Frans Jozef de Cort, né à Anvers le et mort à Ixelles le , est un poète belge flamand d'expression néerlandaise.
Biographie De Cort étudia à l'athénée d'Anvers et travailla ensuite pour un bureau commercial. Dès 1857, en collaboration avec Jan Van Rijswijck, il publia le journal (La Constitution) jusqu'au moment où il devint, au mois d'août de l'année suivante, rédacteur du journal anversois (L'Escaut). En 1860, il devint agent d'une compagnie de navigation.
En 1861, il devint secrétaire de l'auditeur général du tribunal militaire à Bruxelles, poste qu'il occupera jusqu'à la fin de sa vie. Il s'installa définitivement à Bruxelles et, la même année, devint le gendre du poète Johan Michiel Dautzenberg à qui il succéda, toujours en 1861, en tant que rédacteur du (L'Avenir), une revue de l'éducation, de l'enseignement, de la linguistique et de la littérature. Il conservera ce poste jusqu'en 1875. Il fut également cofondateur du (1862-1863, Le Mensuel bas-allemand, c'est-à-dire néerlandais).
Il était un éminent poète populaire, libéral et flamingant à la fois, de chansons dans le style de Jan van Rijswijck et, plus tard (selon Van Bork et VerkuijsseGerrit Jan van Bork et Pieter Jozias Verkruijsse (réd.), De Nederlandse en Vlaamse auteurs van middeleeuwen tot heden met inbegrip van de Friese auteurs, Weesp, De Haan, 1985, , .), de « scènes de genre sensibles et chaleureuses », comme (Mère et enfant), qui excellent par leur « simplicité frappante » et qui ont souvent été mises en musique.
Selon Coopman et ScharpéTheophiel Coopman et Louis Scharpé, Geschiedenis der Vlaamsche letterkunde, De Nederlandsche Boekhandel, Anvers, 1910, , , , ., l'exubérance des chansons généreuses de la période anversoise fut remplacée, sous l'influence du « bonheur tranquille et intime », par un « sentiment plus profond » afin de mettre désormais l'accent sur la « parfaite exactitude » formelle.
Comme flamingant libéral convaincu, De Cort exprimait son attachement à son peuple éprouvé par des poèmes et chansons d'esprit combatif, tout en dénonçant l'influence néfaste de la France sur l'âme du peuple flamand. Il ne s'agissait pas là d'une conception de la nature d'un peuple par son appartenance à une race, mais par sa langue, puisque : « la patrie disparaît avec la langue »Jan te Winkel, De ontwikkelingsgang der Nederlandsche letterkunde VII, Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde in de eerste eeuw der Europeesche staatsomwentelingen (2), éd., Haarlem, Les héritiers F. Bohn, 1927, , .. Ainsi, il créa une chanson ayant comme refrain : « Ô Seigneur, accordez aussi à ce Français frivole un peu de bon sensJan te Winkel, De ontwikkelingsgang der Nederlandsche letterkunde VII, Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde in de eerste eeuw der Europeesche staatsomwentelingen (2), éd., Haarlem, Les héritiers F. Bohn, 1927, , .. » Sa solidarité avec la lutte d'émancipation flamande l'emporta sur les principes libéraux, raison pour laquelle il se refusa d'être tout simplement un partisan servile du parti libéral. Il s'exclama : « Cléricaux, libéraux, disputez-vous et luttez autant que vous voulez. » Il voulait rester en dehors de tout ça, ne désirant autre chose que de « bouger librement et joyeux sur la terre », pourvu que les intérêts flamands prissent le dessusJan te Winkel, De ontwikkelingsgang der Nederlandsche letterkunde VII, Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde in de eerste eeuw der Europeesche staatsomwentelingen (2), éd., Haarlem, Les héritiers F. Bohn, 1927, , , ... En 1864, il s'adressera aux Gantois par les paroles suivantes : « Déchirez ces cocardes qui vous distinguent ! Amis, frères, vous tous : flamingants est votre nom ! »Jan te Winkel, De ontwikkelingsgang der Nederlandsche letterkunde VII, Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde in de eerste eeuw der Europeesche staatsomwentelingen (2), éd., Haarlem, Les héritiers F. Bohn, 1927, , .
La ville d'Anvers donna son nom à l'une de ses ruesJohannes Godefridus Frederiks et Frans Josef Peter van den Branden, Biographisch woordenboek der Noord- en Zuidnederlandsche letterkunde, Amsterdam, L.J. Veen, 1888-1891..
Œuvres 1857 : (Chansons), , Anvers 1859 : (Chansons), , Anvers 1862 : (Les Plus Belles Chansons de Robert Burns, traduites de l'écossais), Bruxelles 1864 : (L'Emploi des langues en Belgique, par Frans Reynen), Bruxelles 1866 : (Chantechant), Bruxelles 1868 : (Chansons), Groningue 1912 : (Chansons et Poèmes''), Madame de Wildeman-de Cort/Maurits Sabbe (éd.), introduction de Paul Frédéricq.
Notes et références
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