Adjectif en français, quelqu'un d'indolent est une personne qui évite de se donner de la peine. Les Indolents sont une catégorie de pécheurs rencontrés dans l'Enfer par Dante Alighieri durant son voyage imaginaire au royaume de l'au-delà raconté dans la Divine Comédie.

Description

Dante décrit cette catégorie de pécheurs dans le troisième chant de la première partie du poème en ces termes :

Vers ainsi traduits par Lamennais :

Analyse

Ces damnés sont ceux qui durant leur vie n'agirent ni en bien ni en mal, sans jamais oser prendre parti, se contentant toujours de s'adapter.

Dante les situe dans le Vestibule de l'Enfer parce qu'il les juge indignes aussi bien des joies du Paradis que des peines de l'Enfer à cause de cette incapacité à choisir et à agir soit en faveur du bien soit en faveur du mal. Ils sont contraints à tourner nus éternellement autour d'une bannière anonyme, piqués par des guêpes et des mouches. Leur sang, uni à leurs larmes, se mélange à la boue de l'Enfer, comme si ces damnés étaient des cadavres ensevelis vivants, leur corps ravagé par les vers.

Dante définit ces âmes comme celles de pécheurs (). Le profond mépris du poète pour cette catégorie s'explique, d'un point de vue théologique, par l'obligation du choix, selon la religion catholique, entre le bien et le mal. D'un point de vue social, au Moyen Âge, la formation politique et la vie active au sein de la commune sont pratiquement toujours considérées comme des étapes fondamentales et inévitables de la vie du citoyen. L'homme étant essentiellement un être social, celui qui se soustrait à ses devoirs envers la société n'est digne, selon la réflexion dantesque, ni d'admiration ni d'estime.

Dans l'un des tercets, Dante cite sans le nommer, parmi la troupe des « indolents », l'âme d'un personnage qui, dans la vie, par lâcheté et indolence (« fit le grand refus »). Une grande partie des érudits contemporains de l'écrivain identifia ce personnage comme étant le pape Célestin V, lequel, arrivé au trône pontifical en 1294 après une vie d'ermite, renonça au bout de quelques mois à sa charge, favorisant ainsi l'accès au pouvoir de Boniface VIII, pontife Pontefice fermement méprisé par Dante. Dès le siècle suivant, cette interprétation tomba en disgrâce auprès des critiques et, dès lors, l'identité de l'âme de celui qui généra un important problème d'interprétation donnant lieu à un nombre infini d'hypothèses. Parmi celles-ci se trouve l'identification avec Ponce Pilate, le préfet romain qui, selon les évangiles, refusa de juger le Christ à la suite de sa capture, ou avec Ésaü, qui échangea son droit d'aînesse contre un plat de lentilles. Hypothèses tombant d'elles-mêmes étant donné que Dante, n'ayant jamais « vu » ces personnages, ne pouvait les « reconnaître » dans son Enfer.

Notes et références

Annexes

Articles connexes Enfer (Divine Comédie) Vestibule de l'Enfer Contrapasso Célestin V

Liens externes L'Enfer, traduction d'Antoine de Rivarol L'Enfer, traduction d'Antoine de Rivarol

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