Ahmed Taleb Ibrahimi, né le à Sétif (Algérie française) et mort le à Alger (Algérie), est un médecin et homme d'État algérien.

Il occupe plusieurs fonctions ministérielles de 1965 à 1988, dont les Affaires étrangères de 1982 à 1988. Il a été président du parti Wafa non agréé et candidat à la présidentielle de 1999.

Biographie Ahmed Taleb Ibrahimi est le fils de Mohamed Bachir El Ibrahimi.

Il vit à Tlemcen de début 1933 à , avec une interruption entre et pour rejoindre son père en résidence surveillée à Aflou. Il est scolarisé à Dar El Hadith, la madrassa fondée par son père à Tlemcen, de 1943 à 1945, puis à l'école Maïmonide, un lycée privé juif de la casbah d'Alger, de 1945 à 1948 et à l'université d'Alger (d'abord en , puis en médecine), de 1949 à 1954. Il participe à la fondation de l'organe francophone de l'Association des oulémas musulmans algériens, le journal Le jeune musulman, qu'il anime de 1952 à 1954. Ce journal a pour mission d'éclairer la jeunesse algérienne. Plusieurs personnalités l'aident dans son travail comme Ahmed Taoufik El Madani, Mostefa Lacheraf, Malek Bennabi, Mohand Cherif Sahli et Amar Ouzegane.

En 1954, il s'inscrit en année à la faculté de médecine de Paris, où il passe avec succès le dernier examen théorique en . En France, il milite pour la fondation de l'Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA). Ahmed Taleb Ibrahimi préside l'UGEMA du au , date à laquelle il rejoint le comité fédéral de la fédération de France du FLN. Au sein de cette dernière, Ahmed Taleb est chargé de la liaison avec Alger, Tunis, Le Caire et Rabat. Le , il est arrêté par la Direction de la Surveillance du territoire (DST) dans l'appartement de Brahim Sidi Ali Mebarek au 10 bis rue Anatole-de-La-Forge, où il a rendez-vous avec Mohamed Lebjaoui (arrêté quelques minutes plus tard), Salah Louanchi (arrêté le lendemain) et Taïeb Boulahrouf. De ce fait, il n'honore pas son rendez-vous avec Jean-Marie Mayeur, prévu le même jour. Après vingt-quatre heures dans les locaux de la DST, rue des Saussaies, et une nuit au dépôt de la Conciergerie, il est écroué le à la prison de Fresnes. Le , il est transféré à la prison de la Santé. En , il est renvoyé à Fresnes. Le , Le Monde publie une tribune de Claude Roy exigeant sa libération. Le , après quatre ans et demi de détention provisoire, il est libéré. Au lieu de se rendre à Poitiers, ou il est assigné à résidence, il est pris en charge par les réseaux de soutien du FLN, qui l'exfiltre vers Tunis, via Bruxelles, Düsseldorf, Cologne et Genève.

Lors du mandat du président Ahmed Ben Bella, il est arrêté à la suite des déclarations de son père, il reste huit mois en prison. Il est libéré après le coup d'État du 19 juin 1965.

Au temps du président Houari Boumédienne et de Chadli Bendjedid, Il est ministre au gouvernement algérien notamment à l'Éducation (1965-1970), à l'Information et à la Culture (1970-1977) et aux Affaires étrangères (1982-1988). De 1977 à 1982, il occupe la fonction de ministre-conseiller auprès des présidents Boumediène et Bendjedid, un poste créé sur mesure, comme il l'explique dans ses mémoires. En effet, le président Boumèdiene instaure cette fonction suite au refus d'Ahmed Taleb Ibrahimi d'être ministre de la Justice. Il est connu pour être un défenseur de la langue arabe et de l'islamISM qu'il voulut considérer comme principaux référents identitaires en Algérie.

Malgré son retrait du scrutin, il arrive deuxième de l'élection présidentielle algérienne de 1999, remportée par Abdelaziz Bouteflikahttp://www.joradp.dz/Jo8499/1999/029/FP3.pdf. Pour l'élection présidentielle algérienne de 2004, après le rejet de sa candidature, il apporte son soutien à Ali Benflis.

Le , il appelle, conjointement avec Ali Yahia Abdennour et Rachid Benyelles, à déclarer l'état d'incapacité du président Bouteflika, victime d'un AVC.

Le , dans le contexte manifestations de 2019 en Algérie, il appelle, conjointement avec Ali Yahia Abdennour et Rachid Benyelles, à reporter l'élection présidentielle algérienne de 2019, et à lancer un dialogue entre l'armée et les représentants des manifestants pour mettre en place une transition. Le , Taleb Ibrahimi appelle à l'application des articles 7 et 8 de la Constitution, et au respect de la au détriment de la . En , il refuse de faire partie du panel de dialogue mis en place par le pouvoir.

Le , plusieurs personnalités, dont l'ancien chef du gouvernement Ahmed Benbitour, l'ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Taleb Ibrahimi, l'ancien ministre de la Culture Abdelaziz Rahabi et l'ancien ministre de l'Éducation Ali Benmohamed, de même que les avocats Ali Yahia Abdennour et Abdelghani Badi, et les universitaires Nacer Djabi et Louisa Dris-Aït Hamadouche, appellent à , avec des mesures d'apaisement, d'ouverture démocratique, au départ des dignitaires du régime, ainsi qu'à la tenue de la présidentielle après un dialogue.

Le , 19 personnalités, dont Taleb Ibrahimi, l'opposant Mostefa Bouchachi, Ali Benmohamed, Abdelaziz Rahabi, Ali Yahia Abdenour, Ahmed Benbitour, Abdelghani Badi, ainsi que Nacer Djabi et Louisa Dris-Aït Hamadouche, appellent à ne pas empêcher ceux qui veulent voter de le faire..

Le , il reçoit la visite du président Abdelmadjid Tebboune où ce dernier a évoqué la question . Ibrahimi a exprimé puis indique un communiqué de la présidence.

Ahmed Taleb Ibrahimi meurt le à l’âge de 93 ans à Alger. Il est inhumé le jour même au cimetière de Sidi M'hamed.

Prises de position Défenseur du nationalisme algérien, Ahmed Taleb Ibrahimi affirme que contrairement à ce que d'autres ont affirmé, la population algérienne n'est pas composée d'Arabes et de Berbères mais est issue du brassage ethnique entre les deux groupes..

Publications

Notes et références Note

Références

Voir aussi Articles connexes Ahmed Taoufik El Madani

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