Soit G un groupe (au sens mathématique). Les éléments de G qui appartiennent à tout sous-groupe maximal de G forment un sous-groupe de G, qu'on appelle le sous-groupe de Frattini de G et qu'on note Φ(G). Si G admet au moins un sous-groupe maximal, on peut parler de l'intersection de ses sous-groupes maximaux et Φ(G) est égal à cette intersection. Si G n'a pas de sous-groupe maximal, Φ(G) est égal à G tout entier.

Éléments superflus d'un groupe

On appelle élément superflu (ou encore élément mouLuisa Paoluzzi, Agrégation interne de mathématiques, Groupes, en ligne.) d'un groupe G tout élément de G possédant la propriété suivante : toute partie X de G telle que X∪{x} soit une partie génératrice de G est elle-même une partie génératrice de G.

Propriétés du sous-groupe de Frattini

Le sous-groupe de Frattini de G est un sous-groupe caractéristique de G.Justification. Cela se déduit facilement du fait que l'image d'un sous-groupe maximal de G par un automorphisme de G est encore un sous-groupe maximal de G.

Soit G un groupe dont le sous-groupe de Frattini est de type fini. (C'est le cas, par exemple, si G est fini.) Si H est un sous-groupe de G tel que G = HΦ(G), alors H = G..Justification. Puisque Φ(G) est de type fini, nous pouvons choisir des éléments x, … , x qui engendrent Φ(G). L'hypothèse G = HΦ(G) entraîne que H∪{x, … , x} est une partie génératrice de G. Puisque x appartient à Φ(G) et est donc un élément superflu de G, il en résulte que H∪{x, … , x} est une partie génératrice de G. De proche en proche, on en tire que H est une partie génératrice de G. Puisque H est un sous-groupe de G, ceci revient à dire que H = G. La propriété précédente reste vraie si on y remplace l'hypothèse « Φ(G) est de type fini » par l'hypothèse « G est de type fini » : Soit G un groupe de type fini. (C'est le cas, par exemple, si G est fini.) Si H est un sous-groupe de G tel que G = HΦ(G), alors H = GVoir P. M. Cohn, Basic Algebra: Groups, Rings and Fields, 2003, prop. 2.6.2, p. 46, ..Justification. Supposons que H ne soit pas égal à G tout entier. Du fait que G est de type fini, ceci entraîne qu'il existe un sous-groupe maximal M de G qui contient H. Alors M contient à la fois H et (par définition de Φ(G)) Φ(G), donc M contient HΦ(G), ce qui contredit l'hypothèse G = HΦ(G). Voici un exemple de groupe G pour lequel il n'est pas vrai que le seul sous-groupe H de G tel que G = HΦ(G) soit G. Prenons pour G un groupe non réduit à son élément neutre et n'ayant aucun sous-groupe maximal. (On sait que c'est le cas par exemple si G est le groupe additif des nombres rationnels.) Alors, par définition du sous-groupe de Frattini, Φ(G) est G tout entier, donc la relation G = HΦ(G) a lieu avec H = 1 < G. Soit G un groupe. Si Φ(G) est fini (ce qui a lieu en particulier si G est fini), il est nilpotentPour l'énoncé, voir , énoncé 7.3.14..JustificationPour la démonstration qui suit, voir , seconde partie de la dém. de 7.3.13.. Puisque Φ(G) est fini, il suffit, pour prouver qu'il est nilpotent, de prouver que tous ses sous-groupes de Sylow sont normauxVoir par exemple , théor. 11.3.. Soit P un sous-groupe de Sylow de Φ(G). Comme Φ(G) est normal dans G, l'argument de Frattini donne G = Φ(G)N(P). Puisque Φ(G) est fini, et a fortiori de type fini, une précédente remarque entraîne G = N(P), autrement dit P est normal dans G et donc aussi dans Φ(G). Comme on l'a vu, ceci entraîne que Φ(G) est nilpotent. Un groupe fini G est nilpotent si et seulement si Φ(G) contient le dérivé G' de G.Justification. Si un groupe G (fini ou non) est nilpotent, tout sous-groupe maximal M de G est normal dans G et le groupe quotient est cyclique d'ordre premier, éd., tirage de 1999, théor. 5.40, 117., donc ce quotient est commutatif, donc le dérivé G' est contenu dans M. Ceci étant vrai pour tout sous-groupe maximal M de G, il en résulte que le dérivé G' est contenu dans Φ(G).Supposons maintenant que G est fini et que Φ(G) contient G'. Comme tout sous-groupe maximal de G contient Φ(G), tout sous-groupe maximal de G contient G' et est donc normal dans G. Comme G est fini, ceci entraîne que G est nilpotent. Le sous-groupe de Frattini d'un p-groupe fini G est égal à G'G. Le quotient G/Φ(G) est donc un p-groupe abélien élémentaire, c'est-à-dire une puissance de ℤ/pℤ , th. 3.14.. C'est le théorème de Frattini.

Histoire Le sous-groupe de Frattini fut étudié pour la première fois par Giovanni Frattini en 1885, dans un article G. Frattini, « Intorno alla generazione dei gruppi di operazioni », Atti della Reale Accademia dei Lincei, Rendiconti, série 4, vol. 1, 281-285 et 455-457.. European Mathematical Information Service, Electronic Research Archive for Mathematics, Jahrbuch Database. où il démontra notamment un énoncé équivalent au fait que le sous-groupe de Frattini d'un groupe fini est nilpotent.

Notes et références

Catégorie:Théorie des groupes