Mistelbach (parfois nommée Mistelbach an der Zaya) est une ville autrichienne d’un peu plus de habitants située dans le district de Mistelbach, dans le Weinviertel, en Basse-Autriche.

Géographie Mistelbach se trouve dans le nord-est du Weinviertel, à environ des frontières tchèque et slovaque, non loin de la Brünner Straße B7, qui relie Vienne au poste-frontière de Drasenhofen. Mistelbach est au centre du triangle urbain Brno–Vienne–Bratislava. Outre la construction de l’Autoroute autrichienne A5, le contournement routier de Mistelbach est destiné à décharger le centre-ville de l'important trafic de transit.

Il y a un petit bois, le Stadtwald, au Nord de la ville. La petite colline à l'est s'appelle le Trausnitzerberg. Le quartier nord est appelé Steinhübel (« promontoire rocheux » en moyen haut allemand). Le cimetière de l'armée soviétique, d'environ , est au Nord-ouest de la ville. Les quartiers ouest sont ceux de Am Auweg et de Bachlüsse. Le parc naturel Zayawiesen s'étend au Sud-ouest, et forme un îlot de verdure entre la rue d’Ernstbrunn et la rue MitschaPlan de Mistelbach au 1:8000e. éd. par les services municipaux de Mistelbach, .

Le ruisseau de Mistelbach Le Mistelbach, un petit ruisseau qui prend sa source dans la Mistelquelle à Frättingsdorf, irrigue les villages de Hörersdorf, Siebenhirten et Mistelbach, où il se déverse dans la Zaya. À Mistelbach, il s'écoule parallèlement et un peu à l'est de la Waldstraße, puis il est busé du Fösterweg jusqu'à la confluence, à l'exception d'un fossé au sud du carrefour entre la Zayagasse et la Michael-Hofer-Zeile. Au nord du centre-ville, la ruelle de Mistelsteig rappelle l'emplacement du lit d'origine. La confluence est juste au sud de l’Industrieparkstraße, à l'est du point où elle croise la MitschastraßeMistelbach et ses environs, carte au 1:140000e, plan de Mistelbach au 1:9500e, plan de Wolkersdorf au 1:13000e. Arbeitsgemeinschaft Kartographie, éd. Herold Business Data GmbH.

Histoire Préhistoire Du fait de sa position favorable : la présence de rivières et un sol fertile, la région de Mistelbach a été habitée par l'Homme dès le néolithique. Plusieurs vestiges s'étalant entre le et le av. J.-Chr. ont été découverts en surface. La population s'est accrue au cours de l'Âge du bronze. Au début de l'ère chrétienne, des tribus germaniques se sont installées dans le pays : la place du gibet de Mistelbach était, au apr. J.-Chr., un cimetière de tombes à incinération.

Antiquité

Moyen Âge vignette|La chapelle romane du cimetière, réaménagée dans le style baroque. Défaits par Charlemagne au terme de campagnes s'étalant entre 791 et 803, les Avars se réfugièrent dans le Weinviertel. À Mistelbach ils ont édifié un poste de garde, dont le cimetière (60 sépultures) a été retrouvé sur le terrain de l'actuel hôpital.

La domination des Babenberg (dynastie d'ethnie Bavarii) sur le pays favorisa les défrichements, l'assolement triennal et la multiplication de villages. Parmi les seigneurs que les princes de Babenberg établirent à cet endroit, il y avait le chevalier von Mistel, fondateur de la lignée des Mistelbach. Vers 1050, l'existence d'une motte castrale sur le Schlossberg est signalée : il devient un château fort au . Peu à peu Mistelbach, par son pont, devint un important carrefour commercial doté d'un octroi.

Les seigneurs de Mistelbach étaient des vassaux en vue des Babenberg. Le plus célèbre d'entre eux, « Heinrich le chien », qui doit son surnom à sa fidélité pour son suzerain., fut le principal ministériel des comtes d’Autriche. Sa fille Ofemia (pour Euphemia) a épousé Hadamar II de Kuenring[http://geschichte.landesmuseum.net/index.asp?contenturl=http://geschichte.landesmuseum.net/personen/personendetail.asp___id=1750064556 Eintrag Hadmar II. von Kuenring , sur la base de données d'histoire de la Basse-Autriche „Gedächtnis des Landes“, consulté le 5 novembre 2012 et lui apporta par sa dot le fief de MistelbachD'après . en toute propriété.

La fondation de la paroisse de Mistelbach remonte au règne de l'empereur Henri III, qui fit consacrer l'église au patriarche franc Martin de Tours. On ne sait pas avec certitude où se trouvait la première église : les sources mentionnent des messes célébrées dans la chapelle du château. Cette chapelle fut érigée au , et elle est aujourd'hui le plus vieil édifice de Mistelbach. À la mort du dernier prince de Babenberg Frédéric le Querelleur, ce fief fut annexé par le roi Ottokar II de Bohême ; mais le roi Rodolphe Ier de Habsbourg le réclamait : il défit Ottokar à la bataille de Marchfeld le . Ces combats se déroulèrent en partie à Mistelbach (à l'emplacement de l'actuelle rue du Liechtenstein), où il y eut plusieurs morts. Rodolphe Ier occupait alors le château des seigneurs de Mistelbach.

Marchand II de Mistelbach († 1323) envisageait une reconstruction en grand de la place du marché de Mistelbach, puis ses fils firent agrandir l’hôpital face au marché. C'est ainsi qu'en 1372 Mistelbach obtint le droit de marché et le privilège d'organiser quatre foires annuellement : cette tradition s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui. Ce privilège accordait de plus aux habitants le droit de cité, c'est-à-dire le statut de « bourgeois » et la ville fut fortifiée d'une enceinte dotée de quatre grandes portes. Toutefois la fin du fut marquée pour Mistelbach par une série de catastrophes : pourriture des récoltes, pluie de sauterelles, inondations, secousses sismiques et enfin les dernières manifestations de l'épidémie de peste noire, qui réduisit la population de 40 %.

En 1383, Jean Ier de Liechtenstein, seigneur de Nikolsburg et de Feldsberg († 1397), hérita de la maison de Mistelbach avec toutes ses terres . Au cours des Croisades contre les hussites en 1426, Mistelbach a été pillée, puis en 1443 en nouveau tremblement de terre détruisit le château fort de Mistelbach : le roi Georges de Bohême, quelques années plus tard, fit déblayer les ruines et niveler le terrain.

Temps modernes Les Ottomans dévastèrent la région au cours de la première campagne d'Autriche, en 1532. Comme la plupart des villes de Basse-Autriche, Mistelbach avait été gagnée aux idées de la Réforme, et elle demeura majoritairement protestante jusqu'en 1570. Sous le règne de l’empereur Matthias et de son évêque Melchior Khlesl, qui propagèrent la Contre-Réforme en 1603, une politique répressive des plus dures contraignit les bourgeois à se convertir au catholicisme. Le doyen de Mistelbach, un prêtre du nom de Faschang, fut excommunié parce qu'il avait quatre enfants. Sous le règne de l’empereur Ferdinand II, les derniers fidèles du protestantisme furent condamnés à l'exil. Mistelbach, redevenue catholique, vit son droit de foire reconduit par l'empereur.

vignette|Le général Lennart Torstensson (1603-1651, portrait de David Beck) fit piller puis incendier Mistelbach en 1645. Comme tout le nord de l'Autriche, Mistelbach souffrit particulièrement des dévastations de la guerre de Trente Ans. Lors de la bataille de Jankau en Bohême, le , l’armée suédoise du maréchal Lennart Torstensson infligea une cinglante défaite à l’armée impériale des Habsbourg, sous les ordres du maréchal comte Melchior de Hatzfeldt, ouvrant ainsi aux Suédois la route de Vienne. Torstensson fit irruption dans le Weinviertel, faisant de la région entre Vienne et la Bohême un pays de désolationCf. .. L’armée suédoise prit ses quartiers dans la prairie de la Zaya aux alentours de Mistelbach, et Torstensson établit lui-même son quartier-général dans l'hôtel de ville de Mistelbach. Au cours des années suivantes, la ville fut pillée et incendiée à plusieurs reprises, laissant plus de la moitié des maisons détruites. Les Suédois venaient à peine de se replier que les vivres furent confisquées sur ordre du Maréchal des logis impérial.

En 1665, une vive querelle opposa le marché de Mistelbach au fief Wilfersdorf des princes de Liechtenstein, qui imposait à la population la dîme et la corvée : c'est ainsi que les princes de Liechtenstein avaient accaparé un bois communal de détenu jusque-là par les bourgeois de Mistelbach, ce que contestait le juge Paul Oberhoffer. Les bourgeois de Mistelbach portèrent l'affaire devant l'empereur Léopold Ier, qui les qualifia en retour de « rebelles ». Ce n'est qu'après la découverte d'un acte ancien attestant de la propriété du bois, que le prince Hartmann von Liechtenstein (1613–1686) dut restituer ce bien à la ville. En 1910 une statue fut édifiée en hommage à la ténacité du juge Oberhoffer.

Le grand incendie de 1678 détruisit l'église et environ 70 maisons. L'épidémie de peste consécutive à une invasion de rats, l'année suivante, fit 300 victimes. La guilde des vignerons s'est formée en 1691 : elle organise depuis chaque année un défilé traditionnel en ville.

Époque contemporaine Au cours de la Révolution autrichienne de 1848, Mistelbach forma une petite garde nationale (Mistelbacher Companie) forte de 200 volontaires sur le modèle viennois. Cette milice participa à la répression des étudiants et des ouvriers viennois, s'emparant à cette occasion d'un drapeau rouge qu'on peut encore voir comme trophée dans l'église paroissiale. Cette brigade de volontaire fut dissoute après la capitulation de la commune de Vienne au mois d’. Au cours de la guerre austro-prussienne de 1866, environ soldats prussiens traversèrent Mistelbach, amenant avec eux le choléra, ce dont témoigne le cimetière des cholériques de Paasdorf. La même année, Otto von Bismarck se rendit à Mistelbach pour y haranguer ses officiers. Le chemin de fer relia la ville dès 1867. Cette année-là, l’association de gymnastique voyait le jour, et l'année suivante la caisse d'épargne était inaugurée. L'inauguration de la première ligne ferroviaire régulière, en 1869, assura à la ville un regain de prospérité. Le , l’empereur François-Joseph Ier reconnaissait à Mistelbach le statut de ville. L'hôtel de ville style néoclassique d'Eugen Sehnal date de 1908.

Quoiqu’éloignée des théâtres d'opération de la Première Guerre mondiale, Mistelbach a été affectée par le rationnement, le marché noir et la disette. Dans l'entre-deux guerres, le chômage et la malnutrition étaient évidents, et en 1920 la municipalité mit en place une monnaie de nécessité. D'abord multipliés par 100, les prix se trouvaient multipliés par 1000 en 1921. Il fallut se résoudre à fermer les usines à gaz à cause de la pénurie de charbon. L'action enfantine américaine ouvrit une soupe populaire pour enrayer la famine. En 1923, Mistelbach ne comptait plus que habitantsD'après ..

Avec l’Anschluss au Reich allemand (1938), le du 3e Régiment d'infanterie, stationné dans la caserne Bolfras de Mistelbach, fut incorporé à la Wehrmacht ; et bien plus tard, lorsque les forces alliées furent aux frontières, le Kreisleiter Hans Eichinger y fit lever une armée de fortune, le Volkssturm, le .

Le , alors que la bataille de Vienne faisait rage (la ville et ses environs étaient tenus, pour l'essentiel, par la 6e SS Panzer Armee), l’Armée rouge franchit la Morava en direction de l'ouest. Les cibles de l'armée soviétique étaient les puits de pétrole de Zistersdorf, de Prottes, de Matzen et de Neusiedl an der Zaya, ultimes ressources en hydrocarbures des nazis. Il s'agissait en outre, pour les généraux de Staline, d'occuper le maximum de territoire en Europe avant la capitulation, car les progrès de l'armée anglo-américaine à l'ouest étaient à présent fulgurants, et l'aire d'influence de la Tchécoslovaquie et de l'Union soviétique risquait d'être sérieusement entamée.