Le musée archéologique de Delphes (en ) est un des principaux musées de Grèce, et un des plus visités. Il dépend du ministère grec de la Culture (dixième éphorat des antiquités préhistoriques et classiques). Fondé en 1903, réaménagé à plusieurs reprises, il abrite les découvertes faites sur le sanctuaire panhellénique de Delphes datant de la Préhistoire à l'Antiquité tardive.

Organisé en quatorze salles sur deux étages, le musée expose principalement des statues, dont le célèbre « Aurige de Delphes », des éléments d'architecture comme la frise du trésor des Siphniens ou des offrandes faites au sanctuaire d'Apollon pythien comme le sphinx des Naxiens. En plus des salles d'exposition recouvrant , des réserves et des salles de conservation (mosaïque, céramique et métaux) occupent . Un hall d'accueil, une cafétéria et une boutique complètent les services offerts aux visiteursMusée, présentation sur le site du ministère grec de la Culture..

Histoire Premiers musées Un premier petit musée fut inauguré le 2 mai 1903, pour célébrer la fin de la première grande campagne de fouilles françaises et en abriter les découvertes. Le bâtiment fut dessiné par l'architecte français Albert Tournaire, financé par le philanthrope grec Andréas Syngrós et construit à l'emplacement qui est toujours le sien aujourd'hui, même s'il a beaucoup été transformé. Deux ailes encadraient un petit bâtiment central. L'organisation de la collection, attribuée à Théophile Homolle, le chef de l'expédition de fouilles, était rudimentaire. Les guides affirmaient son caractère esthétique, les visiteurs son aspect entrepôt. Dans les deux cas, cela révélait l'absence d'organisation chronologique ou thématique dans les six salles originelles. La qualité des œuvres présentées suffisait. L'originalité était cependant la reconstitution avec restaurations en plâtre des principaux monuments du site afin de présenter plus pédagogiquement les découvertes.

Dans les années 1930, alors que le musée connaissait un succès public international indéniable, il devint insuffisant pour accueillir les nouvelles découvertes provenant du site ainsi que le nombre croissant de touristes. De plus, sa muséographie (ou son absence de muséographie) et les restaurations en plâtre étaient de plus en plus décriées. Enfin, son aspect un peu trop « français » alors que l'heure était à l'insistance sur la « grécité » était critiqué. En 1935, la construction d'un nouveau bâtiment fut entamée. Elle dura trois ans. Le nouveau musée était, comme son prédécesseur, représentatif du style architectural de son époque. L'ouverture, avec une nouvelle muséographie due au professeur d'archéologie de Thessalonique Konstantínos Romálos, se fit en 1939. La réorganisation des collections archaïques fut confiée au Français Pierre de La Coste-Messelière dont le travail fut déterminant dans la nouvelle présentation, sans les restaurations en plâtre des principaux trésors, dont celui des Siphniens qui devint l'attraction principale. Les antiquités étaient présentées de façon chronologique et cataloguées et étiquetées.

Cependant, l'exposition fut éphémère. Les antiquités furent cachées dès le début de la Seconde Guerre mondiale. Une partie fut enterrée à Delphes même, dans d'anciennes tombes romaines ou dans des fosses spécialement creusées pour l'occasion devant le musée. Les objets les plus précieux (les objets chryséléphantins et le taureau d'argent découverts trois mois avant le début du conflit ou l'aurige) furent envoyés à Athènes pour être dissimulés dans les coffres de la Banque nationale. Ils y restèrent dix ans. L'aurige fut exposé au musée national archéologique d'Athènes jusqu'en 1951. La région de Delphes était en effet au cœur de la zone de combats de la guerre civile. Le musée ne put rouvrir qu'en 1952 après avoir récupéré tous ses objets. Pendant six ans, les visiteurs purent parcourir l'exposition telle qu'elle avait été imaginée en 1939. Cependant, très vite, le musée se révéla insuffisant et il fallut entamer une nouvelle phase de construction fin 1958.

Le réaménagement intérieur du musée fut confié à l'architecte Pátroklos Karantinós et à l'archéologue qui venait de réorganiser le musée national archéologique d'Athènes , sous la supervision de l'éphore de Delphes, Ioánna Konstantínou. Karantinós créa deux nouveaux halls d'exposition et fit entrer plus de lumière extérieure. La muséographie resta chronologique, mais une insistance plus grande se fit sur la sculpture, avec les statues de plus en plus désengagées de leur contexte architectural. La nouvelle exposition ouvrit ses portes en 1961. Le musée devint un des plus visités par les touristes parcourant la Grèce : en 1998, il accueillit visiteurs, soit presque autant que le musée national archéologique d'Athènes ( visiteurs)General Secretariat of the National Statistical Service..

Musée actuel

Entre 1999 et 2003, le musée a subi une nouvelle phase de travaux, confiés à l'architecte grec . Ce dernier imagina une nouvelle façade, dans un style contemporain, et une nouvelle salle pour l'aurige. Le reste du musée fut modernisé et réagencé pour faciliter la circulation des visiteurs. La muséographie tente de concilier la nécessité d'exposer les chefs-d'œuvre du musée avec la volonté de présenter les dernières hypothèses et découvertes en histoire grecque antique. Elle tend aussi à réévaluer des objets jusque-là négligés, comme les frontons classiques du temple d'Apollon. Le nouveau musée a rouvert ses portes pour son centenaire, coïncidant avec les Jeux olympiques.

Entre 2005 et 2010, le musée a connu une importante baisse de sa fréquentation, passant sous la barre symbolique des en 2010. Cette tendance s'est depuis lors inversée. En 2019, le musée a battu son record de fréquentation depuis les travaux au tournant du , avant que la pandémie de Covid-19 ne fasse chuter le nombre de visiteurs en 2020.

Le tableau ci-dessous présente le nombre de visiteurs gratuits et payants par année et par mois. La deuxième colonne indique le nombre total de visiteurs annuels.Source : Autorité hellénique de la statistique (ELSTAT), mars 2021. TotalJanvierFévrierMarsAvrilMaiJuinJuilletAoûtSeptembreOctobreNovembreDécembre2005200620072008200920102011201220132014201520162017201820192020ferméfermé450572fermé

Le tableau ci-dessous présente les recettes par année et par mois en euros (€). La deuxième colonne indique les recettes totales annuelles.Source : Autorité hellénique de la statistique (ELSTAT), mars 2021. TotalJanvierFévrierMarsAvrilMaiJuinJuilletAoûtSeptembreOctobreNovembreDécembre2005200620072008200920102011201220132014201520162017201820192020ferméfermé756fermé

Collections Les collections du musée de Delphes sont organisées chronologiquement en quatorze salles.

Salles 1 et 2 Les deux premières salles sont consacrées aux époques et aux objets les plus anciens. La salle 1 présente surtout des bronzes remontant aux , offrandes au sanctuaire : boucliers ou trépieds. La salle 2 regroupe la majeure partie des kouroi : statues masculines archaïquesGrèce continentale. Guide bleu., et 414..

Objet Description Origine et datation Figurines archaïques

Figurines en bronze d'époque géométrique, peut-être des guerriers.DelphesAurige archaïque

Figurine en bronze d'époque géométrique.DelphesUlysse sous le bélier

Petit bronze archaïque, sur le thème de l'épisode de l'Odyssée où Ulysse se fait attacher sous le ventre d'un bélier pour fuir de l'antre du Cyclope Polyphème.DelphesTrėpied en bronzeDelphesTête de griffon en bronzeDelphesSirène en bronze

Petit bronze archaïque. DelphesHomme avec un lion

Statuette archaïque en ivoire. Delphes

ca. -600 Groupe de harpies, avec une figure masculine

Petit groupe archaïque en ivoire.Delphes

ca. -570

Salle 3 Cette salle expose le sphinx des Naxiens et les frises du trésor des SiphniensGrèce continentale. Guide bleu., ..

Objet Description Origine et datation Sphinx des Naxiens

Colonne offerte par les habitants de Naxos.

Chapiteau ionique, surmonté d'une sphinge archaïque de deux mètres de haut.Delphes

Terrasse du temple d'Apollon

ca. -575Trésor des Siphniens

Élément de décor d'ordre ionique du trésor de l'île de Siphnos. L'une des scènes montre les dieux de l'Olympe décidant du sort de Troie, tandis que les Grecs et leurs ennemis se battent furieusement.

Découvert lors des fouilles de l'École française d'Athènes en 1893.Delphes

ca. -525

Salle 4 La salle 4 est dominée par les statues dites de Cléobis et Biton, en marbre de Paros et réalisées vers 610 - 580 à Argos. On peut aussi y voir des métopes du trésor de SicyoneGrèce continentale. Guide bleu., ..

Objet Description Origine et datation 150pxCléobis et Biton

Paire de kouroï archaïques identifiés depuis l'Antiquité comme Cléobis et Biton.

Inscription sur les socles : [κλεοβις και βι]τον | ταν ματαρα - - - - - ς hι | - - - - - - - - Εαγαγον τοι δ΄ υιοι - - - - - - - - [ ]μεδες εποιεε hαργειος

([Cléobis et Bi]ton ... les fils traînèrent leur mère ... œuvre de [Poly]médès d'Argos)Gisela Richter, Kouroi. Archaic Greek Youths. A study of the development of the Kouros type in Greek Sculpture. Londres, Phaidon Press, 1960, page 128.Delphes

ca. -610 / -580Métope du trésor de Sicyone Les Dioscures (Castor et Pollux) ramènent du bétail d'un raid en Arcadie.Delphes, trésor de Sicyone

Relief archaïque

ca. -560

Salle 5 Elle est consacrée aux offrandes les plus précieuses faites au sanctuaire : taureau en argent et statues chryséléphantines.

Objet Description Origine et datation 150pxTaureau en argent

Trouvé dans une fosse, sous la voie sacrée, en 1939, parmi une abondance de charbon de bois, reste probable d'un incendie.

Plaques d'argent clouées sur des bandes de cuivre, autrefois plaquées sur une âme de boisPierre Amandry, « Bulletin de correspondance hellénique », année 1977, supplément 4, pages 273-293..Delphes, origine inconnue.

Vers le .Divinité chryséléphantine

Éléments de la sculpture chryséléphantine supposée d'Artémis.

Statue de culte en or et ivoire. Trouvée à Delphes, mais probablement d'origine ionienne.Delphes, origine ionienne.

ca. -550Divinité chryséléphantine

Éléments de la sculpture chryséléphantine supposée d'Apollon.

Statue de culte en or et ivoire. Trouvée à Delphes, mais probablement d'origine ionienne.Delphes, origine ionienne.

ca. -550Divinité chryséléphantine

Éléments de la sculpture chryséléphantine supposée de Léto.

Statue de culte en or et ivoire. Trouvée à Delphes, mais probablement d'origine ionienne.Delphes, origine ionienne.

ca. -550

Salle 6 On peut y voir les frontons du temple d'ApollonGrèce continentale. Guide bleu., ..

Objet Description Origine et datation Fronton du temple d'Apollon

Éléments sculptés d'un des frontons du temple archaïque d'Apollon.Delphes

ca. -510 / -500.Corè du temple d'Apollon

Nikè du temple archaïque d'Apollon.Delphes

ca. -510 / -500.

Salles 7 et 8 Ces deux salles accueillent les objets provenant du trésor des Athéniens : la première principalement des vases, la seconde les métopesGrèce continentale. Guide bleu., ..

Objet Description Origine et datation Héraclès et la biche de Cérynie

Métope du trésor des Athéniens, figurant Héraclès et la biche aux pieds d'airain, le troisième de ses travaux.

Style archaïque.Delphes,

Trésor des Athéniens.

ca. -500Thésée et Antiope

Métope du trésor des Athéniens, figurant le combat de Thésée contre Antiope, reine des Amazones.Delphes,

Trésor des Athéniens.

ca. -500 Tête d'une korè

Tête d'une korè archaïque en marbre.Delphes,

Trésor des Athéniens.

ca. -500

Salles 9 et 10 Les objets exposés dans la salle 9 proviennent essentiellement du sanctuaire d'Athéna Pronaia, tandis que la salle 10 présente les objets découverts autour de la « tholos de Marmara ».

Salle 11 La salle contient des objets de la fin du classicisme ou du début de la période hellénistique, parmi lesquels l'ex-voto de Daochos et les « danseuses de Delphes », avec l'omphalos qu'elles soutenaient.