Le Tour d'Espagne s'est déroulé du au . Il s'agit de la de l'UCI World Tour 2011.
La course est gagnée à l'origine par Juan José Cobo avec une marge de seulement 13 secondes sur le Britannique Christopher Froome. Aucun des deux coureurs n'avait été désigné comme favori avant la course et tous deux étaient alignés comme équipier : Cobo pour Denis Menchov et Froome pour Bradley Wiggins. Le , l'instance dirigeante du sport, l'Union cycliste internationale (UCI), a annoncé que Cobo avait été reconnu coupable de violation des règles antidopage, selon les conclusions de son passeport biologique. En conséquence, l'UCI l'a suspendu trois ans. Le , le délai imparti à Cobo pour faire appel de la décision s'est terminé, l'UCI a annoncé que Chris Froome est désigné vainqueur de la Vuelta 2011, le faisant rétroactivement premier Britannique à remporter un Grand Tour. Il s'adjuge également le classement du combiné. Il s'agit de sa première victoire dans un grand tour. Il devance au classement général le Britannique Bradley Wiggins du Team Sky et le Néerlandais Bauke Mollema (Rabobank), lauréat également du classement par points. Le Français David Moncoutié remporte quant à lui le maillot à pois du classement de la montagne pour la quatrième année consécutive. La formation Geox-TMC s'impose sur le classement par équipes. Cette Vuelta révèle Froome, qui remportera plusieurs Tours de France par la suite.
Présentation
Parcours
L'édition 2011 de la Vuelta, que les organisateurs ont voulu « plus intense », débute par un contre-la-montre par équipes de autour de Benidorm. Après une étape de plaine, les puncheurs auront une occasion de contrarier les plans des équipes de sprinteurs, avec l'Alto de la Santa à de l'arrivée de la . La part de Baza, passe par la Sierra de los Filabres, et se termine à la station de Sierra Nevada. La comprend l'Alto de Valdepeñas de Jaén à de l'arrivée et un mur final (avec des passages à 27 %), où s'était imposé en 2010 Igor Antón. La arrive à Cordoue et passe par l'Alto de San Jerónimo à de l'arrivée. La est plate.
Entre le 27 et le , les coureurs doivent enchaîner une étape de moyenne montagne, avec un final comprenant des passages à 28 %, précédé d'un col de première catégorie en début d'étape et de trois ascensions (deux de et une de ) dans les 65 derniers kilomètres, (), une étape arrivant au sommet de la Sierra de Béjar (), un contre-la-montre de autour de Salamanque (), la première journée de repos et une étape de haute montagne se terminant au sommet de la station de ski de Manzaneda (). Après une étape de plaine et une étape de moyenne montagne, les coureurs enchaînent deux étapes de haute montagne, finissant chacune au sommet d'une ascension, respectivement la Farrapona et l'Angliru. Puis, les participants de cette Vuelta ont leur deuxième jour de repos, suivie d'une étape de plaine.
Suivent ensuite une arrivée au sommet de Peña Cabarga, où s'est imposé en 2010 par Joaquim Rodríguez, trois étapes de moyenne montagne et la dernière étape, avec le circuit habituel autour de Madrid. Cette Vuelta est qualifié de « très dure », « très complète », « très équilibrée », « pour les grimpeurs », « plus pour les bons grimpeurs que pour les coureurs bons en contre-la-montre » et où « un grimpeur s'imposera ».
Ce Tour d'Espagne passe par le Pays basque pour la première fois depuis 33 ans, « une très bonne nouvelle » pour l'organisateur Javier Guillen, due à des « conditions politiques [qui] ont changé depuis deux ans avec un nouveau parti au pouvoir dans la région ».
Équipes
Les équipes sont connues le : équipes ProTour : AG2R La Mondiale, Astana, BMC Racing, Euskaltel-Euskadi, Garmin-Cervélo, Lampre-ISD, Liquigas-Cannondale, Movistar, Omega Pharma-Lotto, Rabobank, Quick Step, Team Leopard-Trek, Team RadioShack, Saxo Bank-SunGard, Team HTC-Highroad, Team Katusha, Team Sky, Vacansoleil-DCM équipes continentales professionnelles : Andalucía-Cajasur, Cofidis, Geox-TMC, Skil-Shimano
Favoris
Pour le classement général
Au départ de ce Tour d'Espagne, les principaux prétendants à la victoire finale sont le tenant du titre Vincenzo Nibali (Liquigas-Cannondale), les Espagnols Igor Antón (Euskaltel-Euskadi) qui avait abandonné son maillot rouge de leader l'an dernier sur chute, et Joaquim Rodríguez (Team Katusha) qui lui avait cédé sa tunique de leader dans l'ultime contre-la-montre.
Bradley Wiggins (Team Sky), Jurgen Van den Broeck (Omega Pharma-Lotto), Andreas Klöden et Janez Brajkovič (Team RadioShack), tous victimes de lourdes chutes sur le dernier Tour de France, reportent leurs ambitions sur cette Vuelta. L'Italien Michele Scarponi (Lampre-ISD), du dernier Tour d'Italie et absent du Tour de France, en fait de même.
Parmi les outsiders, on citera les Irlandais Nicolas Roche (AG2R La Mondiale) et Dan Martin (Garmin-Cervélo), le Russe Denis Menchov (Geox-TMC), le Néerlandais Steven Kruijswijk (Rabobank) et l'Espagnol Carlos Sastre (Geox-TMC) .
Les sprinteurs
Cette Vuelta marquera la première confrontation entre l'étoile montante du sprint mondial, l'Allemand Marcel Kittel (Skil-Shimano) qui dispute son premier grand tour, et le roi du sprint actuel Mark Cavendish (Team HTC-Highroad).Ce duel sera arbitré par le vétéran Italien Alessandro Petacchi (Lampre-ISD), l'Américain Tyler Farrar (Garmin-Cervélo), le Belge Tom Boonen (Quick Step), l'Espagnol Óscar Freire, le Danois Matti Breschel (Rabobank), l'Argentin Juan José Haedo (Saxo Bank-SunGard) et l'italien Daniele Bennati (Team Leopard-Trek). Le Slovaque Peter Sagan (Liquigas-Cannondale) sera quant à lui le favori des arrivées en légère montée.
Règlement de la course
Règlement du classement général
Le leader du classement général, qui porte le maillot rouge, est déterminé par addition des temps individuels réalisés à chaque étape. Des bonifications sont attribuées aux arrivées des étapes individuelles en ligne (20, 12 et 8 secondes aux trois premiers) ainsi que lors des sprints intermédiaires (6, 4 et 2 secondes).
En cas d'égalité les centièmes de secondes enregistrés dans les étapes contre-la-montre individuel sont réincorporés au classement. Si l'égalité persiste (notamment si aucun contre-la-montre individuel n'a encore été disputé) le départage est réalisé par addition des places obtenues dans les étapes et, en dernier ressort, à la place obtenue dans la dernière étape disputée.
Règlement du classement par points
À l'issue de chaque étape le leader du classement par points porte le maillot vert. Toutes les étapes individuelles attribuent des points selon le même barème. Aucun point n'est attribué lors du contre-la-montre par équipes. Arrivées : 25 points, 20, 16, 14, 12, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2 et 1 point au quinzième Sprints intermédiaires : 4 points, 2 et 1 point au troisième.
En cas d'égalité les coureurs sont départagés selon les critères suivants : nombre de victoires d'étape, nombre de victoires dans un sprint intermédiaire et enfin classement général.
Règlement du classement de la montagne
Le classement de la montagne, dont le leader porte le maillot blanc à pois bleus, est établi selon le barème suivant : Cima Alberto Fernandez (Sierra Nevada) : 20 points, 15, 10, 6, 4 et 2 points au sixième Arrivée au sommet : 15 points, 10, 6, 4 et 2 points au cinquième Col de : 10 points, 6, 4, 2 et 1 point au cinquième Col de : 5 points, 3 et 1 point au troisième Col de : 3 points, 2 et 1 point au troisième.
En cas d'égalité les critères pour départager sont, dans l'ordre : la première place a la cima Alberto Fernandez, puis par le nombre de premières places sur les arrivées au sommet, puis par les premières places au sommet des cols de puis puis . En dernier ressort on fera appel à la meilleure place du classement général individuel au temps.
Règlement du classement combiné
Le classement combiné, dont le leader porte le maillot blanc, est réalisé par l'addition des places de chaque coureur aux classements général, par points et de la montagne. Ne sont donc classés que les coureurs qui ont marqué des points dans chacun de ce trois classements, sauf si aucun coureur n'est dans ce cas (on considère alors ceux qui figurent dans deux classements). En cas d'égalité, c'est le classement général qui prime.
Récit de la course
20 - 22 août : 3 leaders en 3 étapes
La Team Leopard-Trek remporte le contre-la-montre par équipe inaugural, permettant à Jakob Fuglsang (premier coureur de son équipe à franchir la ligne) d'endosser le maillot rouge. Parmi les favoris, Vincenzo Nibali s'en tire le mieux, son équipe Liquigas-Cannondale prenant la deuxième place à 4 secondes. La Team HTC-Highroad complète le podium à 9 secondes. Les Omega Pharma-Lotto de Jurgen Van den Broeck, la Team Katusha de Joaquim Rodríguez et les Euskaltel-Euskadi d'Igor Antón terminent respectivement à 18 secondes, à 25 secondes et à 28 secondes. Les équipes de Bradley Wiggins (Team Sky) et Denis Menchov (Geox-TMC) terminent et , à 42 et 43 secondes. Le lendemain, Chris Sutton (Team Sky) s'impose au sprint devant Vicente Reynés (Omega Pharma-Lotto) et Marcel Kittel (Skil-Shimano), et s'empare du maillot vert. Daniele Bennati (Team Leopard-Trek) subtilise la tête du général à son coéquipier au bénéfice de l'addition des places obtenues. Carlos Sastre (Geox-TMC) et Andreas Klöden (Team RadioShack) perdent respectivement 20 secondes et 1 minute et 18 secondes. Pablo Lastras (Movistar) gagne la et prend la tête de tous les classements. Il devance de 15 secondes Sylvain Chavanel (Quick Step), Markel Irizar (Team RadioShack) et Ruslan Pidgornyy (Vacansoleil-DCM), qui le suivent au classement général. Le groupe des favoris, réglé pour la par Nicolas Roche (AG2R La Mondiale), termine à 1 minute 43 secondes et un , composé notamment de Steven Kruijswijk (Rabobank), Wout Poels (Vacansoleil-DCM), Thomas Lövkvist (Team Sky), Robert Kišerlovski (Astana), Vladimir Karpets (Team Katusha), Denis Menchov et Fabio Duarte (Geox-TMC), est pointé à 3 min 06 s du vainqueur du jour. Klöden perd 12 minutes et 19 secondes.
23 - 26 août : Chavanel en rouge, Rodriguez et Nibali marquent les esprits en équipe
Daniel Moreno (Team Katusha) remporte la , 3 secondes devant Chris Anker Sørensen (Saxo Bank-SunGard). Le groupe des favoris, composé de 29 coureurs et réglé pour la troisième place par Dan Martin (Garmin-Cervélo), termine à 11 secondes. Igor Antón perd 1 minute 27 secondes sur ce groupe. Sylvain Chavanel s'empare du maillot rouge, 43 secondes devant Moreno, qui prend la tête des classements de la montagne et du combiné. Les Katusha marquent les esprits le lendemain, puisque Joaquim Rodriguez remporte l'étape, grâce notamment au travail de Daniel Moreno, troisième à 5 secondes. Wout Poels (Vacansoleil-DCM) est deuxième. Au classement général, si Chavanel est toujours en rouge, le duo effectue un rapproché, Moreno étant deuxième à 9 secondes et Rodriguez troisième à 23 secondes. Le lendemain, les Liquigas-Cannondale, avec Vincenzo Nibali, Peter Sagan, Valerio Agnoli et Eros Capecchi, accompagnés par Pablo Lastras, faussent compagnie au peloton dans la dernière descente de la . Sagan remporte l'étape devant Lastras. Nibali termine , ratant donc les bonifications. Un groupe de 10 coureurs, composé notamment de Sylvain Chavanel, Joaquim Rodriguez, Jakob Fuglsang et Michele Scarponi (Lampre-ISD), est pointé à 17 secondes, le peloton à 23 secondes. Au général, Nibali remonte à la troisième place, à 16 secondes de Chavanel. Aucun changement notable au classement général ne s'effectue lors de la , remporté à la suite d'un sprint massif, marqué par une chute collective, par Marcel Kittel. Il devance Peter Sagan, qui s'empare du maillot vert, et Óscar Freire (Rabobank).
27 août : Rodriguez fait coup double