Murrhardt est une ville de Bade-Wurtemberg (Allemagne), située dans l'arrondissement de Rems-Murr, dans la région de Stuttgart, dans le district de Stuttgart et dans la région métropolitaine de Stuttgart. La ville, située sur le cours supérieur du Murr est le siège du .

Géographie La zone urbaine de Murrhardt fait partie des espaces naturels des monts de Souabe et Franconie ainsi que de l'espace naturel . L'habitat est concentré dans la petite ville de Murrhardt, dans la vallée de la Murr, délimitée au nord par la partie sud de la , au sud par la , et dans la partie est par la forêt de Kirnberg, toutes faisant partie de l'espace forestier de Souabe-FranconieHansjörg Dongus, Geographische Landesaufnahme: Die naturräumlichen Einheiten auf Blatt 171 Göppingen. Bundesanstalt für Landeskunde, Bad Godesberg 1961..

Les villes limitrophes sont, dans le sens des aiguilles d'une montre : Kaisersbach, Althütte, Auenwald, Sulzbach an der Murr, Großerlach, Oberrot, Fichtenberg et Gschwend.

Les altitudes de la localité sont les suivantes : Gare de Murrhardt : d'altitude, station d'épuration de Murrhardt : d'altitude, gare de Fornsbach : d'altitude, Waldsee Fornsbach : d'altitude, Riesberg : d'altitude, église de Kirchenkirnberg : d'altitude, Hoblersberg : d'altitude, Steinhäusle : d'altitude.

La ville est composée de trois quartiers : Murrhardt, Fornsbach et Kirchenkirnberg. Le territoire communal compte 76 lieux-dits (villages, hameaux, fermes...)

Histoire Archéologie Dans la forêt de Murrhardt, cinq tortues fossilisées de trois espèces différentes, vieilles de 200 millions d'années, ont été découvertes dans d'anciennes carrières. L'une d'entre elles, Murrhardtia staeschei constitue un nouveau genre nommé d'après le lieu de découverte. Il s'agit très probablement du premier représentant des Australochelidae dans le Paléarctique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le dinosaure de Murrhardt est découvert au lieu-dit Köchersberg. Il est présenté pour la première fois en 2007 à l'exposition régionale de Stuttgart « Sauriens - success story d'une évolution ». Il s'agit du premier et jusqu'à présent du seul spécimen d'une espèce d'Aetosaurus atteignant une longueur de près de deux mètres.

Toponymie Le plus ancien nom allemand de la ville qui nous soit parvenu est Murrahart ; il signifie « forêt de pâturage sur la Murr »Karl Bohnenberger, Zum Ortsnamen Murrhardt, in: Württembergische Studien. Festschrift zum 70. Geburtstag von Professor Eugen Nägele, Stuttgart, 1926, pp. 212–222.. Le nom de la rivière Murr signifie à l'origine « marais, marécage ». Le suffixe -hardt signifie « forêt de montagne » « versant boisé »cf. les entrées dans le Dictionnaires des Frères Grimm, http://dwb.uni-trier.de/de/.

Période romaine vignette|gauche|Les bains du camp romain de la Cohorte, . En bas, on distingue les cendres laissées par le chauffage de l'hypocauste. Les origines de Murrhardt remontent à l'époque romaine, lorsque la frontière de l'Empire romain est déplacée, en 161 après J.-C., de la vallée du Neckar vers l'est, sur les hauteurs encore inhospitalières de la forêt souabe. Les camps romains fondés furent le germe de nombreuses nouvelles colonies comme Lorch, Welzheim, Mainhardt, Öhringen et Murrhardt. Depuis leurs tours de guet, les troupes auxiliaires romaines surveillaient le large couloir frontalier qui traversait la forêt dense et inhabitée.

Vicus murrensis - nom latin du village de l'époque sur la Murr - fait partie de la province romaine de Germania superior, dans le pays des Décumates et est généralement habité par une population mixte celte et germanique.

Le limes - inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2005 - passe milieu de la ville. Le fort romain de la cohorteUne cohorte correspond à un bataillon actuel = 4 compagnies de 150 hommes. de légions romaines (XXIIII COH VCR) est attesté au sud-est de la vieille ville, mais n'est plus visible (zone de l'ancienne maison d'habitation de la famille Losch). Les camps romains devaient toujours être construits à au-dessus d'un cours d'eau.

Lors de travaux de terrassement, les vestiges d'un bâtiment romain ont été découverts en à la limite est du centre-ville actuel, à environ plus bas que le fort de la cohorte. Des hypocaustes indiquent la présence d'un établissement de bains.

Une tour romaine reconstruite se trouve à au nord de la ville près de Grab, plusieurs vestiges du limes sont visibles dans les environs immédiats (Gewann Linderst). Des restes du vicus sont datés de 162 après J.-C. (puits en bois). Sur le mont Walterichsberg, où se trouve aujourd'hui l'église de Walterich, se trouvait à l'époque romaine un temple en l'honneur de Mithra, un dieu souvent vénéré par les soldats romains (selon l'origine, il s'agissait d'un dieu solaire persan), ainsi qu'une colonne de Jupiter. Quelques vestiges de ce monument ont été conservés, dont la seule représentation de la louve capitoline avec Romulus et Remus retrouvée au nord des Alpes. Celle-ci se trouve aujourd'hui au .

Le limes, signe de la puissance romaine et tracé au cordeau à travers le paysage, avait pour fonction de sécuriser la route commerciale romaine dans la vallée du Remstal, qui reliait Mayence et Augsbourg. En 233, une partie des fortifications est détruite lors d'une attaque par les Alamans (percée près de Siegelsberg), mais reconstruites ensuite. Vers 260 après J.-C., les Alamans envahissent toute la région de la rive droite du Rhin et détruisent les fortifications du limes à Murrhardt.

Après la victoire des Francs sur les Alamans à la bataille de Tolbiac en 496, Murrhardt fait partie de l'Empire franc en tant que domaine royal.

Moyen Âge Appartenances historiques 1388-1442 1442-1482 1482-1495 1495-1803 1803–1806 1806–1918 1918–1933 1933–1945 1945–1949 1949–présent vignette|Vue aérienne. vignette|La ville. vignette|La mairie. vignette|L'église de Murrhardt vignette|L'église de Walterich. vignette|La place du marché. vignette|Detail du portail de la chapelle de Walterich. Sous le règne du roi franc mérovingien Thierry IV ou du maire du plais Charles Martel, le moine itinérant Pirmin érigea vers 730, dans le cadre de la christianisation franque, l'église primitive de la ville sous le nom de Sainte Marie. Elle est aujourd'hui remplacée par l'église de Walterich, ainsi rebaptisée en 1534, à l'époque de la Réforme.

L'ancien monastère bénédictin de Saint-Januarius (), qui a marqué l'histoire de la ville pendant 1000 ans, remonte également au . Le roi des Francs Pépin le Bref fonda vers 750 la cellule primitive de la Sainte-Trinité ; en 788, la cellule des moines cellula Murrahart est mentionnée pour la première fois dans un document délivré par Charlemagne comme appartenant aux évêques de Würzburg, en tant que petit monastère ou prieuré. En 816-817, l'abbé , soutenu financièrement par Louis le Pieux, fils de Charlemagne, fonde le monastère lors de la grande réforme ecclésiastique carolingienne ; ce n'était peut-être pas une nouvelle fondation, un établissement religieux antérieur n'est pas exclu. L'actuelle église de la ville de Murrhardt a pour prédécesseur l'église du monastère du ; le village s'est développé à côté du monastère.

Le monastère avait le droit de battre monnaie, c'est ici que furent frappés les Pfennige de Murrhardt (1130). Vers 1200, le village obtient des droits de marché. En 1288, le bailli du monastère Albrecht von Löwenstein-Schenkenberg accordé à Murrhardt les privilèges urbains. La population vivait chichement ; outre l'agriculture et le petit artisanat, de nombreuses verreries se sont développées autour de Murrhardt. Le travail du bois était traditionnellement l'ancrage de l'économie locale.

En 1372, Murrhardt est touchée par la peste, comme en témoigne une inscription dans l'église de Walterich.

Sous les Wurtemberg vignette|Murrhardt et son monastère, gravure de 1686 du . En 1388, la ville et les droits de bailliage sur le monastère sont achetés par les comtes de Wurtemberg.

En 1525, la ville et le monastère souffrent de la guerre des paysans, occasionnant la destruction d'une grande partie des collections de la bibliothèque du monastère.

En 1534, le duc Ulrich de Wurtemberg se rallie à la Réforme. Il accorde tout d'abord aux monastères un régime spécial avec le maintien de l'abbé, d'une partie du couvent ainsi que de l'administration. Le monastère de Murrhardt est supprimé, seuls l'abbé et le prieur restent fonctionnaires chargés de l'administration des biens.

Son fils, Christophe de Wurtemberg introduit l'école obligatoire. Une statue du duc couronna pendant près de 250 ans une fontaine dans la cour du couvent et fut déplacée en 1790 sur la fontaine du marché. En 1556, Christoph supprime les monastères dans tout le pays. Comme dans d'autres monastères, une école de monastère est créée à Murrhardt. L'ancienne pharmacie du couvent est l'une des plus anciennes pharmacies du Wurtemberg, elle porte le nom Sankt-Walterich-Apotheke.

De 1556 à 1634, il existe un office monastique protestant. Les « abbés » protestants portent le titre de prélat et sont des fonctionnaires du duc. Ils sont assistés par le bailli du monastère en tant qu'administrateur des finances qui est désormais la personne la plus puissante dans la ville et le monastère. En 1574, le bailli Jakob Hofsess, est décapité en public pour avoir détourné 7000 florins.

Après la bataille de Nördlingen pendant la guerre de Trente Ans, le monastère revint aux bénédictins catholiques, mais ceux-ci doivent à nouveau évacuer après la paix de Westphalie signée en 1648. L'office monastique protestant est rétabli et continue d'exister jusqu'à la sécularisation en 1806.

En 1867, la paroisse protestante reçoit l'ancienne église du couvent, propriété de l'État. Après d'importants travaux de rénovation, elle s'appelle depuis lors Stadtkirche, église de la ville. En revanche, la chapelle de Walterich restée jusqu'à aujourd'hui propriété de l'État.

En 1765, un incendie se déclare à Murrhardt et se propage rapidement par la balustrade en bois de l'ancien mur de la ville. Comme les habitants se trouvent au marché d'Ilsfeld après la récolte, l'incendie a des conséquences désastreuses. La reconstruction de Murrhardt sous le duc Charles II de Wurtemberg et le prélat Friedrich Christoph Oetinger, en partie dans le style baroque, marque la ville durablement le style architectural de la ville. Arrivé dans la ville en 1766, Oetinger, représentant du piétisme wurtembergeois, participe à la recherche de ressources minières dans les environs, opération menée avec zèle mais sans succès.

Murrhardt est à l'époque un siège administratif du Wurtemberg. La préfecture du duc de Wurtemberg, de style baroque, se trouvait en face de la mairie. Madame Jacobina Schippert (une supposée maîtresse de Napoléon III.), habitait autrefois dans la même maison. Après son retour de Paris, elle mène une vie solitaire de riche propriétaire du tramway hippomobile parisien.

En 1803, le philosophe Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling épouse Caroline Böhmer-Schlegel à Murrhardt.

Lieu de pèlerinage , fondateur et premier abbé du monastère, appartient à la haute noblesse franconienne et arrive à Murrhardt vers 796. Une partie de la recherche historique postule qu'il était le fils illégitime de l'empereur Charlemagne et donc un demi-frère de Louis le Pieux. Walterich joue un rôle important durant le règne de Louis en participant aux légations impériales et aux assemblées impériales. Il aurait également été le confesseur de l'empereur. Après sa mort en 840, il est enterré à Murrhardt, à Sainte-Marie. Des légendes circulent autour de Walterich : il aurait été doué de miracles et aurait guéri de nombreuses maladies. Sa réputation s'est largement répandue. Après sa mort, un pèlerinage est organisé sur sa tombe dans l'église. Ce pèlerinage a lieu chaque année pendant la Semaine sainte et apporte à la petite ville une grande affluence, commercialement bénéfique, dès le Moyen Âge.