Frédéric Henri Walther, né le à Obenheim dans le Bas-Rhin et mort le à Kusel, dans la Sarre, est un général français de la Révolution et de l’Empire. Walther s'engage dans l'armée en 1781 et joue pendant trente ans un rôle actif dans les principaux affrontements disputés par les troupes françaises en Europe. Il conquiert rapidement ses épaulettes de général et sert notamment à l'armée d'Helvétie sous les ordres du général Masséna, assistant à la bataille de Winterthour et aux deux batailles de Zurich en 1799.

Cavalier réputé, il occupe sous l'Empire des fonctions importantes au sein de la cavalerie, avec laquelle il se distingue à Austerlitz et Eylau. Il est nommé en 1806 à la tête du prestigieux régiment des grenadiers à cheval de la Garde impériale qu'il dirige sans interruption jusqu'en 1813. Après avoir participé aux campagnes de Russie et d'Allemagne, le général meurt de façon prématurée, sans doute d'épuisement ou de maladie. Il est inhumé au Panthéon et son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

Biographie

Jeunesse et début de carrière

Frédéric Henri Walther est le fils de Georges Henri Walther, un pasteur luthérien, et de Marie Élisabeth Chatel, originaire de Montbéliard. Il naît à Obenheim, dans la région alsacienne du Bas-Rhin. Il a pour cousins Frédéric Cuvier et Georges Cuvier, naturalistes et zoologistes de renom.. Walther s'engage le au régiment de hussards de Bercheny, dont il est fourrier le ., maréchal des logis-chef le et adjudant le suivant..

Sous la Révolution et le Consulat

La Révolution accélère son avancement. Il est nommé sous-lieutenant le , lieutenant le et capitaine le de la même année. Il prend part à la campagne d'Argonne au cours de laquelle il s'illustre à Jemappes et il est blessé d'un coup de feu au bras gauche à la bataille de Neerwinden le . Il reçoit son brevet de chef d'escadron le suivant et celui de d'adjudant-général chef de brigade le . Il est ensuite transféré à l'armée des Alpes, puis détaché au siège de Lyon ; selon Stephen de Chappedelaine, il s'y fait . Promu général de brigade le , il est chargé d'organiser la cavalerie de l'armée des Alpes. Walther passe ensuite à l'armée d'Italie, où il rencontre le général Bonaparte. Le , il est affecté à l'armée d'Angleterre, puis à celle de Mayence le ..

Pendant la guerre de la deuxième Coalition, il se trouve aux défaites françaises d'Ostrach et de Stockach en , puis sert sous les ordres du général Michel Ney aux lignes de défenses avancées de la ville de Zurich, en Suisse. À la bataille de Winterthour, alors que Ney est contraint d'abandonner ses positions, Walther couvre le repli de l'armée avec l'arrière-garde et conserve pendant 90 minutes le contrôle d'un pont stratégique enjambant la Töss face aux troupes autrichiennes supérieures en nombre du général Friedrich von Hotze... Quelques jours plus tard, il assiste à la première bataille de Zurich, qui s'achève sur une défaite française et force l'armée de Masséna à repasser la rivière Limmat. En , Masséna prend sa revanche en écrasant les troupes russes du général Korsakov lors de la deuxième bataille de Zurich. Walther participe activement à la poursuite des fuyards. Il prend également part à la bataille de Moesskirch en 1800.

Il commande une brigade de cavalerie lors de la campagne d'Allemagne de 1800 sous les ordres de Moreau et s'illustre face à l'arrière garde ennemie à la bataille de Hohenlinden le , où il est blessé d'un coup de feu qui lui traverse la poitrine. Le , il est envoyé en Batavie avant d'être élevé au grade de général de division le de la même année. Walther est fait chevalier de la Légion d'honneur le puis grand officier de l'ordre le ..

Général de l'Empire

Au déclenchement de la guerre de la troisième Coalition, Walther reçoit le commandement de la division de dragons de la Grande Armée, composée des , , , , et régiments de dragons.. Au cours de la bataille d'Austerlitz le , sa division fait partie de la réserve de cavalerie du maréchal Murat. Il est blessé une nouvelle fois à cette occasion et se voit décerner après la bataille le grand aigle de la Légion d'honneur. Il est par ailleurs nommé chambellan de l'Empereur le et colonel commandant du régiment des grenadiers à cheval de la Garde impériale le . À la bataille d'Eylau, le , il est blessé de six coups de sabre et a son cheval tué sous lui..

vignette|gauche|Le général Walther supplie Napoléon de se retirer de la ligne de feu lors de la bataille d'Essling. Illustration de Victor Huen, 1910.

Au mois de , Walther est fait comte de l'Empire par l'Empereur et commandeur de l'ordre de la Couronne de fer. Après un passage en Espagne la même année, Walther assiste à la bataille d'Essling les 21 et , où il doit intervenir pour préserver l'Empereur qui s'expose, puis commande la cavalerie de la Garde à Wagram les 5 et suivant. Alors que la bataille tourne à l'avantage des Autrichiens, le maréchal Bessières lance une charge de cavalerie massive sur les lignes ennemies avec une partie de la cavalerie de réserve et de celle de la Garde impériale. À l'issue d'une première charge conduite de façon précipitée, Bessières est mis hors de combat et l'attaque est suspendue. Napoléon décide par la suite d'envoyer à l'assaut le corps d'infanterie de Macdonald, soutenu par la cavalerie dont celle de la Garde commandée par Walther. Après la bataille, Macdonald s'emporte contre Walther à qui il reproche de n'avoir pas chargé au moment opportun.. En 1812, il prend part à la campagne de Russie, où son unité est une de celles qui subit le moins de pertes. Il n'en subit pas moins les rigueurs de cette campagne, écrivant à son épouse : ..

vignette|Portrait du général Walther (Abel Hugo, France militaire, tome 5, 1838).

Pendant la campagne d'Allemagne en 1813, Walther continue de commander la cavalerie de la Garde impériale et assiste à ce titre aux batailles de Lützen et de Dresde.. Au combat de Toeplitz, le , il commande la cavalerie de la Garde présente sur le terrain, c'est-à-dire les grenadiers à cheval, les dragons et les et régiments de lanciers de la Garde.. Un mois plus tard a lieu la bataille de Leipzig, au cours de laquelle Walther dirige la division de cavalerie de la Garde ; à cette date, la cavalerie de la Garde totalise dans son ensemble hommes et 18 canons.. Après s'être réapprovisionnée à Erfurt où Napoléon a fait rassembler un important stock d'armes et de munitions, l'armée française poursuit son repli à travers l'Allemagne en direction du Rhin..

La bataille de Hanau, les 30 et , est le dernier fait d'armes de la carrière de Walther. Il y commande la division de cavalerie de la Garde, composée des grenadiers à cheval, des dragons, des chasseurs à cheval et des lanciers polonais de la Garde ; cinq escadrons de gardes d'honneur et deux batteries d'artillerie sont également sous ses ordres.. Affaibli par ses nombreuses campagnes, Walther meurt le à Kusel. Les sources divergent sur les causes de sa mort, attribuée soit à l'épuisement soit au typhus, voire à une combinaison des deux. Sa dépouille est d'abord emmenée à la cathédrale de Metz, puis transportée jusqu'à Paris, escortée par un détachement de la Garde impériale. Il est inhumé au Panthéon.. Sa mort touche Napoléon, qui voit disparaître à un moment critique l'un de ses plus brillants cavaliers. Le , l'Empereur écrit à la veuve du général : ..

Tout au long de sa carrière, Walther s'est montré un chef très éclectique, capable de diriger aussi bien de la cavalerie légère que de la cavalerie lourde, même si certains spécialistes estiment qu'il demeure avant tout un général de grosse cavalerie. Un document des Archives nationales indique ainsi que Walther est un et le décrit comme . Un mémorialiste du temps affirme qu'il était surnommé « le Balafré » du fait de ses nombreuses cicatrices..

Famille

vignette|Salomé Louise Coulmann, comtesse Walther (épouse du général comte Frédéric Henry Walther), huile sur toile de Robert Lefèvre, 1811, château de Versailles.

Il se marie le avec Salomé Louise Coulmann, de qui il a deux filles, Louise-Catherine née en 1803 et Joséphine-Napoléone-Frédérique-Henriette née en 1807., ainsi qu'un fils, Napoléon Frédéric Louis ( - ). Leur fille aînée Louise-Catherine (1803-1875) épouse le baron F. Bartholdi. Leur fille Henriette (1807-1886) épouse Jean André, fils du banquier Dominique André, et devient vers 1842 une « convertie » au Réveil évangélique dont elle est l'une des figures et l'une des bienfaitrices..

Décorations, titres, honneurs

106px|Grand aigle de la Légion d'honneur Grand aigle de la Légion d'honneur : () 100px Commandeur de l'Ordre de la Couronne de fer ()

Frédéric Henri Walther est un proche de l'Empereur, qu'il connaît depuis la première campagne d'Italie, même s'il ne l'a pas suivi en Égypte et a servi sous Moreau en 1800. En 1806, Napoléon en fait son chambellan, lui décerne le grand aigle de la Légion d'honneur et le fait commandeur de l'ordre de la Couronne de fer. Le , il est fait comte de l'Empire.. En campagne constamment auprès de l'Empereur, il est également l'un des plus gros bénéficiaires des dotations, avec de rentes..

thumb|285px|Le tombeau de Frédéric Henri Walther au Panthéon.

Il est inhumé dans un premier temps au cimetière du Père-Lachaise () avant d'être transféré au Panthéon (caveau IV). Son cœur demeure au Père-Lachaise.. Son nom figure sur l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

Armoiries

Franc quartier de comte sorti de l'armée, entouré d'une orle de sable, au deuxième quartier tiercé par une bande de gueules, au troisième quartier plein d'argent, quatrième d'azur avec deux grenades d'or placées au-dessus d'un éperon; et pour livrées : azur nuancé, blanc, rouge, jaune et noirTitre de comte, accordé par décret du 19 mars 1808 , à Frédéric Henry Walther. Bayonne ( 26 avril 1808 ).

Bibliographie

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Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Régiment de grenadiers à cheval de la Garde impériale Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire Liste des grands-croix de la Légion d'honneur Liste des membres de la noblesse d'Empire Armorial des comtes militaires de l'Empire (L-Z) Liste de personnalités enterrées au cimetière du Père-Lachaise Liste des personnes inhumées au Panthéon de Paris Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile

Liens externes

Fédération des Sociétés d'histoire & d'archéologie d'Alsace : Walther, Frédéric Henri

Catégorie:Général de la Révolution française promu en 1793 Catégorie:Naissance en août 1761 Catégorie:Naissance dans la province d'Alsace Catégorie:Décès en novembre 1813 Catégorie:Décès à 52 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 8) Catégorie:Personnalité transférée au Panthéon de Paris Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Général alsacien Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Commandeur de l'ordre napoléonien de la Couronne de fer Catégorie:Personnalité française du protestantisme Catégorie:Décès à Kusel Catégorie:Chef militaire français des guerres napoléoniennes Catégorie:Militaire français mort au combat lors des guerres napoléoniennes