L'ancienne école vétérinaire de Toulouse est une ancienne école vétérinaire française. En 1825, Toulouse est la troisième ville de France à accueillir une école vétérinaire, après celles de Lyon en 1761 et d'Alfort en 1766. L'école constitue le cœur du quartier Marengo, à proximité du canal du Midi. Elle est construite entre 1832 et 1834 sur les plans de l'architecte Jean-Pierre Lafon, dans un style néoclassique qui s'intègre à l'axe des allées Lafayette (actuelles allées Jean-Jaurès), projet urbanistique conçu au début du par Jacques-Pascal Virebent et développé par Urbain Vitry.

En 1965, à la suite de la construction de la nouvelle école vétérinaire au chemin des Capelles, dans le quartier de Lardenne, les bâtiments de l'ancienne école sont démolis pour faire place à une vaste zone de stationnement automobile. Entre 1996 et 2006, l'espace de l'ancienne école sont au cœur des travaux de la ZAC Marengo où se sont élevés en particulier l'Arche Marengo, qui abrite la médiathèque José-Cabanis, et le siège de Toulouse Métropole.

Histoire Premières tentatives À la suite de la fondation, par Claude Bourgelat, à Lyon, le , de la première école vétérinaire du royaume, Toulouse adresse, en octobre de la même année, deux requêtes au roi Louis XV, afin d'obtenir la création d'une école vétérinaire, acceptant de fournir une somme de 600 livres en faveur de l'établissement projeté. Les autorités toulousaines n'obtiennent pas satisfaction, bien qu'elles renouvellent ces requêtes de nombreuses fois jusqu'en 1825. Le , Bourgelat ouvre au château d'Alfort la deuxième école vétérinaire du Royaume, et trois places sont allouées à la ville de Toulouse et à sa région dans l'une ou l'autre des écoles existantes.

Le , un arrêté préfectoral crée à Toulouse une école vétérinaire, mais il n'est pas mis en exécution.

En 1804, Jean-Baptiste Huzard, Inspecteur général des écoles vétérinaires, est envoyé en mission afin de rechercher le lieu où l'école serait la mieux placéeLettre de Chaptal, ministre de l'Intéreiur, au préfet de la Haute-Garonne, du 6 germinal an XII.. Cahors et Toulouse sont visitées et Huzard, tenant compte de la supériorité de la situation agricole de la Haute-Garonne, donne toutes ses préférences à Toulouse. Entretemps, la Société d'agriculture de la Haute-Garonne organise des cours de médecine vétérinaire, qui commencent en et connaissent un franc succès. Cette Société stimule le zèle du conseil municipal de Toulouse et du conseil général de la Haute-Garonne et leur présente un projet d'organisation d'école vétérinaire, afin qu'il soit ensuite soumis au ministère de l'Intérieur. Le conseil municipal offre de contribuer pour un huitième à la dépense qui serait votée par le département, pour les frais d'établissement et d'entretien d'une écoleConseil municipal de la ville de Toulouse, séance du 27 octobre 1807..

Le , le préfet Antoine Desmousseaux de Givré demande au ministre que soit établie à Toulouse une école vétérinaire organisée sur le modèle de Lyon et d'Alfort. Un mémoire est présenté à l'empereur Napoléon et le décret du institue, aux frais du département et de la ville, une école impériale vétérinaire dans les dépendances du Jardin des plantes. Cependant ce décret reste lettre morte et est annulé par le décret du .

École provisoire Le voit la création d'une école provisoire vétérinaire par ordonnance royale de Charles X. Le conseil municipal inscrit aux budgets de 1825 et 1826 un crédit additionnel de francsConseil municipal de la ville de Toulouse, séance du 28 juillet 1825.. Le choix du terrain, l'étude des plans et leur réalisation retardent la réalisation du projet. Le , le maire, Guillaume Isidore de Montbel propose que la ville mette à disposition de l'État des bâtiments du Jardin des plantes pour y installer provisoirement l'école : cette offre est refusée par l'État. Le , Jean-Pierre Marcassus de Puymaurin offre à la ville de lui louer sa propriété de Bénech dans le faubourg Saint Michel (emplacement de l'actuel rue des Trente-Six-Ponts) : l'offre est présentée au ministre et finalement acceptée.

Le , M. Dupuy, professeur à l'école d’Alfort, est nommé directeur de l'école de Toulouse, qui ouvre donc ses portes le et inaugurée officiellement le par le préfet de la Haute-Garonne, Victor Le Clerc de Juigné, et le maire de la ville, Guillaume Isidore de Montbel. L'école croît rapidement et en 1829, pour loger les nouveaux admis, on adjoint à l'école une grande maison que vient de quitter l'Institution des sourds-muets de l'abbé Louis-Guillaume Chazottes. Cependant, dans l’état de dénuement où se trouve l’école à son début, beaucoup d’installations étaient déficientes, notamment les locaux affectés aux divers services et le directeur Dupuy doit suppléer à force de zèle et de dévouement à tout ce qui lui manque. En 1832, Dupuy donne sa démission à la suite de plaintes contre sa gestion et est remplacé par Moiroud, professeur à Alfort.

Installation à Marengo vignette|L'école nationale vétérinaire de Toulouse vers 1880-1900 (carte postale. En 1829, le conseil municipal porte son choix sur un terrain situé sur les pentes de la colline du Calvinet, au-delà du canal du Midi, face aux allées d'Angoulême (actuelles allées Jean-Jaurès). Il est acquis par la ville au nom de l'État pour . Le terrain, vaste de et , il est donc situé en périphérie de la ville, ce qui évite le paiement de l'octroi par les paysans qui amènent du bétail.

Le a lieu la pose de la première pierre par M. Barennes, préfet de la Haute-Garonne, après étude des plans par l'architecte départemental Jean-Pierre Laffon. En possession du terrain, la ville doit encore paver l'avenue de l'école, construire un pont sur le canal (actuel pont Georges-Pompidou) dont la courbe doit être rectifiée. Il lui faut aussi, « pour la perspective », aligner la rue du 10-Avril sur les allées d’Angoulême et la rue Marengo sur la façade de l'école. La nouvelle école ouvre ses portes le et est occupée en octobre. Elle n'est cependant inaugurée officiellement qu'un an plus tard, le .

En 1899, un incendie détruit une partie des bâtiments administratifs de l'école. Sa présence est désormais remise en question : elle est jugée insalubre, petite et enclavée. Elle entrave le développement de la gare Matabiau et le prolongement des allées Lafayette. Son transfert est envisagé, notamment à l'initiative d'Albert Bedouce. En 1922, sa suppression est même évoquée, tandis que se poursuivent les recherches d'un terrain pouvant accueillir la nouvelle école vétérinaire.

Échec du transfert prévu vers la Juncasse vignette|Plan d'ensemble de l'École de la Juncasse (1934). Le , le conseil municipal décide de reprendre l'étude du transfert de l'école. Un programme de construction est établi par Emmanuel Leclainche, inspecteur général des écoles nationales vétérinaires et des services vétérinaires, suivant un plan dressé par Charles Lemaresquier et comportant trois blocs de bâtiments dont un, isolé, constitue une cité scolaire. La ville propose un terrain de 15 hectares près des collines de l'Observatoire, à la limite des quartiers de Jolimont et de la Juncasse. Le ministère des Finances inscrit au collectif de 1929 une première tranche de 8 millions de francs pour les travaux. Le , le conseil municipal autorise le maire à acquérir les terrains et le , Leclainche signe l'acte d'acquisition du terrain de la Juncasse.

En , les travaux de la nouvelle école de la Juncasse débutent. Cependant, les crédits sont insuffisants et accordés avec parcimonie. De plus, des difficultés d’ordre juridique se font jour avec la Société immobilière toulousaine. Enfin, la présence persistante dans le sous-sol de nappes d’eau difficiles à résorber pose problème. En 1939, seulement les trois quarts des constructions prévues sont terminées. La même année, elle est réquisitionnée par le ministère de l'Air pour y installer le personnel de son centre d'étude aéronautique (actuelle DGA Techniques aéronautiques) : l'école vétérinaire continue donc de fonctionner dans ses locaux de Matabiau. En , une commission constate que l'école de la Juncasse ne peut plus être utilisée par les vétérinaires, car elle a été modifiée pour les besoins du ministère de l'Air, et le montant des travaux effectués s'élève à 400 millions de francs.

Recherche d'un nouvel emplacement Des bâtiments militaires sont envisagés, notamment les casernes Compans ou Caffarelli, ainsi que l'Arsenal, mais les tractations avec les autorités militaires échouent. Le , l'inspecteur général de l'enseignement vétérinaire, le professeur Petit sélectionne un terrain de 24 hectares environ en dehors de la ville mais à proximité de l'hôpital de Purpan, composé d'une ferme et d'espaces agricoles entre l'avenue de Purpan (actuelle avenue des Arènes-Romaines), la Garonne et le Touch, et traversé par le chemin de Casselardit (actuelle avenue de Casselardit). En 1954, le projet est abandonné à la suite du recours des propriétaires contre la tentative d'expropriation de la ville.

En , la commission d'économie décide qu'il y a lieu de fermer l'école, invoquant la vétusté des bâtiments, et le coût élevé d'une rénovation, évaluée à 50 millions de francs, ou encore d'une reconstruction, située entre 800 millions et 1 milliard de francs. Mais le , le conseil général de la Haute-Garonne vote une motion prouvant son désir du maintien de l'école à Toulouse : il souligne les sacrifices financiers effectués par la ville et le département, le renom des savants issus de Toulouse, la qualité de sa recherche scientifique et de ses laboratoires diagnostic de maladies infectieuses et parasitaires, l'étude des maladies propres à la région. Le , le conseil général appuie par un vote le maintien de l'école et le , le Journal officiel note la réponse du Ministre de l’Agriculture à une question d’un parlementaire toulousain : le maintien est appuyé. En 1953, tous les secteurs officiels sont favorables au maintien de l’école vétérinaire à Toulouse.

Le , le conseil municipal décide d’acheter le terrain de la propriété Garipuy, à Saint-Michel-du-Touch. Le , l'architecte Noël Le Maresquier est nommé par l'État pour mener à bien la construction de la nouvelle école et le , au cours d’une réunion de travail, les grands traits de la future école sont ébauchés. Le , le ministère de l'Agriculture décide officiellement la reconstruction de l’école vétérinaire, les plans sont acceptés.

Le , les pourparlers relatifs à l’achat de la propriété Garipuy ayant échoué, l'acquisition d’un nouveau terrain est décidée par le conseil municipal : il s’agit d'un terrain d’environ et situé sur le domaine du château de Marmande, au chemin des Capelles, et appartenant à M. Chouvel. Le , la partie de la propriété de Marmande achetée par la ville est cédée au ministère de l'Agriculture.

Construction de la nouvelle école vétérinaire Le a lieu la cérémonie de la pose de la première pierre à la nouvelle école vétérinaire. Cependant, en 1964, les travaux s’arrêtent faute de crédits : il manque une partie des hôpitaux, deux services d’enseignement et de recherche, un centre d’élevage, un musée, un auditorium, des locaux d’habitation, un gymnase, des terrains de sport, l’aménagement de parkings, corrections de certaines réalisations, une ferme d’expérience. Malgré tout, en , l'ancienne école est transférée et en a lieu la première rentrée des élèves dans l'école du chemin des Capelles. Le , le projet de démolition de l'ancienne école vétérinaire est adopté par le conseil municipal, mettant ainsi un point final à l’histoire de l'école de Marengo.

Description On consultera avec intérêt dans Commons Jean Sendrail la présentation photographique que Jean Sendrail, directeur de l'ENVT de 1929 à sa mort en 1935, donne de l'école vétérinaire en 1932-1933. L’école vétérinaire et les choix d’urbanisme