Jules Lucien Jacques Taffanel, né à Paris le Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance , avec mention marginale du décès (consulté le 12 décembre 2012) et mort dans cette ville le , est un ingénieur au corps des mines français, principalement connu pour ses solutions au danger des coups de poussier.
Biographie
Études et premières affectations Fils du flûtiste, chef d'orchestre et pédagogue Paul Taffanel, il entre en 1895 à l'École polytechnique, puis en 1898 à l'École des mines de Paris.
Nommé ingénieur au corps des mines en 1900 il se voit confier par décision du 7 avril 1900 une mission en Grèce et en Italie et par arrêté du 16 avril 1901 aux États-Unis d'Amérique.
Il a différentes affectations dans le corps des mines. Ainsi par arrêté du 25 octobre 1901, il est chargé d'une mission à l'administration des chemins de fer de l'État.
Par arrêté du 18 octobre 1902, il est chargé du sous-arrondissement minéralogique de Clermont-Ferrand et du 4e arrondissement du service du contrôle de l'exploitation technique des chemins de fer P.-L.-M (Paris-Lyon-Méditerranée).
Il rédige en 1902 une "Note sur la législation des mines au Japon" (Annales des Mines, série 10, volume 2) et en 1903 un article "Le gisement de fer spathique de l'Erzberg, près Eisenerz, en Styrie" (Annales des Mines, série 10, volume 4)
Par arrêté du 18 juin 1904, il est chargé du sous-arrondissement minéralogique de Saint-Étienne Ouest.
Travaux pour la sécurité des mines Le 10 mars 1906 survient la Catastrophe de Courrières qui fit 1099 morts à la suite d'un coup de poussier. On se rendit alors compte avec effroi que les coups de poussier pouvaient avoir un effet beaucoup plus dévastateur que les coups de grisou.
Par arrêté du 5 février 1907, Jacques Taffanel est chargé d'une mission spéciale ayant pour objet "l'étude scientifique et pratique des questions concernant la sécurité dans les mines" au centre de recherche des Charbonnages, à Liévin, créé à cette même date et dont il assure la direction avec comme unique objectif d'éviter qu'une telle catastrophe puisse se reproduire.
Il publie dans le cadre de ses expériences scientifiques :
"Les catastrophes minières américaines de Monongah, Darr et Naomi (décembre 1907), (Annales des Mines, 1909, série 10, volume 16) "Description de la station d'essai de Liévin" (Revue de métallurgie, 1909, Vol.6 (7)).
"Expériences sur les poussières de houilles et sur les moyens de combattre leurs dangers", (Annales des Mines, 1910, série 10, volume 18) "Propagation of flame by coal-dust in mine galleries" (Journal of the Franklin Institute, 1910, Vol 170 (1)) "Enquête sur les conditions de formation des dépôts poussiéreux dans les mines" (Commission permanente des recherche scientifiques sur le grisou et les explosifs employés dans les mines, 1910, Dunod).
Cinq séries d'essais sur les inflammations de poussières, 1910-1911 par le Comité central des houillères.
"Les catastrophes du puits West Stanley (16 février 1909) et du puits Pretoria (21 décembre 1910)" (Annales des Mines, 1911, série 10, volume 20). "Essais sur les inflammations de poussières" (Revue de métallurgie, 1911, vol.7 (10)) "Étude comparative des poussières combustibles au point de vue de l'inflammabilité" (Revue de métallurgie, 1911, vol.8 (5)).
"Nouvelles expériences sur les poussières de houilles et sur les moyens de combattre leurs dangers" (Annales des mines, 1912, série 11, volumes 1 et 2)
"Note sur l'appareil Fleuss pour l'exploration des milieux remplis de gaz irrespirables" (Annales des Mines, série 11, 1913, volume 3). Il dépose la même année un brevet d'extincteur à eau contre les coups de poussière dans les mines.
"Les expériences de Commentry sur les inflammations de poussières" (Annales des Mines, 1914, série 11, volume 5) "Rapport sur le toxiomètre Guasco" (Annales des Mines, 1914, série 11, volume 6).
Mobilisé, il poursuivra un temps ses recherches après la 1ère guerre mondiale et publiera :
"6e série d'essais sur les inflammations de poussières" (1921, Comité central des houillères de France) "La détermination de l'aptitude à la propagation des gisements poussiéreux", rapport présenté à la commission permanente des recherche scientifiques sur le grisou et les explosifs employés dans les mines, 1926, Dunod.
Durant la 1ère guerre mondiale Mobilisé, il retrouve son grade de capitaine en seconde de réserve et Il travaille à la fabrication industrielle d'obus et d'explosifs, d'abord à Saint-Nazaire, puis de 1915 à 1918 en Russie comme lieutenant-colonel, grade auquel il est nommé le 1er juillet 1916Fiche matricule militaire, Archives de Paris, n° de matricule 1376, 6e bureau de recrutement, classe 1895, cote D4R1 865..
Industriel En 1919, il entre à la Compagnie des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons dont il est d'abord directeur des établissements du Centre, puis directeur général adjoint en 1922, directeur général en 1924. Il est à ce titre administrateur des Batignolles-Châtillon. Il devient vice-président du Comité des forges de France et membre du comité de direction du Comité central des houillères de France et de la Chambre syndicale des fabricants et constructeurs de matériel pour chemins de fer et tramways.
Il préface en 1924 l'ouvrage de A. Bostsarron, inspecteur de l'enseignement primaire détaché à la compagnie des forges de Châtillon à Commentry et Neuves-Maisons : "Vers le bonheur par les enfants".
Il est également administrateur de la Société André Citroën, de la Société métallurgique de Knutange, des Aciéries de France, des Hauts fourneaux de Rouen.
Les solutions de Taffanel pour la prévention des coups de poussier dans les mines de charbon
Lorsque la catastrophe de Courrières se produit en 1906, on connaissait déjà depuis toujours les coups de grisou, et, après les travaux célèbres de Mallard et Le Chatelier de 1888, on appliquait divers moyens de prévention très efficaces (mesure de l'hydrogène dans l'air ou grisoumétrie, aérage, lampes de sûreté).
Toutefois, les méfaits potentiels des fines particules de carbone dans l'atmosphère, ou poussier, étaient négligés par les ingénieurs des mines français. La catastrophe de Courrières du , fut la plus grave de l'histoire des mines de charbon en Europe, et elle fut suivie le du désastre de Monongah avec 956 morts. Ces catastrophes n'étaient pas dues au grisou.
Taffanel fit de nombreuses expériences à Liévin, et en tira notamment deux idées originales : la schistification des galeries, les arrêts-barrages contre les poussiers, qui furent dénommés taffanels du nom de leur inventeur.
Taffanel démontra qu'un certain nombre de procédés utilisés pour lutter contre le grisou généraient beaucoup de poussiers avec un risque d'inflammation élevée : très forte ventilation, galeries rectilignes avec circulation rapide des trains, abattage mécanique à fort rendement... L'intercommunication des galeries souterraines accessibles par des puits différents avait en outre été un facteur aggravant à Courrières, contribuant à propager l'explosion le long de ! Les lampes à feu nu, susceptibles d'enflammer les poussiers, furent également prohibées.
L'amalgame de ces différentes méthodes de prévention fut très efficace, puisqu'il n'y eut plus de catastrophe de grande envergure en France due à des poussiers.
Distinctions
Grande médaille d'honneur de la société de l'industrie minérale à titre civil (décret du 28 mai 1936) ; officier à titre militaire du 29 décembre 1916 ; chevalier à titre civil du 4 janvier 1911
Hommage La ville de Verneuil-en-Halatte, où fut implanté le Centre de recherches des Charbonnages de France (CERCHAR, créé en 1947) auquel succéda l'INERIS), a une rue Jacques Taffanel.
Sources Biographie sur le site des Annales des mines.
Références
Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Naissance dans le 2e arrondissement de Paris Catégorie:Naissance en mai 1875 Catégorie:Décès en mars 1946 Catégorie:Élève de l'École des mines de Paris Catégorie:Ingénieur du corps des mines Catégorie:Décès à 70 ans Catégorie:Chef d'entreprise français Catégorie:Industriel français du XXe siècle Catégorie:Personnalité liée au Comité des forges Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1936