On ne s'avise jamais de tout est un opéra-comique mêlé d’ariettes en un acte de Michel-Jean Sedaine, musique de Pierre-Alexandre Monsigny, créé à la Foire Saint-Laurent le .

Historique Après la première, l’œuvre sera ensuite reprise par les Comédiens-Italiens le , puis jouée devant le roi Louis XV à Versailles, le .

Sujet Le sujet de cette pièce est emprunté à la nouvelle éponyme de La Fontaine. La pièce illustre le proverbe qui lui sert de titre : quelle que soit la méfiance d’un homme, « on ne s'avise jamais de tout » face à la ruse des amants.

Distribution M. Tue, médecin, tuteur et amoureux de Lise : Jean-Louis Laruette. Lise, amante de Dorval : Mlle Nessel. Dorval, amant de Lise : Clairval. Margarita, duègne : Mlle Deschamps. Un commissaire : Nicolas-Médard Audinot. Son clerc : M. Saint-Aubert. Un porte-faix : M. Parent. Un aveugle : M. Guisac.

La scène est à Paris dans une rue.

Argument Le vieux et soupçonneux Monsieur Tue garde jalousement sa jeune et belle pupille, Lise, qu'il souhaite épouser. Cependant, celle-ci est amoureuse du jeune Dorval. Malgré la surveillance extrême et toutes les précautions imaginées par le tuteur, Dorval réussit à s'introduire chez eux grâce à une série de stratagèmes classiques du théâtre de foire et de la commedia dell'arte.

Réception vignette|On ne s'avise jamais de tout d’après Fragonard. La pièce, dont l'intrigue vive et légère a valu les éloges les plus complets à Sedaine et Monsigny., scellant leur collaboration historique, a remporté un immense succès public lors de sa création. Ce succès a eu tant de retentissement que la Cour a voulu le voir chez elle, à non seulement une, mais deux reprises, le 2 et le 13 décembre. Cependant, elle a fait jouer la pièce par des artistes pris dans les trois troupes de l’Opéra, de la Comédie-Française et de la Comédie-Italienne, c’est-à-dire Caillot, Rochard, Larrivée, Préville, Mlle Villette et Lemière, comme s’il avait été déshonorant pour la Cour de recevoir les acteurs « forains » d’un théâtre comme l’Opéra-Comique, qui attirait pourtant tout Paris à ce moment, jouissant d’une vogue que pouvaient lui envier les autres théâtres. Ce triomphe accélère la fusion historique de la troupe de l’Opéra-Comique avec celle de la Comédie-Italienne en 1762, actant la reconnaissance institutionnelle et officielle de ce genre théâtral par le pouvoir royal.

Réception critique Le Mercure de France La musique reçoit les mêmes éloges :

Cette pièce marque une étape cruciale dans l'histoire du théâtre lyrique français en faisant passer l'opéra-comique d'un divertissement de foire populaire à un genre musical noble, structurellement mûr et dramatiquement cohérent..

Une œuvre de transition vignette|redresse=1.2|On ne s'avise jamais de tout d’après Lancret. Cette pièce marque une étape cruciale dans l'histoire du théâtre lyrique français. Influencé par les théories du drame bourgeois de Denis Diderot, Sedaine abandonne les farces grossières et les caricatures de la foire, pour introduire des personnages complexes, ancrés dans la réalité quotidienne et dotés d’une véritable épaisseur psychologique.. Le ton se fait plus sensible, touchant et moral, ouvrant la voie au drame lyrique et préfigurant les chefs-d’œuvre ultérieurs du duo comme le Déserteur (1769)..

Musicalement, il fait évoluer l’opéra-comique du vaudeville, de divertissement de foire populaire reposant essentiellement sur des paroles parodiées sur des airs populaires préexistants, vers l’ariette, genre musical noble, structurellement mûr et dramatiquement cohérent. On ne s’avise jamais de tout consacre le modèle de l’opéra-comique « à ariettes ». La musique y est entièrement originale, savante et composée sur mesure pour coller à la psychologie des personnages, rivalisant ainsi directement avec la complexité technique de l’opéra italien. Sedaine opère une révolution dramaturgique en intégrant la musique, qui ne sert plus de simple intermède comique ou de pause dans l’action, dans le drame.. Les morceaux chantés font avancer l’intrigue et expriment la vérité des sentiments des personnages. Les monologues intérieurs et les duos deviennent le moteur de l’action théâtrale, établissant le standard moderne du genre parlé-chanté français..

Postérité Les historiens du théâtre ont émis l’idée que On ne s'avise jamais de tout aurait servi de source au Barbier de Séville et au Le Mariage de Figaro, le docteur Tue annonçant le docteur Bartholo, la jeune Lise préfigurant Rosine, et Dorval posant les bases du comte Almaviva, ce dont Beaumarchais s’en vivement défendu.. En ce sens, On ne s'avise jamais de tout pose les fondements de la comédie moderne.

Édition .

Notes et références

Liens externes

Catégorie:Pièce de théâtre française Catégorie:Pièce de théâtre du XVIIIe siècle Catégorie:Pièce de théâtre de Michel-Jean Sedaine Catégorie:Opéra-comique Catégorie:Œuvre de Pierre-Alexandre Monsigny Catégorie:Œuvre musicale composée en 1761