Le est une pratique de stimulation multisensorielle accompagnée et contrôlée, visant à éveiller, canaliser ou entretenir la sensorialité de la personne stimulée, dans une ambiance sécurisante.
En , en France, la Haute autorité de santé a mis à jour ses recommandations de bonnes pratiques, et classe, au moins provisoirement, la méthode Snoezelen comme non recommandée pour la prise en charge des troubles du spectre de l'autisme (de même que la psychanalyse et les méthodes Doman‑Delacato, Padovan, SonRise, 3i, neurofeedback, Tomatis, Packing...), car jugées ..
Étymologie, sémantique Le terme « » (nom masculin, prononcé ) est un néologisme et « mot-valise » résultant de la concaténation des mots « sentir » et « somnoler ». L'appellation alternative de « stimulation multisensorielle contrôlée » est parfois utilisée (surtout dans sa version anglaise ou CMS) où la notion de contrôle évoque le fait que la durée et l'intensité des stimuli est contrôlée de manière à ne pas être excessive ni sans effets. On a parfois parlé de sensory cafeteria (« cafétéria sensorielle »).
Histoire thumb|Ad Verheul, l'un des deux concepteurs du snoezelen. Lancée au Centre Hartenberg à Ede (Pays-Bas) vers 1974 par Ad Verheul et Jan Hulsegge, le est une pratiqueLe terme de « pratique » est préférable à ceux de « méthode », « thérapie » ou « technique » dans la mesure où le s'appuie sur des capacités d'échanges sensoriels et non sur l'application de recettes ou de procédures reproductibles et formatées. de stimulation visant à établir une relation personnelle, dans un milieu naturel ou non, permettant de vivre une expérience sensorielle, subjective et constructive. Des lieux sont parfois spécifiquement aménagés pour cela (espace Snoezelen, salle Snoezelen…)..
Initialement, Il s'agissait d'un moment de loisir où une personne sensoriellement handicapée pouvait se détendre et se retrouver, afin de réduire les effets néfastes de la privation sensorielle (ou plus exactement de comme le précisaient Pat Schofield et Bryn Davis en 2009)., offert à des personnes ayant des troubles d'apprentissage.. En effet, il a été montré que la pauvreté sensorielle et des capacités cognitives réduites peuvent induire, entretenir ou exacerber des émotions négatives et incontrôlables, ainsi parfois que la douleur chronique et des comportements apathiques ou au contraire perturbateurs (cris, agitation, autostimulations ou actes violents à l'égard des autres ou de soi-même)....
Définition vignette|droite|redresse=1|Enfants dans un « espace ».(Crédit photo : , Tielt-Winge, Belgique). vignette|droite|redresse=0.9|Espace de dans la maison d'un enfant handicapé mental aux Pays-Bas.
Selon Hutchinson (1994)., Hope (1998)., Baker (2001)., par des approches à la fois non‐directives et capacitante, le snoezelen veut aider certaines personnes, par exemple autistes et/ou aux fonctions cognitives réduites, à interagir de manière contrôlée avec des stimuli sensoriels, éventuellement nouveaux, dans un environnement positif et non stressant. D'abord popularisé au Royaume-Uni, il s'est étendue aux États-Unis et à des nombreux pays
Cette pratique peut contribuer à éveiller et gérer la sensorialité de la personne « en soin » de deux manières : en stimulant ceux de ses sens qui seraient hyposensibles ; et inversement, chez une personne hypersensible, le snoezelen peut chercher à canaliser et calmer les flux sensoriels et émotions trop intenses. … dans les deux cas, ceci se fait grâce à une relation privilégiée au lieu et à l'accompagnateur, sécurisante, réduisant les tensions, tout en motivant la personne, au service d'une réalisation de son être. Pour Recordon-Gaboriaud (2012) il s'agit de créer « un équilibre entre la stimulation sensorielle et le plaisir de la relaxation corporelle dans une atmosphère propice, harmonieuse et sécurisante »S. Recordon-Gaboriaud, « Réflexion sur les qualités sensorielles nécessaires à un habitat adapté pour les personnes avec autisme vivant en internat », Le Bulletin scientifique de l’arapi, , 2009. http://www.arapi-autisme.fr/pdf/BS/23/BS23-7Recordon-Gaboriaud.pdf.
La démarche Snoezelen, empirique, ne s'appuie pas sur un référentiel théorique propre ; elle fait appel à d'autres référentiels dont. : l'approche « VAKO » (Visuel, Acoustique, Kinesthésique, Olfactif) notamment développée par la P.N.L (Programmation Neurolinguistique) ; l’ « Intégration sensorielle » d’Ayres, basé sur qui selon cet auteur peut faire significativement progresser les enfants en difficulté d'apprentissage (notamment en raison de troubles de langage et/ou de l'audition sans autre implication perceptivo-motrice évidente). ; des techniques psycho-musicales, corporelles et de musicothérapie ; la stimulation basale® de Fröhlich ; la pyramide des besoins de Maslow ; l’aromathérapie…
Principes de base Le est une pratique essentiellement non-directive, .
Son objectif est de créer un état de bien-être chez la personne stimulée, grâce à un environnement calme, sécurisant et source de plaisirs sensoriels, propice à l'éveil de la personne au monde extérieur, à une meilleure conscience de soi dans l'ici et le maintenant, via son corps et de ses cinq sens. Le Snoezelen cherche à donner plus de substance à sa relation au réel et plus de contrôle dans ses émotions et sa relation à l'autre (grâce à l'accompagnateur qui apporte son aide en apaisant, en écoutant les réponses aux stimuli, et en agissant sur l'ambiance si nécessaire).
Deux états sensoriels opposés, la surcharge sensorielle et la privation sensorielle, au delà de certains seuils (variables selon les individus, leur âge et le contexte), sont nuisibles au fonctionnement du cerveau et à la santé. Kovach en 2000 a proposé un modèle de gestion des stimuli qu'il a nommé sensoristasis... Selon ce modèle, tout individu rechercherait un équilibre, un état sensoriel optimal ; entre surcharge et privation. Certains individus peinent à gérer ou éviter l'un ou l'autre de ces deux états extrêmes, parfois pour un ou quelques sens seulement (ce qui est fréquent dans le cas de l'autisme ou en fin de vie en cas de démence sénile). Selon Kovach, on peut tenter de retrouver cet équilibre en dosant le rythme et l'intensité de l'exposition à deux types de stimuli : stimulants ou au contraire calmants, ce à quoi le snoezelen peut contribuer.
Dans tous les cas, le implique un « savoir-être » sensoriel de la part de la personne stimulante envers la personne stimulée. De ce fait, il n'est pas indispensable de disposer d'un lieu adapté pour le pratiquer. Les principes de base de la pratique du snoezelen peuvent aussi être repris par le personnel soignant dans tous les gestes du quotidien (plutôt que lors de séances dédiées), ou dans des environnements calmes et sécurisants, dans la Nature par exemple, où les notions de respect des rythmes, d'attention, de présence, d'écoute et de tendresse peuvent aussi être mises en œuvre, pour sécuriser, libérer ou apaiser les émotions de personnes handicapées, autistes de tous âges, tout en créant du lien et en encourageant l'échange et les interactions avec l'environnement.
Les deux pôles (explorer) (somnoler) Pôle d'activité Pôle de détente Explorer sensoriellement Câliner, détendre, lézarder Mode actif Mode passif Fait appel à la sensorialité et à la motricité Fait appel à l'émotion et à l'affectif Favorise la motivation à l'action (agréable, on continue / désagréable, on arrête) Apporte confort, sécurité et relâchement Être acteur Ouverture sensorielle
Efficacité Elle est encore difficile à évaluer, et discutée concernant le cas particulier des démences séniles. Au début du , des chercheurs comme Chung et Lai (2004) recommandent. des recherches supplémentaires et approfondies sur les effets du snoezelen dans divers contextes, durant les sessions de snoezelen, puis dans en phase post-session et à long terme.
Trois chercheurs (irlandais, néerlandais, américain), Lancioni et ses collaborateurs ont publié (2002) une évaluation basée sur 21 études scientifiques, dont 14 ont porté sur les effets du snoezelen sur des déficients intellectuels et 7 sur des personnes atteintes de démence. Parmi ces 28 études : 14 ont rapporté des effets positifs intra-session ; quatre des effets post-session positifs ; et deux trouvaient encore des effets positifs à plus long terme..
De nombreuses études ont spécifiquement porté sur des patients atteints de démence.. Une revue d'étude a porté sur l'efficacité des interventions sensorielles pour les patients atteints de démence et/ou de la maladie d'Alzheimer. (ou en phase terminale de la maladie d'Alzheimer)., en établissements résidentiels. Sur 47 études répondant aux critères d'inclusion, ..
Dans le contexte thérapeutique Le est . Ces personnes ont du mal à communiquer via les moyens traditionnels et ont parfois une faible conscience ou perception de leur corps. Ne faisant pas appel à la communication verbale, le permet de stimuler des enfants. ; et les personnes souffrant de douleur chronique...., adolescents ou adultes autistes, notamment avec troubles du spectre autistique associé à un retard mental. Outre les personnes autistes, le est aussi utilisé pour des patients touchés par des handicaps lourds, notamment pour les aider à mieux maitriser leurs sens et leurs émotions, et selon Slevin et ses collaborateurs en 1999. et Baker et ses collaborateurs en 2001, également pour réduire certains comportements inadaptés.
Le Snoezelen a aussi été expérimenté dans le cadre d'une clinique de la douleur chronique, et une évaluation a porté sur ses effets sur l'intensité et la qualité de la douleur, l'anxiété, la dépression, l'adaptation, l'auto-efficacité et le handicap, la confiance et la qualité de vie. L'étude a conclu à un effet significatif de réduction de la douleur et à des effets physiques, psychosociaux positifs, de même pour les loisirs, le sommeil et l'impact global de la maladie. Selon l'auteur, ..
Après une extension des domaines de la psychiatrieCosta, D. M., Morra, J., Solomon, D., Sabino, M., et Call, K. (2006). Snoezelen and sensory-based treatment for adults with psychiatric disorders. OT PRACTICE, 11(4), 19. et du handicap et polyhandicapé (par exemple documenté par Ashby et ses collaborateurs en 1995Ashby, M., Lindsay, W. R., Pitcaithly, D., Broxholme, S., et Geelen, N. (1995). Snoezelen: its effects on concentration and responsiveness in people with profound multiple handicaps. British Journal of Occupational Therapy, 58(7), 303-307. https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/030802269505800711 ; Lancioni et ses collaborateurs, 2005) à celui de la gériatrie. et de la psychogériatrie. ; le snoezelen a été peu expérimenté en soins palliatifs. En 2003, une première petite étude pilote. (essai contrôlé randomisé + entretiens semi-structurés) avait porté sur l'utilisation d'un espace Snoezelen (comparé à une simple « pièce calme ») dans le cadre de soins palliatifs de jour. L'anxiété et la dépression (évaluées par l'échelle Hospital Anxiety and Depression) avaient été significativement réduites, mais sans modifications claires de qualité de vie (évaluée par le questionnaire Core 30 de l'Organisation européenne pour la recherche et le traitement du cancer). Les auteurs invitaient à de futures recherches. Vingt ans plus tard, une autre étude (2023), au Centre hospitalier de la région de Saint Omer, à Helfaut (France) a .. Une étude précédente (2003) avait porté sur l'utilisation d'une « salle snoezelen » dédiée. Cette fois, l'équipe médicale a utilisé un incluant cette technique permettant de pouvoir intervenir dans les chambres de l'unité de soins palliatifs ou dans l'espace de balnéothérapie…) ; elle conclut que le snoezelen permet par des approches moins médicamenteuses de significativement traiter des douleurs physique, morale et psychologique, et en particulier liées à la peur, aux angoisses vespérales et autres troubles anxieux que l'approche de la mort peut susciter.
En gériatrie