L'église Notre-Dame-de-Recouvrance est une église française des située à Orléans, dans le département du Loiret et la région Centre-Val de Loire. Elle est affectée depuis sa construction au culte catholique.

Construite dans l'ancien faubourg d’Avenum en appui sur l'enceinte fortifiée du Bas-Empire romain365, elle fut modifiée et reconstruite plusieurs fois, en particulier après les guerres de Religion.

Elle est classée monument historique depuis 1918 et son ancien presbytère est inscrit monument historique depuis 1928. Le grand vitrail du maître-autel (XVIe) est classé MH depuis 1904.

Toponymie L’église porte le nom de Notre-Dame-de-Recouvrance, en référence aux mariniers « recouvrés » (retrouvés) après leurs expéditions sur la Loire. En effet, les femmes de ces mariniers venaient souvent prier la Vierge Marie dans une petite chapelle dédiée à Notre-Dame-du-Bon-Secours qui s’élevait à cet endroit, sur une tour à demi écroulée de la muraille du faubourg d'Avenum, afin que leurs maris reviennent sains et saufsLottin.

Le nom de « Recouvrance » fait aussi référence à la libération de la ville d’Orléans par Jeanne d’Arc durant le siège d'Orléans en 1429, mais aussi à l’épisode du recouvrement de Jésus au Temple (Évangile selon Luc : ) qui est la fête patronale de l'église, au deuxième dimanche de janvier.

Géographie L'église Notre-Dame-de-Recouvrance est située dans le centre-ville d'Orléans, entre les rues Notre-Dame-de-Recouvrance et de l'Ecu-d'or, à proximité de la rive droite de la Loire au niveau du quai Cypierre (route départementale 2152), entre les ponts George-V et Maréchal-Joffre. Seule église de la ville à être si serrée par les immeubles qui l'entourent, elle est au beau milieu d'un tissu urbain très diversifié, qui comprend notamment plusieurs maisons des s rescapées des bombardements. La rue de l'Ecu-d'Or et le bout de la rue des Turcies ayant été touchés par les bombardements de 1940, des immeubles de l'époque de la Reconstruction se trouvent au sud, à l'est et au nord-est de l'église.

Elle se trouve dans le périmètre de la région naturelle du Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) ; ..

Histoire Époque moderne Notre-Dame-de-Recouvrance est édifiée au début de l'Époque moderne sous la responsabilité du maître d’œuvre du duché d’Orléans Jean Mynier, entre 1513 et 1519, année de sa dédicace370, qui survient le , précédée d'une procession solennelle et générale de toutes les paroisses d'Orléans de la cathédrale à l'église nouvellement achevée. Elle est, par la suite, rénovée à plusieurs reprises notamment aux .

L'église prend la suite d'une chapelle primitive dédiée à Notre-Dame de Recouvrance ou de Bon-Secours que Lottin fait remonter au ; elle était située sur une tour de l'enceinte, puis a été adossée contre. Le rempart passait à peu près au milieu de l'église actuelle. L'extension de l'enceinte jusqu'aux mails actuels rend l'ancien mur inutile : celui-ci ainsi que ses fossés est vendu à divers carriers et autres acquéreurs; deux d'entre eux abandonnent leurs terrains en 1513 pour permettre la construction de l'église.

Durant les guerres de Religion, en 1562, l’église est fortement endommagée, de nombreux éléments de structure sont détruits tels que la voûte centrale, les voûtes latérales, les contreforts et le sommet du clocher, du fait de l'incendie par les Huguenots des charpentes. À partir de 1590, cinq églises d'Orléans, Saint-Pierre du Martroi, puis Saint-Paul, Notre-Dame de Recouvrance, Saint-Laurent et enfin Saint-Donatien, sont restaurées sur le même principe : les contreforts et la voûte en pierre ne sont pas rétablis, mais remplacés par une carène en bois parée de briquettes et de nervures en bois imitant les voûtes ogivales. Au début du , le culte est rétabli à Notre-Dame de Recouvrance.

L’église est paroissiale de 1515 jusqu'en 1791, mais elle partage son curé avec Saint-Laurent. Ce dernier est assisté de trois vicaires, deux à Saint-Laurent, qui desservent un terroir essentiellement rural, et un habitant à demeure sur la paroisse de Notre-Dame de Recouvrance et desservant un quartier de plus en plus urbain et industriel. Deux cloches sont baptisées le , alors que Charles Clément est curé de Notre-Dame de Recouvrance et de Saint-Laurent. D'importants travaux de charpente sont exécutés en 1742-1743.

À partir de la seconde moitié du , la paroisse est traversée de tensions graves. Jean-Baptiste Rousselet, curé de 1747 à 1767, est exilé huit ans par le Parlement d'Orléans de 1752 à 1760 pour avoir refusé les sacrements à une femme janséniste de sa paroisse, qui vivait dans l'actuelle rue Stanislas-Julien. L'évêque d'Orléans a aussi été exilé pour la même cause. En 1760, le curé reprend sa cure, mais affronte une très forte hostilité de ses paroissiens - gagnés par le jansénisme, puis les , et plusieurs procès l'opposent à ses marguilliers, les personnes qui gageaient sur leurs revenus les dépenses de la paroisse, tout en l'administrant, et à sa fabrique.

Époque contemporaine vignette|L'église Notre-Dame-de-Recouvrance en 1849, dessinée par Charles Pensée Pendant la Révolution française, l'ensemble du mobilier est pillé; les deux cloches sont descendues. L'église dont la paroisse est supprimée et rattachée à Saint-Laurent doit sa survie d'abord aux mariniers qui l'imposent comme chapelle de secours en 1791 (ainsi que Saint-Donatien et saint-Aignan), ensuite à sa position proche du port d'Orléans qui permet sa transformation dès 1793 en entrepôt à farine. En 1800, elle est rachetée par des paroissiens et rendue au culte en 1802. Le premier curé post-révolutionnaire, Jean-Baptiste Plaisant, rachète l'hôtel particulier (construit en 1520) du rue Notre-Dame de Recouvrance, pour en faire son presbytère; en 1817, il le donne à la fabrique de la paroisse; la loi de 1905 confisque tous les biens des fabriques et les attribue aux mairies ou aux bureaux de bienfaisance quand il y en a; de fait, le 12 entre dans le patrimoine municipal, via le bureau de bienfaisance; la mairie le vend pour le franc symbolique au diocèse en 1995.

Au début du , l'église est pourvue d'autels de style néoclassique et de plusieurs tableaux; en 1823, elle a ses écoles, fondées et construites avec les fonds et la générosité de deux industriels, MM. Feyzan et Raguenet de Saint-Albin. En 1824, une croix de mission, depuis disparue, est érigée sur le territoire de la paroisse. Le chœur est repavé à l'aide de l'ancien pavage de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans. Quatre carreaux sont d'ailleurs gravés d'épitaphes de personnes enterrées dans le chœur de la cathédrale, essentiellement des clercs. En 1829, la succursale de Notre-Dame de Recouvrance redevient paroisse à part entière, en même temps que Saint-Marceau.

En 1857, Louis-Eugène Clesse est nommé curé avec pour mission de rendre son éclat passé à cette église. Il s'y attelle avec l'installation de trois autels, des peintures du chœur, celles des chapelles latérales par Hippolyte Lazerges entre 1851 et 1859 et le mobilier.. Il prend à sa charge la plus grande partie des débours, près de 130.000 F de l'époque sur les 220.000F que nécessitent les travaux de l'église, des deux écoles et du presbytère à cette époque. En 1866, Notre-Dame de Recouvrance et Saint-Paul unifient leurs écoles en un grand bâtiment à l'angle de la rue des Charretiers et des Chats Ferrés; elles volent ainsi au secours de la ville qui manque d'argent pour fonder une école qui s'avère nécessaire. Par ailleurs, la paroisse dispose d'une école de filles tenue par les sœurs de Ruillé et située au de la rue du Four-à-Chaux (aujourd'hui Stanislas-Julien); cet édifice saisi en 1905 par la puissance publique devient par la suite l'annexe d'un collège privé, puis la fédération des œuvres laïques. Appelé en 1865 par l'évêque à prendre la cure de Saint-Paterne afin de mener à bien la reconstruction de l'église, l'abbé Clesse laisse son successeur M. Lambert achever les travaux de l'église, qui est consacrée à nouveau le . Une chapelle des Catéchismes est construite en 1865 sur un terrain donné par l'abbé Clesse au sud de l'église sur la rue de l'Ecu d'Or, dans ce but. En 1870, l'église s'enrichit d'un orgue de chœur, fait par le facteur d'orgues Loreau; il est inauguré en grande pompe le de cette année.

L'église traverse à peu près sans encombre la guerre de 1870, bien quelle soit transformée en prison entre et , comme nombre d'autres églises de la ville et la cathédrale. Trois cloches sont fondues pour l'église par la fonderie Bollée en 1877, une autre en 1878. L'église abrite la septième plus grosse cloche d'Orléans, un bourdon qui pèse 1 019 kilos. En 1900, la toiture de la nef est refaite et plusieurs fermes changées (surtout à l'ouest) par quatre charpentiers, dont le compagnon du devoir Amyot.

Notre-Dame-de-Recouvrance est classée monument historique à la fin de la Première Guerre mondiale, le . En 1920, sous l'impulsion des Monuments Historiques une partie des toitures est rénovée. Le presbytère, situé au 12 de la rue Notre-Dame de Recouvrance, est inscrit à l'inventaire des monuments historiques le . L'église et le presbytère sont électrifiés entre 1921 et 1923. La paroisse se dote d'un bulletin paroissial en 1930. Les écoles, fusionnées avec la paroisse Saint-Paul en 1866, se voient réduites dans leur surface en 1880, puis sont confisquées en 1906. Malgré le manque de ressources, la paroisse réorganise des écoles libres tenues par des sœurs sécularisées dès 1912. Celles-ci sont supprimées à la fin des années 1930 et leur bâtiment ( et 5 bis rue de la Croix de Bois) donné au patronage paroissial. Il y a une salle paroissiale, située , rue des Turcies.

Les financements permettant la suite de la rénovation, initialement prévue en 1922, ne sont trouvés qu'en 1938. Le grand vitrail du maître-autel () est alors déposé et envoyé à la restauration. Au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, l'église est encadrée par les bombes de la Luftwaffe. Toiture et gouttières sont détruites. Les travaux prévus en 1938 sont enfin réalisés , les gouttières sont posées en 1944 et portent un poinçon daté sur le côté sud de l'église. Les baies de l'église, soufflées pendant la guerre, sont remplacées en 1956 et 1957 par le maître-verrier orléanais ChevallierLe travail sur le grand vitrail débuté avant-guerre expliquent pourquoi le grand vitrail du , rétabli après la Seconde Guerre mondiale, a échappé aux bombardements de la Luftwaffe..

Les cloches sont électrifiées en 1954Archives diocésaines, visite pastorale de 1955 et une cloche horaire installée au-dessus des autres en 1956. Au début des années 1960, les façades connaissent une campagne de ravalement, consécutive à la guerre et à ses dommages; les façades noires de poussière retrouvent leur propreté et les tons doux de la pierre. Après les travaux de restauration du pignon au début 1981 et de la sacristie, située dans la cour arrière du 12 rue Notre-Dame de Recouvrance, en 1984, l'église est peu à peu abandonnée; ses derniers occupants réguliers sont les Portugais, qui la partagent avec la paroisse de 1970 à 1977 et se retrouvent seuls dedans sur la fin, jusqu'au début des années 1980. Le presbytère est récupéré par le diocèse d'Orléans sous l'épiscopat de Riobé, qui y installe un centre ouvert aux nouvelles spiritualités chrétiennes sous l'égide de l'abbé Givenchy. Celui-ci accueille en 1991 des migrants turcs qui font la grève de la faim après avoir été déboutés du droit d'asile; plus tôt dans l'année, une quarantaine d'entre eux occupent pendant plusieurs semaines le porche de la cathédrale d'Orléans pour les mêmes raisons; défendus par l'évêque et l'abbé Pierre, ils seront finalement tous régularisés.