Les abeilles (Anthophila) forment un clade d'insectes hyménoptères de la super-famille des Apoïdes. Au moins d'abeilles sont répertoriées sur la planète dont environ en Europe et près de en France métropolitaine. L'espèce la plus connue est probablement , qu'on élève dans des ruches pour la pollinisation des cultures et la production de miel. Cependant, la majorité des espèces d'abeilles se nourrit du nectar des fleurs et ne produit pas de miel. À cause de la compétition, il y a aujourd'hui une nette surreprésentation des abeilles d'élevage au sein de la biodiversité holoarctique..

Les abeilles peuvent être classées selon leur mode de vie : domestiques ou sauvages, solitaires ou bien sociales, etc. Elles sont nettement distinctes des guêpes par leur morphologie et leur comportement, notamment leur alimentation. Les bourdons, en revanche, sont un groupe particulier d'abeilles.. Plus de 80 % des espèces d’abeilles nichent ou hivernent sous terre..

L'humanité a colonisé la Terre en favorisant et diffusant très peu de variétés d’apidés, suscitant une compétition avec les abeilles locales, et les rendant vulnérables à certains parasites et pesticides.. L'imaginaire collectif voit les abeilles comme des insectes sociaux, mais environ 90 % des espèces d'abeilles sont solitaires. (et encore plus menacées que leurs homologues sociales). Comprendre et protéger cette diversité menacée est un enjeu entomologique majeur.

Les abeilles, et les autres espèces de pollinisateurs, sont actuellement gravement menacées, avec un taux d'extinction qui est , selon l'ONU..

Lors de la Journée mondiale des abeilles du , l'ONU a détaillé les principales causes du déclin des pollinisateurs : les pesticides, la monoculture, l'agriculture intensive, le changement climatique, le changement d'affectation des terres et la destruction des habitats.

Dénominations Étymologie Le mot abeille est attesté en français pour la première fois au . D'abord mentionné sous les formes abueille, abele, aboille ou encore abeulle, ce mot est un emprunt à l'occitan , lui-même issu du latin « petite abeille », diminutif d' « abeille ».. Cette forme est aussi attestée dans de nombreuses autres langues romanes : le francoprovençal ., le portugais michaelis.uol.com.br/busca?r=0&f=0&t=0&palavra=abelha, le catalan ., l' espagnol ., etc.

Il remplace un ancien terme d'oïl , puis (pluriel ) issu directement du latin ; Ce mot, manquant de corps, s'est vu intégré dans le composé mouche-ep, tandis que eps employé par Montaigne, se perpétue avant de sortir de l'usage. Malgré tout, encore au début du , l’Atlas linguistique de la France repère l'abeille encore sous la forme é dans quelques localités du nord, alors qu'elle est supplantée par le composé mouche à miel dans les deux tiers nord du domaine d'oïl (Bretagne mouche à mièl, Normandie septentrionale mouque à mié, Ile-de-France, Picardie, Wallonie, Lorraine mouche é mi, Bourgogne), mouchette dans la frange est (Lorraine orientale mouchette, mohhâte, Franche-Comté du nord môtchotte), abeille dans le sud-ouest (Poitou, Saintonge aboeille) et avette dans le val inférieur de la Loire..

D'ailleurs, dans sa première édition de 1694, le Dictionnaire de l'Académie française définit l'abeille comme étant une « mouche à miel, sauvage ou domestique ». La définition du mot abeille dans les dictionnaires évolue peu avec le temps. Il faut attendre le avec la (1832-1835) de ce dictionnaire pour voir apparaître des précisions sur cette sorte de mouche: et le avec la de 1932-1935 pour qu'elle soit classée parmi les hyménoptères tout en précisant également qu'elle . Cette définition est très proche de celle donnée par le Trésor de la langue française informatisé (1971-1994), ce qui réduit progressivement l'usage du mot aux seules abeilles à la fois sociales et productrices de miel.

Pourtant, parmi les insectes appelés « abeille » en français, il existe en réalité des espèces solitaires et d'autres qui ne produisent que peu, voire aucun miel. Cette différence va être intégrée à la du Dictionnaire de l'Académie française qui, tout en réduisant la définition de l'abeille à la « famille des Apidés », explique qu'elle vit en société et produit du miel.

Noms vernaculaires et taxons correspondants

Liste alphabétique de noms vulgaires ou de noms vernaculaires attestésAttention aux appellations et traductions fantaisistes circulant sur l'Internet en français.

Note: certaines espèces ont plusieurs noms et figurent donc plusieurs fois dans cette liste. Les classifications évoluant encore, certains noms scientifiques ont peut-être un autre synonyme valide. En gras, les espèces les plus connues des francophones.

Physiologie, comportement et écologie vignette|alt=Des petits vers recrovillés sont alignés dans des tubes qui ressemblent à d'anciennes tiges.|Larves d'abeilles (Osmia cornuta, peut-être quelques Osmia bicornis) dans un hôtel à abeilles à différentes étapes de développement. . vignette|Nid d'abeille abandonné dans le parc national d'Eravikulam en Inde. .

Les caractéristiques générales des abeilles sont celles des guêpes apoïdes, ce sont donc des insectes hyménoptères dont les adultes sont généralement velus et se nourrissent de nectar, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur description ou leur mode de vie. Par exemple, pour les abeilles à miel d'Europe, voir tout le genre Apis et principalement .

Histoire évolutive thumb|Découverte en 2006, cette abeille (Melittosphex burmensis), fossilisée dans l'ambre, est datée de . L'histoire évolutive des insectes met en évidence que les premiers insectes apparaissent vers au Dévonien, les insectes volants vers au Carbonifère..

On ignore encore quel est l'ancêtre commun à tous les Apoïdes. Les premières abeilles stricto sensu sont probablement apparues en même temps que les premières fleurs, c'est-à-dire il y a plus de d'années, la flore terrestre étant auparavant dominée par les Gymnospermes. Les études génétiques suggèrent que les abeilles proviennent, comme les fourmis, de la spécialisation de guêpes prédatrices de la famille des Crabronidés, le changement du comportement alimentaire pouvant s'expliquer par la consommation par ces guêpes de proies qui visitaient les fleurs et se couvraient de pollen.. Les premières abeilles ont probablement été solitaires et spécialistes (pollinisation d'un nombre défini de fleurs), certaines évoluant vers des formes sociales plus ou moins élaborées et devenant des pollinisateurs généralistes mais ces transitions instables font que certaines sont retournées vers un mode de vie solitaire..

On a retrouvé les plus anciens fossiles d'abeilles en inclusion dans de l'ambre. Ces abeilles appartiennent à des espèces et des genres à présent éteints. Le plus vieux fossile à ce jour est Melittosphex burmensis: datée de , cette espèce minuscule découverte en 2006 en Birmanie avait des grains de pollen sur les pattes. Sa découverte confirme l'origine commune des guêpes et des abeilles et l'ancienneté de la coévolution entre les « abeilles » et les Angiospermes (spécialisation dans la consommation de nectar et de pollen et rôle dans la pollinisation). Cette découverte suggère que les premières abeilles végétariennes ont émergé à partir d'ancêtres guêpes insectivores..

Le genre vivait au Crétacé supérieur, il y a environ , dans l'actuelle région de la mer Baltique et avait une forme très proche de l'abeille à miel contemporaine.

Classification Toutes les abeilles sont des insectes hyménoptères, végétariens et butineurs. Butiner signifie voler de fleur en fleur à la recherche de nourriture. L'abeille récolte ainsi dans la nature nectar, propolis, miellat et pollen. En butinant, l'abeille assure également la pollinisation, c'est-à-dire le transport du pollen permettant la reproduction des plantes.

Leur taille distingue les abeilles des guêpes, qui ont quant à elles la taille fine, en général moins de soies et leurs larves sont carnivores. Les bourdons, qui semblent au premier abord plus ronds et généralement plus gros que d'autres espèces, sont tout de même un groupe spécifique d'abeilles (genre Bombus), bien que le nom vernaculaire d'abeille ne s'y réfère généralement pas. Le nom d'abeille est ainsi généralement accordé aux espèces dont l'aspect se rapproche de celui des mouches. Leurs quatre ailes reliées deux à deux différencient pourtant facilement les abeilles des mouches, notamment des syrphes, ces diptères également pollinisateurs qui arborent par mimétisme le costume rayé de la guêpe et parfois celui, plus poilu, des abeilles.

Selon les habitudes de vie des différentes espèces d'abeilles, on distingue plusieurs catégories d'abeilles: l'expression « abeille domestique » est l'un des noms usuels de l'abeille européenne (Apis mellifera), mais elle peut aussi être employée pour toute autre abeille domestiquée par l'humain. Par opposition, on nomme « abeille sauvage » une abeille non domestiquée. L'expression « abeille sociale » désigne une espèce d'abeille vivant en colonie, sinon il s'agit d'une « abeille solitaire » constituant plutôt des agrégations (ou bourgades) de terriers individuels. D'autres espèces sont des « abeilles parasites » ou « abeilles coucous » qui pratiquent le cleptoparasitisme.

Certaines abeilles transforment une partie de leur récolte en produits dérivés: miel, cire ou gelée royale. Ces produits sont stockés dans des nids plus ou moins élaborés: de simples galeries pour les espèces solitaires, des assemblages complexes de rayons de cire pour les espèces sociales. Les espèces qui en produisent en quantité significative sont appelées des « abeilles à miel ».

La taille et le poids des abeilles varient selon les espèces, leur taille va de de long et elles peuvent peser de .

Grands types d'abeilles Abeilles solitaires

La majorité des plus de d'abeilles. sont solitaires : elles ne fondent pas de colonie pérenne (pluriannuelle), les abeilles femelles construisant individuellement un petit nid au sol, sous une pierre, dans des structures creuses (trou dans un arbre, coquille d'escargot, etc.).. Certaines espèces, comme l'halicte () ont cependant une vie communautaire, sans être eusociales. Si les femelles ont parfois une même entrée de nid, elles construisent et s'occupent seules de leurs propres cellules et n'ont aucun contact avec leur descendance..

Les abeilles solitaires ne produisent pas de miel. Certaines espèces sont des « rubicoles » (au sens strict « qui habitent les ronces ») et nidifient dans des tiges de plantes à moelle. D'autres espèces sont des « xylicoles » qui utilisent des galeries creusées dans le bois, soit par elles-mêmes, soit par des insectes xylophages. D'autres espèces enfin creusent leur nid dans des parois de terre sèche ou dans le sol. Chaque cellule, contenant une larve et du pain d'abeille, est scellée par un bouchon.

Abeilles parasites

Ce sont des insectes solitaires qui pratiquent le cleptoparasitisme en parasitant les couvains d'autres espèces.

Abeilles sociales

thumb|alt=Une reine entourée d'ouvrières|Abeilles sociales (ici Apis mellifera). alt=|vignette|Cadre de couvain, pour la plupart operculé, manipulé par l'apiculteur. Les abeilles sociales forment des colonies, groupes d'abeilles vivant en société. La colonie est composée de trois castes :