thumb|upright=1.5|trajet de la coulée de boue après la rupture de digue du 4 octobre 2010 et le département sur la carte de Hongrie thumb|Image satellite du trajet de la coulée de boue du 4 octobre 2010

L’accident de l'usine d’aluminium d'Ajka est survenu à Ajka le en Hongrie.

Il est dû à l'effondrement de la partie supérieure de l'angle Nord-Ouest de la digue d'un des bassins de stockage de déchets industriels de l'usine. Ce bassin couvre une surface d'environ et mesure x à l'endroit le plus large. Il est cerné de hautes digues (plus de de haut). L'usine est autorisée à y stocker ses effluents industriels métallurgiques dits « boues rouges ».

Il a brutalement libéré entre et près d'un million de mètres cubes de boues rouges très liquides, alcalines, toxiques et corrosives correspondant à la surface du dépôt sédimenté dans la décharge (qui contiendrait un total d'environ de tonnes de boue sur ce seul site).

Le torrent de boue a provoqué la mort de dix personnes et en a blessé cent cinquante autres.. Il est à l'origine d'une pollution grave des sols et des eaux de surface.

L'usine d'Ajka L'usine (Ajkai Timföldgyár Zrt. ou MAL Magyar Alumínium Termelő és Kereskedelmi Rt.) est un vaste complexe industriel métallurgique qui couvre Document officiel (Fichier Word) intitulé MAL Magyar Alumínium Termelő és Kereskedelmi Rt. tevékenységének egységes környezethasználati engedélye émis par le Ministère de l'environnement et de l'eau hongrois / Transdanubie centrale, Nature et environnement, service d'inspection et gestion, relatif aux autorisations et obligations de l'industriel] (en hongrois), consulté 2010/10/08. Elle est aujourd'hui propriété du trust hongrois Magyar Aluminium (ou Magyar Alumínium Termelő és Kereskedelmi Rt. dit MAL Zrt).

Elle est située à à l'ouest de Budapest et à environ du lac Balaton (géolocalisation : X: , Y: ).

Elle comprend plusieurs unités de production d'aluminium et est autorisée à produire annuellement d'alumine, de gallium (produit avec un procédé au mercure), de zéolite, d'alliage d'aluminium, et d'autres produits à base d'aluminium ou alumine. Elle dispose d'une capacité de stockage de de bauxite.

Histoire de l’usine L'usine est fondée en 1942 pour valoriser les ressources en bauxite de la Hongrie, et surtout pour répondre aux besoins du troisième Reich et de la guerre, elle entame sa production le , mais des difficultés d'approvisionnement liées à la guerre font qu'elle n'atteint pas sa capacité prévue de production. Elle ne produit qu'un peu plus de d'hydrate d'alumine en 1942. Sa production progresse en 1943, mais en 1944, elle n'atteint que 40 % de l'objectif prévuNOVEMBER 20. – Az Ajkai Timföldgyár és Alumíniumkohó működésének kezdete - 1942, Jelesnapok.hu (en hongrois). L'usine utilise le procédé Bayer de dissolution à chaud de l'alumine de la bauxite par de la soude caustique (NaOH) pour produire de l'alumine (oxyde d’aluminium, de formule chimique AlO). Ce procédé génère de grandes quantités de boues et l'usine dispose de plusieurs vastes bassins entourés de digues pour stocker ses effluents.

Après 1944, et pendant la période communiste (de la république populaire de Hongrie), l'usine est une entreprise d'État, qui doit notamment répondre aux besoins croissants en aluminium de l'URSS.

En 1993, après la chute du régime communiste, elle est privatisée, c'est-à-dire rachetée à l'État par un groupe d'investisseurs privés considérés comme comptant parmi les 100 personnalités les plus riches de Hongrie.

En 2010, elle emploie environ dont la plupart travaillent selon les 3x8, de manière que l'usine fonctionne en continu. L'usine est, et de loin, le premier employeur local.

Pollutions induites par l’accident d’octobre 2010 thumb|Rivière Marcal, une semaine après la catastrophe (et alors qu'il n'a, heureusement, pas plu) thumb|Radioactivité gamma de la bauxite hongroise courante, et de celle, naturellement plus élevée du gisement de Csordakút). Les 4 radionucléides dosés sont : Ac-228 (isotope naturel de l'actinium, produit de la chaîne de désintégration de l'uranium 235, très radioactif ; 150 fois plus que le radium); Pa-234m (un des isotopes du Protactinium) ; Bi-214 (Bismuth 214, radioactif, mais aussi toxique chimique) et K-40 (Potassium 40, bioassimilable via certaines plantes. Sa période radioactive est de 1,248 milliard d'années) thumb|Radioactivité des boues rouges hongroises (minima et maxima), à la même échelle que ci-dessus, montrant que la boue rouge peut être plus radioactive que le minerai (les radionucléides y sont concentrés par le process industriel)

Des avis contradictoires ont été donnés par différents acteurs. Il faudra des années voire plusieurs décennies ou plus pour préciser tous les effets immédiats et différés, locaux et globaux de cet accident.

Selon le site internet du groupe, les boues sont composées des produits listés ci-dessous (données affichées par l'industriel le 6 oct 2006), 40 à 45 % d'oxyde de fer(III), probablement essentiellement sous la forme d'oxyde ferrique (). C'est lui qui donne cette couleur rouge à la boue ; 10 à 15 % d'alumine (Al2O3) ; 10 à 15 % de dioxyde de silicium (SiO2), lié au sodium ou sous forme de calcium-alumino-silicate ; 6 à 10 % de chaux vive (CaO, qui réagit avec l'eau pour donner de l'hydroxyde de calcium) ; 4 à 5 % de dioxyde de titane (TiO2) ; 5 à 6 % d'oxyde de sodium (Na2O, qui réagit avec l'eau pour donner de l'hydroxyde de sodium).

Ce communiqué ne cite pas le pH extrêmement élevé de la boue (supérieur à 10, et atteignant 13 lundi, avant dilution et avant "l'inertage" qui a, selon les autorités, permis de faire descendre ce pH à 10 au niveau de l'arrivée des eaux polluées dans le Danube).

Ce communiqué ne cite pas non plus d’autres résidus provenant du minerai, dont certains métaux lourds et radionucléides. L'Académie hongroise des sciences, d'après les premières données dont elle disposait, a estimé que les taux de métaux relevés dans les échantillons prélevés le restent inférieurs aux taux considérés comme dangereux pour l'environnement. Au contraire, Greenpeace estime que les résultats de ses premiers prélèvements faits à Kolontár sont préoccupants. Ils ont montré des niveaux de chrome très préoccupants (/kg), de même que d'arsenic (/kg) et de mercure (/kg)Danube 'neutralising toxic sludge', article du journal The Independent du 8 octobre 2010. Le gouvernement hongrois reconnaît que ces boues rouges ne contiennent pas de métaux lourds ou arsenic à des taux aussi élevés que ce qu'on peut trouver dans d'autres résidus métallurgiques (les plus polluants), mais ils sont néanmoins présents à environ sept fois le fond géochimique naturel de surface (qui serait l'équivalent théorique d'un sol moyen et normal, c'est-à-dire non pollué par les activités humaines) Redsludge and detoxification, Gouvernement hongrois, 9 octobre 2010 . Ce type de déchet contient habituellement également des fluorures toxiques provenant du process électrochimique d'extraction de l'aluminium (la nature chimique de la boue rouge la rend capable de fixer les fluorures au point qu'on a pu expérimentalement l'utiliser pour dépolluer une eau de ses fluoruresYunus ÇengeloImage lu, Esengül Kır and Mustafa Ersöz ; Removal of fluoride from aqueous solution by using red mud ; Separation and Purification Technology Volume 28, Issue 1, July 2002, Pages 81-86 doi:10.1016/S1383-5866(02)00016-3 (Résumé)). Le ministère chargé de la sécurité civile affiche sur son site (consulté 2010/10/10) une analyse de boue rouge faite il y a plus de (en 1987) par le ministère de la santé publiquepage du ministère hongrois chargé de la sécurité civile (avec analyses de boue rouge, datée de 1887), pour un échantillon à 30 % de teneur en eau et à pH de 11,8 et à conductivité de 1075 µS/cm : il contenait selon l'analyse 0,11 % de carbone, /kg de cuivre, /kg de chrome, /kg de nickel, /kg de plomb, pas de cadmium, /kg de zinc, /kg d'arsenic. Le fluor était présent à raison de /kg ; le diméthylsulfoxyde (DMSO) était assez présent pour être écotoxique (et on sait qu'il entraîne une plus grande absorption des toxines par les pores de la peau lorsqu'il est mis en contact avec celle-ci). Les fluorures métalliques sont extrêmement dangereux, mais les fluorures organiques sont généralement inoffensifs Page du Gouvernement canadien sur le Fluor.

Nature juridique des boues rouges ? Ces boues sont-elles un déchet inerte, un déchet toxique ou un déchet dangereux ?

Un communiqué de MAL du affirmait que la boue rouge du réservoir 10 est un déchet qui ne figure pas dans la liste des déchets toxiques dangereux (code EWC-010 309) du catalogue européen des déchets.

Ce code 01 03 09 se rapporte effectivement en Europe aux issues de la production d'alumine, mais à condition - précise clairement la commission européenne - qu'il s'agisse d'autres déchets . Or cette dernière rubrique (01 03 07) concerne (voir page 5/6 du document Pollution Inventory reporting ; December 2009. V2 ; Mining and quarrying guidance note). Cette rubrique est marquée dans la directive d'un astérisque (*), ce qui signifie que ces déchets sont Décision de la Commission du 3 mai 2000 remplaçant la décision 94/3/CE établissant une liste de déchets en application de l'article , point a), de la directive 75/442/CEE du Conseil relative aux déchets et la décision 94/904/CE du Conseil établissant une liste de déchets dangereux en application de l'article , paragraphe 4, de la directive 91/689/CEE du Conseil relative aux déchets dangereux [notifiée sous le numéro C(2000) 1147 (2000/532/CE)].

De plus, ceci n'est possible que si le bassin 10 ne contenait pas de déchets répondant à la rubrique 10 03 , soit des déchets d'anodes, scories provenant de la production primaire, déchets d'alumine, scories salées de production secondaire, crasses noires de production secondaire; écumes inflammables ou émettant, au contact de l'eau, des gaz inflammables en quantités dangereuses; écumes autres que celles visées à la rubrique 10 03 15, déchets goudronnés provenant de la fabrication des anodes, déchets carbonés provenant de la fabrication des anodes autres que ceux visés à la rubrique 10 03 17, poussières de filtration des fumées contenant des substances dangereuse, poussières de filtration des fumées autres que celles visées à la rubrique 10 03 19, autres fines et poussières (y compris fines de broyage de crasses) contenant des substances dangereuses, autres fines et poussières (y compris fines de broyage de crasses) autres que celles visées à la rubrique 10 03 21, déchets solides provenant de l'épuration des fumées contenant des substances dangereuses, déchets solides provenant de l'épuration des fumées autres que ceux visés à la rubrique 10 03 23, boues et gâteaux de filtration provenant de l'épuration des fumées contenant des substances dangereuses, boues et gâteaux de filtration provenant de l'épuration des fumées autres que ceux visés à la rubrique 10 03 25, déchets provenant de l'épuration des eaux de refroidissement contenant des hydrocarbures, déchets provenant de l'épuration des eaux de refroidissement autres que ceux visés à la rubrique 10 03 27, déchets provenant du traitement des scories salées et du traitement des crasses noires contenant des substances dangereuses, déchets provenant du traitement des scories salées et du traitement des crasses noires autres que ceux visés à la rubrique 10 03 29 et déchets non spécifiés ailleurs, dont plusieurs sont considérés comme déchets dangereux (accompagnés d'une astérisque dans la nomenclature harmonisée).Le directeur de l'usine affirme en outre que les toxiques contenus dans la boue rouge ne sont pas solubles dans l'eau.

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