, sous-titré Lendemains de guerre, est un recueil d'articles de Jean-Paul Sartre publié en 1949. Dans la nouvelle édition d'Arlette Elkaim-Sartre parue en 2013, est sous-titré Littérature et engagement. .

Contenu Édition de 1949 .

Dans cette partie sont réunis des articles écrits entre et qui sont tous en rapport avec la guerre.

La République du silence

Ce célèbre texte, publié dans Les Lettres françaises en , s'ouvre par cette non moins célèbre phrase de Sartre :

Cette phrase délibérément paradoxale renvoie à la définition sartrienne de la liberté, longuement développée dans L'Être et le Néant publié en 1943 : durant l'occupation les libertés politiques avaient disparu, mais la liberté de réfléchir et de choisir sa position demeuraitL'instruction populaire empêchait par ailleurs que fût altérée tout de suite la liberté philosophique..

Pour Sartre la liberté est liée à l'engagement. Par son horreur, l'occupation obligeait toute personne à prendre parti, et il y avait là une urgence :

La liberté est aussi liée chez Sartre à la responsabilité, et durant la guerre, davantage qu'en temps de paix, chaque acte, chaque choix est déterminant et peut avoir des conséquences personnelles comme sociales graves, les unes étant à mettre en balance avec les autres. C'est aussi dans cette responsabilité que se découvrait la liberté :

Ce texte fait aussi l'apologie de la Résistance pour son esprit de fraternité : Cette vision de la Résistance annonce le groupe en fusion que Sartre théorisera dans la Critique de la raison dialectique.

Enfin, dans cette véritable république où tous sont égaux et libres car menacés, la liberté est nécessairement réciproque :

Paris sous l'Occupation

Qu'est-ce qu'un collaborateur ?

Le sujet de cet article publié dans La République Française, un journal édité à New York, en tient dans son titre.

La collaboration est d'abord abordée comme un phénomène social qui concerne une partie de la population au même titre que la criminalité ou le suicide.

Sartre avance que les collaborateurs n'étaient pas issus de la classe ouvrière ou de la paysannerie mais de la bourgeoisie. Cela signifie que les collaborateurs étaient issus de la bourgeoisie mais non que la bourgeoisie en tant que classe était favorable à la collaboration, il écrit : Jean-Paul Sartre, , .. Un premier élément important dans l'explication de la collaboration tient à la désintégration sociale : Jean-Paul Sartre, , .. D'un point de vue social, le collaborateur est donc issu de la bourgeoisie où il était mal intégré, mal assimilé, il subissait la désintégration et cela explique en partie sa collaboration avec l'ennemi. Mais tous les individus issus de la bourgeoisie et mal assimilés ne furent pas collaborateurs, à l'explication sociale Sartre ajoute donc une explication psychologique.

Sartre refuse de confondre le collaborateur avec le fasciste ou le nazi. Sa psychologie, sa manière de penser sont différentes. L'intérêt, le conformisme ou l'ambition sont certes des facteurs à prendre en compte, mais n'expliquent selon lui pas tout.

Il y a chez le collaborateur une vague croyance au progrès qui se confond avec la marche de l'histoire : Le collaborateur pense qu'il est inutile de s'opposer au fait accompli, qu'il doit bien faire avec. Cela relève pour Sartre de la mauvaise foi pour plusieurs raisons. D'une part, le collaborateur, en essayant de se le cacher, choisit lui-même de donner plus d'importance à certains faits, il oublie la puissance militaire de l'URSS et de l'Angleterre par exemple, pour justifier son choix. Cela n'est pas sans rappeler ce que Sartre appellera plus tard une totalisation.

D'autre part, en jugeant l'événement présent par le futur cela permet au collaborateur de se déresponsabiliser : Enfin, cette mauvaise foi permet au collaborateur de ne pas , de s'abstenir de juger selon des principes, d'entreprendre, de persévérer, etc.

Le collaborateur tend aussi à remplacer les rapports juridiques d'universalité, d'égalité et de réciprocité par une sorte de lien féodal de suzerain à vassal, cherchant dans la relation de personne à personne une intégration qui lui manquait peut-être dans le système précédent. Ainsi, si les Allemands ont la force, le collaborateur possède la ruse. Le collaborateur reconnait sa soumission et sa faiblesse mais use d'autres armes, Sartre parle, dans des termes qui feraient sans doute réagir vivement au , d'un et d'un Jean-Paul Sartre, , ..

Dernier point de psychologie : Jean-Paul Sartre, , . Le propos peut évidemment surprendre après l'exaltation égale et opposée de l'esprit collectif de la Résistance, mais Sartre ne le mentionne pas.. Le collaborateur hait cette société où il n'a pas pu jouer son rôle. Chez Drieu La Rochelle, ce rêve de dissolution du « moi » dans le collectif aurait révélé une détestation de soi .

Dans la suite de son œuvre, Sartre continuera à dresser ainsi des portraits plus ou moins longs de certains types, celui de l'antisémite dans ses Réflexions sur la question juive, du colonisateur dans sa préface aux Damnés de la Terre, etc. Sa méthode s'étoffera, mais elle est déjà présente dans ce bref texte : d'abord le phénomène social, puis le moyen par lequel l'homme s'insère dans ce social. Voir Questions de méthode

La Fin de la guerre

. Individualisme et conformisme aux États-Unis Villes d'Amérique New York, ville coloniale U.S.A. présentation

. Le Mythe révolutionnaire

La Philosophie de la révolution « Matérialisme et révolution » est un article publié en dans Les Temps modernes. Dans une première partie, Sartre s'attaque à certains problèmes du marxisme et du parti communiste. Dans la deuxième partie il dresse un parallèle entre la position du révolutionnaire et les positions de son existentialisme.

. Orphée noir

Ce texte est la préface de lAnthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, de Léopold Sédar Senghor, publiée aux PUF en 1948. Dans cette partie, Jean-Paul Sartre établit un lien entre l'enseignement dispensé par le mythe grec et les conditions d'intelligence du mouvement de la négritude..

. La Recherche de l'absolu

Les Mobiles de Calder Cette partie réunit deux articles sur l'art, le premier sur Alberto Giacometti, le deuxième sur Alexander Calder.

Édition de 2013

Qu'est-ce que la littérature ? . Qu'est-ce qu'écrire ? . Pourquoi écrire ? . Pour qui écrit-on ? . Situation de l'écrivain en 1947 Préface à « Portrait d'un inconnu », préface du premier roman de Nathalie Sarraute publié en 1948. « La recherche de l'absolu », préface du catalogue de l'exposition d'Alberto Giacometti à la Pierre Matisse Gallery de New York, publié aussi dans Les Temps modernes, , . « La période R.D.R. », très bref texte inachevé sur le Rassemblement démocratique révolutionnaire. « Orphée noir », préface de lAnthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française de Léopold Sédar Senghor, PUF, 1948. Sur la négritude. Il nous faut la paix pour refaire le monde (Réponse à ceux qui nous appellent « Munichois »), article pour le RDR, Le Franc-Tireur, . « [Kafka, écrivain juif] », compte rendu par Françoise Derins d'une conférence de Sartre sur Franz Kafka, La Nef, n° 33, . « C'est pour tous que sonne le glas », article sur le départ des Britanniques de Palestine et les menaces arabes sur les juifs, Caliban, n° 16, . « [Le point de vue de Raymond Aron] », un extrait de Entretien sur la politique entre Sartre, David Rousset et Gérard Rosenthal sur Raymond Aron qui avait qualifié le RDR de « romantique », Les Temps modernes, , puis en livre chez Gallimard, 1948. « [Indochine 1949] », article non publié sur la reconnaissance du Viêt Nam comme État indépendant. « Défense de la culture française par la culture européenne », texte d'une conférence donnée le sur la culture et le rôle de l'Europe, publié dans Politique étrangère, , 1949.

Articles connexes Liste des œuvres de Jean-Paul Sartre

Notes et références

Liens externes

Le texte complet: La République du silence Lecture de La République du silence par Sartre Sur le site de Gallimard

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