alt=Tour octogonale de dix-huit étages.|vignette|droite|La pagode Liuhe, ou pagode des Six Harmonies, à Hangzhou, de hauteur, érigée en 1156 et achevée en 1165.
L'architecture sous la dynastie Song (960-1279) s'appuie sur les réussites de ses prédécesseurs. L'architecture chinoise durant la période de la dynastie Song se caractérise par ses pagodes bouddhistes, ses grands ponts en pierre et en bois, ses tombeaux somptueux et l'architecture de ses palais. Bien que les traités architecturaux existent auparavant, cette période de l'histoire de la Chine voit fleurir un certain nombre de travaux plus matures, décrivant les dimensions et les matériaux. Ils sont également mieux organisés. En plus des exemples de construction encore existants, les illustrations et dessins de l'architecture Song qui ont été publiés dans des livres aident également les historiens à comprendre les nuances architecturales de cette période.
Les professions d'architecte, artisan, charpentier et ingénieur de structure ne sont pas considérées comme des professions majeures par rapport aux fonctionnaires confucianistes de la Chine pré-moderne. Les connaissances architecturales sont transmises par voie orale depuis des milliers d'années en Chine, traditionnellement entre artisans de pères en fils. Toutefois, il existe des agences et des écoles gouvernementales pour la construction et l'ingénierie. Les manuels d'architecture de la période Song aident non seulement un grand nombre d'ateliers privés, mais aussi les employés du gouvernement chargés de recruter les artisans pour le gouvernement central.
Ville et palais vignette|droite|L'enceinte externe de Bianjing vignette|droite|Diagramme des tourelles de la ville de Bianjing, par Wujing Zongyao vignette|Porte de la ville de Bianjing, détail de la peinture Le Jour de Qingming au bord de la rivière de Zhang Zeduan vignette|droite|Le mur intérieur de Bianjing (reconstruit)
L'aménagement des capitales chinoises antiques suivait les directives du Kao Gong Ji : une muraille carrée autour de la ville avec plusieurs portes de chaque côté et des passages pour l'empereur.. La capitale de la dynastie Song du Nord ne fait pas exception. L'extérieur de la ville antique de Bianjing est construit sous le règne de l'empereur Shenzong. Le plan de la ville externe de Bianjing est rectangulaire, la longueur des côtés nord et sud est d'environ , les côtés est et ouest faisant environ , soit une forme presque carrée. Le mur du sud de la ville comprend trois portes : la porte de Nanxun au centre, la porte de Chenzhou à l'est et la porte de Dailou à l'ouest. Le mur oriental de la ville possède quatre portes : la porte de Dongshui, la porte de Xinsong, la porte de Xinchao et une porte vanne au nord-est et l'enceinte occidentale quatre portes : la porte de Xinzheng, une porte vanne, la porte de Wansheng et la porte de Guzi. Le mur situé au nord a quatre portes : la porte de Chenqiao, la porte de Fengqiu, la porte de Jujube et la porte de Weizhou. Le mur externe est entouré par un fossé de de largeur appelé le fleuve du Garde Dragon, dont les rives sont bordées de saules. Il y avait également des tourelles sur le mur, une tous les 100 pas.. Les quatre portes centrales de chacun des côtés de l'enceinte sont réservées à l'empereur. Elles ont des passages droits et seulement deux ensembles de portes, alors que les autres portes de la ville ont des passages en zigzag et sont gardées par trois ensembles de portes.
La peinture de Zhang Zeduan, un artiste de la dynastie Song, intitulée Le Jour de Qingming au bord de la rivière, dépeint la porte de Dongshui en détail. Le bâtiment sur le dessus comporte un toit dans le style de la dynastie Song avec cinq arêtes en pente douce, soutenu par deux séries de poutres (des dougong), la poutre inférieure reposant sur la porte et formant une base en bois. Cette méthode consistant à employer un ensemble de poutres inférieures comme base servant à soutenir le reste de la structure est évoquée dans le traité Yingzao Fashi sous le nom de pingzuo, qui signifie littéralement ..
Le mur de ville lui-même est construit en pisé, une technique détaillée au par l'auteur chinois Li Jie dans le troisième volume de son manuel Yingzao Fashi sur les douves, les bastions et la maçonnerie :
Fondation : Pour chaque carré chi, appliquez deux dan de terre sur laquelle vous étendez un mélange de briques cassées, de tuiles et de pierres écrasées, également pour deux dan. À chaque couche de 5 cun de terre, deux hommes se tenant face-à-face tassent six fois avec des pilons et chaque homme 3 fois sur une bosse ; tassez alors quatre fois sur chaque bosse, deux hommes se tenant encore face à face, chacun tassant deux fois la même bosse, puis tassez deux fois, chaque homme tassant en même temps. Après ceci, tassez la surface avec des pilons ou aplatissez avec les pieds aléatoirement pour égaliser la surface. Pour chaque épaisseur de 5 cun la terre, tassez-la sur 3 cun; pour chaque couche de 3 cun de briques et de pierres, enfoncez-la sur un cun et demi..
Dans la Chine ancienne, tous les murs en pisé utilisent une technique de compression de la terre pour s'amincir à mesure qu'il s'élève, la partie inférieure étant donc plus épaisse que le sommet. Ainsi, la partie inférieure du mur externe de la ville de Bianjing mesure plus de de largeur alors que sa partie supérieure seulement , pour une hauteur de plus de .. Cette technique est également détaillée dans le livre de Li Jie :
Norme pour les murs de la ville : pour chaque hauteur de 40 chi, la largeur de la paroi à la base sera augmentée de la moitié de la hauteur, la largeur de la partie supérieure de la paroi devant être diminuée de moitié de la hauteur. La largeur de la fondation doit être la même que la largeur de la base du mur. Pour chaque longueur de 7,5 chi, appliquez deux postes permanents d'ancrage et deux traverses, renforcés de bois et de bottes de paille..
Pendant la dynastie Song, la ville de Bianjing est entourée de trois enceintes, le mur externe de la ville, le mur du centre urbain et le palais au centre. Le centre urbain est rectangulaire, avec trois portes de chaque côté. L'enceinte du palais est également rectangulaire avec quatre tours de guet situées à chaque coin. Il y a quatre portes principales : la porte de Xihua à l'ouest, la porte de Donghua à l'est, la porte de Gongchen au nord, et la porte de Xuande, également connue sous le nom de porte de Duan ou Xuandelou, au sud. La porte de Xuande se compose de cinq panneaux peints en rouge et décorés de clous en or. Les murs majestueux du palais sont ornés de dragons, de phénix et de formes de nuages flottants assortis aux poutres sculptées, les combles sont peints et le toit composé de tuiles vernissées.. Deux têtes de dragons lustrées (appelées chi wei) se situent à chaque extrémité acérée de l'arête supérieure du toit, la queue des dragons dirigée vers le ciel. La fonction symbolique du chi wei est expliquée dans le Yingzao Fashi :
Il y a un dragon dans la mer de l'Est, avec la queue (wei) semblable à l'épervier (chi), il attise les vagues et est à l'origine des pluies, par conséquent, les gens mettent sa représentation sur les toits pour empêcher le feu, mais ils l'ont nommé par erreur la queue de l'épervier (wei-chi)..
Une représentation de la porte de Xuande et de ses têtes de dragon est peinte avec éclat par l'empereur Song Huizong. Un soir en 1112, il aperçoit la porte de Xuande entourée de nuages rouges, un troupeau de grues blanches tournoyant dans le ciel au-dessus, deux grues perchées au sommet de chacune des têtes de dragon sur le toit. Estimant qu'il s'agit là d'un signe de bon augure, il réalise une peinture de cette scène.
La route située au sud de la porte de Xuande est le , large d'environ deux cents pas, avec un corridor impérial de chaque côté dans lesquels des commerçants sont autorisés à ouvrir des magasins jusqu'en 1112. Deux rangées de grilles noires sont placées au centre du boulevard interdisant le passage des piétons et des véhicules. Le long de la paroi interne de l'enceinte, il y a deux rangées de briques bordant le sillon d'eau impérial rempli de lotus.. À environ au sud de la porte de Xuande, la rivière Bian rejoint le boulevard impérial, un pont de pierre à balustres plats appelé pont Zhou traversant la rivière. Au printemps et en été, des pêchers, des pruniers, des poiriers et abricotiers ornent les rives du fleuve avec une grande variété de fleurs.. Ce boulevard avec son pont de pierre surmontant la rivière fut imité plus tard dans la Cité interdite.
Pagodes bouddhistes gauche|vignette|La tour Huqiu, également connue sous le nom de pagode Yunyan, de haut, fut construite en 961. Après la dynastie Han (202 av.J.-C. - 220), le stūpa bouddhiste commence à faire partie de la culture chinoise, comme un moyen pour abriter et protéger les sûtras. Durant l'ère des dynasties du Nord et du Sud, des pagodes chinoises caractéristiques sont édifiées, se distinguant des hautes tours de guet et des appartements résidentiels de la dynastie des Han dont on voit un exemple dans les tombes de l'ère Han.. Sous le règne des dynasties Sui (581-618) et Tang (618-907), les pagodes chinoises sont reconstruites, l'architecture exclusivement en bois laissant la place à la pierre et la brique afin notamment de se prémunir contre la foudre, des incendies criminels, mais aussi pour éviter le pourrissement naturel des matériaux en bois.
La plus ancienne pagode en brique est la pagode Songyue construite en 523. Un bon exemple de pagode en pierre de l'ère Tang est la Grande pagode de l'oie sauvage construite vers 652. Si l'influence du bouddhisme en Chine diminue à la fin de la période Tang, en revanche, durant la dynastie Song, de nombreuses pagodes bouddhistes sont construites. Les hautes pagodes chinoises sont souvent édifiées dans la campagne environnante plutôt que dans l'enceinte de la ville, principalement parce que les chinois ne voulaient pas rivaliser avec l'autorité impériale cosmique incarnée dans les villes par les et les tours-portes.. Cependant, quelques pagodes sont malgré tout construites à l'intérieur de la ville comme la Grande pagode de l'oie sauvage située dans le quartier sud de la ville de Chang'an (l'actuelle Xi'an).
La pagode de FerElle tire son nom de la couleur grise, ressemblant au fer, des briques vernissées formant la tour. du Temple Youguo, dans la ville de Kaifeng, est un excellent exemple de l'architecture de l'ère Tang. Construite à l'origine en bois par l'architecte Yu Hao, elle est frappée par la foudre et brûlée en 1044 sous le règne des Song du Nord. En 1049, la pagode est reconstruite telle qu'elle est aujourd'hui, à la demande de l'Empereur Song Renzong. Cette pagode à la structure octogonale s'élève à avec un total de 13 niveaux. La tour est ornée de carreaux de briques sculptés représentant des personnages dansant, des ministres solennels et des thèmes bouddhistes (voir la galerie ci-dessous).
vignette|droite|La pagode de Fer de Kaifeng, construite en 1049, de haut. Il existe toutefois de réelles pagodes en fonte en Chine, comme la pagode de Fer du temple Yuquan située à Dangyang dans la province du Hubei et construite en 1061 sous le règne de la dynastie des Song du Nord. Cette pagode pèse () de fonte pour une hauteur de .. Comme dans les pagodes en bois, en pierre ou en brique de l'ère Song, cette pagode de Fer comporte des avant-toits en pente douce et a une forme octogonale.