John Pierpont Morgan, dit J. P. Morgan, né le à Hartford dans le Connecticut et mort le à Rome en Italie, est un financier et un banquier américain. Tout d'abord centré sur les banques, l'empire de Morgan s'est progressivement étendu à de nombreux autres domaines comme l'électricité, l'acier, le chemin de fer et la navigation. Dans ce dernier domaine, il est le fondateur de l’International Mercantile Marine Company, compagnie maritime regroupant nombre de compagnies américaines mais également britanniques (notamment la White Star Line). À ce titre, Morgan est de fait le propriétaire du Titanic, qui sombre un an avant sa mort.
Gérant un capital colossal, il a souvent été décrit comme un magnat des finances à l'influence redoutable. Il se montre également un grand collectionneur d'œuvres d'art, de livres et de montres. Ses collections sont notamment visibles au Metropolitan Museum of Art et à la Pierpont Morgan Library de New York.
Son nom est à l'origine de celui de la banque JPMorgan Chase issue de la fusion de la J.P. Morgan & Co. et de la Chase Manhattan Bank.
Biographie Jeunesse et éducation J. P. Morgan est le fils du financier Junius Spencer Morgan et de Juliet Pierpont. Son père travaille notamment avec George Peabody, influent banquier dont il prend la succession « Junius Spencer Morgan », nndb.com. Consulté le 24 octobre 2009.. Désireux de voir son fils recevoir une bonne éducation, il envoie celui-ci faire des études en Europe dans un pensionnat suisse puis à l'université de Göttingen en Allemagne « JP Morgan (1837-1913), fondateur d’une banque de référence », Next Finance. Consulté le 24 octobre 2009.. J.P. apprend le français et l'allemand, qu'il parle couramment, et devient féru d'art et de culture européenne« John Pierpont Morgan », WorldTempus. Consulté le 24 octobre 2009.. Il quitte l'université avec un diplôme d'histoire de l'art et effectue un voyage à Londres « JP Morgan biography, The most influential banker in history », Financial Inspiration Cafe. Consulté le 24 octobre 2009..
Carrière Débuts vignette|gauche|John Pierpont Morgan dans sa jeunesse. Morgan est admis grâce à son père dans la firme new-yorkaise en 1857. Par la suite, il avoue avoir utilisé l'argent de la banque pour s'enrichir personnellement en spéculant sur le commerce de grains de café J. Pierpont Morgan, NNDB. Consulté le 24 octobre 2009.. Il rejoint la firme de son père en 1861 en travaillant à New York dans la J. Pierpont Morgan Company. En , il épouse Memy alors que celle-ci est déjà atteinte de tuberculose ; elle meurt en .
Durant la guerre de Sécession, Morgan s'investit dans la vente d'armes, achetant des fusils usagés à l'armée avant de les reconditionner, puis de les revendre à l'Armée beaucoup plus cher. Cependant, de telles armes étant défectueuses, un scandale éclate. Le gouvernement refuse de payer Morgan, qui doit le poursuivre à deux reprises.. Comme beaucoup de gens riches de l'époque, Morgan échappe à l'ordre de mobilisation militaire en versant une dispense de ..
Il fait partie des « titans » de l'industrie du Gilded Age (littéralement « âge doré ») au même titre que Rockefeller, Astor, Vanderbilt ou Carnegie... Ils furent parfois appelés les « barons voleurs » en raison de leur manque de scrupules vis-à-vis des moyens employés pour développer leur fortune personnelle. En 1864 et jusqu'en 1872, il devient membre de la Dabney, Morgan & Company. En 1871, il forme avec Anthony J. Drexel, de Philadelphie, la Drexel, Morgan & Company de New York. Bourreau de travail, il invente la finance moderne en rachetant de petites entreprises, en les réorganisant et en les revendant plus cher.. En 1873, il utilise ses relations au Congrès pour faire couper les subventions gouvernementales dont bénéficie l'homme d'affaires Jay Cooke, l'un de ses rivaux. Il profite de la grande dépression pour effectuer un certain nombre de fusions de petites entreprises et constitue de gigantesques trusts de diverses industries, usines et lignes de chemin de fer. Pour éliminer ses rivaux, il exploite sa position de monopole dans le domaine des transports pour leur interdire d'amener leurs produits sur le marché..
L'apogée vignette|gauche|Caricature de Sem. À la mort de son père en 1890, puis de son associé Anthony J. Drexel en 1893, Morgan prend le contrôle de la J.P. Morgan & Co. (renommée en 1910 Morgan, Grenfell & Company). Cette firme est reconnue dans le monde entier comme l'une des plus puissantes de l'époque John Pierpont (J.P.) Morgan, People of Connecticut. Consulté le 4 janvier 2010. De plus, Morgan se tourne vers de nouveaux marchés. Dès 1885, il participe à la formation d'un trust entre deux compagnies ferroviaires en difficulté qui, débarrassées du problème de la concurrence, font de grands profits. En 1905, Morgan possède miles de chemin de fer. Il investit également dans le domaine de l'électricité, et finance les travaux de Thomas Edison et Nikola Tesla dans les années 1870 et 1880. Il fonde également l'Edison Electric Company.
L'industrie ferroviaire demandant beaucoup d'acier, il se tourne aussi vers la sidérurgie : il entreprend en 1900 des négociations avec Charles M. Schwab et Andrew Carnegie en vue de racheter leurs parts dans Carnegie & Co. et de créer, par regroupement avec d'autres forges et usines sidérurgiques, un géant américain de l'acier, United States Steel Corporation.. Carnegie accepte l'offre de Morgan de quelque de $ ; cette transaction est conclue sans avocats ni même aucune trace écrite. La nouvelle de cette concentration ne parviendra aux journaux qu'à la mi-. U.S. Steel ne voit le jour que plus tard dans l'année ; c'est alors la première compagnie au monde dont le capital atteint le milliard de dollars, avec une capitalisation autorisée de de $« J. P. Morgan », Microsoft Encarta Online Encyclopedia 2006. Archived 2009-10-31..
Une autre filière dans laquelle il investit par la suite est le transport maritime. Soucieux de créer une grande compagnie maritime américaine, il rassemble plusieurs compagnies des États-Unis au sein de l'International Navigation Company (IMM). En 1902, il réalise un coup de maître en s'emparant de la Leyland Line, une importante compagnie des cargos britanniques, et surtout de la White Star Line, compagnie de même nationalité. Il signe également des partenariats avec les grandes compagnies allemandes et son trust, renommé International Mercantile Marine Co., ne semble plus connaître d'opposition, à l'exception de la Cunard Line, à laquelle le gouvernement britannique verse même des subsides pour contrer cette nouvelle concurrence. Pour autant, l'IMM Co. n'était pas aussi rentable que prévu et subira plusieurs coups durs, notamment le naufrage du Titanic et les torpillages allemands de la Première Guerre mondiale.
Dernières années vignette|gauche|J. P. Morgan, photographié par Edward Steichen en 1903. vignette|Conscient qu'il était défiguré par le Rhinophyma, Morgan détestait être pris en photo. Les clichés autorisés étaient quant à eux systématiquement retouchés Cependant, les affaires de Morgan sont florissantes et celui-ci se permet même de prêter de grosses sommes d'argent lors des crises de 1893 et de 1907, au grand dam des ennemis des trusts. Il utilise également sa fortune pour agrémenter ses collections et fait de nombreux dons philanthropiques à des écoles, des hôpitaux et autres œuvres de charité.
Morgan est le fondateur du Metropolitan Club de New York qu'il préside de 1891 à 1900. Il a pris cette initiative à la suite de l'exclusion d'un de ses amis, Frank King, de l'Union Club de New York pour avoir exercé un travail manuel dans sa jeunesse. Morgan fait don au Metropolitan des terrains de la Avenue et de la (montant estimé à l'époque à $) et charge Stanford White de construire l'hôtel particulier qui abritera les membres, sans se soucier du montant des travaux..
Indirectement propriétaire du Titanic, il voulait participer à son voyage inaugural. Il préfère au dernier moment annuler sa traversée. et rester en cure à Aix-les-Bains. Voir sur ladn.eu. pour fêter son anniversaire avec sa maîtresse., échappant ainsi au naufrage. Un journaliste l’aurait vu dans la station thermale quelques jours après la tragédie en compagnie de sa maîtresse et apparemment insouciant ; cette attitude a, toutefois, été complètement oubliée face au comportement de Joseph Bruce Ismay.
vignette|Son monument funéraire à Hartford, Connecticut, sa ville natale. Morgan meurt dans son sommeil le au Grand Hôtel de Rome, alors qu'il voyage en Europe. On met en berne les drapeaux dans Wall Street ; la bourse de New York suspend son activité pendant deux heures à l'occasion du passage de son convoi funèbreD'après la série documentaire américaine Modern Marvels, épisode The Stock Exchange, diffusé pour la première fois le 12 octobre 1997..
À sa mort, il ne détenait en capital que 19 % de sa fortune, un patrimoine d'une valeur de de $ de l'époque ( soit $ millions en valeur courante), dont environ en actions dans les banques de New York et Philadelphie. La valeur de ses collections était estimée à de $.
Il est inhumé dans le cimetière de Cedar Hill de sa ville natale, Hartford (Connecticut).
Son fils, J. P. Morgan, Jr, hérite de son empire bancaireCedar Hill Cemetery, John Pierpont Morgan.
Divers Quelques financements lui sont attribués (par l'intermédiaire de ses sociétés) : dans le transport, une grande partie de la réorganisation ferroviaire des États-Unis, et la construction du Titanic par l'intermédiaire de la White Star Line détenue par l'International Mercantile Marine Co., dont il était propriétaire ; dans la recherche, une partie des travaux de Nikola Tesla ; en politique, en 1895, il fut un temps créancier du gouvernement des États-Unis, pour un prêt de 62 millions de dollars qui rapporta 100 millions de dollars de bénéfice.
Il a dirigé l'achat de l'ensemble des aciéries d'Andrew Carnegie et par la suite, il a procédé à leur fusion avec d'autres groupes sidérurgiques moins importants, créant ainsi le géant mondial d'alors U.S. Steel.
Dans la rubrique Faits divers, il s'est illustré en volant une bouteille de cognac « Fine Napoléon » rarissime dans les caves de La Tour d'Argent à Paris. Le restaurant, qui n'en possédait que deux, a accepté la lettre d'excuses du millionnaire et lui a retourné le chèque en blanc qu'il leur avait adressé en guise de dédommagementDépêche AFP du 19 juillet 2009 : « Les caves des grands restaurants : des trésors sous très haute surveillance »..
Il était atteint de Rhinophyma, une maladie inflammatoire qui provoquait une déformation considérable de son nez et a contribué au fait qu'il fût si souvent caricaturé.
Le « roi des collectionneurs » vignette|La Morgan Library and Museum, anciennement appelée la Pierpont Morgan Library, dans le quarter de Murray Hill, à Manhattan. Son nom appartient à l'histoire de l'art, comme un des plus importants collectionneurs de tous les temps (la Pierpont Morgan Library de New York).
Il acquit, entre autres, parmi d'innombrables œuvres d'art, les deux collections d'émaux et d'art décoratif du , formées par l'architecte, décorateur, céramiste et collectionneur Georges Hoentschel ; il donna la seconde au Metropolitan Museum of Art.
Le marchand d'art René Gimpel, qui lui vendit notamment en 1909 deux manuscrits pour , l'évoque dans son Journal d'un collectionneur marchand de tableaux. Dans son carnet à la date du , il raconte l'achat au début du par Pierpont Morgan du célèbre Ange du Lude (Frick collection) qui prit le nom du château sarthois où il avait été installé au par son propriétaire, statue en bronze conçue en 1475 par le Lyonnais Jean Barbet pour servir de girouette à la Sainte-Chapelle de Paris (il fut alors remplacé au château par une copie qui y est conservée) ; de même provenance, il acquit également une rare aiguière d'apparat en faïence dite « de Saint-Porchaire »Poitou, vers 1550 - Metropolitan Museum of Art..
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