thumb|Page titre de l'édition allongée de 1773 en dix volumes des . Il est indiqué .|alt=Fac-similé d'une page.
(Les Pièces de William Shakespeare), révisés et corrigés par Samuel Johnson et George Steevens, est une édition des tragédies de William Shakespeare parue au . Johnson avait annoncé son intention de publier ces pièces de théâtre dans son (1745), et son final fut publié en 1756. La première version de l'ouvrage sortit en 1765.
Dans sa Preface de cette édition, Johnson justifia son choix de rechercher le texte original des pièces de théâtre et ajouta plusieurs notes explicatives pour le bénéfice du lecteur. Des éditeurs ultérieurs ont suivi les traces de Johnson et ont tenté de retrouver les textes émanant de la main de Shakespeare.
Contexte thumb|Samuel Johnson, l'un des éditeurs des . Portrait de Joshua Reynolds, 1775.|alt=Portrait d'un homme vu de face. Dans sa jeunesse, Johnson lisait des pièces de théâtre et des poèmes de Shakespeare.. Il s'identifiait tellement aux personnages des pièces qu'il déclara même avoir été terrifié par un fantôme dans Hamlet.. Cette fascination continua tout au long de sa vie : par exemple, alors qu'il rédigeait son , il lisait en même temps des pièces de Shakespeare., ce qui explique que Shakespeare est l'auteur le plus cité de son ..
Johnson en vint à la conclusion que les recueils de pièces de théâtre shakespeariennes, publiés de son vivant, étaient de mauvaise qualité, qu'elles n'étaient pas authentiques :
Bien que Johnson soit l'ami de plusieurs comédiens, dont David Garrick qui avait joué des pièces de Shakespeare, il ne croyait pas que le fait de les jouer fut nécessaire à leur existence ni que la présence d'un auditoire fut nécessaire à l'accueil d'une pièce.. Selon lui, c'est plutôt le lecteur qui est le véritable auditoire des pièces de théâtre.
De plus, Johnson croyait que les éditeurs postérieurs à Shakespeare ne comprenaient ni le contexte historique ni les pièces de théâtre elles-mêmes, et sous-estimaient le degré de corruption du texte des pièces.. Il affirmait que . Pour corriger ces problèmes, Johnson affirmait que les œuvres originales devaient être analysées, ce qui devint l'une des bases du programme inscrit dans son . Par ailleurs, il espérait que l'édition des œuvres de Shakespeare lui donnerait à la fois les revenus et la reconnaissance auxquels il aspirait.. Cependant, un ouvrage de cette ampleur demandait d'importants engagements, à la fois financiers et de temps, de la part d'un éditeur.
Miscellaneous Observations thumb|Page titre de la première édition de . Sous le titre apparaît : .|alt=Fac-similé d'une page. Johnson commença à travailler sur Macbeth dans le but de montrer à quoi pouvait ressembler une nouvelle édition des œuvres de Shakespeare. Il obtint la plupart des informations alors qu'il travaillait au Harleian Catalogue, un catalogue des collections d'ouvrages et de pamphlets détenus par Robert Harley. Johnson publia cet ouvrage en même temps que des commentaires sur une édition des pièces de théâtre de Shakespeare réalisée par Thomas Hanmer, l'un des premiers éditeurs de Shakespeare. L'ouvrage, publié le par Edward Cave, avait pour titre Miscellaneous Observations on the Tragedy of Macbeth.
Hanmer avait publié, chez Clarendon Press, une autre version des pièces de Shakespeare en et Johnson pensait attirer l'attention sur son travail en remettant en cause quelques affirmations de Hanmer.. Il critiqua donc Hanmer pour son travail sur le texte de Shakespeare selon son opinion subjective plutôt que selon des faits objectifs. En particulier, Johnson écrivit :
Il poursuivit :
Les Miscellaneous Observations contenaient plusieurs idées et théories sur Shakespeare.. Par exemple, Johnson pensait qu'il y avait un mystérieux pouvoir contenu dans les scènes surnaturelles de Shakespeare : .
À la fin de son ouvrage, Johnson annonça qu'il allait rédiger une nouvelle édition de pièces de Shakespeare. :
En réplique, Jacob Tonson et ses associés, qui détenaient les droits d'auteur sur les éditions courantes de Shakespeare, menacèrent de poursuivre Johnson et Cave dans une lettre écrite le .. Ils souhaitaient protéger leur nouvelle parution, éditée par l'érudit shakespearien William Warburton.
Proposals thumb|Page titre de la première édition du de Johnson.|alt=Fac-similé d'une page. Le , Johnson fit publier à nouveau son Miscellaneous Observations en lui attachant son (ou, au long, ). Le , il signa un contrat l'engageant à rédiger un ensemble de huit volumes sur les écrits de Shakespeare. Le , il faisait publier à nouveau son , maintenant intitulé .. Le offrait des abonnements sur la future édition de Johnson au prix de deux guinées, la première versée à l'avance et la deuxième versée à l'impression.. Lorsque Johnson obtint la reconnaissance des érudits pour son , les éditeurs de Warburton lui donnèrent la permission de travailler sur les œuvres de Shakespeare.
Dans le , Johnson décrivit les différents problèmes qu'il percevait dans les éditions antérieures de Shakespeare et affirma qu'une nouvelle édition rédigée de sa main corrigerait ces problèmes. En particulier, il promit . Il voulait y parvenir en s'appuyant sur et sur la lecture .
Au contraire des autres éditeurs qui avaient , Johnson affirma : . Plus tard dans l'ouvrage, il promit que celui-ci serait prêt en .
Selon son contrat, Johnson devait compléter son édition en 18 mois, mais au fur et à mesure que les mois passaient, son rythme ralentissait. En , il dit à Charles Burney qu'il lui fallait jusqu'à mars de l'année suivante pour y parvenir.. En , il fut à nouveau arrêté pour une dette impayée de . La dette fut rapidement payée par Tonson, qui avait mis Johnson sous contrat pour la publication ; peu après, voulant retourner la faveur, Johnson trouva la motivation pour compléter l'ouvrage. Il parvint à terminer quelques volumes dans le but de prouver son engagement, mais il lui fallut sept années supplémentaires pour achever l'ouvrage.
Complétion Johnson confia à John Hawkins que . Cependant, l'attrait de l'argent n'était pas suffisamment puissant et, en 1758, en partie pour justifier de ne pas continuer le travail, il commença à rédiger une série hebdomadaire, The Idler, qui fut publiée du 1758 au 1760..
thumb|left|Contrat passé pour .|alt=Fac-similé d'une page. À partir de 1762, Johnson fut perçu comme un rédacteur lent. Par exemple, le poète contemporain Charles Churchill le taquina à propos du retard. (traduction libre, jeu de mots avec et qui ne peut pas être restitué en français) :
Il tend son hameçon aux souscripteurs Prend votre argent, mais où est le livre ?
Les commentaires relancèrent l'intérêt de Johnson, qui reprit le travail. Ce fut seulement le 1762, quand il reçut le premier versement d'une rente gouvernementale annuelle de 300 £, qu'il cessa de s'inquiéter pour l'argent et qu'il occupa presque tout son temps à compléter l'ouvrage..
Le 1765, le lendemain du jour où il fut présenté à Henry et Hester Thrale, Johnson nota dans son journal qu'il avait .. Par la suite, il commença à visiter son ami Richard Farmer, qui rédigeait à cette époque , dans le but d'obtenir de l'aide pour compléter et réviser son travail. Pendant cette période, Johnson ajouta plus de 550 notes. En juin, il annonça que son édition serait publiée le 1765.. Cependant, il ne put travailler sur sa avant août et l'ouvrage fut finalement remis le . Pendant que Johnson rédigeait la , George Steevens l'aida gracieusement.
Le travail de Johnson fut publié à le 1765 sous le titre .. Les copies furent rapidement vendues et un nouveau tirage fut effectué. Une édition allongée sortit en 1773 et une édition révisée sortit en 1778.
Preface thumb|Page titre de la première édition de la .|alt=Fac-similé d'une page. La de Johnson comprend quatre sections. : une discussion sur la de Shakespeare, particulièrement à propos de sa ; les de Shakespeare ; les pièces de Shakespeare en regard de la poésie et de la tragédie contemporaine ; une histoire et ce que son travail apporte.
Johnson commence ainsi :
Johnson introduit alors Shakespeare :
Les pièces de théâtre Johnson, dans son , affirmait que . En conséquence, il tenta d'obtenir les textes anciens des pièces, mais plusieurs propriétaires étaient réticents à l'idée de les prêter, de peur qu'ils ne soient abîmés ou détruits. David Garrick offrit l'accès à toute sa collection, mais Johnson déclina, craignant de devoir donner un traitement préférentiel à Garrick dans le futur..
La force de l'ouvrage de Johnson est l'ensemble des notes qui facilitent la compréhension de plusieurs passages difficiles des textes de Shakespeare ou qui « corrigent » les retranscriptions fautives. Parfois, les notes contiennent des attaques contre des éditeurs rivaux.
En 1766, Steevens publia un recueil des pièces de Shakespeare , mais les notes de Johnson étaient absentes, ce qui rendit son ouvrage moins intéressant. Les deux auteurs travaillèrent alors ensemble pour rédiger une édition révisée des . Elle fut publiée en 1773 en 10 volumes, et une édition corrigée parut en 1778. Steevens rédigea la plupart des corrections, alors que Johnson ajouta 80 notes.
Accueil critique Après que Johnson fut forcé de reculer lorsqu'il voulut publier son recueil des pièces de Shakespeare en 1746, son rival William Warburton loua son Miscellaneous Observations : . Des années plus tard, Edmond Malone, érudit notable de Shakespeare et ami de Johnson, affirma que et que la Preface était . Adam Smith affirma que la Preface était .
En 1908, Walter Raleigh prétendit que le travail de Johnson aidait le lecteur . Raleigh avoua alors qu'il . T. S. Eliot écrivit que .
Dans sa biographie de Johnson de 1977, Walter Jackson Bate écrit :
John Wain, un autre biographe, affirma que le de Johnson.
Notes et références
Citations originales
Références
Annexes Bibliographie
Liens externes Volumes 2, 8 10 et 11 des Plays sur le site Internet Archive.
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