Clément Prudhon, alias Cluny, alias Gorre, né le à Argenteuil (Val-d'Oise) en France et mort le à Dora en Allemagne, est un dirigeant sportif qui s'engage très tôt dans la Résistance. Son destin y prend une dimension nationale peu avant la Libération et son arrestation qui entraîne sa mort en déportation à Woffleben (Allemagne).
Biographie
Né le à Argenteuil, Clément Prudhon y découvre et pratique la gymnastique sous la houlette de Maurice Weber et de l'abbé Paul Louis dans un des nombreux patronages paroissiaux de Seine-et-Oise : l’Étoile Sportive des Champioux. Il devient un des plus brillants gymnastes de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) de cet ancien département avant d'assister son mentor auprès des plus jeunes de l'association.
Sur le plan professionnel, il entre à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) en 1937 où il s'engage à la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) dont il assume le secrétariat de la commission générale voirie. Passionné de techniques d’avant-garde, il suit des cours pour être affecté aux aiguillages électriques en expérimentation à la gare de triage d’Argenteuil. D’abord mobilisé à Tours le , il est recensé à Tarbes le 19 puis réaffecté sur son poste d’Argenteuil le . Dès la défaite, il rejoint le Comité de résistance des syndicats chrétiens.
L'Armée secrète
Le il intègre le réseau Frédéric de la Délégation générale. Agent de liaison du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), il y assure le contact avec deux réseaux de l’armée secrète : Arc-en-ciel et Résistance-Fer à partir de 1943. Son autorisation spéciale de service lui facilite la tâche et son activité devient complexe comme l’atteste ce certificat de l’armée secrèteL'Armée secrète et les FFI sont des organisations différentes, la première ayant été fondue dans la seconde en février 1944 établi, pour la liquidation de sa pension militaire, le : .
Ce parcours est confirmé par les Forces françaises libres (FFL) dans un second certificat du : .
En , il est aussi membre du réseau Action-vengeance du Lieutenant-colonel Vic-Dupont qui lui établit une troisième attestation. Agent de liaison du service exécutif des actions spéciales (Special Operation Executive S.O.E.) avec grade de capitaine début 1944, son parcours devient alors plus lisible sous le pseudonyme de Cluny.
Chef de l’Action Immédiate Fer
Le le général Chaban-Delmas le nomme chef de l’Action Immédiate Fer (AIFer), nomination attestée par Résistance-Fer le : .
Sous l’autorité du colonel Manhes, avec grade de capitaine, il met en œuvre de nombreux sabotages en Bretagne (Lorient, Quimper) et sur les lignes reliant Paris à la Normandie et à l’Alsace. Il assure également le recueil et la transmission des renseignements relatifs aux mouvements des convois allemands. Il est ensuite chargé de recruter et entraîner des groupes armés pour l’armée secrète (secteur d’Argenteuil) en collaboration avec Neel et Weber pour l’Organisation civile et militaire (OCM) et Cavaillet pour les Francs-tireurs et partisans (FTP).
Le , en tentant de prendre lui-même des renseignements sur trois amis arrêtés par la Gestapo, Prudhon est arrêté à 11 heures au métro Cité. Interné d’abord à Fresnes, il est déplacé ensuite à Compiègne d’où Maurice Weber tente de le faire évader. Mais Prudhon, condamné trois fois à mort par contumace sous divers pseudonymesCluny, Gorre, Martin, Ribère, Ripper, etc. a subi des interrogatoires sévères : il ne marche qu’avec difficultés et a un bras fracturé. L’opération est trop délicate et il faut renoncer.
Le , alors qu’à Argenteuil les divers groupes de Résistance sont passés depuis quatre jours à la lutte ouverte, il monte dans le dernier train de la déportation. D'après divers témoignages, il serait disparu le à Dora, au d’Ellrich, sous le , dans l’éboulement du tunnel de Woffleben.
Notoriété
Selon l'usage en vigueur, sa fin tragique l’élève au grade de commandant dès la Libération.
Le général de Gaulle lui attribue la croix de guerre avec étoile d’argent le et par note du , le général Chaban-Delmas demande sa promotion au grade de lieutenant-colonel : Ministère des Armées, Cabinet militaire, Délégation générale FFCI, caserne de la Pépinière, rue de Laborde. L’étoile de vermeil lui est décernée le et la Légion d'honneur le .
Une rue d'Argenteuil lui est dédiée.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
Lien externe Fondation pour la Mémoire de la Déportation- Commission Dora Ellrich
Catégorie:Résistant français Catégorie:Naissance en août 1911 Catégorie:Naissance à Argenteuil (Val-d'Oise) Catégorie:Décès en octobre 1944 Catégorie:Personnalité des patronages Catégorie:Personnalité de la SNCF Catégorie:Décès à 33 ans Catégorie:Naissance en Seine-et-Oise Catégorie:Décès au camp de concentration de Dora