La Vieille Major est l’ancienne cathédrale de Marseille. Elle a été édifiée à partir du à l’emplacement d’une première église qui datait du .

Historique Implantation du christianisme à Marseille

La ville antique de Marseille comprenait une ville haute où se trouvait l'Acropole et une ville basse. La redécouverte des vestiges des remparts qui ont défendu la ville contre les légions de César a montré que la ville avait une superficie supérieure à 50 hectares. La ville de Marseille avait des contacts avec la Méditerranée orientale, donc avec les premiers chrétiens, comme l'a montré la découverte d'une épitaphe à FORTVNATVS et VOLVSIANVS avec un symbole chrétien qui ont subi le supplice du feu datant du . L'église de Marseille a dû commencer à exister au . Oresius est le premier évêque certain, cité dans des documents quand il participe au concile d'Arles, en 314.

Au début du , l'évêque de Marseille Proculus s'oppose à Aix-en-Provence au sujet de l'implantation du siège métropolitain qui était devenu la métropole de la Narbonnaise seconde, et à Arles dont le pape Zosime avait fait, en 417, la primatie de la Viennoise et des deux Narbonnaises.

Première cathédrale et baptistère

Jean-Maurice Rouquette suppose que la première cathédrale a été construite à cette époque, en adoptant une implantation identique à celle de la cathédrale d'Arles : à l'intérieur des remparts, mais assez éloignée du centre administratif. La cathédrale Notre-Dame a été construite à l'ouest de la ville, près l'anse de l'OurseMarc Bouiron, Lucien-François Gantès, La topographie initiale de Marseille, , dans Actes du colloque de Marseille, Aix-en-Provence, 2001 (lire en ligne) et de la Porta Gallica ouverte dans les remparts nord.

L'emplacement de la première cathédrale est connu par celui de son baptistère, désigné au sous le nom d'église Saint-Jean-Baptiste. Les vestiges de ce baptistère ont été retrouvés au , puis redécouverts en 1850 pendant les travaux de construction de la nouvelle cathédrale par Espérandieu. Ces fouilles ont montré que c'était le plus grand baptistère de Provence, avec un diamètre intérieur de 22 mètres. Ce baptistère est resté en usage jusqu'au . Une étude de François Roustan montre qu'il se trouvait à l'emplacement du collatéral droit de la nouvelle cathédrale.

Après les invasions du et les occupations de la région par les Wisigoths, les Burgondes, les Ostrogoths de Théodoric, les Francs, les Sarrasins et les Lombards, la ville a connu une récession et s'est repliée sur la colline Saint-Laurent. La cathédrale a peut-être été abandonnée et l'évêque s'est réinstallé dans l'abbaye Saint-Victor.

Deuxième cathédrale

En 977, sous l'épiscopat de Pons , fils du vicomte Guillaume de Marseille et de son neveu Pons II, la Major est rétablie. L'enceinte de la ville est relevée. La construction de la cathédrale est achevée entre 1050 et 1073. L'église du est remplacée au .

Troisième cathédrale

La cathédrale est entièrement reconstruite au milieu du . Construite en pierre rose de La Couronne, selon un plan en croix latine, la cathédrale romane est un très bel exemple d'architecture romane provençale. Elle comprend un chœur à abside, avec des absidioles et des bas-côtés. Elle est voûtée en berceau, avec une coupole octogonale sur trompes à la croisée du transept et une demi coupole sur l'abside heptagonale en cul-de-four. Le clocher n'a été édifié qu'au . Entre le et le , une travée est ajoutée, avec une travée transversale sur la face nord.

Le décor de l'ancienne cathédrale est composé essentiellement de l'autel de saint Lazare, (), en marbre de Carrare, sculpté de 1475 à 1481 par Francesco Laurana. Il est situé dans le croisillon nord du transept, qui présente une arcature jumelée de style Renaissance, une des premières manifestations de ce mouvement en France. Dans la chapelle Saint-Sérénus, on trouve, outre l'autel-reliquaire de Saint-Sérénus en marbre (), un bas-relief en faïence d'une déposition de croix - La mise au tombeau - attribué à l'atelier du sculpteur italien Luca della Robbia (fin -début ).

Les lambris de revêtement du chœur et la chaire en bois de cette cathédrale ont été achetés en 1794 par l'armateur italien Luigi Oxilia, pour les sauver des révolutionnaires qui voulaient les brûler, et transférés à la basilique San Nicolo à Pietra Ligure (SV) Italie.

La destruction de l'ancienne cathédrale de la Major, qui s'étendait jusqu'au bord de mer, est décidée en 1852 pour permettre la construction de la nouvelle cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Marseille. Louis Napoléon Bonaparte pose la première pierre de la nouvelle cathédrale. Mais, les protestations en 1853 de la Société française pour la conservation des monumentsNote de M. Durand, , dans Bulletin monumental, Société française d'archéologie, 1853 lire en ligne), et la pression de l'opinion populaire permettent de la sauver de la destruction totale et de conserver ce qui en subsiste après le début des travaux : le chœur et une travée. Elle est donc amputée de deux travées. Elle est déclassée en église paroissiale lors de la construction de la nouvelle cathédrale, et reste affectée au culte jusque dans les années 1950.

En 1994, de lourds étais en bois sont apposés contre l'édifice pour maintenir ses murs porteurs. L'intérieur de l'église est étayée lors des travaux de construction du tunnel de la Major qui s'achèvent en 2002. En 2009, le maire Jean-Claude Gaudin ordonne le retrait des étais en bois en vue du lancement d'un projet de rénovation pour préparer Marseille-Provence 2013. Il est également question de rénover l'autel de saint Lazare, et de rénover les galeries de 300 mètres qui courent sous l'édifice. L'appel d'offres concernant le suivi archéologique des travaux de confortement des structures de la Vieille Major est lancé en 2015. En , des travaux de renforcement des fondations démarrent avec un budget d'un million d'euros.

Plus précisément, ces travaux rencontrent le problème des charges excentrées sur plusieurs piles, de la quasi inexistence de fondations, et de la faiblesse du sol d'assise. La rénovation prévoit la mise en place d'un faîtage et la pose de tirants au niveau de la croisée du transept. Le sol d'assise de l'abside est renforcé par un système d'inclusions. Trois piles de la croisée du transept sont reprises.

Protection

La Vieille Major fait partie des 934 monuments historiques classés dans la liste des monuments historiques protégés en 1840. Les bâtiments et sols formant l'ensemble cathédral Sainte-Marie-Majeure, avec les éléments et vestiges qu'ils renferment, à l'exception de la Vieille Major déjà classée, font l'objet d'une inscription par arrêté du .

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie (liste non exhaustive)

, dossier PACA.

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Articles connexes

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Liens externes

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