Créophylos de Samos (en grec ancien / Kreốphulos, parfois francisé en Créophyle) est un poète grec archaïque, originaire de l'île de Samos, contemporain d'Homère, soit du
Il serait l'auteur de poèmes cycliques : Une Minyade ou PhocaïdeGustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Hachette, 1876, 560 . ; Une Prise d'Œchalie, évoquant les conflits entre Héraclès et Eurytos, le père de Iole dont Sophocle s'inspira pour ses TrachiniennesR. Pignarre, note sur la traduction française des Trachiniennes .« Comme il n'y a presque aucun point de l'histoire de la Grèce qui ne fournisse matière à contestation, les Thessaliens prétendent qu'Eurytion, lieu de désert, fut jadis une ville appelée Échalie ; de leur côté les Eubéens, placent Échalie dans leur île, et Créophyle dans son Héracléide est d'accord avec eux. » IV, 2.. D'un poème sur le meurtre des enfants de Médée par un proche de Créon, lorsque la magicienne se fut enfuie, après avoir empoisonné le roi de CorintheLouis Séchan, « La Légende de Médée », dans Revue des études grecques, 40, 1927 ..
Platon se moque de son nom au Livre X de La République600b en y associant les mots viande ( : chair, viande) et tribu () et semble en faire peu de cas« Non, Socrate, on ne dit rien de pareil d’Homère. Créophyle, son compagnon, a dû être encore plus ridicule pour ses mœurs que pour le nom qu’il portait. On dit en effet qu’Homère, pendant sa vie même, fut étrangement négligé par ce personnage. » , X, 600b .
La tradition en fait un proche d'Homère dont il aurait été un rival, un disciple voire son gendre« Le nom de Créophyle se compose des mots viande et race. Il paraît qu’il circulait dans l’Antiquité des traditions peu honorables pour ce personnage, auxquelles Platon fait ici allusion. Il en est parvenu jusqu’à nous quelques-unes, fort incohérentes, sur ses relations avec Homère, soit comme son gendre ou son hôte, soit comme ayant reçu en don un de ses poèmes, qu’il aurait, après la mort de l’auteur, publié sous son propre nom. Voyez Fabricius, Bibl. Gr., I, 4. » Victor Cousin, notes sur la République de Platon, Ray et Gravier éditeurs, Paris, 1834 William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and mythology (1870). Une tradition ancienne veut qu'il ait accueilli Homère chez lui« Je suis l’œuvre du Samien qui reçut jadis dans sa maison le divin aède, et je chante Eurytos, ses malheurs, et la blonde Ioleia. Je passe pour un poème d’Homère : par Zeus, pour Créophylos, ce n’est pas un mince éloge! » Callimaque, Épigrammes, 60 , XIV, 1, 18 et qu'un poème de Créophyle ait été attribué à Homère.
Ses descendants restèrent connus à Samos, ils conservaient des textes anciens (notamment d'Homère« Ce fut là vraisemblablement qu’il (Lycurgue) connut, pour la première fois, les poèmes d’Homère, qui étaient conservés par les descendants de Créophyle » Plutarque, Vie des hommes illustres : Lycurgue, 85 ) et Pythagore aurait eu un de ses descendants ou disciple pour enseignantPythagore « suivit les leçons (...) de Léodamas, disciple de Créophyle ; lequel Créophyle passe pour avoir été l'hôte d'Homère et son rival en poésie. » (Apulée, Florides, II, 15 )« Il eut pour maître, ainsi que nous l'avons dit, Phérécyde de Syros, après la mort duquel il alla à Samos entendre Hermodamas, petit-fils de Créophylos, déjà vieux alors. » , VIII, 1 - Pythagore
Notes
Voir aussi Prise d'Œchalie
Catégorie:Poète de la Grèce antique Catégorie:Littérature grecque archaïque Catégorie:Mythologie grecque dans la littérature antique Catégorie:Cycle troyen Catégorie:Poète grec du VIIe siècle av. J.-C. Catégorie:Poète grec du VIe siècle av. J.-C.