Philippe Bozon (né le à Chamonix, dans le département de la Haute-Savoie, en France) est un joueur professionnel de hockey sur glace. devenu entraîneur. Fils de l'ancien joueur international Alain Bozon, Philippe Bozon est considéré comme un des plus grands joueurs de l'histoire du hockey français : quatre présences olympiques, douze participations mondiales, il est le premier Français à avoir évolué dans la Ligue nationale de hockey.. Le , il devient le troisième Français à être admis au temple de la renommée de la Fédération internationale de hockey sur glace après Louis Magnus et Jacques Lacarrière.

Biographie Carrière Les débuts junior Philippe Bozon fait ses premiers pas dans les différentes équipes de jeunes du club des Boucs de Megève avec qui il remporte les titres de champion de France en poussin, benjamin et minime.. Il est rapidement repéré et intègre l'équipe première à l'âge de , à la fin de la saison 1982-1983, parvenant à inscrire six buts en seulement 14 rencontres. Paulin Bordeleau, qui a également joué pour Megève, le recommande à Yvan Gingras, entraîneur des Castors de Saint-Jean de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (également désigné par l'abréviation « LHJMQ »). L'entraîneur vient le voir jouer en France et l'invite au camp d'entraînement de son équipe à l'inter-saison .. Après trois semaines d'expérience nord-américaine, Bozon retourne à Megève. La saison suivante, il s'impose dans le hockey hexagonal, jouant les 36 matchs de la saison avec son club et marquant 38 buts. C'est alors l'année de la découverte d'une jeune génération de joueurs de Megève dirigée par l'entraîneur formateur, Alain Bozon. L'équipe compte alors dans ses rangs des vétérans comme Paulin Bordeleau — ancien joueur de la Ligue nationale de hockey et également quatrième choix du repêchage de l'Association mondiale de hockey en 1973 — mais également des jeunes talents comme Serge Djelloul, Franck Pajonkowski — future vedette des Dragons de Rouen.. L'équipe remporte l'unique titre de champion de France de son histoire et à titre personnel, Bozon remporte le trophée Jean-Pierre-Graff remis au meilleur espoir de la saison.. Il devient également le plus jeune joueur à être appelé en équipe de France de hockey sur glace lors d'un match amical disputé contre la Hongrie en .

L'expérience nord-américaine Fort de ces succès, il part cette fois-ci tenter l'aventure québécoise avec les Castors de Saint-Jean. Lors de sa première saison dans la LHJMQ, il inscrit 32 buts et 50 aides pour 82 points en 67 matchs, terminant ainsi à la troisième place des pointeurs de son équipe.. Ces bons résultats le font remarquer par les Blues de Saint-Louis de la Ligue nationale de hockey qui l'invitent à leur tour à participer à leur camp d'entraînement. À l'issue de celui-ci, il signe un contrat comme agent libre avec les Blues le . Sa saison 1985-1986 dans la LHJMQ est encore meilleure pour lui : il termine cette fois-ci meilleur buteur et pointeur de son équipe en inscrivant 59 buts, 52 aides pour 111 points en 65 matchs.. Ces statistiques le placent également à la des buteurs de la saison dans la LHJMQ. et lui permettent d'être nommé dans la seconde équipe d'étoiles de la ligue. Il participe également à la fin de saison des Rivermen de Peoria, le club-école des Blues qui joue dans la Ligue internationale de hockey, en participant à 5 matchs de série éliminatoire au cours desquels il inscrit un but.

Cependant, la saison suivante, il passe une partie de son temps à voyager entre Peoria dans l'Illinois et Saint-Jean-sur-Richelieu au Québec. Après avoir joué la fin de saison 1986-1987 et les séries éliminatoires de la LHJMQ avec les Castors, il retourne en France où il rejoint le Mont-Blanc Hockey Club né d'une fusion entre son précédent club de Megève et celui de Saint Gervais.

Le retour en France Cette nouvelle saison dans le championnat français lui permet de terminer meilleur buteur et meilleur compteur de son équipe avec un total de 35 buts, 24 aides pour 59 points en 32 rencontres — chiffres incluant les séries ; il termine troisième buteur derrière deux joueurs de Villard-de-Lans et neuvième pointeur.. Il mène ainsi son club vers un nouveau titre de champion de France. Cette saison est également marquée par les Jeux olympiques de Calgary où Bozon fait son retour avec l'équipe de France. Les bleus ne gagnent qu'un seul match sur tapis vert contre les Polonais lors de la phase de groupeListe des résultats des matchs des Jeux de 1988 sur www.hockeyarchives.info. mais Bozon frappe les esprits en marquant un coup du chapeau contre le Canada lors d'une défaite 5-9 Résumé de la rencontre sur query.nytimes.com... Ce seront ses seuls buts dans un tournoi où l'équipe de France finira à la , battant en match de classement la Norvège dans ce qui restera le premier match de l'histoire des Jeux olympiques se décidant par une séance de tirs au but, Pajonkowski inscrivant 4 buts pour la France portant la marque à six buts partout.

La saison suivante, il domine à nouveau son équipe au chapitre des buts marqués (22), des points (58) mais également des aides (36).. Cela ne suffit cependant pas à tirer son équipe vers le haut et elle termine à la neuvième et avant-dernière place de la saison régulière. Après avoir fini à la première place de la poule de maintien et évité la relégation, le club est dissous et Bozon se voit contraint de trouver une nouvelle équipe. Il rejoint Grenoble où il est associé pour la première fois en club à Christian Pouget, qu'il a déjà croisé en équipe nationale, et qui arrive pour sa part de Gap. Il termine meilleur buteur de son équipe mais deuxième pointeur derrière Karel Svoboda.. Ses 83 points le placent à la septième place de la ligue et ses 43 buts en font le deuxième buteur de la saison derrière le canadien de Rouen Benoît Laporte.. Cette belle saison lui permet également de remporter le trophée Albert-Hassler du meilleur joueur français de l'année mais son équipe est battue en finale par le club de Rouen qui remporte là son premier championnat. À l'occasion de ce premier sacre des Rouennais, Bozon dénonce une tendance néfaste pour le hockey français des grandes équipes à recruter des joueurs canadiens au détriment de joueurs français.

À la fin de la saison 1990-1991, avec 38 points, Bozon est le quatrième pointeur de Grenoble ; il est devancé par Svoboda, Pouget et Christophe Ville qui lui succède au palmarès du trophée Hassler.. Son équipe, emmenée par ce quatuor, prend tout de même sa revanche en finale contre l'équipe de Rouen et s'adjuge le titre de champion de France, le troisième et dernier pour Bozon. L'équipe ne prenant pas part à la saison suivante, il est à nouveau obligé de changer de club et choisit cette fois-ci Chamonix où il est suivi par Pouget. C'est avec ce même Pouget et Antoine Richer au centre qu'il évolue sur la première ligne de l'équipe de France lors des Jeux olympiques d'Albertville. L'équipe de France parvient à se hisser en quart de finale où les États-Unis les éliminent sur le score de 4 buts à 1. Cette réussite de l'équipe de France lui permet d'être à nouveau remarqué par les Blues qui lui demandent de les rejoindre pour la fin de la saison. Cette fois-ci, l'accession à la Ligue nationale de hockey devient réalité et il quitte Chamonix en cours de saison avec l'accord de son président, ce dernier ne voulant pas gâcher le plaisir d'avoir un joueur français dans la grande ligue. Bozon s'envole alors pour Saint-Louis.

La Ligue nationale de hockey En 1992, il participe à la fin de saison des Blues qui se qualifient pour les séries éliminatoires en prenant la troisième place de la division Norris. Il y évolue notamment aux côtés de Brett Hull. qui vient de réaliser l'exploit de marquer 50 buts en 50 matchs pour la deuxième saison consécutive. Bozon joue neuf matchs de saison régulière et y inscrit son premier but en LNH ainsi que trois aides. Il prend ensuite part à tous les matchs de son équipe et inscrit à nouveau un but lors des séries où les Blues se font éliminer lors de la première ronde en six manches par les futurs finalistes de la Coupe Stanley, les Blackhawks de Chicago. La saison suivante est marquée par des blessures qui l'empêchent de disputer toute la saison régulière et l'obligent même à repasser par le club-école de Peoria pour se refaire une santé. Il joue cependant 54 matchs au cours desquels il inscrit 6 buts et 6 aides pour 12 points puis dispute à nouveau les séries, jouant 9 matchs et inscrivant un but alors que les Blues sont éliminés en demi-finale d'association..

La saison 1993-1994 est sa saison la plus aboutie dans la LNH : il prend part à 80 matchs de saison régulière sur les 84 de son équipe, y inscrit 9 buts et 16 aides pour 25 points et a l'honneur de jouer sur la ligne de Brett Hull pendant une partie de la saison. Les séries des Blues sont marquées par une élimination en quatre matchs en quart de finale d'association où il n'inscrit aucun point. Cette saison l'empêche toutefois de participer aux Jeux olympiques de Lillehammer, les équipes ne libérant pas leurs joueurs, la saison de LNH se poursuivant pendant les jeux. L'élimination précoce des Blues lui permet toutefois de rejoindre l'équipe de France au cours du championnat du monde en Italie. Il n'y joue que 3 matchs et n'y inscrit aucun point.

En 1994, une grève empêche le championnat de la LNH de démarrer aux dates prévues. Le conflit s'éternisant, Bozon décide, tout comme d'autres joueurs, de retourner jouer en Europe en attendant la reprise et s'engage avec Grenoble. En , alors qu'un accord est trouvé dans la LNH et une saison raccourcie débute, il retourne alors à Saint-Louis rejoindre son équipe. Malheureusement pour lui, le nouvel entraîneur des Blues, Mike Keenan, ne lui laisse jouer qu'un match avant de le consigner dans les tribunes. Voyant cet état de fait se prolonger, il décide d'abandonner la LNH et de retourner à Grenoble pour la fin de saison. Il quitte définitivement la LNH après 163 matches, dont 19 rencontres de séries éliminatoires, pour un total 18 buts et 25 aides inscrits. Il retrouve le championnat de France et assiste alors aux débuts du jeune Cristobal Huet qui commence déjà à faire parler de lui. Les Brûleurs de Loup se font tout de même éliminer dès le premier tour des playoffs par Reims..

L'Europe Après avoir terminé la saison Élite du championnat de France à la avec Grenoble, Bozon participe au championnat du monde 1995. Contrairement aux joueurs de la LNH qui sont retenus par leur équipes encore engagées en série éliminatoire, Bozon est présent en Suède pour prendre part à l'une des plus belles prestations de l'équipe de France. En effet, celle-ci s'offre des victoires contre l'Allemagne, le Canada et la Suisse et termine à la troisième place de son groupe pour se qualifier pour les quarts-de-finale où elle est éliminée sèchement 5 buts à 0 par le futur vainqueur, la FinlandeRésumé du championnat du monde 1995 sur www.hockeyarchives.info.. Après cet intermède national, Bozon s'offre un nouveau challenge en partant jouer en Suisse dans la ligue nationale B avec le HC La Chaux-de-Fonds. Cette première saison en Suisse est déjà une réussite pour lui : il marque 59 points en 29 matchs de saison régulière et participe à l'accession de son équipe à la LNA, provoquant au passage la descente de son futur club : le Lausanne HC. Sa deuxième saison suisse sera écourtée en raison de problèmes financiers de son équipe et une nouvelle opportunité s'offre alors à lui : partir jouer en Allemagne, à Mannheim, où l'attend son partenaire de l'équipe de France Christian Pouget.