thumb|250px|Carte de la principauté des cumbriens. Avant de devenir roi d'Écosse en 1124, était « prince de Cumbria » et comte d'un large territoire au centre de l'Angleterre acquis par son mariage. Cette période marque le début de sa vie de seigneur. Vers 1113, l'année à laquelle arrange le mariage de David avec une héritière anglaise, et l'année où ce dernier se trouve en possession de territoire écossais, David commence réellement son accession dans la noblesse écossaise.

David et thumb|Le roi d'Angleterre. La politique d'Henri au nord de la Grande-Bretagne et dans la région de la mer d'Irlande a construit l'avenir politique de David. Aucun historien ne nie l'implication importante d' dans la construction de la carrière politique de David. David est l'un des « nouveaux hommes » d'HenriKapelle, Norman Conquest, . et devient son principal protégéOram, Lordship of Galloway, 59, 63.. L'influence d'Henri a permis à David d'obtenir son mariage et ses terres, et la puissance militaire du roi d'Angleterre lui permet d'acquérir ses premiers terrains en Écosse. Ce début de carrière de David fait partie intégrante de la politique que mène Henri sur sa frontière nord, tout comme le mariage de deux de ses filles illégitimes aux rois d'Écosse et de Galloway, le renforcement du pouvoir royal sur la côte nord-ouest de l'Angleterre et l’élimination des Montgomerry, seigneurs régnant sur la frontière galloise et alliés à Muirchertach Ua Briain, haut roi d'Irlande (1101-1119)Oram, Lordship of Galloway, et passim.. À la mort d', la période de paix qui avait marqué son règne en Angleterre prend fin.

devient roi d'Angleterre dans des conditions irrégulièresOram, : The King Who Made Scotland, Green, and , passimKapelle, 34-49Barrow, Feudal Britain, .. a été tué au cours d'un accident de chasse dans la New ForestC. Warren Hollister, « The Strange Death of William Rufus », Speculum, 48, (1973), 637-653.Certains pensent que cet « accident » est en fait le fruit d'une conspiration menée par Henri contre Guillaume. Pour Oram le meurtrier serait Gautier () Tirel.. Henri prend ensuite le pouvoir alors que son frère aîné, Robert, duc de Normandie, héritier légitime est à la première croisade. On ne peut pas parler d'usurpation du trône, car Robert avait été mis de côté par son père pour sa succession en Angleterre au profit de son frère cadet GuillaumeCharles Warren Hollister, Amanda Clark Frost, , Yale English monarchs, Yale University Press, 2001, 105. .. Toutefois, Henri cherche à asseoir sa légitimité. Il y parvient en partie en épousant la sœur de David, MathildeGreen, and , passim ; Oram, : The King Who Made Scotland, p. 49ff. esp. 52-53., qui descend de la dynastie anglo-saxonne de Wessex alors éteinte, par sa mère. Par ailleurs, cela protège certainement Henri d'éventuelles attaques écossaises comme celles qui ont régulièrement eu lieu sur la frontière nord sous le règne de Green, and MacDonald, , c. 1085-1153, Oram, : The King Who Made Scotland, Barrow, Kingship of the Scots, .. Bien qu'il soit tout à fait possible que David ait pu s'apprécier sans cela, ce mariage qui fait de David le frère du roi est désormais une base solide pour leur amitié, qui est importante du point de vue d'Henri qui souhaite intégrer David à sa logique féodaleOram, : The King Who Made Scotland, 49ff..

En effet, c'est Henri, qui organise le mariage de David avec Maud de Senlis en 1113, ce qui fait de lui un des sept comtes du royaume d'Angleterre, et c'est encore Henri qui assure que le souhait du roi Edgar, frère de David, d'offrir à ce dernier la Cumbria, soit exaucé en appuyant militairement David désormais entré dans son apanageA. D. M. Barrell, Medieval Scotland, 15-41R. R. Davies, Domination and Conquest, 11, 50-51: « Les extraordinaires largesses d' ne sont certainement pas désintéressées. Il a enfermé David dans une toile de munificence et d'obligations qui le mènera à devoir amplement le remercier s'il succède au trône (ce qu'il fait en 1124) »Bartlett, England, 79-80Oram, : The King Who Made Scotland, p. 49ff..

De plus, cette organisation du pouvoir basée sur les relations personnelles propre au système féodal assure que, après qu'il est devenu roi d'Écosse en 1124, la seule chose qui retient David de poursuivre une politique expansionniste est son amitié avec HenriGreen, ''.Stringer, Earl David of Huntingdon, .. D'ailleurs, les ambitions de conquête territoriale de David – ces désirs de conquêtes sont omniprésents dans la culture normande largement répandue, les Normands étant les plus grands guerriers de leur époque – ne tardent pas à s'exprimer après la mort d'HenriR. R. Davies, The First English Empire, Davies, Domination and Conquest, Green, Anglo-Scottish Relations, : « David… a en effet utilisé ces méthodes que le professeur Le Patourel décrit comme l'impérialisme normand contre les normands eux-mêmes. »..

Quand meurt en 1135, David est déjà installé sur le trône d'Écosse depuis presque onze ans. Il a par ailleurs, en tant que noble anglais, été le premier à jurer obéissance à la fille d'Henri, sa nièce Mathilde l'Emperesse. Il soutient ainsi l'accession de celle-ci, qui était auparavant impératrice du Saint-Empire romain germanique, au trône d'Angleterre, à la place d'un quelconque héritier mâle légitime – le fils d'Henri l'avait précédé et s'était noyé lors du désastre du White Ship en 1120Alan O. Anderson, Early Sources, Stringer, Reign of Stephen, K. J. Stringer, State-Building in Twelfth-Century Britain, Green, Anglo-Scottish Relations, Curieusement Henri a eu bon nombre de bâtard mais seulement un fils légitime..

L'héritage thumb|left|Gravure sur le revers du Grand Sceau de , le représentant comme un chef de guerre. Il est très similaire au sceau de son frère . Le , le frère de David, Edgar, meurt. On pense que David a pris le contrôle de son héritage, les terres du sud qu'Edgar lui avait léguées, tout de suite à la mort de ce dernierJudith Green, and , . Elle cite la méconnaissance du parcours exact de David à cette époque comme une preuveBarrow, The Charters of , . Toutefois, la plupart des indications dont on dispose montrent que David a dû attendre jusqu'en 1113 pour avoir le support dont il avait besoin pour prendre effectivement possession de ces terres car le roi Alexandre s'y oppose. On ne peut pas prouver qu'il possède effectivement les terres en question avant la fondation par ses soins de l'abbaye de SelkirkOram, David: The King Who Made Scotland, Duncan, The Kingship of the Scots, .. On ne sait pas exactement ce qu'à fait David entre et , mais selon Richard Oram, il a passé le plus clair de cette période entre l'Angleterre et la Normandie. Durant ces derniers temps dans le royaume d'Angleterre, David a acquis des terres dans le Yorkshire et en Normandie, recevant l'Hallamshire et le nord du Cotentin de la part d'Henri.

David accompagnait vraisemblablement Henri lors de la campagne de ce dernier en Normandie, et David reçoit certainement ses terres en récompense des services rendus comme homme de confiance. De nombreux hommes qui entourent David tout au long de sa carrière viennent de Normandie et de ses possessions dans la péninsule cotentine, tels que Robert de Bruce, Hugues de Morville l'aîné et Ranulf de Soules, qui sont installés dans les territoires conquis entre le Cumberland et le royaume d'Écosse. C'est également de là-bas que semble venir son confesseur Jean, qui devient le premier évêque du diocèse de Glasgow réorganisé par David. Selon Oram, c'est seulement en 1113, quand Henri retourne en Angleterre, que David est enfin en position de réclamer son héritage au sud de l'ÉcosseOram, David: The King Who Made Scotland, ..

Prise de l'héritage Aucune preuve ne montre qu'Henri à lui-même participé à la campagne en personne, mais il est clair que son retour a été suffisant pour que le roi Alexandre prenne en compte les revendications de son frère. Cela c'est vraisemblablement passé sans effusion de sang. Des années plus tard, quand David envahit l'Angleterre avec une immense armée composée presque entièrement de gaëls, Aelred de Rievaulx cite la complainte d'un chevalier normand nommé Robert de Brus vis-à-vis de l'attitude de David et de sa trahison envers les anglo-normands sur lesquels il avait pu compter autrefois. C'est ainsi que David obtient ses premiers territoires dans l'aire de l'Écosse actuelle. Cette agression de la part de David semble toutefois attirer vers lui un certain ressentiment de la part de quelques Écossais. Un quatrain gaélique récemment découvert dit : Olc a ndearna mac Mael Colaim,   Le fils de Máel Coluim a mal agi, ar cosaid re hAlaxandir,   en nous séparant d'Alexandre, do-ní le gach mac rígh romhaind,   il a causé, comme chaque fils de roi avant lui, foghail ar faras Albain.   le pillage d'AlbaThomas Owen Clancy, The Triumph Tree, .

Ce quatrain semble provenir des territoires acquis par David dans le Sud de l'ÉcosseClancy, A Gaelic Polemic Quatrain, .. Les terres en question comprennent les anciens comté du Roxburghshire, Selkirkshire, Berwickshire, Peeblesshire et Lanarkshire. De plus, David obtient le titre de « Prince de Cumbrie », comme l'indique son blason à l'époqueOram, David: The King Who Made Scotland, Archibald Lawrie, Early Scottish Charters Prior to A.D. 1153, (Glasgow, 1905), no. 46.. Bien que cela constitue une large partie de l'Écosse située au sud du fleuve Forth, la région de Galloway échappe entièrement au contrôle de DavidRichard Oram, The Lordship of Galloway, (Édimbourg, 2000), . Il avait peut-être également un certain niveau de souveraineté sur des parties du Dumfriesshire, de l'Ayrshire, du Dunbartonshire et du Renfrewshire ; ces terres faisaient vraisemblablement partie d'un « Galloway » où vivaient des Gall Gaidel, parlant gaélique et descendants des Norses et des Gaéliques. Les premiers temps du règne de David les seigneurs de la région ne paient qu'occasionnellement le « cain », impôt dû à un seigneur de niveau supérieur en ÉcosseDauvit Broun, The Welsh Identity of the Kingdom of Strathclyde, in The Innes Review, , (), , Forte, Oram et Pedersen, The Viking Empires, (Cambridge, 2005), .. Sur les terres séparant Galloway de la principauté de Cumbrie, David installe de nouveaux seigneurs, donnant l'Annandale à Robert de Brus, le Cunninghame à Hugues de Morville, et peut-être le Strathgryfe à Walter FitzalanE.g., Oram, David: The King Who Made Scotland, ..

Les réformes thumb|Ruines de l'abbaye de Kelso, originellement installé à Selkirk en 1113 et déplacée à Kelso en 1128 pour mieux desservir la capitale de David à Roxburgh. David se sert en partie de ses revenus anglais que lui octroie son mariage avec Maud d'Huntingdon pour financer la construction des premières grandes villes d'Écosse, qui vont par la suite permettre la création des suivantesOram, 192.. En tant que Prince de Cumbrie, David fonde les deux premiers burghs d'Écosse à Roxburgh et Berwick-upon-TweedDuncan, Scotland: The Making of the Kingdom, .. Ces burghs ont des frontières bien délimitées et garantissent les droits de commerce. C'est le lieu où le roi peut collecter et vendre les produits de son « cain » et « conveth ». Ces burghs sont les premières villes d'ÉcosseG.W.S. Barrow, Kingship and Unity: Scotland, 1000-1306, (Édimbourg. 1981), Keith J. Stringer, The Emergence of a Nation-State, 1100-1300, in Jenny Wormald (ed.), Scotland: A History, (Oxford, 2005), . David fonde la plupart de ces burghs lorsqu'il devient roi. En 1113, le premier acte connu de David en tant que Prince de Cumbrie est de fonder l'abbaye de Selkirk pour l'ordre de Tiron. Plusieurs années plus tard, peut-être en 1116, David visite Tiron, probablement pour obtenir de nouveaux moines ; en 1128 il transfère l'abbaye de Selkirk à Kelso, près de Roxburgh, sa résidence principaleOram, : The King Who Made Scotland, Duncan, Scotland: The Making of a Kingdom, ..

Le renouveau de l'évêché de Glasgow