Willy Pelletier est un sociologue et militant politique français, né le .
Après un engagement anarchiste, il milite au sein des Verts, puis de la Ligue communiste révolutionnaire et anime plusieurs campagnes nationales contre les réformes néo-libérales.
Biographie
De 1998 à 2021, Willy Pelletier assure la coordination générale de la Fondation Copernic. En 2022, il co-fonde le collectif unitaire Pour un printemps des services publics.
Engagements Willy Pelletier est le petit-fils du résistant du même nom assassiné par la Gestapo. Venu du socialisme libertaire, tendance Proudhon et César de Paepe, il adhère en 1984 à la Fédération anarchiste en créant avec Fernando Bronchal le groupe Buenaventura Durruti tout en restant, la double appartenance y étant autorisé, membre du GAB Groupe Anarchiste de Bordeaux auquel il adhéra en 1980, puis rejoint en 1985 à Lille le groupe Benoît Broutchoux. Il cofonde et coanime de 1986 à 1990, la revue Les Œillets Rouges. Cahiers de réflexions anarchistes., puis participe à la direction, chez Les Verts, du courant libertaire Écologie sociale jusqu'en 1997. Il reviendra en sociologue sur cet engagement dans plusieurs articles« Positions sociales et effets d’institutionnalisation chez Les Verts » (Contretemps, , avril 2002) ; « Sociale nature. Représentations de l’écologie et usages sociaux des environnements » (dans Jean-Marie Harribey et Michael Löwy (dir), Capital contre Nature, Paris, PUF, 2003).
, selon L'Humanité, de 1995 à 1996, après la « pétition Bourdieu » avec l'historien Jacques Kergoat, il est parmi ceux qui travaillent à prolonger le mouvement et qui montent, fin , « Les États généraux du mouvement social »..
Refusant de voir Les Verts participer au gouvernement de Lionel Jospin, qu'il estime trop libéral, il rejoint alors la Ligue communiste révolutionnaire avec une partie de la gauche des Verts. Il sera membre de son bureau politique de 1998 à 2006. Il participe à la Société pour la résistance à l’air du temps, lancée par Daniel Bensaid, puis au lancement, en 2001, de la revue Contretemps. En 1999, il fait partie de la liste Lutte Ouvrière - Ligue Communiste Révolutionnaire, conduite par Arlette Laguiller, pour les élections européennes.
En 1998, continuant Politique-La Revue où ils étaient au comité de rédaction, avec Jacques Kergoat, il met en place la Fondation Copernicvoir Ariane Chemin, La Fondation Copernic veut devenir le creuset de la gauche antilibérale, Le Monde, 13 octobre 1998 : Sur l'activité de Willy Pelletier dans ces réseaux, se reporter à Emmanuel Lemieux, Pouvoir Intellectuel. Les nouveaux réseaux, Paris, Denoël, ., dont il assure la coordination générale depuis lorsSur le travail de Willy Pelletier à la Fondation Copernic, voir Alain Beuve-Méry, Un foisonnement de réseaux et de travaux, Le Monde, 11 septembre 2001 : ; et voir Caroline Monnot : La Fondation Copernic continue après le décès de Jacques Kergoat, Le Monde, 12 octobre 1999 : . À ce titre, il a animé plusieurs campagnes nationales contre, notamment, le projet de Refondation sociale du MEDEFvoir Jean Magniadas, Willy Pelletier, Yves Salesse, Quand Mr Seillière se déguise, Le Monde, 12 décembre 2000 : ; et voir La Fondation Copernic décortique la nov-langue du MEDEF, Le Monde, 20 juin 2001 : ; et voir Caroline Monnot, La Fondation Copernic dénonce la refondation antisociale du Medef, Le Monde, 29 novembre 2000 : , contre la réforme Fillon de l'assurance maladie (2003) Voir Willy Pelletier, La santé n'est pas un business, Le Monde, 12 avril 2012 : , contre l'intervention américaine en IrakArielle Denis, Willy Pelletier, Pierre Tartakowski, Irak : la paix est possible, Libération, 28 janvier 2003 (initiative Copernic - Le Mouvement de la paix), contre la taxation des indemnités des accidents du travail)Eric Beynel, Charles Hoareau, Noël Mamère, Willy Pelletier, Christiane Taubira, « Impunément travailler tue », Le Monde, 25 septembre 2009, , contre la remise en cause du droit à la retraite à 60 ansVoir Jean-Marie Harribey et Willy Pelletier, La retraite autrement, Libération, 6 septembre 2010 : ; et plus récemment, Olivier Dartigolles, Sandra Demarcq, Gérard Filoche, Willy Pelletier, Retraite : la bourse ou la vie, Libération, 10 juillet 2013 : ; sur l'une des 500 initiatives développées durant cette campagne, voir Sophie de Ravinel, Retraites : la gauche fait front commun, Le Figaro, 7 mai 2010 : (initiative Attac-Copernic) et contre le logement cher (DAL-Copernic)Josiane Balasko, Jean-Baptiste Eyraud, Willy Pelletier, « Urgence contre le logement cher », Libération, 20 mai 2012 ; et Jean-Baptiste Eyraud, Jacques Gaillot, Albert Jacquard, Willy Pelletier, « Chers logements chers », Libération, 29 septembre 2011 .
Plus récemment, il a animé des campagnes nationales unitaires « Travailler tue en toute impunité », ainsi que les mobilisations contre les réformes El Khomri et Pénicaud du droit du travail, de même que le collectif Marée Populaire. Il s'est également opposé à l'inégalité sociale introduite par le dispositif Parcoursup.
Après les attentats du , il lance la Coalition internationale contre la guerre (CICG) avec Christine Delphy, Catherine Lévy, Daniel BensaïdBiographie et hommage de Willy Pelletier à Daniel Bensaid, dans l'Encyclopaedia Universalis , qui s'oppose à l'intervention sous domination américaine en AfghanistanDaniel Bensaid et Willy Pelletier, « Dieu que ces guerres sont saintes ! », Le Monde, novembre 2001 . En 2012 et en 2017, il a soutenu la candidature de Philippe Poutou à l'élection présidentielleSandra Demarcq, Alain Krivine, Willy Pelletier, « Qui sème la misère, récolte la colère », Libération, 19 mars 2012 et défend . Mais il milite surtout pour l'union de tous les courants de la gauche.
Refusant après l'attentat du Bataclan le , il est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »...
En 2019, il s'est engagé fortement au côté des Gilets jaunes, en participant au mouvement sur les ronds-points..
Travaux
Willy Pelletier a, de 1990 à 1996, animé avec, entre autres, Claude Grignon, Stéphane Beaud, Bernard Lahire, Bernard Lacroix, Florence Weber, la revue de sociologie critique Critiques sociales. Il y publie deux articles qui s'en prennent, sur des objets divers, à la pente misérabiliste d'une certaine sociologieEn 1991, Willy Pelletier, « Description d'une militance et ethnocentrisme : l'implicite normatif du témoignage d'Anne Tristan », Critiques sociales, , décembre 1991, Racisme et racisme de classe ; et en 1996, Willy Pelletier, « Questionnaire et promotions de soi - Quelques hypothèses autour d'un Merci », Critiques sociales, , juin 1996, Usages sociaux de l'entretien sociologique.
Travaillant par ailleurs sur les « créations institutionnelles », il étudie la mise en place des institutions publiques (par exemple Pôle Emploi et France Telecomvoir Laurent Bonelli et Willy Pelletier (dir), L'Etat démantelé, Paris, La Découverte, 2010, chapitre 12 et chapitre 19.) ainsi que la stabilisation des régimes politiques dans La crise de . La construction de la place et de la compétence présidentielleDans Bernard Lacroix et Jacques Lagroye (dir,) Le Président de la République. Usages et Genèses d'une institution, 1992, FNSP.
Il remet en cause les méthodes et préconisations de l'Observatoire de la pauvretéVoir Catherine Lévy et Willy Pelletier, Restez pauvres, on vous observe, Le Monde, 13 juillet 2001. Puis il analyse les fluctuations des régimes d'indemnisation du chômage dans « L'indemnisation du chômage, une peau de chagrin »Willy Pelletier, L'indemnisation du chômage, une peau de chagrin, Les Temps Modernes, novembre 1987, Chômages et chômeurs puis dans « La nouvelle convention d'assurance-chômage : de la formation au formatage des demandeurs d'emploi »Willy Pelletier, La nouvelle convention d'assurance-chômage : de la formation au formatage des demandeurs d'emploi, Droit social, , juin 2002 (coécrit avec Didier Gélot et Catherine Lévy). On trouve une prolongation de ces analyses dans plusieurs articlesVoir Willy Pelletier, Claire Villiers, Jacques Yon, La double peine des chômeurs, Libération, 8 octobre 2003 ; voir Didier Gélot, Claire Villiers, Willy Pelletier, Retour à l'emploi : plutôt vite que bien, Libération, 16 juillet 2002 ; Robert Crémieux, Catherine Lévy, Willy Pelletier, Évelyne Perrin, Philippe Villechalane, Un grenelle de l'Unedic, Libération, 20 décembre 2001 et dans l'ouvrage de la Fondation Copernic de 2003 : Pour un Grenelle de l'Unedic (coécrit avec Claire Villiers et Didier Gélot).
La canonisation libérale de Tocqueville La canonisation libérale de Tocqueville, écrit avec Claire Le Strat, montre . désormais assigné à Tocqueville, finalement promu par Raymond Aron, sociologue démocrate et libéral, au terme d'une importation dans le champ intellectuel français, de la définition de Tocqueville en cours dans les années 1950 aux États-Unisrecension de l'ouvrage par Louis Pinto dans , par Alain Garrigou http://www.monde-diplomatique.fr/2007/03/GRESH/14541..
L'État démantelé
L'État démantelé : enquête sur une contre-révolution silencieuse, procède d'une enquête collective développée sur plusieurs années et codirigée avec Laurent Bonelli. Les différents auteurs exposent comment, depuis 2007, se trouve accéléré un double processus : d'une part, (vendus à la découpe au privé ou restructurés par réduction du personnel et des budgets alloués), et d'autre part, (un renforcement des pouvoirs des managers d'État qui, comme jamais, contrôlent et brusquent les agents des services publics). Cette révolution silencieuse prend forme , plus qu'auparavant formée aux recettes du privé (elle cumule souvent passage par Sciences-Po ou l'ENA et passage en Business School), et qui circule entre postes de direction dans l'État et postes de direction dans les entreprises du CAC 40, les banques, les assurancesVoir plus récemment Sandra Demarcq, Pierre Khalfa, Francis Parny, Willy Pelletier, Cahuzac, symptôme de la collusion entre monde des affaires et direction de l’État, Le Monde, 5 avril 2013.
L'ouvrage analyse les transformations à l'œuvre dans de très nombreux secteurs d'État : privatisations au ministère de la défense, politique du chiffre au ministère de l'Intérieur, compressions dans l'Éducation nationale, la Culture, au ministère de l'agriculture, création de nouvelles structures publiques régies comme des entreprises (Pôle Emploi, etc.), entre autres..
Ouvrages La canonisation libérale de Tocqueville, en collaboration avec Claire Le Strat, Éditions Syllepse, 2006. , L'État démantelé. Enquête sur une contre-révolution silencieuse, coordonné avec Laurent Bonelli, Éditions La Découverte, 2010 Champ libre aux sciences sociales, La connaissance libère, Édition La Dispute et Le Croquant, 2013. , 282 pages, . Daniel Gaxie et Willy Pelletier (coord), Que faire des partis politiques ?, Editions du Croquant, 2018, 390 pages. Manuel Indocile de Sciences Sociales. Pour des savoirs résistants, coordonné avec Philippe Boursier, Éditions La Découverte, 2019, 1080 pages.. La Valeur du service public., avec Julie Gervais et Claire Lemercier, Éditions La Découverte, 2021, 480 pages. Présentation de l’ouvrage.
Notes et références
Liens externes
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