L'oie flamande, ou oie des Flandres, est une race d'oie domestique rustique régionale originaire de l'Ouest de l'ancien comté de Flandre destinée principalement à la production d'œufs, de viande et auparavant de plumes.
C'est une oie généralement de couleur pie-cendré, formant un cœur sur le dos, au bec liseré de blanc. La forme blanche est beaucoup plus rare. Réputée pour sa rusticité, sa facilité d'élevage, ses plumes et la qualité gustative de sa viande et de ses œufs, c'est une race utilisée autrefois en croisements ou en déclinaison qui a rapidement conquis les Pays-Bas bourguignons.
La disparition des herbages et pâturages au , a bien failli la faire disparaître, à l'instar de nombreuses races traditionnelles. La forme blanche est d'ailleurs au bord de l'extinction. Grâce aux efforts de sélection, l'oie flamande connaît actuellement un certain renouveau, s'exportant même vers les pays arabes.
Auparavant négligée, l'amélioration de la race est désormais prise en main par les éleveurs et les écomusées qui tentent de sauvegarder un des emblèmes des Flandres, et plus généralement de tous les Pays-Bas historiques.
L'oie flamande est une race régionale et européenne constituant un trait d'union entre la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne.
Historique
L'oie Flamande est une race obtenue à la base par amélioration de l'oie commune.
Sa taille est plus développée que son ancêtre ; elle est caractérisée par le fait que toutes les plumes de la tête et de la moitié supérieure de son cou, du dessus du dos et des flancs sont grises, alors que le restant du corps est uniformément blanc.
Au moment où la plume d'oie faisait encore l'objet d'un commerce assez intéressant et que l'on pratiquait sur ces palmipèdes jusqu'à quatre arrachages de plumes dans l'année, il était important que les plumes à arracher soient blanches, parce qu'elles avaient plus de valeur dans le commerce.
Il existait néanmoins une variété blanche, un peu plus légère, qui était élevée pour la ponte (60 à 100 œufs par an).
Au début du vingtième siècle, elle était élevée en liberté totale, broutant un peu partout dans les prés, au bord des chemins et après la moisson dans les chaumes.
Origines
thumb|alt=Photo d'une oie cendrée à bec orange|Anser anser anser, sous-espèce d'Europe occidentale de l'oie cendrée.
thumb|left|alt=Photo d'une lagune entourée de dunes et de prés salés|Parc naturel du Zwin sur le littoral flamand.
L'oie flamande est une oie domestique européenne qui descend de l'oie cendrée, Anser anser, sous-espèce d'Europe occidentale Anser anser anser, dont elle a conservé le bec orange. Il est possible qu'elle résulte de bandes d'oies cendrées sédentarisées dans la plaine littorale de Flandre. C'est une race très ancienne dont le foyer se situe dans l'ouest des Flandres (Flandre-Occidentale et Flandres françaises).
Situation jusqu'au
L'oie flamande a profité de sa rusticité particulière en zone humide et de l'ensemble politique mis en place par les ducs de Bourgogne pour se diffuser vers le sud, en Artois et en Picardie, mais surtout vers l'est, dans le Hainaut, le duché du Brabant, le Limbourg et pousser vers la Gueldre et Clèves.
Déclin au
Avec l'industrialisation de l'agriculture, la spécialisation des races et l'arrivée de nouvelles cultures telles que la betterave, l'oie flamande enregistra un recul rapide. L'animal étant de taille moyenne, on conseillait aux éleveurs de les croiser avec des oies d'Emden ou des oies de Toulouse, d'un gabarit plus fort. Comme pour beaucoup de races d'oies domestiques, les caractéristiques, déjà peu fixées, ne firent que se dégrader.
Statut actuel
L'oie flamande est devenue très rare : chassée des herbages, concurrencée par les races gasconnes, la race est menacée. La FAO a tiré la sonnette d'alarme et classé la race selon les critères de l'UICN comme étant dans un statut de conservation critiqueFarm Animal Genetic Resources 2, FAO.. En effet, en 1994, en Belgique, il ne restait plus que 30 femelles pour 20 mâles. Quelques éleveurs subsistent encore en Flandre belge et une poignée dans les Flandres françaises et aux Pays-Bas. On assiste cependant à un certain renouveau et la demande s'accentuehttps://www.volailles-francaises.ch/Files/l_oie_flamande.pdf L'oie flamande. Site suisse..
La forme blanche, élevée autrefois principalement pour ses plumes et pour ses œufs, est quant à elle presque éteinte. Elle était pourtant la forme la plus répandue en Flandre française et dans le Hainaut français au début du Organisation, programme et règlement, rapports et communications..., Volume 1,Partie 2 - Unione cooperative editrice, 1903.
Morphologie
L'oie flamande est plus développée que son ancêtre : c'est une vraie campagnarde, une rustique. Les formes sont assez dégagées et l'allure assez vive. C'est une oie de taille moyenne. Elle ne possède ni fanons, ni bavette, ni panouille, considérés comme défauts car ils entravent la marche, vu l'élevage traditionnel en plein air avec circulation sur de grands parcours. + Caractéristiques physiques de l'oie flamande Illustration Parties du corps Caractéristiques220px|alt=une oie blanche à taches grises, bec et pattes orange|Oie flamande, carte postale de René Delin, 1951 Port peu relevé. Plumage serré, lisse. Pie cendré ou blanc selon la forme. Tête assez grosse, crâne bombé, présence d'une huppe sur certains sujets. Bec fort, plutôt court, assez clair à la base jaune orangé ; l'onglet est jaune pâle/blanc rosé (comme la corne claire). Liseré blanc caractéristique autour du bec. Légèrement concave de la pointe à la base du bec. Œil vif, plein, brun foncé (couleur la plus prisée), pupille noire. Cou moyen, assez court, puissant, bien développé, port légèrement plié, légers plis longitudinaux dans le plumage, bien tendu à la gorge. Corps en forme d'amande (le ventre est plus bas que la poitrine). Tronc moyen, complet, assez large, bien arrondi avec déclive. Dos large, légèrement vouté, bas du dos incliné, bien arrondi. Poitrine ample, plus large que profonde, bien courbée, légèrement vers l'avant, se resserrant vers le ventre. Pas de panouille. Ventre moyennement développé tout en restant ferme, coupe nette, bien équilibrée. Pas de fanon thoracique. Sexe Aucune différence notable entre les deux sexes, si ce n'est que le jars est d'un gabarit légèrement supérieur à l'oie. Ailes moyennes, larges, port bien coudé, fortes et serrées contre le corps, les pointes se touchent. Pattes solides (grande marcheuse), moyennes, rouge rosé/jaune pâle. Queue port plutôt horizontal, presque fermée.
Poids
Jars : poids moyen à ; reproducteurs non engraissés Vie à la campagne, 15 avril 1929. Biblioteca Gallica.
Oie : à DAD-IS FAO, Domestic Animal Diversity Information System. ; non engraissée .
La forme blanche est un peu plus légèreL'élevage des oies et des canards par Alain Fournier..
Couleurs
Il en existe seulement deux formes : la pie-cendré et la blanche. L'oison est jaune et noir, incidemment couleurs des Flandres.
Forme pie-cendré
La plus répandue, car la plus robuste. Le blanc domine. Le dessin bicolore gris & blanc doit être aussi symétrique que possible et nettement défini. La tête est gris-brun, au liseré blanc autour du cou, contrairement aux autres races bicolores. Seul le tiers supérieur du cou est de couleur. Les épaules sont brun grisâtre et au printemps, portent un net pourtour pâle. On obtient donc vue du dessus, un cœur sombre sur le dos. Les rémiges primaires sont blanc pur. Les reins et la croupe sont gris cendré et les flancs sont brun foncé avec un pourtour gris pâle.
Forme blanche
Le plumage est entièrement blanc, à part la tête et la partie supérieure du cou, les épaules, le croupion et les plumes des pattes.
Standard
+ Défauts vis-à-vis des standards belge, françaisClub des volailles coucou des Flandres et de Picardie et de l’oie flamande et néerlandais de l'oie flamande Général Toute déformation anatomique Port Tête Base blanche du bec s'étendant sur la tête Bec Racine du bec et menton colorés Œil Le standard français est clément quant aux lueurs bleues dans le regard Cou Couleur du cou supérieur irrégulièrement délimitée de la partie inférieure, cou droit. Corps Trop court ; masse trop forte Dos Épaules asymétriquement dessinées, épaules partiellement colorées Ventre Présence de fanon thoracique. Couleur des cuisses s'étendant sur les parties antérieures des flancs Poitrine Présence de panouille double (une panouille simple due à la ponte peut se présenter chez la femelle adulte) Ailes Rémiges secondaires colorées - rémiges primaires colorées, pointes des ailes croisées Pattes Cuisses trop peu dessinées Plumage Chez la bicolore, gris dans les parties blanches, Taches colorées dans les parties blanches et vice versa - partie du manteau colorée, dessin bariolé au lieu d'un dessin pie - parties colorées absentes Queue. Le standard français est plus souple avec le jars et encore davantage avec la forme blanche.
Organismes de standards
20px|Drapeau européen Standard européen : Entente européenne d'Aviculture et de CunicultureEntente européenne d'Aviculture et de Cuniculture, commission des standards volailles
20px|Drapeau belge Standard belgeFédération nationale des Éleveurs d'Animaux de Basse-Cour, agréée pour la tenue du registre de la race par [http://www.ejustice.just.fgov.be/cgi_loi/change_lg.pl?language=fr&la=F&cn=1998091732&table_name=loi Arrêté ministériel : Fédération nationale des Éleveurs d'Animaux de Basse-Cour.
20px|Drapeau français Standard françaisClub des volailles coucou des Flandres et de Picardie et de l’oie flamande : Club des volailles coucou des Flandres et de Picardie et de l’oie flamande
20px|Drapeau néerlandais Standard néerlandaisStandard néerlandais : Kleindier Liefhebbers NederlandKleindier Liefhebbers Nederland
Championnats et concours
: Concours nationauxAssociation Interprovinciale Wallonne des Éleveurs de Basse-Cour 21- à Bastogne au Luxembourg belge.
: Un champion et un vice-champion de France, catégorie Oie flamandeRèglement du championnat de France 2009 sont désignés chaque année par le Club des Volailles Coucou des Flandres et de Picardie et de l’Oie Flamande. Palmarès 2009 - Champion & Vice-champion de France : Élodie Delbarre Championnat de France 2010 : Champion & Vice-champion de France : Élodie Delbarre Championnat de France 2011 : Champion & Vice-champion de France : Gaëtan Guche (Au Domaine des Trois Coqs) Championnat de France 2012 : Champion de France Christophe Jourdain, Vice champion de France : Gaëtan Guche (Au Domaine des Trois Coqs)
Élevage
L’élevage de l’oie flamande est un élevage simple car l’oie flamande est très rustique et tombe rarement malade. Habituée à son climat, elle ne craint ni le froid ni la pluie, en revanche elle n’aime pas les grosses chaleurs.
Pour sa reproduction, il est important de garder un jars et deux ou trois femelles maximum, sinon le jars ne saura pas s’occuper de toutes ses femelles. Aux alentours des mois de février-mars, les femelles vont commencer à pondre ; il convient donc de leur offrir des pondoirs. Une fois la ponte finie, la femelle va commencer à couver ses œufs pendant environ 30-35 jours. Son nid sera garni de son duvet afin de chauffer aux maximum les œufs. Si la couvée s’est bien passée, les petits oisons seront au rendez-vous.
Région d'élevage
thumb|alt=Diffusion de l'oie flamande à partir de l'ouest du comté de Flandre jusque vers la Somme en France et le comté de Zutphen aux Pays-Bas|Région d'origine et diffusion de l'oie flamande.
Cette race d'oie est élevée de la Picardie au Limbourg et à la Gueldre.
La partie occidentale des Flandres, (belges et françaises) est sa région d'origine