Monique Pelletier, née Monique Denyse Bédier le à Trouville-sur-Mer et morte le à Neuilly-sur-Seine, est une femme politique française.
Elle est ministre de 1978 à 1981, dans le gouvernement de Raymond Barre, puis membre du Conseil constitutionnel de 2000 à 2004.
Biographie Jeunesse et formation Monique Pelletier, née Bédier, passe son enfance à Trouville-sur-Mer. Elle étudie au lycée à Deauville, puis au lycée Racine à ParisMonique Pelletier, Souvenirs irrespectueux d'une femme libre, éd. Pc, 2017..
Après avoir envisagé dans un premier temps de suivre des études de médecine, elle obtient une licence en droit et passe son certificat d'aptitude à la profession d'avocat. Elle s'inscrit à l'âge de au barreau de Paris..
Carrière dans la magistrature De 1948 à 1960, Monique Pelletier est juge assesseur au tribunal pour enfants de la Seine, puis à Nanterre de 1966 à 1978..
Elle dirige de 1972 à 1977 l'École des parents et des éducateurs, association reconnue d'utilité publique.
Carrière politique De 1969 à 1974, Monique Pelletier est responsable de la commission Femmes au Centre démocratie et progrès« La longue patience de Monique Pelletier », Le Nouvel observateur, 23 juillet 1979.. Elle est élue en 1971 au conseil municipal de Neuilly-sur-Seine sur la liste d'Achille Peretti, avant de devenir adjointe au maire en 1977.
Elle se rapproche de Valéry Giscard d'Estaing lors de l'élection présidentielle de 1974. Elle rejoint les Républicains indépendants, dont elle devient secrétaire nationale chargée de la famille et de la femme.
Sensibilisée au fléau de la drogue par son poste de magistrat, elle est chargée en 1977, par le président Valéry Giscard d'Estaing sur les conseils de Michel Poniatowski, d'un rapport sur le problème de la drogue en France, rapport d’abord jugé trop laxiste avant d'être approuvé par l'Élysée., dans lequel elle invite le gouvernement à mieux prendre en charge les toxicomanes..
Fonctions ministérielles L'année suivante, Monique Pelletier entre au gouvernement comme secrétaire d'État auprès du garde des Sceaux Alain Peyrefitte. Pour ses envies de réformes, elle est nommée, quelques mois plus tard, ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de la Condition féminine..
En , son titre devient « ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Famille et de la Condition féminine ». Elle fait voter la reconduction, en 1979, de la loi Veil en faveur de l'interruption volontaire de grossesse (qu'elle aurait voulu remboursée par la Sécurité sociale) et de la criminalisation du viol en 1980.
Elle fait adopter au conseil des ministres en « cinq mesures en faveur des femmes » pour expérimenter les quotas de femmes sur les listes de candidats aux électionsL'instruction civique pour les Nuls, First éditions, 2010. ; si le projet de loi est adopté en par l’Assemblée nationale, il n’est jamais discuté au Sénat, faute de soutien politique suffisantLaure Bereni, « Du MLF au Mouvement pour la parité », Politix 2007/2 (), ..
Elle incarne alors, avec Françoise Giroud et Simone Veil, une nouvelle génération de femmes politiques. Elle rejoint l'Union pour la démocratie française (UDF) après sa création en 1978.. Elle y incarne une orientation sociale-libérale, s'opposant au sein du Parti républicain aux libéraux-conservateurs comme Alain Madelin, François Léotard et Charles MillonJean-Pierre Raffarin, Je marcherai toujours à l'affectif, Flammarion..
Campagne de 1981 Monique Pelletier démissionne le pour prendre part à la campagne pour la réélection de Valéry Giscard d'Estaing. Avec Jean-François Deniau et Jean-Philippe Lecat, elle est porte-parole du président sortant et s'occupe de ses comités de soutienMichèle Cotta, Cahiers secrets de la République, tome 2 (1977-1988), Fayard, 2008..
Après la défaite de son camp en 1981 et son échec dans la première circonscription d'Eure-et-Loir (42,2 %), elle retourne à son métier d'avocate au barreau de Paris et exerce au sein du cabinet Ngo Cohen Amir-Aslani.
Conseil constitutionnel Le , Monique Pelletier est nommée par Jacques Chirac au Conseil constitutionnel en remplacement de Roland Dumas.. Son mandat s’achève le .. Elle est la troisième femme à siéger au Conseil constitutionnel, après Noëlle Lenoir et Simone Veil.
Autres actions Monique Pelletier découvre les difficultés des personnes handicapées après que son mari a été victime d'un AVC.. Dès lors, elle s'investit pour cette cause et devient présidente, puis présidente d'honneur, du Conseil national handicap (CNH).
Elle milite à plusieurs reprises pour une grande réforme de la justice.
En 2016, elle révèle avoir été agressée par un sénateur en 1979, lequel l’a embrassée de force, à la fin d’un entretien s’étant déroulé dans un bureau du SénatÉtienne Baldit, « Harcèlement sexuel : l'ancienne ministre Monique Pelletier raconte avoir été "agressée par un sénateur" en 1979 », lelab.europe1.fr, 10 mai 2016..
Mort Monique Pelletier meurt le à l'âge de ..
Ses obsèques ont lieu le en l'église Saint-Pierre de Neuilly-sur-SeineAvis d'obsèques de Monique Pelletier sur ..
Vie privée Monique Pelletier est mariée à un industriel, mort en 2015, et mère de sept enfants. L’économiste Christian de Boissieu était son gendre.
Publications Le Droit dans ma vie (1975). Elle y explique l'importance du droit dans la vie quotidienne des Français. Nous sommes toutes responsables (1981). Description de son combat de féministe. La Ligne brisée (1995). Son combat aux côtés de son mari devenu handicapé. Le Soleil peut attendre (2011). Une autobiographie sur sa vie politique et professionnelle. Souvenirs irrespectueux d'une femme libre (2017). Éd. Pc.
Décorations . Elle est officier de l'ordre le , et commandeure le .. Elle est élevée à la dignité de grande-officière le ., puis à celle de grand-croix le .. . Elle est commandeure de l'ordre le , puis est élevée à la dignité de grande-officière le ..
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Femmes ministres en France Ministre chargé des Droits des femmes
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