L'abbaye Sainte-Marie et Saint-Andoche d'Autun est une abbaye royale de moniales bénédictines fondée en l'an 592 par la reine Brunehilde à Autun (Saône-et-Loire), située au niveau des rue Saint-Germain, ancienne paroisse de Saint-Pierre et Saint-Andoche.

Historique L'abbaye fut bâtie sur le lieu même de l'ancien temple de Diane.. D'autres auteurs parle d'un temple à Minerve, sœur de la précédente.

Dès le début de sa fondation, cette abbaye est placée sous la juridiction ordinaire de l'évêque d'Autun. Saint-Grégoire le Grand parle dans ses lettres du monastère de la Sainte-Vierge à Autun, bâti par Brunehaut et par l'évêque Syagre, et dont Thalassie, ou Thessalie, serait la première abbesse. Il confirme les privilèges royaux par des privilèges pontificaux sous la forme de lettre en 602Grégoire Le Grand, Grégorii I papae registrum epistolarum libri VIII-XIV, Monumenta Germaniae Historiae Epistolarum, t.2, XIII 11 et XIII 13..

C'est un « xenodochium », c'est-à-dire un hospice pour voyageurs pauvres qui offre également l'hospitalité aux voyageurs étrangers. Ce qui expliquerait qu'il soit situé près de la porte à laquelle il laissera son nom et qui sera intégrée à l'édifice, devant vraisemblablement servir d'entrée au monastère, et datant du .

Dans un titre de 858, Jonas, l'évêque d'Autun, décide de l'augmentation des revenus de l'abbaye. Une charte en faveur de l'abbaye de Charles le Chauve, datée de 859, fait mention de Savilli (Saviliacum) et d'une forêt appelée Centuperasin Pago Aug. Gal Ch, t.IV, pr, cité par Denis Diderot in Encyclopédie, t. IV, , Paris, 1781.. La charte de Jonas sera confirmée en 900 et 928.

Marie de Vienne, abbesse en 1449, conteste la juridiction de l'évêque et se pourvoit devant le Parlement de Paris, car le Parlement de Dijon n'existait pas encore. Elle se pourvut également devant le pape Nicolas V, duquel elle obtint un bref adressé à l'official de Langres portant pouvoir de déclarer l'abbaye exempte. L'enquête fut faite par l'official, sans y appeler l'évêque d'Autun. Il déclara l'abbesse exempte et procéda par censure contre l'évêque Antoine de Chalon, qui porta plainte à la Cour et obtint de celle-ci un arrêt contradictoire le , qui cassa toutes les décisions de l'official de Langres. Depuis, les choses sont rentrées dans l'ordre et l'archevêque de Lyon qui administre l'évêché pendant la vacance du siège, ainsi que l'évêque en place, exercent leur juridiction ordinaire sans problème.

Concordat fait entre l'abbesse et Louis II Doni d'Attichy le , c'est une grâce accordée par le prédécesseur de M. d'Autun qu'il a bien voulu confirmer et qui n'obligerait pas ses successeurs ; mais qui pour tout le reste n'empêche pas que l'évêque d'Autun n'ait droit d'exercer la puissance épiscopale dans toute sa plénitude et son étendue dans le monastère de Saint-Andoche, soit pour la juridiction volontaire ou pour la contentieuse qui s'exerce dans le Tribunal de l'officialité.

Au Carnaval d'hiver de l'an 1678, les choses se gâtèrent. L'évêque Gabriel de Roquette fut informé que la Dame abbesse donnait, dans l'enceinte du couvent, un divertissement conforme à la saison mais peu en rapport avec l'austérité de la discipline qui sied à ces lieux. L'ayant vertement réprimandée sur ses sorties et autres frasques, celle-ci décida de se soustraire à sa juridiction : l'occasion en fut telle. Deux religieuses de l'abbaye de Pralon, du diocèse de Langres, impatientes peut être de sortir de leur maison de profession, avaient passé en 1674 un contrat avec l'abbesse de Saint-Andoche, par lequel il fut stipulé qu'elles demeureraient dans son abbaye leur vie durant. Contrat approuvé par l'évêque de Langres, Louis Armand de Simiane de Gordes, avec la condition expresse d'obtenir l'autorisation de l'évêque d'Autun. L'évêque ne fut jamais informé et, ayant reconnu au cours de ses visites que les deux religieuses causaient de la division dans le monastère, il leur fit signifier une obédience de l'évêque de Langres avec une des siennes, toutes deux portant injonction qu'elles dussent se retirer dans leur maison de profession et défense à la Dame abbesse de les retenir plus longtemps. C'est de cette ordonnance que la Dame abbesse et d'un mandement de visite du dernier, qu'elle interjeta appel, comme d'abus pour ne pas souffrir sa visite. En conséquence de quoi, elle fit fermer les portes de l'église de l'abbaye lorsque le prélat se présenta pour sa visite. Sommée d'ouvrir, elle persista dans son refus. Cette attitude obligea l'évêque à se pourvoir devant la Cour, où il obtint un arrêt stipulant que la visite commencée devait continuer. L'abbesse ne voulut rien entendre, passa outre le jugement et interjeta appel. Les portes furent ouvertes par ordonnance du lieutenant général d'Autun qui dressa ses procès-verbaux. L'évêque essaya de ramener tout le monde à la raison, sans succès car l'abbesse avec sept autres religieuses s'étaient barricadées et enfermées dans ses appartements. L'évêque, devant un tel désordre et division des religieuses, fit appeler quatre religieuses de l'abbaye Sainte-Marie de la Visitation d'Autun, pour tâcher de ramener les esprits à de meilleurs sentiments. L'évêque dut se résigner à les retirer à leur demande, faute de réussite. Des religieuses de Saint-Andoche demandèrent à l'évêque de les placer en d'autres lieux pour le salut de leur âme. Plusieurs quittèrent le monastère pour être placées à la Visitation, à l'abbaye de Saint-Jean-le GrandExtrait des registres du Parlement : Arrêt rendu au Parlement de Paris le 17 juillet 1679 et pouvoir d'exécution délivré par le roi Louis XIV, le , à Saint-Germain-en-Laye, signé par Junquières..

L'ensemble des bâtiments furent entièrement reconstruits aux , . Les bâtiments renferment aujourd'hui des bureaux et l'on voit toujours la tour de l'ancienne porte romaine enserrée dans les bâtiments, du côté de la façade occidentale.

Architecture Les églises église primitive, disparue au , construite dans un axe est-ouest. Les chapiteaux de la nef datent d'avant 1119Charles Oursel, L'Art roman de Bourgogne, 1928, Bibliothèque de l'école des chartes, vol 91, 1930, , texte de Léon-Honoré Labande.. L'église voûtée comprend douze piliers qui devait avoir une orientation est-ouest, comme un prolongement de l'église détruite au . L'église gothique est figurée sur un plan conservé aux Archives départementales de la Côte-d'Or, et également sur le plan cadastral d'Autun avec les anciens rempartsBibliothèque municipale d'Autun..

Dans un texte de 1705, il est dit que dans l'enceinte du monastère existe , l'emplacement de celle-ci n'est pas indiqué.

Une procession avait lieu dans toute la ville le jour des Rameaux. Elle commençait à l'aube, partant de Saint-Lazare, après la messe, la procession descendait la ville, faisant halte devant Notre-Dame. Des invocations à saint Pierre et saint Étienne se faisaient sans se rendre à cette église trop éloignée. La procession s'arrêtait ensuite au prieuré Saint-Racho-lez-Autun. Les châsses contenant les reliques étaient déposées au pied du maître-autel alors qu'était déclamé le récit de l'entrée du Christ à Jérusalem, les moniales répondant par des chants. C'est en ces lieux que l'on procédait à la bénédiction des Rameaux, puis on se rendait au cimetière du prieuré pour y entendre le sermon. Les chanoines du Chapitre prenaient leur repas au prieuré selon la coutume et le peuple déjeunait dans les champs ou dans les granges. La procession repartait ensuite en direction de l'abbaye Sainte-Marie de Saint-Jean-le-Grand d'Autun, et l'on ne manquait pas en passant de saluer le sanctuaire de l'abbaye de Saint-Martin d'Autun que l'on apercevait également. Les châsses étaient ensuite exposées dans l'abbatiale de Saint-Jean-le-Grand, au pied du maître-autel. Le cortège s'ébranlait ensuite de nouveau en direction de Saint-Andoche, saluant au passage le vocable de saint Jean l'Évangéliste. De retour à Saint-Lazare, les reliquaires étaient de nouveau exposés au pied de l'autel offert à la dévotion de la foule, jusqu'après l'office de complies.

Les obituaires de Saint-Andoche sont conservés aux Archives départementales de Saône-et-LoireArchives départementales de Saône-et-Loire, H 708, H 709, H 710 ; BM Autun P 088. ; église construite au par l'abbesse Loyse d'Alonne, détruite au . ; chapelle Saint-Sacrement reconstruite sur les vestiges de la précédente par Jean Roidot-Houdaille entre 1868 et 1872 dans un axe nord-sud.

La crypte La crypte fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le ..

J-G Bulliot reconnut dans les caves des bâtiments une crypte d'époque carolingienne. Il remarqua que le sol avait subi une surélévation, ce qui fut confirmé par la suite, précisant que le niveau d'origine était inférieur d'un mètre à l'actuel.

On y accède en longeant la construction romaine et la tour de la porte Saint-Andoche prise dans le bâtiment. Au sud de cette tour, on entre dans une salle voûtée où l'on distingue bien les éléments de construction de celle-ci de ceux du mur d'enceinte romain. Cette construction est de plan rectangulaire, avec une orientation est-ouest, présentant quatre nefs, nord-sud et quatre nefs est-ouest. Les travées disposées dans le sens ouest-est permettent de déterminer le sens de circulation et laissent ainsi dégagées au centre deux larges nefs d'une moyenne deux mètres, et deux plus petites de chaque côté d'un seul mètre environ.

Les piliers des côtés ont des plans quadrangulaires et ceux du centre sont carrés, ils procèdent de cette même règle d'organisation. Les chercheurs qui ont étudié ce site ont remarqué que les murs latéraux n'avaient pas d'ouverture et que subsistaient quelques marches à l'ouest, aux extrémités latérales, ce qui conforte bien le sens de l'accès. À l'est, le mur recevant les voûtes est repris ne permettant pas d'y voir un passage. Sur le mur nord, du côté du Levant, se situe une ouverture obstruée, qui pouvait être un passage vers l'extérieur ou une autre partie des bâtiments. À l'opposé se trouve une fenêtre à double ébrasement, semblant avoir été repercée, indiquant que ce mur était enterré.

Si l'on imagine la descente du sol d'un mètre au-dessous du niveau actuel, on se rend compte que les proportions de l'ensemble de l'édifice changent. Les archéologues ont pu constater qu'il existait une analogie entre le rythme des nefs et la disposition des ouvertures dans les portes romaines. Le rythme pair s'opposant en partie au rythme impair des constructions religieuses habituelles. Ce qui laisse penser que l'architecte des lieux c'est largement inspiré de son environnement.

Les dimensions de cette crypte sont de sur . Cette dimension intérieure est comprise entre et pour la longueur et à pour la largeur, en ne tenant pas compte des modifications. Pièce de dimensions irrégulières, les piliers eux aussi ne sont pas tous identiques. La pierre varie aussi, les grès sombres sont aux voûtes. Les voûtes d'arête sont supportées par de larges doubleaux. Les pierres sont maçonnées à joints larges, pouvant atteindre entre les claveaux plus de . L'ensemble est au moins antérieur au et certaines techniques employées laissent à penser à une construction carolingienne ou post-carolingienne.

Le trésor

Parmi le mobilier, il y avait encore au des burettes que l'on disait avoir appartenu à saint Andoche et dont la description est donnée dans Le voyage littéraire de deux religieux bénédictins.

Les bâtiments conventuels Les bâtiments du , encore conservés, avec la présence des contreforts d'angles, ont une orientation est-ouest.

L'atelier de monnayage