Les arènes de la rue Pergolèse est un édifice de spectacles taurins et équestres aujourd'hui disparu, construit au 60, rue Pergolèse, dans le de Paris en 1889 et détruit en 1893. La rue Lalo a été percée à son emplacement.
Dénommées Plaza de toros de l'Exposition, ces arènes sont construites en vingt-huit jours, au printemps 1888, pour l'Exposition universelle de Paris de 1889. Leur architecture de brique est calquée sur celle des arènes espagnoles et leur contenance est de spectateurs. Inaugurées le , elle accueillent corridas espagnoles et spectacles équestres.
Description En , des spectacles tauromachiques existaient déjà à l'hippodrome de Paris (hippodrome de l'Alma), mais ce n'est que pour l'Exposition universelle de 1878 que l'on décida de faire une arène, édifice en bois qui pouvait contenir une affiche de l'époque sur Gallica. Construite en vingt-huit jours, inaugurée le de cette année-là, l'arène accueillit des figuras (« vedettes ») espagnoles : « El Gordito », « El Gallo ». Le , « Lagartijo » y tua illégalement le premier taureau. Mais cette fiesta brava parisienne n'eut pas de suite et les arènes disparurent dès le mois de septembreBérard (2003), p.720.
En , une société composée d'éleveurs espagnols décide de financer la construction de nouvelles arène pour l'Exposition universelle de 1889Popelin (1993), p.17. Construite en briques avec une base en pierres et un toit en métal, l'arène avait la forme d'un polygone avec une piste de de diamètre. D'une jauge de , avec fauteuils individuels, loges et couverture amovible, elle pouvait accueillir un grand orchestre .
Avec ses onze rangées de gradins, des écuries avec quarante stalles, six corrals de chacun entourés de murs épais, des patios et une grande salle d'exposition où étaient présentée une collection de costumes de lumières, des objets et documents tauromachiques, elle se flattait de n'avoir rien à envier aux arènes de MadridBérard (2003), p.721.
Historique
Les photographies de l'époque montrent qu'elles étaient en effet monumentales. La construction, terminée pour l'Exposition universelle de Paris de 1889, avait été financée en grande partie par des éleveurs espagnols. Dès le , on annonça la participation des plus grands matadors du moment : Luis Mazzantini, Lagartijo , qui débarquèrent à la gare des Batignolles avec 50 toros, 20 cabestros, 40 chevaux, et 200 personnes.
Les arènes furent inaugurées le samedi en présence du ministre de l'Intérieur, Ernest Constans. Adolphe Sax dirigeait un orchestre de cent vingt musiciens qui joua, pour le paseo, La Giralda puis La Gracia de Dios ', deux paso-doble célèbres du compositeur espagnol Ramón Roig y Torné. Le spectacle comprenait un paseo comptant un peloton de soldats de la garde, quatre alguaziles à cheval, deux à piedMignon (1993), p.57.
Les quatre matadors au cartel de cette corrida étaient : Currito, Felipe Garcia, Ángel Pastor, et Frascuelo qui combattra trois fois dans cette arèneBérard (2003), p.859, ainsi que trois rejoneadores portugais : Alfredo Tinoco, Luis do Rago et José Bento de Araujo et que la caballera en Plaza française Maria Gentis mapage.noos.fr.
Vingt-huit corridas se déroulèrent cette année-là dans l'arène où les taureaux emboulés n'étaient ni piqués ni tués, dans les premiers spectacles. Puis le préfet autorisa les règles de la corrida espagnole qui furent appliquées dès l'année suivante. En , il y eut , mais le préfet se ravisa de nouveau et il interdit la mise à mort.
L'année suivante, il n'y eut plus que 26 spectacles, et comme les figurasBérard (2003), p.490 (matadors vedettes) refusaient de se prêter à une parodie de tauromachie, le public déserta bientôt les gradins. On essaya divers autres spectacles détournés de la corrida : charlotades, toreo comique, mais dès 1893, la société qui gérait les arènes était en faillite et l'édifice qui avait coûté une fortune fut démoli. Apprenant cela, Berthe Morisot qui avait vue sur le bâtiment réalisa trois tableaux, deux Dôme des arènes de la rue Pergolèse et un Dôme des arènes de la rue Pergolèse au soleil couchant
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Ouvrages
Articles .
Articles connexes Liste d'arènes
Liens externes les courses de taureaux à Paris
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