Georges Dimeray est un acteur suisse, né le à Genève et mort le à Genève.

Biographie

Georges Dimeray est né Gostkowski, Georges Vincent Stanislas, d'une famille de la noblesse polonaise originaire de Cracovie – ce qui lui valut, d'un ami facétieux, le surnom de « Roi de Pologne ». Daniel, son père, avait à cœur de lui faire faire de bonnes études : Institut Florimont à Genève, Saint-Michel à Fribourg où il décrocha le baccalauréat ès-lettres, et les Jésuites où il ne resta pas pour cause d'indiscipline. Envoyé apprendre l'allemand à Stuttgart, il s'enfuit à Paris. Ce qui lui valut de se faire couper les vivres.

Ayant appris très jeune à monter à cheval, Georges Dimeray fut engagé comme clown équestre au Cirque Médrano. Puis il obtint un contrat aux Folies Bergère, comme compère de revue. L'ayant remarqué, Harry Baur lui prodigua ses conseils avant de lui promettre une belle carrière de comédien. Après une période quelque peu floue, durant laquelle il joua à Paris plus de cent cinquante pièces de théâtre, comédies, vaudevilles, opérettes, etc., il fut engagé par Charles Baret pour ses grandes tournées. En 1925, il rentra à Genève soigner sa mère gravement atteinte de diabète. Elle mourut un an plus tard.

Il commença alors une riche carrière théâtrale à la Comédie de Genève, au Casino-Théâtre de Genève, au Théâtre des Célestins à Lyon, etc., ainsi qu'à la radio. Son activité cinématographique se résume à deux films, à Bâle et en Valais, mais il en tourna de nombreux pour la télévision romande.

Au début des années 1940, il rencontra Germaine Épierre (qu'il épousa en troisièmes noces en 1947), une comédienne mère d'une fillette de dix ans, sur les planches elle aussi. Le couple se fit remarquer en 1952 dans Merde, Vlà l'Hiver !, suivi de Merle, V'là l'Printemps !, deux sketches adaptés de Jehan-Rictus par Germaine Épierre pour le cabaret. Vu leur succès, ils furent joués durant plusieurs années dans différents cabarets à Lausanne, Genève, Lyon, Annecy, etc.

Les farces de Dimeray sont restées légendaires. Il était redoutable et redouté. S'il appréciait chez ses amis l'intelligence et la sensibilité, sa haine des snobs et son mépris pour les médiocres lui ont valu de solides inimitiés. Ce qui, après la guerre, eut une influence néfaste sur ses activités artistiques. Le couple tenta alors sa chance à Paris en automne 1947 et en revint déçu. 1948-49 fut une époque de vaches maigres due à cet opprobre. Elle prit fin grâce à Germaine qui affronta courageusement ceux qui leur nuisaient.

Georges Dimeray excellait dans l'art du grimage dont il connaissait toutes les ressources. Il en avait appris le secret lors d'une tournée à Saint-Pétersbourg avec Lucien Guitry, auprès du maquilleur de Fédor Chaliapine. Sa maîtrise lui permettait de modifier complètement son visage, qu'il métamorphosait en faciès étroit de Calvin ou en celui d'un empereur romain en passant par le clochard pouilleux. Sa composition pour le professeur Sérébriakov dans Oncle Vania de Tchekhov était, selon un critique, hallucinante. Lorsqu'il préparait un rôle, il observait l'aspect, le maintien, les travers, les tics et façons de s'exprimer de son prochain qu'il prenait pour modèle. Il s'identifiait totalement au personnage qu'il incarnait. Son chef-d'œuvre fut probablement Shylock dans Le Marchand de Venise de Shakespeare, en 1957.

Il mourut d'un infarctus le .

Théâtre Années 1912-1929 1912-1913 : Cirque Medrano – Clown équestre 1913 à 1925 : Près de deux cents pièces (en un acte, opérettes, opéra-comique, revues, etc.), Paris 1919 : Revue : Tout est Chair, Paris 1920 : Revue : Eh bien dansons maintenant, Lons-le-Saulnier La Passante, création, Tournées Charles Baret – Julien Maigriot 1922 : Revue : Toutes les Femmes, Palace, Paris 1923 : Revue : En pleine Folie, Folies Bergère, Paris 1925 : Revue : Pourvu que ça glisse, Casino-Théâtre, Genève 1926 : Revue : Ce que tu m'impressionnes (un acte), Casino-Théâtre, Genève

Années 1930-1939 1930 : Le Chemineau, de Jean Richepin, Comédie de Genève – Toinet 1936 : Aimé des Femmes, Comédie de Genève – Lapacaudière Coriolan, de William Shakespeare, adapt. et trad. René-Louis Piachaud – un citoyen 1939 : Ménage d'automne, de Charlie Gerval et Alfred Penay, Casino-Théâtre (Fradel), Genève – Prince Gricha Les Fâcheux, de Molière, Comédie de Genève – Damis Le Cercle ou La Soirée à la mode (un acte), d'Antoine-Alexandre-Henri Poinsinet, Comédie de Genève – le médecin Le Président Haudecoeur, de Roger Ferdinand, Comédie de Genève – abbé Margot Le Petit Lord, de Jacques Lemaire, Frances Hodgson Burnett et Schurmann, mise en scène Étienne Hervier, Comédie de Genève – le comte de Dorincourt

Années 1940-1949

1940 : Baignoire B, de Maurice Diamant-Berger, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Marc Dirier Hamlet, de William Shakespeare, trad. Gustave Koeckert, Comédie de Genève – le roi Claudius La Première légion (The First Legion), d'Emmet Lavery, version française Jean Sylvain, Comédie de Genève – Docteur Morel Le Nid, d'André Birabeau, Comédie de Genève – Jolliès Napoléon unique, de Paul Raynal, Comédie de Genève – Fouché Une étoile nouvelle, de Sacha Guitry, Comédie de Genève – Robert Le Ganigou Monsieur de Saint-Obin, d'André Picard et H. M. Harwood, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Laurent Courcel Le Gentleman de l'Ohio, de George S. Kaufman, trad. Louis Thomas, création, Comédie de Genève – Joe Lehmann (le gangster) Le Club des Loufoques, de Paul Armont et Marcel Gerbidon, Comédie de Genève – Dominique (l'un des trois loufoques) Le Chemin des écoliers, d'André Birabeau, Comédie de Genève – Joseph Borge (le mari) Le Veilleur de nuit, de Sacha Guitry, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – le vieux monsieur Mais ce n'est pas une chose sérieuse, de Luigi Pirandello, adapt. Mme Fulpius-Gavard, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Barranco La Vie de Bohème, de Théodore Barrière et Henri Murger, Comédie de Genève – Chaumard L'Aiglon, d'Edmond Rostand, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Marmont 1941 : Pygmalion, de George Bernard Shaw, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Colombe (le voireux) Gala romand : Le Rapide de Bucarest, de Rodo Mahert, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – le clown Le Barbier de Séville, de Beaumarchais, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Don Bazile Pasteur, de Sacha Guitry, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève Le Roi Lear, de William Shakespeare, adapt. René-Louis Piachaud, création, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Gloster Les Sources vives, de Charlie Gerval et Alfred Penay, création, Casino-Théâtre (Fradel), Genève Boléro, de Michel Duran, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – le Docteur On Demande un ménage, de Jean de Létraz, création avant Paris, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – l'Ami Le Procureur Hallers, d'Henri de Gorsse et Louis Forest (tiré du drame allemand de Paul Lindau Der Andere), mise en scène Édouard Vierne, Comédie de Genève – le gros Charles Le Petit Poucet, de Camylle Hornung, d'après Charles Perrault, Comédie de Genève – l'Ogre Détenue 72, de František Langer, adapt. Georges Duplain, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – le Comédien Le Pavillon brûle, de Steve Passeur, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – le Directeur Mamouret, de Jean Sarment, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – le patron de l'auberge L'École des Voisins, de Jean Montazel, création, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Pasquale, le vieux voisin 1942 : C'est Moi qui ai tué le comte, de Max Viterbo et Marcel Dubois, Comédie de Genève – Policier Arsène Lupin, de Maurice Leblanc et Francis de Croisset, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Inspecteur Guerchard L'Âge de Juliette, de Jacques Deval, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – l'oncle Édouard La Femme en blanc, de Marcel Achard, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève Le Pont de la Mandosse, de Paul Casetti, création, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève La vie est un songe, de Pedro Calderón de la Barca, adapt. Gustave Koeckert, Comédie de Genève Le Professeur d'anglais, de Régis Gignoux, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève La Voix des Siècles (à l'occasion du bimillénaire de Genève), dir. Maurice Jacquelin, Grand-Théâtre de Genève – Jean Calvin Une Jeune fille savait, d'André Haguet, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève Amour quand tu nous tiens, de Maurice Hennequin et Romain Coolus, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève Une nuit chez vous, Madame !, de Jean de Létraz, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – le mari Marie Stuart, reine d'Écosse, de Jean-Jacques Bernard, création avant Paris, Comédie de Genève Chatterton, d'Alfred de Vigny, mise en scène Édouard Vierne, Comédie de Genève – le Quaker Comme par miracle, de Marcel Rosset, création, Comédie de Genève – le « Soyeux » Carrefour, de René Jeanne et Henry Bauche, création avant Paris, Comédie de Genève Le Roi, de Robert de Flers, Gaston Arman de Caillavet et Emmanuel Arène, mise en scène Édouard Vierne, Comédie de Genève – le Ministre du Commerce 1943 : L'Habit vert, de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Pinchet Le Comédien et la Grâce, d'Henri Ghéon, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Dioclétien L'Amant de madame Vidal, de Louis Verneuil, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Monsieur Vidal Lorenzaccio, d'Alfred de Musset, adapt. François Fosca, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève Au-delà de nos forces, de Bjørnstjerne Bjørnson, adapt. Charly Clerc, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève Adrien, de Géo H. Blanc, (Gala de la pièce en un acte, quatre créations d'auteurs suisses), mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Le Vieux du chalet La Grande idée de Kid Bébert, de Paul Casetti, (Gala de la pièce en un acte, quatre créations d'auteurs suisses), mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Le Manager Pile ou Face, de Louis Verneuil, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – de Varigny Rajeunir, de Marcel de Carlini et Georges Dimeray, création, mise en scène des auteurs, scène du cinéma du Faubourg, Genève – le patient Topaze, de Marcel Pagnol, Comédie de Genève – Topaze Jedermann, de Hugo von Hofmannsthal, adapt. fr. Charly Clerc, mise en scène Alfred Penay, Parvis de la Cathédrale Saint-Pierre à Genève – le Débiteur (avec Léopold Biberti et Éléonore Hirt) Polyeucte martyr, de Corneille, mise en scène Fernand Bercher, Parvis de la Cathédrale Saint-Pierre à Genève – Fabian Jouvence, d'Henri Tanner, création, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Eusèbe (sage nonagénaire) Noces de Sang, de Federico García Lorca, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – le Père La Reine morte, d'Henry de Montherlant, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – l'Amiral de la mer Une Femme si douce, de Marcel Rosset, création, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – l'oncle, M. Lehaumier Les Frères Karamazov, adapt. Jacques Copeau et Jean Croué, d'après Fiodor Dostoïevski, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève, et tournée dès le – Feodor Pavlovitch Karamazov (père), (avec Lucienne Cauvières, Germaine Montero et Gérard Oury) L'Âne de Buridan, de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet, Comédie de Genève – Lucien Versannes 1944 : La Révolution a éclaté, de Rodo Mahert, création, Comédie de Genève – L'Archiduc (diplomate balkanique) Deirdre des Douleurs, de John Millington Synge, adapt. fr. Marie Amouroux, mise en scène Maurice Jacquelin, Comédie de Genève – Conchubor