Le Ville de Paris est un navire de guerre français, en service de 1764 à 1782. C'est un navire de ligne de premier rang, portant 90 puis 104 canons sur trois-ponts. Il est lancé dans la période de sursaut patriotique qui suit les défaites de la guerre de Sept Ans.. C'est aussi l'un des rares trois-ponts construits sous le règne de Louis XV, époque où pour des raisons financières les arsenaux français lancent essentiellement des deux-ponts de 64 à 80 canons. Il est activement engagé dans la guerre d'indépendance américaine. Capturé par les Britanniques à la bataille des Saintes, il coule en 1782 lors d'une tempête.
Construction Construit à Rochefort de 1757 à 1764 d'après les plans de l'ingénieur François-Guillaume Clairain des Lauriers (anobli en remerciement après le lancement), la coque porte d'abord le nom d’Impétueux avant d'être rebaptisée Ville de Paris en l'honneur de la municipalité de Paris qui a largement participé au financement de la construction (faute d'argent, le duc de Choiseul, ministre de la Marine, a fait appel aux dons des provinces et des grandes villes).
Le vaisseau est d'abord armé avec 90 canons : 30 canons de 36 livres dans la première batterie ; 32 canons de 24 livres dans la deuxième batterie ; 28 canons de 12 livres dans la troisième batterie. Poids total d'une bordée : de boulets de fonte.
S'y rajoutent en 1779 14 canons de 8 livres sur les gaillards, ce qui porte sa puissance à 104 canons et sa bordée à .
La carrière du vaisseau Ce vaisseau sert pendant la guerre d'Amérique, d'abord lors de la bataille d'Ouessant en 1778 au sein de l'escadre commandée par le comte d'Orvilliers. Le Ville de Paris porte lors de cette bataille la marque du chef d'escadre Guichen.
Selon d’Orvilliers, commandant en chef des Français, « a été le vaisseau de l’armée navale qui a essuyé le plus de feu et qui en a le plus rendu ». En 1779, il participe à la campagne franco-espagnole infructueuse dans la Manche.
Il sert ensuite de vaisseau-amiral au comte de Grasse lors de sa campagne en Amérique, notamment à la Chesapeake en 1781 et à celle de Saint-Kitts () ; ils sont tous deux pris aux Saintes le par la flotte britannique commandée par l'amiral Rodney, après avoir épuisé le stock de boulets à bord (la légende veut que de Grasse ait fait tirer les derniers coups de canon avec son argenterie en guise de projectiles)Pierre Bruno Jean de La Monneraye, Souvenirs de 1760 à 1791, , librairie Honoré Champion, Paris, 1998 (lire en ligne).
Lors du retour en Angleterre de l'escadre britannique commandée par Graves en , une tempête coule le Ville de Paris (ainsi que les vaisseaux de 74 , et ), lui évitant ainsi d'être intégré à la Royal Navy. Le Ville de Paris fait partie des vingt vaisseaux de ligne perdus par la Marine royale lors de la guerre d’indépendance américaineDe 1778 à 1783, dix vaisseaux pris au combat, six vaisseaux détruits ou naufragés, quatre vaisseaux incendiés. ..
Galerie
Notes et références
Bibliographie
Dominique Droin, L'histoire de Rochefort, Tome 1, La Rochelle, 2006, 449 p.
Elie Catherine Fréron, L'année littéraire année M DCC LXIV, tome 7, , chez Ch. J. Panckoucke libraire, Paris Amsterdam, 1764 (lire en ligne) Estampe Vue du Vaisseau, la Ville de Paris lancé au port de Rochefort le , chez Mondhare, Paris (voir)
Articles connexes Histoire de la marine française Trois-ponts Régiment d'Auvergne Liste des vaisseaux français
Lien externe . Les vaisseaux à trois-ponts français du , , rédigé par Nicolas Mioque sur son blog Trois-Ponts.
Personnalités liées au navire Augustin-Joseph Carosin, chirurgien-major à son bord lors de sa capture.
Catégorie:Nom de bateau Catégorie:Trois-mâts Catégorie:Navire de ligne de la Marine française Catégorie:Bateau lancé en 1764 Catégorie:Navire construit à Rochefort (Charente-Maritime) Catégorie:Navire coulé en 1782