Némir, né vers 1904 à Fort-Lamy au Tchad, mort le à Fort-Lamy, est un tirailleur sénégalais du Tchad devenu sous-officier.

Il s'illustre pendant la Seconde Guerre mondiale, dans les rangs de la France libre, particulièrement au cours de la campagne d'Érythrée, dans les combats de Kub Kub puis aux combats de l'Engiahat au cours de la bataille de Keren. Il devient compagnon de la Libération en . Il participe aussi à la campagne de Syrie, puis à la campagne de Tunisie, et combat ensuite en Tripolitaine.

Biographie

Némir naît à Fort-Lamy, dans la colonie française du Tchad, vers 1904.. Il est issu de Mango, du peuple des Saras, dans le sud du Tchad..

Engagements successifs de 1924 à 1940

À vingt ans, Némir est engagé volontaire dans les tirailleurs sénégalais le , pour quatre ans, au régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (« RTST »). Affecté le mois suivant à la compagnie de ce régiment, il est admis au peloton des élèves caporaux d'avril à , à Abéché. Après cette formation, il rejoint sa compagnie du RTST.

En , Némir se rengage pour trois ans. Il est affecté pour servir en France métropolitaine, et arrive à Bordeaux ans en . Il y a des incertitudes dans son dossier militaire, mais il semble avoir été nommé le suivant à Montauban, au régiment de tirailleurs sénégalais («  RTS »). Nommé caporal le , il est affecté le même jour à Castelsarrasin, à la compagnie. Un an et demi après, le , il est affecté à la compagnie. Du même coup, il prolonge d'un an son engagement.

Némir est promu au grade de sergent le et se rengage pour cinq ans, toujours dans le . Rapatrié au Tchad à l'expiration de son affectation en métropole le , il arrive en à Fort-Archambault. En décembre suivant, Némir est affecté à la compagnie du même régiment de tirailleurs. Rengagé pour un an le , Némir est affecté pour la relève du groupe III, au sein de la compagnie.

Il est nommé de nouveau au RTST le , dans la compagnie. Il se réengage pour deux ans, et est promu sergent-chef en . Il change ensuite fréquemment d'affectation, passant successivement à la CHR, à la compagnie, à la compagnie, et après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale il retrouve de nouveau la compagnie en .

Combats pour la France libre

thumb|alt=Photo d'une rangée de soldats africains présentant les armes|Le BM 3 à où Némir mérite une citation et la croix de la Libération. Lorsque le Tchad rallie la France libre , Némir est un des cadres qui s'y rallient aussitôt. Il est nommé dans le Bataillon de marche () dès sa création le , dans la compagnie de ce bataillon.

Némir participe à la campagne d'Érythrée avec le . Il s'illustre notamment du 21 au au combat de Kub Kub, par sa ténacité comme par la façon dont il soutient le moral des tirailleurs. Cela lui vaut d'être cité à l'ordre de l'armée. Il participe ensuite aux combats de l'Engiahat au cours de la bataille de Keren, du 14 au .

Il débarque ensuite en Palestine avec son bataillon le . Le sergent-chef Némir est alors rétrogradé simple , pour une raison que les sources disponibles ne précisent pas.

Némir est malgré cela créé compagnon de la Libération, pour ses faits d'armes antérieurs en Érythrée.. Il est ainsi un des rares Africains ayant reçu cette prestigieuse distinction. Le décret qui lui décerne la croix de la Libération est du . Il est d'ailleurs encore qualifié de sergent-chef dans le texte de ce décret..

Nommé au bataillon de marche (), Némir part avec lui pour la campagne de Syrie, puis pour la Somalie britannique, à Burao. Le , il y retrouve le grade de caporal. Il continue ensuite avec le en Abyssinie.

Envoyé de nouveau vers le Levant en , Némir passe par Berbera, sur le golfe d'Aden, où il arrive le . Il s'y embarque le pour Suez où il arrive le . Il stationne ensuite au col de Zahlé au Liban, puis dans la ville de Tripoli, dans le Nord du Liban.

Il reste au Liban jusqu'au , date à laquelle il est envoyé vers les théâtres d'opérations d'Afrique du Nord ; passant par l'Égypte, il arrive en Cyrénaïque et stationne à Tobrouk du au suivant. Son unité, le , est intégré à la brigade de la division française libre. Avec cette brigade, il est envoyé en Tunisie. Il y parvient le , et stationne à Stilka du 3 au .

Némir est engagé dans les opérations de la fin de la campagne de Tunisie, et y participe à Tobrouk du 7 au . Il combat ensuite à Takrouna du 7 au , puis à Hammam et à Sousse du au , où il est promu sergent le . Il participe ensuite aux opérations à Zuara, sur la côte de la Tripolitaine, à partir du .

Il semble ensuite dirigé sur le Tchad, où il est libéré le du service actif, d'après les brèves indications de son dossier militaire.

Après-guerre

Némir se retire alors à Fort-Lamy, actuellement N'Djaména, capitale du Tchad. Il y meurt le , et y est enterré.

Il n'existe pas de portrait connu représentant Némir. L'ordre de la Libération a lancé un appel pour trouver sa photographie et celle de dix-huit autres compagnons « sans visage »...

thumb|upright=1|alt=Photo d'une plaque noire avec des rangées de noms en lettres d'or|« » à la lettre N sur la plaque en hommage aux Compagnons, musée de l'Armée, Paris. Décorations par décret du

avec agrafes « AEF » et « Erythrée ».

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . . .

Liens externes Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération. article RFI Les Tirailleurs africains Compagnons de la Libération ()

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