Gatteville-le-Phare (nom officiel) ou Gatteville-Phare (nom couramment utilisé localement), Gatteville jusqu'en 1947, est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de .
Géographie Localisation La commune, menacée par l'urbanisation, l'agriculture et le tourisme, est située sur la pointe de Barfleur, dans la partie nord-est du Cotentin.
Le phare de Gatteville est situé très exactement aux antipodes des îles Antipodes, en Nouvelle-Zélande, nommées ainsi par les Anglais parce qu'elles sont la terre émergée la plus proche des antipodes de Londres.
Géologie et relief La côte de Gatteville, côte rocheuse et basse du Val de Saire est ponctuée de nombreuses criques ou havres que les normands appelaient vik. On peut citer les havres de : Roubary, de Houlvi, de Flicmare et de Crabec..
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le ruisseau de Cliquempoix, le ruisseau de la Coupliere. et le cours d'eau 02 de la Bretonne...
Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le plan d'eau de la Saline () et l'étang de Gattemare, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Milieux naturels et biodiversité Le littoral nord de la commune jusqu'au phare fait partie du site d'importance communautaire Caps et marais arrière-littoraux de la pointe de Barfleur au cap Lévi proposé au réseau Natura 2000, en raison de la diversité spécifique des habitats naturels (dunes, marais, étangs littoraux, falaises, rochers, galets, landes…).. La pointe est un site classé depuis 2003, sur , à cheval entre Gatteville-le-Phare et Vicq-sur-Mer (ancienne commune de Gouberville).
La commune partage également avec Vicq-sur-Mer (ancienne commune de Gouberville) et Néville-sur-Mer la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de l'étang de Gattemare, protégé de la mer par un mince cordon dunaire, dont les ont été acquis par le Conservatoire du littoral entre 1983 et 2006. Son territoire accueille aussi en partie une autre ZNIEFF, le marais littoral de Barfleur, sur cinq hectares. L'étang où s'ébattent poules d'eau, foulques et canards sauvages, abrite notamment une espèce protégée, le chou marin. Gilles de Gouberville notait déjà au la richesse de l'étang en oiseaux. Les tiges de ses roseaux une fois coupées, servaient pour les couvertures des maisons à toit de chaume.
Urbanisme Typologie Au , Gatteville-le-Phare est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle est située hors unité urbaine.
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cherbourg-en-Cotentin, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ...
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (88,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (89,9 %).
La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (68,6 %), prairies (12,5 %), zones agricoles hétérogènes (7 %), zones urbanisées (4,5 %), zones humides intérieures (2,6 %), zones humides côtières (2,3 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (2,2 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (0,5 %).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Gatevilla au François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 120..
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural ». Il est précédé d’un anthroponyme selon le cas général. Ce nom de lieu n'est connu que par des formes anciennes à partir du . Gatte- représenterait le nom de personne d'origine germanique Gatto, d'où le sens global de « domaine rural de Gatto »René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Caen, Presses Universitaires de Caen, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 1993, 132b.Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Droz, Genève, t. II, 1991, p. 954, n° 17133.. Ce même Gatto a donné son nom à l'étang de Gattemare, ce qui forme une paire toponymique avec un microtoponyme en -mare comme on en rencontre beaucoup en Normandie orientale mais peu dans la Manche, par exemple : Illeville / Illemare ; Hondouville / Hondemare ; Bretteville / Brettemare, etc.
Le nom officiel de la commune a été modifié en 1947 pour inclure la référence au phare de Gatteville, construit en 1834 sur sa côte, qui signale la pointe de Barfleur.
Micro-toponymie Le raz de Barfleur a pour formes anciennes Ras de Cate en 1120 et Cataras en 1149, où Cata- Cate- représentent peut-être ce même nom Gatto ou Káti, anthroponyme vieux norrois que l'on rencontre dans les Catteville de Normandie Catteville (Manche, Catevilla vers 1095). Il existe également un nom de personne scandinave Gaddi (vieux danois Gadde)Gaddi sur le site de Nordic Names (lire en ligne).. Roville, lieu-dit de Gatteville, est attesté sous la forme Rouvilla en 1196.. Néhou, hameau de Gatteville, dont le nom d'origine gaélique Niall adopté sous une forme très proche Njáll dans la société des Vikings norvégiens, et particulièrement en Islande où une saga, la Niáls Saga consacrée à un personnage portant ce nom, et que l'on retrouve en Nord-Cotentin sous la forme Néhou attesté par au moins dans sept noms de lieux : Néhou, Saint-Jacques-de-Néhou, Le quartier du Néhou, lieu-dit d'Auvers, La Néhourie, lieu-dit de Huberville, Néhourie, lieu-dit de Canville-la-Rocque et dans le nom de la commune de Néville..
Histoire Préhistoire et antiquité Sur la commune on a découvert des rognons de silex témoin d'une occupation ancienne par l'homme, notamment à la plage et l'anse du Fligard, entre le port de Roubary et le phare, où le gisement préhistorique est rongé par la mer. Des outils néolithiques et des tessons gallo-romains ont été découverts dans les champs de la Houguette, hameau à l'ouest du bourg.
Moyen Âge À la Pointe de Crabec, on trouve les traces d'un cimetière mérovingien et la découverte d'une boucle de ceinture et d'un scramasaxe. Quant à la chapelle des marins, elle remplace un édifice plus ancien, autour duquel a été fouillé au nord de l'édifice un cimetière du .
La présence de deux sanctuaires sur la paroisse, l'un voué à la Vierge, chapelle Notre-Dame, et l'autre à saint Pierre, et la nécropole mérovingienne qui les environne, pourrait laisser supposer, selon un schéma que l'on retrouve à l'abbaye de Jumièges, à une fondation monastique créée par saint Romphaire (589) à Gatteville au ., ou à l'expansion démographique due à la proximité du port de Barfleur qui aurait entrainé l'abandon de la première église pour la construction d'une église plus vaste, placée sous le vocable de saint Pierre .
Au , Jean, seigneur de Gatteville prit part à la première croisade (1066-1099), ainsi que Geoffroy à la troisième avec Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion.
C'est au large de la commune, que se brisa la Blanche-Nef (1120), dans le courant de Cataras ou ras de Cate, c'est-à-dire aujourd'hui le raz de Barfleur, causant la mort de la famille d' et d'une partie de la noblesse normande.
En 1207, un accord est passé entre le chapitre de Coutances et l'abbé du Vœu de Cherbourg, dans lequel ils conviennent de se partager les fruits des églises du Rozel, de Gatteville et de Barfleur, et feraient leur possible pour se défendre mutuellement.
La baronnie de Réville, dont le chef était assis en la paroisse de Réville, fief ou membre de fief de haubert tenue du roi par les religieux de Fontaine-Daniel, s'étendait sur les paroisses de Gatteville, d'Anneville-en-Saire, Tocqueville et environs..
D'après une charte latine de d', il est fait concession à l'abbaye de Montebourg du côté droit de tous les poissons à lard (baleines, marsouins, thons, veaux de mer) qui s'échoueraient ou qui seraient pris entre les confins de l'évêché de Coutances et l'église de Gatteville, sur le fief de Gautier Broc, avec toutes les redevances et dîmes y affectées..
Au , l'église de Gatteville était sous la dépendance des chanoines de Coutances et des abbés du Vœu de Cherbourg, qui nommaient séparément à la cure.
En 1372, le fief de Gatteville qui avait été saisi sur le seigneur du lieu est adjugé, par suite de décret, à Robert Bazan, de Virandeville. Son fils, Pierre-Colin Bazan, épousa , Jeannette de Gatteville [Jeannette Guiffre], fille du seigneur dépossédé, et adopta pour lui et les siens les armes de Jeannette : d'azur à deux jumelles d'argent surmontées d'un lion de même passant, armé, lampassé et couronné d'or. Leur fils, Nicolas (), épousa Guillemette de Beuzeville, fille de Jean de Beuzeville-sur-le-Vey.
Lors de la guerre de Cent Ans, à la suite d'un débarquement anglais à « la Hogue de Saint Vaast » le , la paroisse est mise à sac et ses maisons rasées..