Le canal EDF de la Durance, ou canal usinier de la Durance, est le nom d'un ensemble cohérent de canaux, barrages et usines alimentés par l'eau de la Durance depuis le barrage de Serre-Ponçon jusqu'à l'étang de Berre. L'ensemble est long de , dont la moitié dans les Bouches-du-Rhône, pour un dénivelé de plus de . Il sert à l'irrigation, l’adduction d’eau potable et la production d'électricité. Il a été réalisé par la Région d'équipement hydraulique (REH) Alpes III et est géré par le Groupement régional de production hydraulique (GRPH) Méditerranée d'Électricité de France.
Histoire
Géographie Canal de Curbans Construit entre 1963 et 1965, et mis en service en 1966, le canal de Curbans est la partie du canal usinier qui achemine une partie des eaux de la Durance depuis le bassin de compensation du barrage de Serre-Ponçon jusqu'au plan d'eau de Curbans-La Saulce, en passant par la centrale de Curbans. Implanté en rive gauche de la Durance, d'orientation Est-Ouest, il est long de et comprend, d'amont en aval : un tronçon de à l'air libre, une galerie souterraine de , l'usine enterrée, un canal de fuite souterrain de , et enfin un canal en surface de . L'ensemble a été réalisé par la Région d'équipement hydraulique (REH) Alpes IV et est géré par le sous-groupe Haute-Durance du Groupement régional de production hydraulique (GRPH) Méditerranée d'EDF.
Le premier tronçon, du barrage d'Espinasses à Rochebrune, est en cuvette avec un profil en coupe trapézoïdal — un fond large de pour une largeur en surface de — entre deux digues latérales hautes de , l'ensemble mesurant de large à la base. Il comporte en fin de parcours un piège à graviers connecté à un déversoir. Par contre il ne comporte pas de dispositif de vidange. Seule l'usine de Curbans peut être amenée à turbiner et à évacuer les dépôts inertes par une vanne en direction de la Durance (débit ).
L'usine de Curbans, souterraine pour sa partie fonctionnelle, est située sur la commune de Venterol, à la limite des communes de Tallard et de Curbans, et presque à cheval sur les départements des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provencecarte IGN 3338 ET, pli D5.. Mise en service de février à , elle a une capacité de turbinage de sur une hauteur de chute de . Composée de type Francis d'une puissance nominale unitaire de , elle a une productivité moyenne de .
Canal de Sisteron Le canal de Sisteron est la partie du canal usinier qui achemine les eaux de la Durance du barrage de Curbans jusqu’au lac du barrage Saint-Lazare, à Sisteron. Le canal de fuite de ce barrage, qui est aussi le canal d’amenée de la centrale hydroélectrique de Salignac, est une prolongation du canal de Sisteron.
Canal d’Oraison Long de , le canal d'Oraison est la partie du canal usinier qui recueille les eaux de la Durance au barrage de l'Escale (à la cote ) et les achemine jusqu’à la centrale hydroélectrique d’Oraison. Il reçoit les eaux de la Bléone détournées par le barrage de Malijai (apport de ). Le canal est établi sur la terrasse de la Durance. Immédiatement après le barrage de L’Escale, la digue du canal supporte la (ancienne route nationale 85 ou route Napoléon). Dans cette partie, le plan d’eau est large de et le canal profond de .
Le canal franchit la voie ferrée de Saint-Auban à Digne via un siphon, puis la Bléone par un pont-canal de de portée.
Les Pénitents et le village des Mées sont contournés par un tunnel de de long, et de section . La dernière partie du canal, longue de , est établie sur la terrasse durancienne, puis creusée dans des poudingues de la bordure du plateau de Valensole.
À Oraison, la centrale bénéficie d’une chute d’eau de .
Canal d’Oraison à Cadarache Le canal de fuite d’Oraison coule d’abord en souterrain (sur ), puis dans la plaine de la Durance sur . Un pont-canal franchit la Durance : établi sur , il mesure de long et de large. En fin de pont, le courant est divisé en deux par une cloison vers deux canaux différents : une partie des eaux est déviée via un canal de et alimente des centrales électriques construites par l’Énergie électrique du littoral méditerranéen au début du et maintenues lors de l’aménagement de la Durance : centrale de La Brillanne ; usine du Largue à Villeneuve ; usine de Sainte-Tulle I ; l’excédent du débit, , alimente des usines construites dans les années 1960 : usine de Manosque ; usine de Sainte-Tulle II.
Cette répartition est schématique, puisque les eaux des deux canaux sont réunies avant les deux usines de Sainte-Tulle, qui sont construites côte à côte. Les eaux de la Durance sont ensuite transportées par un canal unique et sont turbinées par l’usine de Beaumont. Elles sont réunies en aval à celles du Verdon au barrage de Cadarache.
Canal de l’EDF dans les Bouches-du-Rhône Le canal reprend son parcours dans le bassin d’éclusée de Cadarache, vaste plan d'eau de .
La Durance et le canal coulent en parallèle dans ces premiers kilomètres. Le village de Saint-Paul-lès-Durance est encerclé par les deux cours d'eau. Peu après le pont de Mirabeau, le canal alimente la première des cinq centrales qui jalonnent son parcours final. Peu après son passage dans cette centrale EDF, ses eaux alimentent le canal de Peyrolles (canal agricole).
Son parcours chemine ensuite près de Meyrargues, à l'écart de la Durance, puis près du château de Fonscolombe, de Puy-Sainte-Réparade, et du château d'Arnajon. À Saint-Estève-Janson, le canal alimente une usine EDF et le canal de Marseille, l'autre, la branche principale, passe au pied de l’abbaye de Silvacane. Près de Mallemort, une troisième centrale est alimentée par une chute d'eau sur le canal. Une dérivation reverse ensuite, une partie des eaux vers la Durance, la conduite principale partant vers Lamanon, où son tracé devient proche de celui de l'autoroute A7 dans la traversée de l'agglomération de Salon-de-Provence.
Le canal étant un peu moins puissant qu'à son départ, du fait des diverses dérivations et prises d’eau des canaux agricoles, la centrale de Salon-de-Provence, dans le quartier de la Croix-Blanche au sud-est du centre-ville, produit moins d'électricité que les trois premières du parcours. Peu avant de quitter Salon-de-Provence, le canal franchit quasiment perpendiculairement le lit du fleuve côtier Touloubre (qui s'écoule sous lui par un large conduit), , et part vers Lançon-Provence et Cornillon-Confoux, avant d'alimenter la dernière centrale du parcours, l'usine de Saint-Chamas, juste avant que les eaux du canal se jettent dans l'étang de Berre, à Beau Rivage.
Caractéristiques Le canal
Le canal a une section moyenne de de large sur de profondeur.
Le canal possède une pente faible pour permettre la décantation des alluvions de la Durance, dans le grand bassin de Cadarache, sans trop de rejets dans l'étang de Berre. La pente faible du canal est aussi destinée à maximiser la différence de gradient entre le canal et le lit de la rivière ce qui permet à des intervalles donnés de créer une chute et donc d'insérer une centrale hydro-électrique et générer de l'électricité. La section du canal est choisie pour permettre de véhiculer le débit requis et sa forme est en général choisie pour assurer un débit moyen constant et minimiser la décantation.
Près du village de Saint-Paul-lès-Durance, le ruisseau Abéou a dû être canalisé pour passer sous le canal EDF.
Les ouvrages d'art
Galerie d'aménagement proche du Pont de Mirabeau.
Pollution et environnement
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Aménagement hydroélectrique Durance-Verdon Énergie hydroélectrique Canal d'irrigation Barrage de Serre-Ponçon Étang de Berre
Liens externes
Canal EDF sur le site du SANDRE Vidange sur 9 kilomètres du canal EDF, article du journal La Provence, publié le 21/09/2010.
Bibliographie Jean-Marie Homet, Les monuments de l'eau en Provence, éditions Édisud . . .
EDF Catégorie:Énergie hydraulique en France