Königswinter est une ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne), située dans l'arrondissement de Rhin-Sieg, dans le district de Cologne, dans le Landschaftsverband de Rhénanie. La ville se trouve au pied de deux collines de renommée : Le avec, à son sommet, le lieu d’hébergement des hôtes de la République Fédérale d'Allemagne, qui est aujourd’hui surtout un grand hôtel et lieu de conférences internationales, ainsi que le Drachenfels (littéralement le rocher du dragon), comme lieu mythique et touristique, surplombant le Rhin.
Géographie
Königswinter se situe sur la rive droite du Rhin entre Bad Honnef au sud et Bonn-Beuel au nord, en face de Bad Godesberg (sur la rive gauche). C’est l’endroit ou le fleuve passe du Rhin moyen vers le Rhin bas allemand. Du point de vue de la géographie naturelle on considère que l’extrémité ouest de la ville appartient à l’entonnoir de la vallée rhénane de Godesberg (Godesberger Rheintaltrichter) au sud du bassin de Cologne. La section centrale du territoire de Königswinter fait partie du Siebengebirge (massif des sept montagnes) alors que la plus grande section de l’est se trouve dans le pays vallonné de Pleis (Pleiser Hügelland), puis la partie sud-est s’intègre au plateau de Asbach dans le massif du bas Westerwald. Cela couvre ainsi un territoire qui s’étend de la vallée du Rhin jusqu’aux limites nord-ouest du massif du Westerwald.
À partir du Drachenfels au sud de Königswinter, la vallée du Rhin s’élargit progressivement vers le nord, pour s’ouvrir dans le bassin de Cologne. Outre le Drachenfels et le Petersberg il y a d’autres hauteurs proéminentes, as savoir le Dollendorfer Hardt, le Lohrberg, le Nonnenstromberg, le Stenzelberg, le Weilberg ainsi que le Wolkenburg. Le plus haut point du territoire de la commune (et aussi de l’arrondissement Rhin-Sieg) se trouve sur le sommet du Großer Ölberg avec une altitude de , alors que la rive du Rhin dans le quartier de Niederdollendorf est avec près de l’endroit le plus bas de la ville.
La vieille ville de Königswinter est construite sur une terrasse d’une largeur d’environ à environ d'altitude, entre les premières montées vers le Drachenfels et au pied du .
gauche|vignette|367x367px|Esplanade du Rhin à Königswinter. Rocher du Drachenfels en arrière-plan ; colline du Petersberg à gauche de l'image ; photo de 2020
De Königswinter vers les hauteurs du massif du Siebengebirge partent la vallée du Mühlental (ou coule le ruisseau Mirbesbach) ainsi que la vallée des rossignols (Nachtigallental). Le territoire de la commune même de Königswinter va au nord-est jusqu’au sommet du , touchant à cet endroit le terrain de la localité de Niederdollendorf. La partie urbanisée de Königswinter va de la vieille ville historique jusqu’à la rive du Rhin, limitée au nord par une bande verte, mais passant par endroits directement vers la section urbaine de Niederdollendorf. Au sud la ville se rétrécit progressivement par la présence du Drachenfels, dont les roches vont jusqu’au Rhin, laissant peu de place pour les voies de communication, comme le chemin de fer et la route fédérale B42 pour atteindre Rhöndorf qui est la localité limitrophe au sud de Königswinter. À cet endroit il y a aussi de nombreuses roches dans le Rhin qui deviennent particulièrement visibles lorsque le niveau d’eau est bas et ou l’on peut observer des cormorans (légèrement vers le nord depuis le Drachenfels).
vignette|371x371px|Le Drachenfels avec ruine du château-fort ; vu d'en face du Rhin ; le château Drachenburg à gauche; photo de 2020|alt=|gauche
La route fédérale B42, afin de ne pas passer en ville, longe la montagne sur un viaduc. À l’est et au-dessus du niveau de celui-ci existent de petites touches d’habitation, de parcelles de jardins et de maisons isolées. Il en est de même sur le « Rüdenet », une dorsale au nord-ouest du Drachenfels, ainsi que sur la vallée plus large entre les collines du Petersberg et du Hirschberg.
L’emplacement de Königswinter est favorisé par la proximité avec la ville de Bonn (anciennement la capitale de l’Allemagne), et notamment avec le quartier du gouvernement fédéral, qui n’est qu’à . Ils s’y trouvent toujours des ministères, mais également des institutions internationales, comme notamment l’important secrétariat des Nations unies, mais aussi des entreprises de renommée internationale. Les flancs sur les montagnes de Königswinter sont toujours utilisés pour la viticulture. Elles font partie du terroir du Rhin moyen. Le fameux chemin de randonnée du « Rheinsteig » va de Bonn sur les hauteurs longeant le Rhin jusqu’à Wiesbaden, en passant par le rocher du Drachenfels, qui est considéré comme « la montagne la plus visitée d’Allemagne ». Sur son sommet se trouve la ruine d’un château-fort du . Son funiculaire date de 1883. L’évolution de Königswinter vers un lieu touristique a été largement façonné par cet endroit unique à visiter.
Histoire
Provenance étymologique du nom On dit que le nom de Königswinter vient du fait que Charlemagne aurait acquis une vigne sur la colline du Drachenfels. La composition du nom viendrait donc de König (roi en allemand) et de Vinetum (vignoble en latin), désignant ainsi le lieu d’une vigne royale, mais il n’existe pas de preuve écrite. En l’an 893 apparait le nom Vintre (ou Uintre) pour la première fois dans un document de L'abbaye de Prüm (dans l’Eifel) au sujet d’un endroit où avec des vignes, mais l’association du lieu n'est pas sûre à 100%, car il pourrait également s’agir de la localité d’Oberwinter à quelques kilomètres en amont du Rhin. En 1015 cependant, dans un acte de don de l’empereur Henri II du Saint-Empire, le lieu « Winetre », localisé géographiquement dans l', est mentionné pour l’endroit, où se trouve un domaine qu’il donna au couvent des femmes Dietkirchen de Bonn. Ensuite le nom « Wintere » apparait en 1064, et plus tard en 1269, puis « Wynteren inferior » en 1316. Plus tard en 1342, le nom est alors « Kuoningwinteren ».
Gérard Mercator appela le lieu « Coninxwinter » dans sa carte « Tabulae Geographicae » qui inclua le duché de Berg, le comté de La Marck et de l’archidiocèse de Cologne.
Le cartographe de Cologne Matthias Quad (1557–1613) avait créé en 1596 une carte du territoire de l’électorat de Cologne, sur la base du travail de Cornelius Adgerus (vers 1520–1595?), dans laquelle le nom avait changé en « Conixwinter ». Franz Johann Joseph von Reilly (1766–1820), qui avait son activité à Vienne, réalisa en 1793 une carte de la région au sud de Cologne, dans laquelle le nom actuel de Königswinter est mentionné.
Königswinter jusqu’à la fin de la période de l’électorat de Cologne Selon les découvertes archéologiques, déjà 3500 ans avant notre ère, des hommes se sont installés sur le Petersberg à Königswinter. Il fut démontré en outre qu’un château refuge avec palissades et mur en pierres exista sur cette même colline au premier siècle avant notre ère.
Les traces d’une activité extractive de roches par les romains, datant à partir de l’an 50 de notre ère ont été trouvées au Drachenfels. Aussi l’utilisation de ces pierres dans des bâtiments romains en aval du fleuve, témoignent également de l’action humaine dans la région. Königswinter a probablement évolué à partir d’une habitation franque, car il y a des découvertes (par exemple une pierre tombale franque à Niederdollendorf) qui remontent à l’an 680 après J.-C., indiquant donc qu’il y avait déjà des habitantants dans la région à cette époque.
Le Stift de Essen et l'abbaye de Heisterbach avaient des possessions dans la localité de Königswinter, qui, du point de vue de la seigneurie, appartenaient à l’électorat de Cologne, alors que l’administration du lieu était soumise à l’entité de Wolkenburg, qui couvrait les deux châteaux de Drachenfels et , ainsi que les localités de Königswinter et d'Ittenbach. vignette|327x327px|Siège de Königswinter par Jean-Casimir du Palatinat en1583; gravure cuivre d'un message lors de la guerre de Cologne Bien que Königswinter possédait un mur d’enceinte, typique pour une ville du Moyen Âge, la ville ne jouissait pas du droit municipal. Pendant la guerre de Cologne, Jean-Casimir du Palatinat a tenté d’attaquer le lieu en septembre 1583, mais sans succès.
Mais lors de l’attaque en 1643 par des troupes de Hesse, Königswinter a été pillé. En 1670, le lieu comptait , qui ont presque toutes été brulées et pillées par les troupes françaises en 1689. Ces derniers ont envahi la ville à nouveau en 1795.
En 1780, la nouvelle église paroissiale St. Remigius (St. Remi) a été érigée. Après la sécularisation de l’électorat de Cologne en 1803, Königswinter allait au comté de Nassau-Usingen, puis en 1806 au grand-duché de Berg sous Napoléon, pour finir en 1815, à la suite du congrès de Vienne, au royaume de Prusse.
L'époque napoléonienne Pendant le temps des français en Rhénanie, le grand-duché a été restructuré. En 1806, Königswinter faisait d’abord partie de l’arrondissement de Siegburg, puis d’autres divisions territoriales ont été créés fin 1808, dont le canton de Königswinter et celui de Siegburg qui étaient mis sous l’autorité de l’arrondissement de Mülheim am Rhein. Les cantons ont été divisés en mairies. Königswinter avait également sa mairie. Lors de la campagne d'Allemagne, l’officier prussien était un des initiateurs d’un groupe de libérateurs « Freiwilligen Landsturms Banner des Siebengebirges » crée en 1813, qui agissait activement, lorsque les troupes de Gebhard Leberecht von Blücher traversaient le Rhin près de Kaub pendant la nuit du nouvel an de 1813/14. Les troupes françaises se retirèrent de la rive gauche du Rhin le 14 janvier 1814.
L'époque du royaume de Prusse L’administration du bourgmestre prusse, crée en 1816 à partir de la mairie de Königswinter, couvrait les communes de Honnef, Königswinter, Aegidienberg et Ittenbach. En 1820 Königswinter devenait un lieu d’importance dans l’organisation des postes de Bonn, pour également servir la ville de Honnef, jusqu’en 1849, quand Honnef obtenait sa propre administration. Le droit municipal est accordé officiellement à Königswinter en 1889.
L’activité économique au vignette|335x335px|Rive du Rhin à Königswinter vers 1864 avec l'Hotel de Berlin et la colline du Drachenfels. Au début du il n’y avait à Königswinter qu’une seule rue pavée, à savoir l’actuelle Hauptstrasse (rue principale) où se trouvaient les bâtiments les plus anciens. L’activité de la ville se concentrait essentiellement sur la viticulture, l'exploitation forestière, ainsi que sur une carrière de pierre et une mine de tuf.
En plus de cela, dès le un certain tourisme s’est établi qui s’est renforcé au , donnant à la ville une nouvelle base économique. C’est notamment grâce au rocher du Drachenfels (littéralement le rocher du dragon) et au poème romantique « The Castled Crag of Drachenfels » de Lord Byron, que ce lieu devenait connu, puis visité par des voyageurs anglais lors de leur « Grand Tour ».
Le Drachenfels devenait encore plus célèbre après que le germaniste de Bonn avait traduit du moyen haut allemand la mythologie des Nibelungen, qui avait été retrouvée à la fin du . Simrock avait lié la victoire de Siegfried sur le dragon légendaire, avec le rocher du Drachenfels. vignette|335x335px|Funiculaire du Drachenfels - gare de la vallée en 1883