Le traité de Valençay est un acte conclu le entre Ferdinand VII, roi d'Espagne, interné au château de Valençay, et Napoléon , empereur des Français, permettant à Ferdinand VII de retrouver son trône d'où il avait été déposé par les Français en 1808. La régence et les Cortès d'Espagne ayant refusé de ratifier le traité, Napoléon finit par libérer Ferdinand en sans pouvoir obtenir son application.

Origines Après la défaite de Napoléon à Leipzig (16-), celui-ci décide d'en finir avec l'embarras que lui cause la guerre d'Espagne. Pour cela, il accepte de rendre le trône d'Espagne au roi Ferdinand VII qu'il avait détrôné en 1808 en même temps que le père de celui-ci, Charles IV, pour leur substituer son frère Joseph Bonaparte. La situation des forces françaises en Espagne est alors critique car l’armée du maréchal Soult a dû reculer jusqu'aux Pyrénées : en octobre-, les forces britanniques, espagnoles et portugaises commandées par Arthur Wellesley, marquis de Wellington, forcent la ligne fortifiée de la Rhune et atteignent le territoire français.

Négociation et signature vignette|¡ Viva mi Dueño ! (« Longue vie à mon souverain ! »), céramique espagnole à l'effigie de Ferdinand VII. envoie Antoine René Charles Mathurin (comte de La Forest) dit Antoine de Laforêt (1756-1846), ambassadeur de France à Madrid, qui habitait dans ses terres, aux environs de Tours, pour rencontrer Ferdinand VII interné au château de Valençay et négocier le traité qui lui rendrait à la couronne et la liberté en échange de sa neutralitéAnselme Petetin, Commentaires de Napoléon Premier, vol. 5, Imprimerie impériale, 1867, . Napoléon, par une lettre écrite le , annonce à Ferdinand que M. de Marliani, Histoire politique de l'Espagne moderne, Bruxelles, 1842, . Ferdinand répond, le , qu’il est prêt à recouvrer son trône grâce à la protection de Napoléon et à rester neutre entre le Royaume-Uni et l’Empire français mais qu’il souhaiterait d’abord rencontrer des représentants des Cortes de Cadix, qui gouvernaient en son nom en EspagneM. de Marliani, Histoire politique de l'Espagne moderne, Bruxelles, 1842, . Napoléon refuse de crainte que le secret des négociations ne soit percé et que les Britanniques n’arrivent à empêcher l’application du traitéAnselme Petetin, Commentaires de Napoléon Premier, vol. 5, Imprimerie impériale, 1867, . Il organise une rencontre à Valençay entre José Miguel de Carvajal, duc de San-Carlos, représentant de Ferdinand VII, et le comte de Laforest pour rédiger un traité avec Ferdinand.

Teneur Le traité rétablit Ferdinand VII dans sa souveraineté sur tout le territoire espagnol tel qu'il existait avant la guerre en lui restituant les départements français d'Espagne. Napoléon, au nom de l'Empire français et du royaume d'Italie, s'engage à évacuer toutes les garnisons françaises d'Espagne, et Ferdinand, à faire évacuer toutes les garnisons britanniques. Les deux parties conviennent d'indemniser les dommages causés à leurs sujets et d'échanger leurs prisonniers respectifs. Le roi s’engage à maintenir les ventes des domaines nationaux faites pendant son absence et à restituer leurs emplois et leurs biens aux personnes qui avaient exercé des emplois sous le règne de Joseph Bonaparte ; celles qui résident hors d'Espagne auront un délai de dix ans pour vendre leurs biens. Ferdinand s'engage en outre à verser à son père, le roi Charles IV, et à son épouse une pension de 30 millions de réaux par anTexte du traité de Valençay (en espagnol).

Refus de ratification et retour de Ferdinand vignette|Frontispice de la constitution espagnole de 1812, votée au nom de Ferdinand VII prisonnier et qu'il refusera de ratifier par serment. Archives du Congreso de los Diputados. Le duc de San Carlos est envoyé à Madrid pour présenter ce traité. Le cardinal de Bourbon, seul représentant de la famille royale encore en Espagne et président du conseil de régence, refuse d’en accepter les termes tant que le roi Ferdinand ne sera pas libéré et de retour dans son royaume. De même, les Cortès de Cadix, transportées à Madrid, n'acceptent pas les messagers du Roi venant leur annoncer la signature du traité. Un décret des Cortès, voté le , déclarait invalides tous les actes signés par le roi pendant son exil. Le général José de Palafox, qui était venu prendre les instructions du roi Ferdinand à Valençay, est pareillement rebouté. Le conseil de régence de Madrid condamne ceux qui . Le , la régence de Madrid écrit à Ferdinand VII M. de Marliani, Histoire politique de l'Espagne moderne, Bruxelles, 1842, . Le , les Cortès votent un décret déclarant que le roi serait reconnu libre ; le même jour, les Cortès publient un manifeste qualifiant le traité de Valençay : tout en renouvelant leurs protestations de fidélité au roi que les Espagnols appellent « le Désiré », les Cortès soumettent donc son retour à l’acceptation de la constitution espagnole de 1812. La réponse des régents est communiquée au maréchal Suchet, commandant des troupes françaises en Catalogne ce même .

Le , Ferdinand VII écrit à Madrid qu’il partira de Valençay le et rentrera en Espagne en passant par la Catalogne. La lettre conclut : . Ferdinand VII arrive le à la frontière de Catalogne, le à Valence où il rencontre le conseil de régence, et le à Madrid où il forme un gouvernement avec le duc de San Carlos comme ministre des Affaires étrangères. Cependant, dès le , il invalide la constitution et décide de faire emprisonner plusieurs députés des Cortes, . Il ne respecte pas davantage le traité de Valençay, signé en captivité, que les promesses faites à son peuple. Les troupes espagnoles continuent leur participation à la Sixième Coalition et à l’invasion du sud-ouest la France aux côtés des forces britanniques et portugaises.

Dans ses Mémoires, Napoléon regrette de n'avoir pas été capable d'obtenir la ratification du traité, qui lui aurait peut-être permis de sortir vainqueur de la campagne de France en 1814 :

Le traité prévoyait aussi de garantir les droits des Espagnols joséphistes ou afrancesados qui avaient servi le régime de Joseph Bonaparte. Environ et se réfugient en France à la suite des troupes françaises. Mal accueillis par le régime de Louis XVIII qui ne leur doit rien, rejetés par Ferdinand qui les considère comme des traîtres, quelques-uns combattront dans les rangs napoléoniens pendant les Cent-Jours. Dans les années suivantes, la plupart rentreront en Espagne, surtout pendant le Triennat libéral marqué par la loi d'amnistie de 1820.

Annexes Bibliographie M. de Marliani, Histoire politique de l'Espagne moderne, Bruxelles, 1842 (lire en ligne)

Notes et références

Voir aussi Liste des rois d'Espagne Château de Valençay Guerre d'indépendance espagnole Espagne napoléonienne Propositions de Francfort

Liens externes

Texte du traité de Valençay (en espagnol)

Catégorie:1813 en Espagne Catégorie:1813 en France Catégorie:1814 en Espagne Catégorie:1814 en France Catégorie:Traité signé par l'Espagne Catégorie:Traité signé sous le Premier Empire Catégorie:Guerre d'indépendance espagnole Catégorie:Royaume d'Espagne (1808-1813) Traité de Valencay Catégorie:Décembre 1813 Catégorie:11 décembre Catégorie:Ferdinand VII