Héraklion (du ), ou Iráklio (en , ), appelée anciennement Al Ḫandaq () par les Arabes, Candie () ou Megálo Kástro ()Sur une carte française du , Héraklion est nommé « Mation » : cf. Το Ηράκλειο και η νομαρχία του, Héraklion, 2005, p.46., est une ville grecque située sur la côte nord, au centre de l'île de Crète. Elle est le chef-lieu du dème d'Héraklion, du district régional d'Héraklion, et la capitale de la périphérie de Crète, mais aussi celle du diocèse décentralisé du même nom.
Présentation Au recensement de 2021, la population est de , et de en considérant toute l'agglomération. La ville couvre une surface de . C'est le chef-lieu de la périphérie (région administrative) de Crète (), le chef-lieu du district régional d'Héraklion () et le chef-lieu du dème d'Héraklion ().
Géographie Situation Héraklion est située approximativement au milieu de la côte nord de l'île de Crète, qui s'étend sur 250 kilomètres de long et 70 kilomètres de large. Héraklion est située dans une plaine côtière, devant une zone vallonnée fertile, en bordure d'une baie de la mer Égée, à environ quatre kilomètres au nord des ruines du palais minoen de Knossos. La Crète et donc Héraklion sont une destination touristique très fréquentée d'avril à octobre. Héraklion est distant de 130 kilomètres de La Canée, 75 kilomètres de Réthymnon, 60 kilomètres d'Agios Nikolaos, 90 kilomètres d'Ierapetra et 120 kilomètres de Sitía. Climat Héraklion possède un climat méditerranéen très net. L’hiver est doux et humide, la température minimale moyenne est de et la température maximale moyenne est de . L'été est chaud et sec, la température minimale moyenne est de et la température maximale moyenne est de . La pluie tombe principalement en hiver et les chutes de neige sont inexistantes. Le vent souffle souvent (nord-ouest).
MoisJanFévMarAvrMaiJuiJulAoûSepOctNovDécMaximum [°C]15,11517,820,123,527,229,629,727,223,920,416,5 Minimum [°C] 9,3 8,6 10,5 12,5 15,5 19,4 22,6 22,7 20,2 17,4 13,9 11 Précipitations (mm) 97,4 85,1 27,5 27,5 10,6 0,1 0,7 2,7 13,7 35,4 62,9 110,8 Record [°C] 24 28 33 37 38 46 41 40 39 36 31 27 Source weatheronline.grTempératures enregistrées entre janvier 2000 et décembre 2008 Subdivisions administratives Quartiers
Agia Aikaterini () Agia Irini Chryssovalantou () Agia Marina () Agia Triada () Agios Ioannis () Agios Ioannis Chostos () Analipsi () Atsalenio () Bedevi () Chanioporta - Porte de la Chanée () Chryssopigi () Dilina () Estavromenos () Filothei () Fortetsa () Giofyro () Ilioupoli () Kainourgia Porta - Nouvelle porte () Kamaraki () Kaminia () Katsabas () Kipoupoli () Knossos () Kommeno Bedeni () Lido () Mastabas () Messambelies () Papa-Titou Metochi () Pateles () Poros () Therissos () Tria Pefka () Tris Vagies ()
Banlieue
Agía Iríni () Agia Marina () Ammoudara () Amnisos () Athanati () Dafnés () Finikia () Gazi () Giofyrakia () Karteros () Kavrochori () Néa Alikarnassós () Skaláni () Stavrákia () Syllamos () Vasilíes () Voútes () Xirokambos ()
Histoire
Antiquité
Époques archaïque, classique et hellénistique La ville d'Héraklion fut fondée à l'époque archaïque, elle tire son nom du héros grec Héraclès, auquel les Crétois avaient voué un culte en ce lieu. Si l'emplacement du sanctuaire d'Héraclès est encore inconnu aujourd'hui, les diverses fouilles montrent que la cité à l'époque archaïque n'était pas très étendue : on a retrouvé des traces d'occupation datant de cette époque dans le quartier de la ville environnant le musée archéologique. Les textes antiques évoquant Héraklion sont peu nombreux : Strabon (Géographie X, 476, 7) dit ceci : « Knossos a pour port Héraklion » ; Pline l'Ancien (Histoire naturelle IV, 12, 59) évoque lui aussi la cité comme l'extension maritime de Knossos ; Claude Ptolémée (Géographie III, 15, 4, 5) lorsqu'il énumère les cités du nord de la Crète parle d'Héraklion ; sous le règne de Dèce (249-251 ), un des dix saints martyrs de l'Église de Crète, répondant au nom d'Euarèstos, a pour lieu de naissance la ville d'Héraklion. Le territoire de la cité a semble-t-il très peu évolué au cours de l'époque classique et hellénistique. Cnossos demeure la plus grande cité du centre nord de la Crète jusqu’à la fin de l’époque romaine.
Périodes romaine Heracleium n'était, sous la domination romaine, qu'un petit port de la province de Crète et Cyrénaïque dont la capitale était Gortyne sur la côte sud de la Crète antiquePtolémée, 3.17.6 ; ce port était également connu sous le nom dHeracleia<ref>Strabon, pp. 476, 484, et Stadiasmus Maris Magni pp. 348-349.</ref>. Stéphane de Byzance mentionne simplement la ville comme qu'il énumère. Bien que les notices ecclésiastiques ne fassent aucune mention de ce lieu comme siège d'un évêque, on trouve pourtant parmi les signataires des actes du Deuxième concile de Nicée, aux côtés d'autres prélats crétois, Cornel, Crète Sacrée vol. IV. p. 254..
Moyen Âge
Première période byzantine Il n'y a pas de discontinuité politique entre l'Empire romain et l'Empire dit byzantin mais on fait conventionnellement débuter la « période byzantine » en 395 et, en Crète, la « première période byzantine » dure jusqu'en 824. C'est pendant cette époque que s'opère la christianisation de l'île. Héraklion, alors nommé Kastro (le château, en ), ne joue durant cette première période byzantine qu'un rôle très secondaire ; sur l'île, les centres politiques et religieux sont, comme à l'époque romaine, Cnossos et Gortyne. Pendant cette première période byzantine, Héraklion, comme d'autres villes de Crète, est plusieurs fois pillée par les pirates.
Occupation arabe Occupé en 824 par des rebelles maures expulsés d'abord de l'émirat de Cordoue par Al-Hakam , puis d'Alexandrie, qu'ils avaient conquise en 818, le Kastro byzantin est renommé El Khandak (en arabe, خندق). Ce terme qui signifie « fossé », tire son origine du fossé défensif creusé pour défendre la cité.
Jusqu'en 961, la ville se développa grâce à la piraterie contre l'Empire byzantin, car les Arabes qui l'occupaient ne dépendaient d'aucune autre faction du monde musulman et par conséquent ne se souciaient pas de diplomatie.
Cette activité leur coûta néanmoins l'indépendance et bien plus, puisqu'après onze mois de siège, en 961, le général byzantin Nicéphore Phocas, futur Empereur, reconquit la ville, la pilla, massacra l'ensemble des Arabes, et la réduisit en cendres.
Deuxième période byzantine
Occupation vénitienne thumb|La forteresse vénitienne. En 1204, les Vénitiens achetèrent l'île de Crète à Boniface de Montferrat et ils modifièrent le nom arabe de la capitale crétoise El Khandak en Candie (Candia en italien), nom qu'elle conserva dans la diplomatie européenne jusqu'en 1898. Les Vénitiens améliorèrent grandement ses fortifications et sont encore visibles le rempart qui fait par endroits quarante mètres d'épaisseur et la forteresse protégeant l'entrée du port.
Temps modernes
Occupation ottomane
Le , après vingt-deux ans de siège, probablement le plus long de toute l'Histoire, qui coûtèrent la vie à Crétois et Ottomans, l'amiral vénitien Francesco Morosini se rendit à l'Ottoman Ahmed Koprolu, et la ville passa sous domination ottomane.
Époque contemporaine Jusqu'en 1898, ce fut surtout une place forte (les Ottomans la nommaient Kandiye, les Grecs Megálo Kástro-la grande forteresse) et son activité économique déclina, au profit de La Canée. Il fallut donc attendre l'indépendance de la Crète sous l'égide de la communauté internationale pour relancer le tout.
Depuis l’autonomie Après le rattachement de la Crète à la Grèce en 1913, la population crétoise composée principalement de Turcs et de Grecs ne changea guère jusqu'en 1922. Après la « Grande Catastrophe », en Asie mineure, en 1922, fut décidé l'échange de population entre Grecs d'Asie et Turcs (principalement les turco-crétois). La population musulmane de l'île fut ainsi obligée de partir, vidant Héraklion et sa région de près de la moitié de sa population. L'installation des Micrasiates, Grecs d'Anatolie, a posé cependant de nombreux problèmes d'intégration — les Crétois acceptant mal l'arrivée de cette population aux mœurs différentes des leurs. Selon les registres de la ville, réfugiés d'Asie mineure ont été enregistrés à Héraklion entre le et le Evgenia Lagoudaki-Sasli, "Τo eidikon prosfygôn", Patris - 24 juillet 2003.. À cette importante population s'ajoute celle venue de la mer Noire, évaluée pour la municipalité d'Héraklion à .
En 1941, la ville est envahie par les troupes aéroportées () de l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale (nom de code opération Merkur) .
Administrations Héraklion accueille l'ENISA (acronyme anglais de European Network and Information Security Agency soit l'Agence de l'Union européenne pour la cybersécurité). vignette|centré|upright 3.5|Vue panoramique de Héraklion.
Culture, curiosités touristiques thumb|Port d'Héraklion. thumb|Église Sainte Catherine, métochion du monastère Sainte-Catherine du Sinaï. thumb|Loggia vénitienne.
L'urbanisme d'Héraklion est éclectique. Au centre de la ville se côtoient églises byzantines, palais vénitiens, fontaines turques, bâtiments néoclassiques et immeubles de béton construits dans les années 1950. Détruite à plusieurs reprises, notamment en et durant l'occupation de la Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale, Héraklion a eu les pires difficultés à gérer son développement. Pendant la junte militaire, des bâtiments vénitiens pourtant dans un état parfait ont été rasés au profit de promoteurs amis des dirigeantsΤο Ηράκλειο και η νομαρχία του, Héraklion, 2005, p.115-116.. La notion de patrimoine architectural n'est entrée que très récemment dans la mentalité hérakliote.
La préparation des Jeux olympiques d'été de 2004Plusieurs matchs de football, dont la demi-finale, se sont déroulés à Héraklion. et l'accession à la mairie de Giannis Kourakis ont énormément fait évoluer le paysage urbain d'Héraklion. Une partie du centre-ville est désormais piéton, les câbles électriques et téléphoniques sont systématiquement enterrés. Un effort considérable a été fourni pour améliorer le cadre de vie citadin.
Monuments et sites protohistoriques
Palais de Cnossos
Palais d'Archánes
Mont Gioúchtas
Monuments byzantins Église d’Agía Ekateríni.
Monuments vénitiens
Vieux port Il y subsiste quelques éléments de l'arsenal vénitien, dont la forteresse d'Héraklion.
Église Saint-Marc Elle sert aujourd'hui de pinacothèque municipale.
Monastère Saint-Pierre-et-Saint-Paul Il date du . Il se trouve à côté de l'Église Saint-Pierre-des-Dominicains.
Église Saint-Tite Elle fut construite à l'époque byzantine puis profondément remaniée au par les Vénitiens.
Loggia vénitienne vignette|Une cour intérieure de la loggia vénitienne d'Héraklion. Octobre 2016. Quatre loggias se sont succédé au même endroit. Celle qui accueille, aujourd'hui, le conseil municipal, date de 1628.
La Candie vénitienne Elle était réputée pour son système d'approvisionnement en eau (aqueducs) et les nombreuses fontaines érigées par les familles aristocratiques de la ville.
Les fontaines
La fontaine Bébo Krini Bebo, .
La fontaine Morosini Krini Morozini, .
La fontaine Sagredo Krini Sagredo, .
La fontaine Priuli Krini Priouli, .
Monuments modernes Place de la Liberté (Platia Eleftherias, ), centre de la vie des Hérakliotes.
Musées thumb|upright 0.8|Déesse aux serpents minoéenne.
Musée archéologique d'Héraklion