vignette|droite|« Le Bouddha Sakyamuni », par le peintre Zhang Shengwen, c. 1181–1186. Bien que le bouddhisme soit en déclin et en concurrence directe avec le néoconfucianisme durant la période Song, il reste toutefois une des idéologies religieuses majeures en Chine.

La société chinoise durant la dynastie Song (960-1279) est marquée par les réformes politiques et légales, un retour philosophique du confucianisme et le développement des villes qui deviennent, au-delà de centres administratifs, des centres commerciaux, industriels et de commerce maritime. Les habitants des zones rurales sont pour la plupart des fermiers, même si certains sont chasseurs, pêcheurs ou employés du gouvernement travaillant dans les mines ou les marais salants. Inversement, les boutiques, les artisans, les gardes de la ville, les saltimbanques, les travailleurs et les riches marchands vivent dans les centres des comtés ou des provinces, avec la noblesse chinoise (une petite communauté d'élite de fonctionnaires éduqués et érudits).

Comme les propriétaires terriens et les fonctionnaires du gouvernement, les nobles se considèrent comme l'élite conduisant la société. Leur coopération et leur travail sont essentiels pour la bureaucratie surchargée tant au niveau national que provincial. En plusieurs points, les fonctionnaires érudits de la période Song diffèrent des fonctionnaires plus aristocratiques de la dynastie Tang (618–907). Les examens impériaux deviennent le premier moyen de nomination d'un fonctionnaire à un poste puisque la compétition pour les réussir est de plus en plus grande. Les désaccords fréquents des ministres d'État sur les problèmes idéologiques et politiques conduisent à des conflits et à l'apparition de factions politiques. Ceci sape la stratégie du mariage, qui permet à de nombreuses familles de faire entrer leurs fils dans la fonction publique.

Les fonctionnaires confucianistes ou légistes dans la Chine ancienne catégorisent tous les groupes socio-économiques en quatre occupations, vastes et hiérarchiques, et qui sont (dans l'ordre descendant) : les shi (fonctionnaires ou nobles), les nong (fermiers paysans), les gong (artisans) et les shang (marchands).. Les riches propriétaires terriens et fonctionnaires possèdent les moyens pour préparer leurs fils aux examens impériaux, pourtant la compétition des marchands augmente durant la période Song. Les marchands complotent fréquemment avec les fonctionnaires, malgré le fait que ces derniers, érudits, n'ont aucune vocation mercantile, tout autant qu'ils respectent l'artisanat et l'agriculture. La carrière militaire offre aussi aux officiers une alternative pour progresser dans la société Song, même si les soldats n'y avaient pas une place éminente. Bien que certains devoirs domestiques et familiaux soient attendus des femmes, elles jouissent quand même d'un certain nombre de droits sociaux et légaux par rapport à une société patriarcale. Les progrès sur les droits des femmes à accéder à la propriété apparaissent progressivement avec l'augmentation de la valeur des dots offertes aux familles des mariées.

Le taoïsme et le bouddhisme sont les religions dominantes dans la Chine des Song, la dernière influençant profondément plusieurs croyances et principes du néoconfucianisme. D'autre part, le bouddhisme est sujet de fortes critiques de la part des ardents partisans et philosophes confucianistes de cette époque. Les croyances plus anciennes en la mythologie chinoise, la religion traditionnelle chinoise et le culte des ancêtres ont également une place importante dans la vie quotidienne du peuple, puisque les Chinois croient que les divinités et les fantômes du royaume spirituel interagissent fréquemment avec le royaume des vivants.

Le système judiciaire Song est entretenu par les chefs de la police, enquêteurs, médecins légistes officiels et rédacteurs officiels qui aident les magistrats. Ces derniers sont encouragés pour appliquer à la fois leurs connaissances pratiques et la loi écrite dans les décisions judiciaires qui sont la promotion de la moralité sociétale. Des avancées dans la naissante médecine légale, une plus grande importance sur la collecte de preuves indiscutables et un enregistrement méticuleux par des clercs des rapports d'autopsies, ainsi que les dépositions de témoins aident les autorités à condamner les criminels.

Vie urbaine Croissance et organisation urbaine vignette|centré|upright=2.5|Extrait du « Jour de Qingming au bord de la rivière » par Zhang Zeduan, représentant la ville de Kaifeng au ou .

Les villes chinoises de la période Song sont parmi les plus grandes du monde, profitant des avancées technologiques et de la révolution agricole.. Kaifeng, qui est la capitale et le siège du gouvernement de la dynastie de Song du Nord (960-1127), compte un demi-million d'habitants en 1021, avec un autre demi-million vivant dans les neuf banlieues de la ville.. En 1100, la population civile dans les murs de la ville atteint , alors que l'armée compte un total de de soldats stationnés. Hangzhou, la capitale de la dynastie des Song du Sud (1127-1279), quant à elle, compte plus de au début du , grâce à sa position commerciale stratégique à l'extrémité méridionale du Grand Canal, lui donnant la réputation de « grenier à grains » de la vallée inférieure du fleuve Yangzi.. Au cours du , la population de la ville augmente considérablement, jusqu'à environ un million d'habitants, alors que le recensement de 1270 fait mention de enregistrées vivant dans la ville..

Bien que l'agriculture ne soit pas aussi riche que dans les régions de l'Ouest, comme au Sichuan, la région du Fujian subit cependant un accroissement important de sa population. Le gouvernement y enregistre une augmentation de % du nombre de foyers enregistrés entre les années 742 et 1208. Avec une industrie navale en plein essor et de nouvelles installations minières, le Fujian devient le moteur économique de la Chine au cours de la période Song. Le grand port de mer de la Chine, Quanzhou, est situé au Fujian. En 1120, son gouverneur revendique que la population de sa ville atteint environ . La ville à l'intérieur des terres de la province du Fujian, Jiankang, possède également une importante population d'environ . Robert Hartwell indique qu'entre 742 et 1200 la population du Nord de la Chine croît de seulement 54 %, alors que le Sud de la Chine connaît une croissance démographique de 695 %, la vallée médiane du Yangze de 483 %, la région de Lingnan de 150 %, et la vallée supérieure du Yangzi de 135 %.. Entre les la vallée inférieure du Yangzi connaît une croissance démographique plus faible en comparaison des autres régions du Sud de la Chine.. Le déplacement de la capitale à Hangzhou ne crée pas de changement immédiat spectaculaire quant à la croissance de la population avant la période des années 1170 à 1225, lorsque de nouvelles digues permettent de remettre en état des terres pour la plupart à destination de l'agriculture entre le lac de Tai et la mer de Chine orientale ainsi qu'à l'embouchure du Yangzi sur la côte septentrionale du Zhejiang.

vignette|gauche|Bol en céladon de Yaozhou, Shaanxi, daté du ou .

La société chinoise nouvellement commercialisée est manifestement différente entre la période des Song du Nord et celle de la précédente dynastie Tang, dont la capitale est Chang'an. Même si la ville concentre de grandes richesses, l'importance politique de Chang'an éclipse son envergure commerciale. Yangzhou est ainsi le centre économique de la Chine durant la période Tang.. À l'opposé, le rôle de Kaifeng en tant que centre commercial de la Chine est tout aussi important que son rôle politique.. Après l'abolition du couvre-feu datant de la période Tang, en 1063., les marchés de Kaifeng sont ouverts à toute heure du jour, ce qui accroît son potentiel commercial, contrairement à l'ancienne capitale Chang'an. Les commerçants et colporteurs à Kaifeng commencent à vendre leurs marchandises dès l'aube.. Le long de la large avenue impériale, des petits déjeuners et autres friandises sont vendus dans des magasins et sur des étals. Des colporteurs proposent également de l'eau chaude pour laver les visages à l'entrée des bains publics.. La vive activité des marchés ne décline pas avant le repas du soir, tandis que les boutiques de nouilles restent ouvertes jour et nuit.. Durant la période Song, le peuple est également plus désireux d'acheter des maisons situées près des marchés animés par rapport aux périodes passées. La richesse de Kaifeng, les maisons de plusieurs étages et les logements urbains communs se concentrent le long des rues de la ville, alors que l'ancienne capitale des Tang les cache derrière d'imposants murs.

vignette|droite|Peinture d'une femme et d'enfants autour d'un colporteur dans la campagne, par Li Song (c. 1190-1225), datée de 1210. Le plus jeune des enfants, qui tire un des paniers de marchandises du colporteur, est cependant trop jeune pour porter un pantalon..

Le gouvernement municipal de Hangzhou décrète une politique et un programme d'aide à la maintenance de la ville pour assurer le bien-être de ses habitants. Pour maintenir l'ordre dans une si grande ville, quatre ou cinq gardes y sont postés en faction tous les .. Leurs rôles principaux sont la prévention des rixes et des vols, les patrouilles nocturnes dans les rues et l'alerte rapide aux habitants en cas d'incendie.. Le gouvernement assigne dans 14 casernes construites pour combattre la propagation des feux dans la cité. Il stationne également dans le même but, mais à l'extérieur des murs de la ville. Ces casernes sont espacées de , possèdent des tours d'observation et accueillent en permanence chacune.. Comme dans le passé, les capitales Song sont aussi constituées de larges avenues afin de briser la propagation des incendies. Malgré ces mesures de prévention, les grands incendies restent une menace permanente. Après l'extinction d'un important feu en 1137, le gouvernement suspend le paiement des loyers et offre de riz aux plus pauvres. Le bambou, les planches et les nappes ne sont pas objets de taxes afin de faciliter la reconstruction.. Les incendies ne sont pas les seuls problèmes auxquels les habitants de Hangzhou et des autres villes peuplées doivent faire face. Plus encore que dans les campagnes, la pauvreté est largement répandue et devient un sujet majeur de débat à la cour centrale et dans les gouvernements locaux. Pour réduire ses effets, le gouvernement Song décrète plusieurs initiatives, dont la distribution d'aumônes aux pauvres, l'établissement de cliniques, de pharmacies et de maisons de retraite publiques et la création de cimetières pour les défavorisés. De plus, chaque préfecture administrative possède des hôpitaux publics gérés par l'État, où les pauvres, les personnes âgées, les malades et les incurables peuvent aller se faire soigner gratuitement..

Afin d'assurer une communication rapide entre les villes, les Song équipent la Chine rurale de routes et de nombreux ponts. Le gouvernement maintient également un système postal efficient surnommé le « relais de pieds chauds », qui est constitué de milliers d'officiers postaux dirigés par le gouvernement central.. Les employés postaux conservent des enregistrements des envois et les bureaux de poste sont constitués d'officiers cantonaux qui surveillent les routes de distribution du courrier.. Après la période Song, la dynastie Yuan transforme ce système postal en organisation militaire, avec des coursiers sous les ordres de directeurs. Ce nouveau système perdure entre les , avant que le télégraphe et la construction de routes modernes ne soient introduits en Chine par les Occidentaux.

Divertissements et passe-temps

vignette|gauche|Peinture d'un banquet extérieur, possible version revisitée d'un original de la dynastie Tang.