João Goulart, de son nom complet João Belchior Marques Goulart, familièrement surnommé Jango, né le à São Borja (Rio Grande do Sul) et mort le à Mercedes, en Argentine, est un homme d'État brésilien, président de la république des États-Unis du Brésil du au .
Propriétaire foncier proche de Getúlio Vargas, il entre en politique en 1945 et est élu vice-président en 1955 (avec Kubitschek) et de nouveau en 1961 (avec Quadros). Le retrait de Quadros en provoque une crise politique : Goulart étant considéré comme trop à gauche se voit barrer l'accès de la présidence par une partie de l'armée.
Un compromis est trouvé en privant la présidence de la République de beaucoup de ses pouvoirs, transférés à un Premier ministre créé à cette occasion. Goulart peut alors devenir président, avec Tancredo Neves comme chef du gouvernement.
Mais au bout de trois ans, le , il est renversé par un coup d'État conservateur et anticommuniste à l'origine d'une longue période de dictature militaire (1964-1985).
Biographie Origines familiales et formation Né dans le village d'Iguariaçá (aujourd'hui territoire d'Itacurubi), près de São Borja, il est issu d'une riche famille de propriétaires fonciers.
Il est l’aîné d'une fratrie de huit composée : cinq sœurs : Eufrides, Maria, Iolanda, Cila et Neusa (épouse de Leonel Brizola) deux frères : Rivadávia et Ivan, le premier mort à six mois, le deuxième à , d'une leucémie.
Il fait des études à la faculté de Droit de l'université de Porto Alegre, dont il sort en 1939, mais il ne poursuit pas de carrière juridique.
Propriétaire foncier (1939-1945) Il commence par s'occuper de la propriété familiale, dont les revenus sont suffisants pour qu'il n'ait pas besoin de travailler par ailleurs. Son père meurt en 1943 et Joao devient le chef de famille.
Politiquement, il est de gauche et la famille Goulart fait partie des soutiens du président Getúlio Vargas, au pouvoir depuis 1930 dans le cadre d'un régime populiste opposé à l'oligarchie des planteurs de cafés et des éleveurs bovins des États de São Paulo et de Minas Gerais, qui dominait le Brésil jusqu'en 1930.
Quand Vargas quitte le pouvoir en 1945, Goulart décide d'entrer en politique.
Du Parlement du Rio Grande à la vice-présidence de la République (1945-1961)
Il est élu député pour le Parlement de l'État du Rio Grande do Sul en 1946, puis député fédéral du même État en 1951, année du retour de Vargas à la présidence de la République.
En 1953, il devient ministre du Travail. Il fait doubler le salaire minimum.
Après le suicide de Vargas (1954) et la période de crise qui s'ensuit (1954-1955), il est élu vice-président de Juscelino Kubitschek en , et en 1961, de Jânio da Silva Quadros.
La crise de 1961 et le changement de constitution Le , au septième mois de son mandat, le président Jânio Quadros renonce à sa charge, alors que João Goulart est en voyage officiel en Chine. Les ministres de l'armées de Terre (Odilio Denys), de l'armée de l’Air (Gabriel Grün Moss) et de la Marine (Sílvio Heck) s’opposent à son investiture, pourtant prévue par la Constitution. Ils l'accusent de collusion avec le Parti communiste brésilien (PCB) et le Parti socialiste brésilien (PSB).
Leonel Brizola, gouverneur de l’État du Rio Grande do Sul et le général Machado Lopes, commandant de la Armée appellent immédiatement à la résistance dans une Campagne pour la légalité, à laquelle adhèrent Mauro Borges Teixeira, gouverneur du Goiás et Ney Braga, gouverneur du Paraná. Afin d’éviter la guerre civile, le Parlement propose un compromis aux militaires : une révision constitutionnelle pour l’instauration d’un régime parlementaire.
Président de la République
Ainsi, João Goulart peut assumer la présidence, ce qui préserve la légalité constitutionnelle, mais l’essentiel de son pouvoir est transféré à Tancredo Neves qui devient premier ministre, fonction nouvelle dans la République brésilienne.
Jango parvient cependant à réduire le parlementarisme par l'organisation d'un plébiscite le qui met fin au système parlementaire et rétablit le pouvoir présidentiel.
Ses réformes lui valent l'hostilité d'une partie des classes moyennes, des milieux d'affaires et des États-Unis, qui financent massivement l'opposition en vue des élections législatives de 1962..
L'administration Johnson soutient en 1964 une campagne de presse anti-Goulart Library of Congress Country Studies - Brazil, Military Regime, 1964-85, Bibliothèque du Congrès américain..
Le coup d'État militaire (31 mars 1964)
Goulart est renversé par un coup d'État militaire, appuyé par la CIA. L'ambassadeur américain Lincoln Gordon admettra par la suite le soutien financier de Washington aux opposants de Goulart lors des élections municipales de 1962, la présence de nombreux officiers du renseignement au Brésil et l'encouragement aux putschistes et le fait que .
Une dictature militaire est alors instaurée. Goulart est accusé d'être responsable de l'inflation, d'avoir organisé une redistribution suicidaire des richesses, d'aspirer à la dictature et d'avoir des liens d'amitié avec les communistes.
En désaccord avec Leonel Brizola, Goulart refuse de résister par la force et s'exile en Uruguay.
Période de l'exil (1964-1976)
En Uruguay, il n'obtient que le droit d'asile, et non un statut de réfugié politique, qui lui aurait permis de s'engager davantage dans l'opposition à la dictature Roger Rodríguez, « El Uruguay de Philip Agee », La Republica, 11 janvier 2008..
Par la suite, il part en Argentine.
Mort et funérailles (1976)
Officiellement, sa mort est due à des problèmes cardiaques.
Décorations left|50px : Grand-maître de l'ordre national de la Croix du Sud
Hypothèses relatives à la cause de sa mort Par la volonté de la famille, aucune autopsie n'a été réalisée « Historiador rejeita tese de conspiração contra João Goulart ». au moment de sa mort.
Par la suite, des hypothèses ont été émises Neiva Moreira explica fatos da morte de Jango à Comissão na Câmara. soit par des membres de sa famille« Filho de Jango diz que exumação é só início e quer que americanos deponham ». soit par des personnalités politiques Carlos Heitor Cony, Ainda a Operação Condor. selon lesquelles Goulart aurait été assassiné par des agents secrets dans le cadre de l'opération Condor « Depois da morte, a Operação Condor vem à luz »..
Le , la Folha de S.Paulo publie un reportage où un ancien agent des renseignements uruguayen, Mario Neira Barreiro, déclare que Goulart par Sérgio Fleury, membre du Departamento de Ordem Política et Social, sous les ordres du président brésilien de 1974 à 1979, Ernesto Geisel « Goulart foi morto a pedido do Brasil, diz ex-agente uruguaio » sur Folha Online..
En , la Commission nationale de la vérité décide qu'on peut exhumer le corps de Goulart pour des enquêtes post mortem« Corpo de João Goulart pode passar por exumação », BBC.. « Entenda como será feita a exumação de João Goulart », cnv.gov.br..
Hommages Un quartier de la ville de Santa Maria (Rio Grande do Sul) porte son nom.
Galerie
Notes et références
Liens externes
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