Balassagyarmat ( ; ; ) est une localité hongroise située dans le comitat de Nógrád.

La ville est située sur la rive gauche de l'Ipoly qui délimite la frontière entre la Hongrie et la Slovaquie. Une ville fait vis-à-vis à Balassagyarmat, sur la rive droite de l'Ipoly, il s'agit du village slovaque de Slovenské Ďarmoty (en hongrois: Tótgyarmat). Ce village faisait partie de la ville de Balassagyarmat avant le Traité de Trianon.

Au , Balassagyarmat absorbe plusieurs localités voisines : Újkóvár, Patvarc (rattaché entre 1973 et 1992) et Ipolyszög (rattaché entre 1973 et 2006). Seul Újkóvár reste aujourd’hui un quartier de la ville.

Nom et attributs Toponymie Après la conquête de la plaine de Pannonie, la tribu hongroise des Gyarmat s'installe dans la région où se trouve la ville actuelle de Balassagyarmat, ce dont témoigne le toponyme « Gyarmat », auquel s'est ajouté ultérieurement le nom de ses principaux seigneurs, la famille Balassa, à partir du . Héraldique Les armoiries de Balassagyarmat sont l'un des principaux symboles de la ville. Ses éléments iconographiques renvoient à l'histoire locale, en particulier à la forteresse de Gyarmat et à la famille Balassa, qui a donné son nom à la ville.

Les premières représentations connues du blason remontent au début du , époque à laquelle de nombreuses constructions publiques arborèrent les armes de la ville. Ce blason portait déjà les motifs fondamentaux : la bande d'argent (ou fasce ondée), la forteresse d'argent et un heaume sommé d'un aigle.

En 1969, comme dans plusieurs autres villes hongroises, le blason fut modifié dans le cadre de la politique symbolique du régime socialiste : seul le bouclier fut conservé, la forteresse désormais dorée fut surmontée d'une étoile rouge. Cette version resta en usage jusqu'en 1996.

La municipalité adopta alors un nouveau règlement sur les symboles de la ville, et le blason fut redessiné en s'inspirant des armoiries historiques de la famille Balassa.

Le blason est un écusson en forme de bouclier moderne à pointe, de gueules (bleu) à une terrasse de sinople (vert), chargé d'une forteresse d'argent (blanche) à trois tours crénelées, composées de dix rangées de briques. La terrasse est divisée par une fasce ondée d'argent, symbolisant la rivière Ipoly.

Au-dessus de l'écu figure un heaume d'argent ouvert, tourné vers la droite, surmonté d'une couronne. Le cimier est un aigle d'argent aux ailes déployées, tourné vers la droite.

Sous l'écu se trouve un listel d'or portant en lettres capitales antiques la devise « CIVITAS FORTISSIMA • BALASSAGYARMAT », conférée par l'Assemblée nationale en 1920 en hommage au soulèvement de 1919.

Site et localisation Topographie et hydrographie Balassagyarmat se situe dans la moyenne vallée de l'Ipoly (Középső-Ipoly-völgy), dans une vallée fluviale en terrasses.

À proximité immédiate de la ville se trouvent les lacs de Nyírjes, couvrant une superficie de . À l'entrée est se trouve la colline de Springa, longtemps exploitée pour l'agriculture, et en cours de reboisement depuis 1992. Son nom provient de l'un des anciens grands propriétaires fonciers locaux. Géologie et géomorphologie La région est constituée de cuvettes d'effondrement récentes, comblées, délimitées au sud par les collines de Terény et au sud-est par celles de Szécsény. Le socle, formé de schistes cristallins carbonifères, est recouvert de marnes argileuses d'époque oligocène, elles-mêmes surmontées de terres brunes (barnaföld), type de sol dominant autour de Balassagyarmat.

Climat Balassagyarmat bénéficie d'un climat continental tempéré, caractérisé par des hivers froids et des étés chauds. Les températures moyennes minimales descendent jusqu'à −6 °C en janvier et février, tandis que les maximales hivernales restent proches de 2 à 4 °C. Le printemps apporte une hausse progressive des températures, atteignant en moyenne 23 °C en mai. Les mois les plus chauds sont juillet et août, avec des maximales moyennes respectives de 28 et 27 °C, et des minimales autour de 13 à 14 °C.

Les précipitations sont relativement modérées tout au long de l'année, avec un pic en été : elles culminent à un peu plus de 80 mm en juillet, tandis que les mois les plus secs, comme janvier, mars ou octobre, reçoivent autour de 30 à 31 mm. L'automne est marqué par une baisse progressive des températures, avec des maximales tombant à 9 °C en novembre, avant d'atteindre à nouveau 2 °C en décembre.

Ce climat, typique de la plaine du nord de la Hongrie, résulte de l'influence continentale, avec des écarts thermiques marqués entre l'hiver et l'été, et une pluviométrie modérément concentrée entre mai et août.

Aires faunistiques et floristiques vignette|La zone naturelle protégée de Nyírjes.À l'entrée ouest de la ville s'étend la zone naturelle protégée d'Égerláp, qui est aménagée en sentier pédagogique. La zone naturelle protégée de Nyírjes, au sud de la ville, est connue pour ses étangs de pêche, ses forêts humides, son jardin botanique et son parc animalier.

Histoire Le site de Balassagyarmat est occupé depuis la préhistoire en raison de sa situation géographique favorable. Des traces d'habitat remontant au Chalcolithique (âge du cuivre) y ont été identifiées.

La première attestation écrite de la ville remonte à 1244. Le château-fort, construit après l'attaque du royaume de Hongrie par les Tatars, constitue le noyau de la ville. Il s'agissait à l'origine d'un poste de surveillance établi après le passage des Mongols.

Aux et s, le château et les terres qui l'entouraient étaient la propriété de la famille Balassa. À partir du , le nom de la ville reflète cette possession. Le nom allemand de la ville (Jahrmarkt) ne prit cependant pas ce préfixe familial.

En 1437, la ville reçoit le droit de marché (Marktrecht en allemand, mezővárosi jog en hongrois). Les Ottomans s'emparent de la ville en 1552. À la suite des combats, toute la région est dépeuplée. En 1593, les troupes turques se retirent après avoir incendié la forteresse. L'ultime occupation ottomane remonte à 1663 ou 1665, date à laquelle la forteresse est détruite par explosion. De nouveaux colons n'arrivent qu'au . Les murs de la ville sont reconstruits ; leurs ruines sont encore visibles dans la rue Bástya.

vignette|Márk Rózsavölgyi, « père du csárdás ».Après l'expulsion des Turcs, la ville se repeuple rapidement grâce à sa situation géographique favorable, au croisement d'importants axes commerciaux reliant les villes minières de Haute-Hongrie à la grande plaine. Plusieurs communautés commerçantes s'y installent, notamment des Serbes, des juifs et des Souabes du Danube. Leur présence est encore visible aujourd'hui à travers l'église serbe et le cimetière juif. C'est de cette communauté juive qu'est issu Márk Rózsavölgyi, figure majeure du genre verbunkos, surnommé le « père du csárdás ».

vignette|L'ancien comitat de Nógrád s'étendait entre la Hongrie et l'actuelle Slovaquie, de part et d'autre de la rivière Ipoly, désormais cours d'eau frontalier entre les deux pays.En 1790, la ville devient la capitale du comitat de Nógrád. Le siège de l'administration comitale est installé dans une ancienne caserne, remplacée en 1835 par un nouveau hôtel du comitat.

vignette|Balassagyarmat au .Balassagyarmat connaît un développement important durant la période des réformes du . Sa population atteint à la fin de cette période. La ville joue un rôle administratif et commercial majeur, tout en voyant se construire plusieurs équipements (palais de justice, hôpital, bains publics, écoles, galerie municipale...). Parmi les architectes notables ayant marqué la ville figurent Gyula Wälder, Alfréd Hajós et Dezső Magos.

Lors de la révolution hongroise de 1848, un comité municipal est constitué très tôt (le ), et des troupes de la garde nationale sont levées dans la journée. Plusieurs figures littéraires ou politiques hongroises ont séjourné ou exercé à Balassagyarmat, dont Sándor Petőfi, Imre Madách et Jenő Komjáthy.

Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreux habitants sont envoyés sur le front de l'Est, notamment en Pologne. Un monument aux morts leur rend hommage sur la place des Héros.

En janvier 1919, des habitants de la ville repoussent la garnison tchécoslovaque et reprennent le contrôle de Balassagyarmat. L'événement est connu sous le nom de Csehkiverés (« expulsion des Tchèques ») ou soulèvement de Balassagyarmat et vaut à la ville le titre de Civitas Fortissima (« la plus brave des villes »), inscrit sur ses armoiries.

vignette|La synagogue de Balassagyarmat sur une carte postale de 1927.Le , environ 3000 juifs de Balassagyarmat et des localités voisines sont enfermés dans un ghetto, puis déportés à Auschwitz les 11 et .

En 1945, une commission de répartition des terres est créée à Balassagyarmat. Elle attribue des parcelles à plus de familles. En 1950, le siège administratif du nouveau département de Nógrád est transféré à Salgótarján, bien que le conseil comital ait été initialement installé à Balassagyarmat jusqu'en 1952. La réforme territoriale de 1950 entraîne des transferts de localités, notamment vers le département de Pest, modifiant l'équilibre démographique et géographique du département de Nógrád.

Si elle perd alors son statut de chef-lieu, la ville conserve des fonctions administratives importantes : elle abrite encore aujourd'hui le tribunal comital et le parquet, ce qui est exceptionnel pour une ville non préfecture. Elle est, avec Gyula, l'une des deux seules villes de Hongrie dans ce cas.

Durant les décennies suivantes, Balassagyarmat joue un rôle de centre local dans l'administration territoriale. Elle est chef-lieu de district jusqu'en 1983, puis devient le centre de la zone urbaine environnante (1984–1990), avant de devenir à nouveau le centre du district à partir de 2013.

En 1973, la ville est marquée par une prise d'otages dramatique : deux jeunes hommes, András Pintye et László Pintye, prennent les résidentes d'un internat féminin en otage dans une tentative de fuite à l'étranger.

Population Tendances démographiques La population de Balassagyarmat a connu une croissance continue entre le et la fin du . Comptant environ en 1785, la ville franchit le seuil des 10 000 habitants au début du , portée par son développement administratif, économique et ferroviaire. Le maximum démographique est atteint en 1990, avec près de 19 000 habitants. Depuis lors, la population est en déclin modéré mais régulier, passant sous les 16 000 habitants après 2010. Cette baisse s’explique notamment par les dynamiques de dépeuplement des petites villes de province, le vieillissement démographique et une moindre attractivité résidentielle face aux pôles urbains régionaux plus dynamiques.

Tendances sociologiques Minorités culturelles et religieuses Lors du recensement de 2022, la population de Balassagyarmat se composait à 91,5 % de Hongrois, 1,4 % de Roms, 0,4 % de Slovaques, 0,4 % de personnes d'origine allemande, 0,1 % de Roumains, 0,1 % d'Ukrainiens et 2,9 % d'autres nationalités. 8,3 % des habitants n'ont pas souhaité répondre à cette question.

Sur le plan religieux, 45,9 % des habitants se déclaraient catholiques romains, 5,6 % évangéliques, 2,0 % réformés, 0,2 % catholiques gréco-catholiques, 0,1 % israélites et 1,8 % chrétiens d'autres confessions. Par ailleurs, 7,7 % se déclaraient sans affiliation religieuse et 35,6 % n'ont pas répondu à la question.

Extermination des juifs de Balassagyarmat durant la Seconde Guerre mondiale

La présence juive à Balassagyarmat remonte à environ six siècles. Dès le , la communauté est l'une des plus importantes de la région, voire du pays. Elle joue un rôle majeur dans le développement économique de la ville, notamment dans le commerce. Au milieu du , près de 40 % de la population est de confession israélite, ce qui témoigne de son poids démographique et culturel.