste Il embrasse alors une carrière d'historien...., hors des cadres universitaires .. Parmi ses principaux ouvrages, on peut citer : Baltikum (), Le Blanc Soleil des vaincus (), Le Cœur rebelle (), Gettysburg (), Les Blancs et les Rouges (1997, Prix des intellectuels indépendants), Histoire de la Collaboration (), Histoire du terrorisme (). Son travail lui a valu les critiques d'un politologue, Gwendal Châton, selon lequel Dominique Venner instrumentaliserait . Son Histoire de l'Armée rouge obtient le prix Broquette-Gonin de l'Académie française en . Dominique Venner consacre également de nombreux livres aux armes et à la chasse, dont il était un spécialiste reconnu.

En , il reçoit le prix Renaissance des lettres..

En , sur les conseils de feu son ami François de Grossouvre (ancien résistant, spécialiste des services secrets, ami et conseiller de François Mitterrand), il publie une Histoire critique de la Résistance, qui insiste sur la forte présence d'éléments issus de la droite nationaliste au sein de la Résistance. Cependant, selon Bénédicte Vergez-Chaignon, le débat engendré par l'ouvrage sera limité par l'absence de jugement de l'auteur sur l'attitude du maréchal Pétain face à la Résistance..

Parmi ses derniers ouvrages, on notera en particulier Histoire et tradition des Européens (), dans lequel l'auteur propose le concept de « traditionisme » : la tradition conçue, non comme ce qui est commun à tous les peuples, comme c’est le cas chez René Guénon, mais comme ce qui fait à travers le temps leur singularité.

Il fonde en la revue Enquête sur l'histoire qu'il dirige jusqu'à sa disparition en . En , il fonde le bimestriel La Nouvelle Revue d'histoire. (rebaptisé temporairement La NRH en en raison d'une action en justice portant sur son titre) dans lequel écrivent des personnalités comme Bernard Lugan, Jean Tulard, Aymeric Chauprade, Alain Decaux, François-Georges Dreyfus ou Jacqueline de Romilly et dont il conserve la direction jusqu’à sa mort. Il participe également régulièrement sur Radio Courtoisie au Libre journal des historiens, émission qui s'appuie souvent sur le dernier numéro de La Nouvelle Revue d'histoire. À la suite de celle-ci, son travail est poursuivi par l'Institut Iliade, qui dit vouloir œuvrer .

Suicide vignette|Le Chevalier, la Mort et le Diable, d'Albrecht Dürer. Une estampe chère à Dominique Venner, mise en couverture de son ouvrage testamentaire : Un samouraï d'Occident.

Le , Dominique Venner déjeune avec quatre amis proches : Philippe Conrad, Bernard Lugan, Jean-Yves Le Gallou et Fabrice Lesade, leur demandant de créer ce qui deviendra l'Institut Iliade. Ensuite, vers , il se donne la mort par arme à feu devant le maître-autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris... Il aurait, d'après Patrick Jacquin, recteur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, laissé une lettre à destination des enquêteurs..

Il donne les raisons de son geste dans cette lettre. Dans un texte publié quelques heures auparavant sur son blog et intitulé « La manif du et Heidegger », il avait appelé à des actions ., expliquant que . Il y écrit que les manifestants contre le mariage homosexuel ne peuvent ignorer et que , le étant selon lui ., faisant ainsi référence aux thèses développées par Renaud Camus. Le Monde considère même, dix ans après son suicide, que le grand remplacement était .

Peu après l'annonce de sa mort, plusieurs personnalités de l'extrême droite française lui rendent hommage. Marine Le Pen écrit ainsi, sur Twitter : Bruno Gollnisch parle d'un , qui s'est donné la mort pour exprimer . En Italie, le mouvement néofasciste CasaPound colle sur les murs de plusieurs dizaines de villes des affiches où l’on peut lire ().. Un hommage public lui est rendu le à Paris, avec notamment une intervention d’Alain de Benoist.

Dans un ouvrage de , le sociologue Raphaël Liogier choisit Dominique Venner pour illustrer le paradoxe des intellectuels populistes : .. Le magazine Marianne lui consacre un article dans lequel il tisse un parallèle entre Mohamed Merah et lui, deux personnalités qui partagent, selon le magazine, ..

L'universitaire Magali Boumaza, dans un article de analysant la manière dont, dans les heures qui ont suivi sa mort, le site identitaire Fdesouche rapporte que ..