L'Étoile cachée (ou L'Étoile voilée de nuages ; en bengali মেঘে ঢাকা তারা Meghe Dhaka Tara) est un film indien de Ritwik Ghatak sorti en 1960. Il traite du drame des réfugiés du Bengale oriental, à la suite de la partition, en , de l'ancien empire des Indes sous domination britannique, en deux États indépendants : le Pakistan et l'Inde.

Synopsis Après la Partition des Indes, une famille de réfugiés du Bengale survit misérablement à la périphérie de Calcutta. Le père, instituteur à l'origine, est paralysé par une fracture et ne peut plus travailler. La fille aînée, Nita, qui donne des cours particuliers et tente simultanément de continuer ses études, est la seule à ramener un peu d'argent à la famille. Alors que Sanat est amoureux d'elle, elle renonce à l'épouser pour continuer à assurer la subsistance de ses proches. C'est finalement sa sœur cadette qui s'unit à Sanat. Le fils cadet, ouvrier d'usine, est victime d'un terrible accident du travail. Nita se démène pour sauver son frère, qui sera heureusement guéri… mais elle ressent bientôt les symptômes d'une tuberculose avancée. Shankar, le frère aîné, devenu une vedette célèbre, lui assure un séjour en montagne, mais il est déjà trop tard...

Fiche technique Titre original : Meghe Dhaka Tara Titre français : L'Étoile cachée (titre alternatif : L'Étoile voilée de nuages) Réalisation : Ritwik Ghatak Scénario : R. Ghatak d'après une nouvelle de Shatkipada Rajguru Photographie : Dinen Gupta - noir et blanc, 35mm Montage : Ramesh Joshi Musique : Jyotirindra Maitra Production : Chitrakalpa Durée : Langue : bengali Pays de production : Date de sortie : Année de sortie en France : 1990 Genre : Drame historique

Distribution artistique Supriya Chowdhury : Nita Anil Chatterjee : Shankar Gita Dey : la mère Gita Ghatak : Gita Bijan Bhattacharya : Taran, le père Dwiju Bhawal : Matu, le jeune frère Niranjan Roy : Sanat

Autour du film L'Étoile cachée est le premier film d'une trilogie consacrée au drame causé par la partition de l'Inde, tragédie qu'a vécue personnellement Ritwik Ghatak. Les deux autres œuvres, réalisées dans un ordre successif, sont Mi bémol (Komal gandhar, 1961) et La Rivière Subarnarekha en 1962.

L'Étoile cachée fut, à vrai dire, l'unique réalisation, parmi les huit longs métrages de Ritwik Ghatak, à obtenir un notable succès commercial (les gains du film furent réinvestis dans la production de Subarnarekha).

Les films de Ritwik Ghatak - ceux de la trilogie, en particulier - demeurent marqués par le sceau de l'exil dont, suivant l'expression de Charles Tesson, celui-ci en a édifié Ce programme étant fondé autour des notions Raymond Bellour, Le film qu'on accompagne in : Ritwik Ghatak - Des films du Bengale, L'Arachnéen, Paris, 2011.

Au désarroi engendré par l'exil, s'ajoute, pour chacun d'entre eux, les réalités imminentes d'une misère croissante qu'il faut surmonter au prix Jacques Lourcelles, Dictionnaire du cinéma - Les films, Robert Laffont.

La fille aînée, Nita, en est la victime sacrificielle. Mais, si celle-ci accepte, momentanément, de mettre entre parenthèses ses aspirations personnelles, elle finira, néanmoins, par ouvrir les yeux. Et c'est alors, qu'elle ne cédera ni à la résignation, ni à la fatalité de son destin. En témoignent la réflexion amère, émise à l'endroit de ses proches (), mais, plus encore, à la fin du film, le cri proféré : C'est, d'abord seule, puis dans les bras de son frère Shankar, que Nita hurle sa détresse : le film met en lumière, ici, au sein de ce drame, Moinak Biswas : Histoire et parenté chez Ritwik Ghatak in : Ritwik Ghatak - Des films du Bengale, op. cité.

Raymond Bellour considère, de ce point de vue, que se tient dans cette relation frère/sœur. .

De nombreuses scènes du film, parmi les plus belles, sont indubitablement raccrochées à ces affinités, qui, pour transgressives qu'elles puissent être, dévoilent "un paradis perdu" enfoui : celui d'un frère et d'une sœur ayant traversé, ensemble, d'identiques épreuves. Ainsi, lorsque Shankar, dans la première partie du film, lit tout haut, une lettre d'amour subtilisée à Nita, et dans laquelle il y est écrit : . Qui s'exprime de cette façon ? L'amant ou le frère, ou les deux à la fois ?

Quant à la scène finale, elle ramène à celle d'un épisode passé : celui du geste de Nita, portant la main à sa sandale cassée, signe de la pauvreté subie. En l'amie de Nita - les mêmes gestes, la même inclinaison, la même sandale cassée -, Shankar croit voir sa propre sœur. Cette vision lui est alors insoutenable : .

Le plus beau plan Dans un des plans de L'Étoile cachée - le plus beau, selon lui -, Raymond Bellour croit déceler la marque la plus significative du cinéma de Ritwik Ghatak : conjugué à un souci expressif visuel et sonore extrême reposant sur Il décrit ce plan ainsi : Sur cette image, dit-il ensuite, le réalisateur R. Bellour, Force de Ghatak in : Dossier de presse rétrospective R. Ghatak, juin 2011, Cinémathèque française.

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