vignette|Deux agents de la Police vaudoise en gare de Lausanne.
Les corps de police présents sur le territoire suisse assurent la sécurité intérieure de la Confédération suisse et de sa population. La compétence en matière de police, n'ayant pas été déléguée., appartient aux cantons conformément à la Constitution fédérale.. Les cantons sont dès lors souverains en matière de police et sont chargés d'assurer la sécurité et l'ordre publics sur leur territoire. Les vingt-six corps de police cantonaux sont soutenus par quelque 300 corps de police municipaux et polices communales ainsi que par l'Office fédéral de la police., totalisant environ 27 000 collaborateurs (hors OFDF).
La Confédération suisse ne possède pas de compétence pleine et entière dans le domaine de la police. Néanmoins, la Constitution fédérale lui confère un certain nombre de tâches limitées à des domaines précis. Dans le cadre des tâches de police de sécurité, la Confédération suisse assume la protection des personnes et des bâtiments de la Confédération, y compris les obligations de protection découlant du droit international public., les compétences policières en relation avec l'accomplissement des tâches en matière de douanes., la garantie de la sécurité dans le domaine des transports publics et de l'aviation. ainsi que les compétences policières au sein de l'armée.. Dans le cadre des tâches de police judiciaire, la police judiciaire fédérale de l'Office fédéral de la police agit au titre de police judiciaire de la Confédération suisse, sous la conduite du ministère public de la Confédération.
Histoire Historiquement, la Suisse fut d'abord une confédération dont chaque membre était un État souverain avec ses lois, sa monnaie et ses forces armées. Chaque canton dispose donc de sa propre histoire en matière de force de police, mais en général, chacun d'entre eux disposa pendant longtemps d'une simple milice ou d'une maréchaussée.
Dans les années 1800, lors de la période de la République helvétique, une première tentative d'unification à la française, à la suite de l'occupation du pays par la France, échoua. Néanmoins, lors de la restauration de leur autonomie à la suite de l'acte de médiation, la plupart des cantons créèrent des groupes de gendarmerie qui avaient pour but principal de lutter contre la vagabondage. Dans les années 1820, les prérogatives de ces troupes s'élargirent et reprirent alors celle de différents groupes de l'Ancien Régime, telles les maréchaussées ou les gardes urbaines.
Avec la création de l'État fédéral de 1848, les compétences des cantons en matière de sécurité furent fixées et celles-ci demeurèrent largement en leurs mains.
En 1909, le professeur en criminologie Rodolphe Archibald Reiss fonde l'Institut de police scientifique de l'Université de Lausanne, première école de police scientifique au monde.
Structures fédéralistes de l'organisation policière en Suisse On peut diviser les différentes entités de police suisses en trois grands groupes. Premièrement, la police fédérale, qui s'occupe de la grande criminalité, de la coordination intercantonale et internationale ; ensuite, les différentes polices cantonales, qui s'occupent de la majorité des affaires ; enfin, les polices locales et communales qui remplissent des rôles de police de proximité.
Confédération Office fédéral de la police
L'Office fédéral de la police (FEDPOL) est l'office fédéral compétent en matière de police au niveau fédéral. Il dépend du Département fédéral de justice et police. Il est chargé des questions relatives à la police judiciaire fédérale et son siège est à Berne.
Ses compétences et son fonctionnement se basent principalement sur l'Ordonnance du sur l’organisation du Département fédéral de justice et police.. Ses domaines de compétences sont restreints en comparaison d'autres polices fédérales.
Tous les organes de la police fédérale sont réunis sous l'égide de l'Office fédéral de la police (fedpol)Organisation de "fedpol" ..
L'Office fédéral de la police comprend les divisions suivantes : Direction / État-major, qui est comme son nom l'indique l'organe de direction de « fedpol ». Division principale Coopération policière internationale, qui s'occupe de coordonner les demandes d'entraide judiciaire concernant la Suisse et de superviser celles effectuées par la Suisse à l'étranger. Division principale Police judiciaire fédérale, organe le plus important qui s'occupe des tâches de police relevant de la compétence fédérale, tels le grand banditisme, les activités terroristes, les crimes de guerre, etc. Division principale Services, qui est une plate-forme d'information responsable de différentes bases de données recensant les empreintes digitales, les relevés ADN, les personnes disparues, etc. Division principale Service fédéral de sécurité, qui s'occupe de la sécurité des personnalités, magistrats et bâtiments fédéraux, ainsi que de la coordination en cas de prise d'otage avec chantage concernant la Confédération. Division Ressources, qui est une entité administrative gérant le personnel, les finances et les services techniques.
Fedpol comptait 895 collaborateurs en 2009, la majorité étant des juristes et des spécialistes. Le budget de l'office, en 2009, se montait à 226 millions de francs suisses Rapport des services 2009.
Missions de police internationales de la Suisse
Office fédéral de la douane et de la sécurité aux frontières
L'Office fédéral de la police (OFDF) est un office fédéral du Département fédéral des finances suisse. Jusqu'en 2021, il était nommé Administration fédérale des douanes (AFD) et était scindé en deux entités : les douanes, généralement du personnel administratif chargé de percevoir les tâches et droits de douane , et le Corps des gardes-frontière, fondé en 1894. Ce dernier, initialement créé pour lutter contre la contrebande, a vu ses tâches s'élargir durant le XXe siècle à des missions de surveillance des frontières. De par cette évolution, ces agents revêtent une fonction policière et de nombreux cantons ont établi avec l'OFDF des conventions pour la délégation de certaines tâches, notamment judiciaires. De fait, les différents corps de police cantonaux peuvent compter sur l'entraide d'environ 2000 garde-frontières. Cependant, en raison de leur statut et de leur mission initiale fondamentalement différente, ils ne sont pas incorporés dans les statistiques policières.
Cantons 286x286px|vignette|Police municipale zurichoise lors des manifestations du Fête du Travail en 2007
Conformément à la Constitution fédérale, chaque canton, souverain en matière de police, dispose donc de sa propre force de police. Les cantons ont presque toute latitude quant à leur organisation policière, leur(s) structure(s) et leur fonctionnement, qui peuvent passablement différer selon les régions linguistiques du pays, ayant subi des influences historiques par les pratiques et par le droit des pays limitrophes (droit napoléonien et droit austro-allemand), malgré une législation commune (Code de procédure pénale suisse).
Les polices cantonales sont souvent constituées d'une police uniformée, parfois appelée gendarmerie par héritage historique dans les régions francophones (il s'agit là d'un abus de langage, dès lors que les agents n'ont aucun statut militaire mais restent des fonctionnaires civils dépendant du gouvernement cantonal), généralement organisée hiérarchiquement par brigades régionales (par district, par commune voire par quartier) ou par sections spécialisées. Cette police en uniforme est normalement chargée de la police de sécurité publique, de l'intervention, de la police de proximité et parfois d'autres tâches administratives, en fonction des cantons. Elle est supportée par une police judiciaire ou de sûreté qui s'occupe des enquêtes d'envergure.. Néanmoins, certains cantons ne font pas ou plus cette distinction entre les fonctions et entités.
De même, certains cantons ont encore une police locale forteLes vaudois refusent la police unique sur tsr.ch, alors que d'autres n'ont plus qu'une force de police cantonale.. En 2026, seuls 11 cantons disposaient encore de polices locales, les 15 cantons restants ayant unis leurs forces au niveau cantonal.
La Constitution suisse et les différentes constitutions cantonales consacrant la souveraineté des cantons sur leur territoire., il s'est révélé nécessaire d'établir des accords de coopération judiciaire entre ces derniers, de manière qu'un délit commis dans un canton puisse être poursuivi même en dehors de celui-ci. Pour ce faire, un concordat de coopération a été signé par tous les cantons, sa dernière version datant de 1992Concordat sur l'entraide judiciaire et la coopération intercantonale en matière pénale sur le site de l'État de Genève.
Étant donné que tous les cantons n'ont pas les mêmes moyens financiers ni le même nombre d'habitants, ils ne disposent pas tous de forces de police permettant de réagir à toutes les situations. Ainsi, si les grands cantons peuvent s'offrir des services de polices spéciales, la plupart des cantons plus petits n'en disposent pas. Pour pallier ces manquements, des accords ont été mis en place et consacrent des principes de coopération entre cantons Rapport du Conseil fédéral à l’Assemblée fédérale sur la politique de sécurité de la Suisse, pages 4755-4756.
En 2026, les effectifs des polices cantonales se montaient à environ 20 000 collaborateurs (y compris collaborateurs administratifs), dont 15 000 policiers habilités à recourir à la contrainte, avec des grandes disparités cantonales (34 agents pour le canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures et 3 730 agents pour le canton de Zurich).
Communes Les cantons, souverains en matière policière, peuvent déléguer des compétences policières aux communes. Dans ces cantons, certaines communes disposent de leur propre force de police. En fonction des législations cantonales, la formation d'une police communale/municipale ou intercommunale peut être facultative ou obligatoire.
Dans les cantons n'ayant pas délégué de compétences policières, la police cantonale est l'unique organe policier (police unique), et se charge dès lors des missions policières au sens strict (sécurité, intervention, judiciaire), mais parfois aussi de certaines tâches de police administrative (contrôle des habitants, police du commerce, police des étrangers, santé et salubrité publique, etc...) qui peuvent éventuellement relever des compétences communales. Toutefois, dans certains cantons, ces tâches non policières sont déléguées à des fonctionnaires cantonaux ou à des services communaux (hors police).
Dans les cantons ayant délégué des tâches policières aux communes, la plupart des communes suisses de taille relativement importante disposent d'une police communale ou intercommunale, composée d'un nombre variable d'agents en uniforme ou non. Les principales tâches de cette police sont la sécurité des personnes et des biens (Police-Secours), la police de proximité, la surveillance du trafic, ou encore le respect de l'ordre et de la tranquillité des habitants..
Chaque canton organise et attribue des rôles différents à ses polices municipales. Ainsi certains cantons disposent de polices municipales avec des missions étendues et des pouvoirs de police quasiment identiques à la police cantonales (comme des tâches judiciaires.), alors que d'autres cantons attribuent aux policiers municipaux d'autres missions ou d'autres compétences (simple maintien de l'ordre public, la prévention et incivilités, missions souvent de plus basse intensité mais de grande importance dans le fonctionnement de la société.).