, né le dans l'arrondissement de Sakyō de la ville de Kyoto, est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ) puis du Parti démocrate progressiste (PDP), partis qu'il a successivement présidés du au et du au , faisant de lui le chef de l'opposition parlementaire pendant ces périodes. Le , il quitte le PDP afin d'engager les démarches pour adhérer au Parti de l'espoir fondé un mois plus tôt par le gouverneur de Tokyo Yuriko Koike.

Membre du lobby ouvertement révisionniste Nippon Kaigi, il est connu pour ses positions plutôt pro-américaines et dures à l'égard de la république populaire de Chine en politique étrangère, sa volonté de réformer la Constitution pacifique du Japon afin de reconnaître au pays le droit à l'auto-défense collective et son réformisme administratif porté essentiellement vers la lutte contre la multiplication des grands travaux publics. Il est l'interlocuteur de plusieurs personnalités réformatrices du Parti libéral-démocrate, dont surtout Shinzō Abe, Shigeru Ishiba ou Yuriko Koike, et est un opposant au sein de son propre camp à Ichirō Ozawa jusqu'à la dissidence de celui-ci en 2012. Il dit admirer Ryōma Sakamoto, un des précurseurs de la révolution Meiji, et cite comme devises personnelles : « remplis la mission de ta vie » et « la sincérité fait se mouvoir les cieux ».

Il est élu à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète (ou parlement), depuis 1993, d'abord pour l'ancien (de 1993 à 1996) puis pour la nouvelle (depuis 2000) de sa préfecture natale, et entre-temps à la proportionnelle pour le bloc législatif de Kinki (de 1996 à 2000). Il est ministre du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme et ministre d'État pour Okinawa et les Territoires du Nord du au , ainsi que pour la Gestion des catastrophes du au , dans les 93 et Cabinets du Japon dirigés successivement par Yukio Hatoyama puis Naoto Kan. Le , à l'occasion du premier remaniement du gouvernement Kan, il devient ministre des Affaires étrangères, et le reste jusqu'au . Plus tard, le , il réintègre le Cabinet du Japon, désormais dirigé par Yoshihiko Noda, en tant que ministre d'État chargé des Politiques nationales, océaniques, économiques et fiscales, scientifiques et technologiques, nucléaires et spatiales.

Origines et formation (1962-1991)

Des origines modestes (1962-1981)

Seiji Maehara est le deuxième enfant et le fils unique d'une famille à l'origine relativement modeste vivant dans l'arrondissement de Sakyō, au nord-est de Kyoto. Ses parents sont originaires de la ville de Sakaiminato à l'extrémité ouest de la préfecture de Tottori. Son père travaille auprès du tribunal familial de Kyoto, tandis que sa mère est mère au foyer. Seiji Maehara a suivi l'ensemble de sa scolarité et de ses études, d' à , dans sa ville natale.

Après sa sortie de l'école élémentaire municipale Shūgakuin située à Sakyō, il passe l'examen d'entrée de l'établissement secondaire privé Tōdaiji Gakuen, lié au Tōdai-ji, de Nara. Cependant, la situation financière de la famille et le fait que sa mère ne veuille pas dissocier l'éducation de ses deux enfants (sa sœur aînée ayant déjà réalisé ses années de collège dans le public, tandis que le Tōdaiji Gakuen est une compagnie scolaire strictement réservée aux garçons) pousse celle-ci à le dissuader de s'y inscrire. Il fréquente donc le collège (de 1975 à 1978, situé dans l'arrondissement de Kita) puis le lycée (de 1978 à 1981, à Fushimi) liés à la faculté pédagogique de l'Université d'éducation de Kyoto, où sa sœur l'avait précédé « 前原誠司国交相、父が自殺していた! (Le père du ministre du Territoire Seiji Maehara s'est suicidé », Ameba, 20/10/2009 . Il développe durant ses années de secondaire une passion pour les mathématiques, et suit d'ailleurs des cours du soir dans un juku (ou institut privé spécialisé extra-scolaire) afin de devenir mathématicien R. YOSHIDA, « DPJ security advocate bridges internal, LDP gaps », The Japan Times, 19/06/2003. Il joue également dans les équipes de baseball de ses établissements scolaires (il est resté fan de ce sport, supportant l'équipe des Hanshin Tigers d'Ōsaka, comme son futur professeur à l'université, Masataka Kōsaka). Ferrovipathe depuis son adolescence, il a notamment gardé de cette époque une passion pour la photographie des trains (tout particulièrement des vieilles locomotives à vapeur).

Le suicide de son père en 1976, alors qu'il est en deuxième année du collège et n'a que 14 ans, plonge la famille dans une situation financière et sociale beaucoup plus difficile. Élevant désormais seule ses deux enfants, sa mère, Kiyoko Maehara, se met à travailler pour une entreprise du bâtiment. Pour sa part, Seiji Maehara réussit, par ses résultats scolaires, à obtenir une bourse pour le lycée et l'université M. SANCHANTA, Y. HAYASHI, « Official Takes Throttle in JAL Filing », The Wall Street Journal, 19/01/2010.

Des études en sciences politiques (1981-1991)

Bien qu'ayant adolescent envisagé de s'orienter vers les mathématiques, Seiji Maehara décide de reprendre l'héritage professionnel de son père en s'engageant dans des études juridiques. Après sa sortie du lycée en , il échoue dans un premier temps au concours d'entrée de la faculté de droit de l'université de Kyoto. Il passe alors une année en tant que rōnin (étudiant recalé à l'examen d'une université qui travaille seul afin de retenter sa chance l'année suivante). Il est alors particulièrement marqué par la lecture de de Masataka Kōsaka, un professeur de l'université de Kyoto spécialiste des questions de sécurité en Asie et de la politique étrangère du Japon depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale « 運命の高坂正堯『国際政治』との出会い (Le destin à la rencontre de la Politique internationale de Masataka Kōsaka) », blog officiel de Seiji Maehara.

Il intègre finalement la faculté de droit de l'université de Kyoto en , s'inscrit aux cours de sciences politiques internationales de Kōsaka et finit par rejoindre le séminaire d'étude dirigé par ce dernier. Envisageant à l'époque de devenir diplomate ou universitaire, il en est dissuadé par son professeur, devenu son véritable mentor, qui lui conseille plutôt de s'orienter vers la politique. Les travaux et la pensée de Kōsaka vont d'ailleurs fortement influencer sa propre action politique. Il cite ainsi avoir reçu un triple héritage idéologique de la part de son ancien professeur : tout d'abord l'amélioration de la gestion des relations entre les États-Unis et le Japon afin d'éviter les difficultés qui les ont traversées (notamment les différends commerciaux des années 1980 et 1990) ; le changement de l'interprétation de la Constitution du Japon, et tout particulièrement de son Article 9, afin de reconnaître au pays le droit d'avoir recours à une auto-défense collective (à savoir assurer la sécurité de l'archipel par la coopération, notamment avec les États-Unis mais aussi à l'échelle asiatique, en contrepartie d'une intervention directe du Japon dans des opérations internationales sous couvert uniquement de l'ONU) ; et enfin, en dehors des seuls domaines des affaires étrangères et de sécurité, l'idée que le financement par l'État d'importants travaux publics (un des piliers de l'« État construction », ou dokken kokka, mis en place par les gouvernements d'après guerre dominés par le PLD, que ses défenseurs présentent comme le moyen de maintenir le développement économique des régions et tout particulièrement des zones rurales, mais source pour ses détracteurs de clientélisme, de corruption, de déficit public et de dégradation des paysages) limite sa capacité à devenir une puissance moderne « 前原誠司の「直球勝負」(41) ~ ダム建設は、一旦すべてを凍結すべきだ~ » ("L'approche directe" de Seiji Maehara, n°41 - Nous devons temporairement gelé toute construction de barrage), blog officiel de Seiji Maehara, 19/10/2007 .

Ayant obtenu son en , il est introduit par Kōsaka auprès d'un de ses anciens étudiants entré en politique, le conseiller métropolitain de Tōkyō Hiroshi Yamada, qui le fait entrer en avril suivant à l'Institut Matsushita de politique et de management. Cette grande école privée fut créée en 1980 par le fondateur de Panasonic Konosuke Matsushita afin de préparer les membres de l'élite japonaise (politique, économique, financière, culturelle et intellectuelle) du à travers des classes restreintes (moins d'une dizaine d'étudiants par promotion) et un enseignement drastique, tant physique qu'intellectuel et psychologique. Cette institution insiste tout particulièrement sur la réduction du poids de l'administration d'État, la nécessité de rendre celui-ci plus transparent et la lutte contre la corruption. Membre de la (1987-1991), il y fréquente notamment trois autres futurs parlementaires démocrates : Kōichirō Genba, Kōichirō Katsumata et Hisashi Tokunaga.

Les débuts politiques : du local au national (1991-1996)

Élu gouvernemental de Kyōto (1991-1993)

Tout juste sorti de l'Institut Matsushita, il est élu le comme indépendant à l'Assemblée gouvernementale (ou préfectorale) de la préfecture de Kyōto, pour son arrondissement natal de Sakyō. Sa candidature est tout particulièrement soutenue bénévolement par des étudiants de l'Université de Kyōto, dont le campus est situé dans l'arrondissement, dont Keirō Kitagami, lui-même futur député du PDJ (et au sein de ce dernier un partisan de Maehara). À 29 ans, il est alors la plus jeune personne à avoir jamais été élue dans cette assemblée (ce record est battu en 2007 par un candidat de 26 ans).

En , à l'instar d'autres anciens élèves (tous ayant 35 ans ou moins) de l'Institut Matsushita, dont Hiroshi Yamada, Yoshihiko Noda, Hiroyuki Nagahama, Shinji Tarutoko ou Hiroshi Nakada, il rejoint à sa formation le Nouveau parti du Japon (NPJ) de l'ancien gouverneur de Kumamoto Morihiro Hosokawa. Cette formation réformatrice de centre droit réunit alors des dissidents du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice) majoritaire choqués par les scandales politico-financiers qui le touchent depuis la fin des années 1980, et plusieurs jeunes élus locaux de tendance libérale (dont Maehara) attachés à des réformes structurelles (la décentralisation, la dérèglementation et des privatisations) et à une transformation des pratiques politiques (avec surtout la lutte contre la corruption et contre la collusion entre hommes politiques, hauts fonctionnaires et milieux d'affaires, ainsi que pour une plus grande transparence dans le processus de décision).

À l'approche des élections du pour le renouvellement de la moitié des sièges de la Chambre des conseillers (la chambre haute de la Diète), il mène campagne (sans être lui-même candidat) dans les régions de Kinki et Shikoku pour la liste présentée par son nouveau parti dans la circonscription nationale. Il se prépare pour sa part pour les prochaines élections législatives.

L'arrivée à la Diète et la succession des partis (1993-1996)