MichaelLe titre rompt avec la tradition des précédents albums studio en n'étant aucunement une chanson de ce dernier. est le onzième album studio et le premier album studio posthume du chanteur Michael Jackson, sorti en 2010. Il regroupe neuf titres retravaillés présentés comme inédits et un morceau réarrangé, (I Like) The Way You Love Me, qui était déjà sorti sur deux compilationsMichael Jackson: The Ultimate Collection (2004) et l'édition deluxe française de King of Pop (2008). sous le titre The Way You Love Me.

Le premier titre de l'album à être révélé est Breaking News et le premier single, Hold My Hand (en duo avec Akon), sort le . Un troisième extrait intitulé Much Too Soon a été rendu public le via le réseau social Ping, sur lequel a été mis en ligne de la même manière le titre (I Can't Make It) Another Day (en duo avec Lenny Kravitz).

Avant même sa sortie, l'authenticité des titres Breaking News, Monster et Keep Your Head Up est mise en doute par la famille Jackson, qui soupçonne que ces titres ont été réalisés par un sosie vocal. Ces soupçons sont partagés par des fans de Michael Jackson à la sortie de l'album. En 2014, Vera Serova, une fan de Jackson, dépose une plainte collective contre Sony, la succession Jackson, Eddy Cascio, James Porte et la société de production d'Eddy Cascio et James Porte. Après une procédure de 8 ans et de nombreux rebondissements, le procès abouti à sa conclusion le 10 août 2022 devant la Cour Suprême de Californie, qui donne raison à Serova. Le , Sony Music estime avoir été trompé par Eddie Cascio et James Porte, qui ont vendu les titres à la maison de disque. En 2022, le litige aboutit à un accord à l'amiable et les trois morceaux sont retirés des plateformes. Sony et la succession Jackson affirment qu'il s'agit de « la manière la plus simple et la meilleure de tourner définitivement la page sur les discussions liées à ces morceaux ».

Couverture La couverture de l'album, une peinture à l'huile produite en 2009 par l'artiste afro-américain Kadir Nelson, représente deux chérubins plaçant une couronne sur la tête de Michael Jackson contre une peinture murale constituée d'images du chanteur à différents stades de sa carrière, avec l'image d'Off the Wall en haut à gauche, de Thriller au milieu à gauche, ou encore de Dangerous tout à droitehttp://www.mjfrance.com/site/news/novembre10/michael1.jpg. Nelson a déclaré que Michael Jackson l'a contacté il y a plusieurs années pour réaliser un projet exposant en détail sa vie et sa carrière. Le projet fut interrompu, mais a été repris en 2009 par l'un des exécuteurs testamentaires, John McClain..

Le communiqué de la publicité originale de la couverture de l'album présentait le symbole de Prince dans une bulle à côté de la tête du tigre. Il y a eu un débat sur Internet quant à savoir si Prince a été impliqué dans cet album. La réponse officielle de la part de Prince fut : « aucune permission n'a été accordée ». et le symbole a été depuis retiré de la couverture sur tous les sites officiels de Sony. La présence sur la peinture de Kadir Nelson du visage des trois enfants de Michael Jackson a également suscité la polémique, la star ayant toujours porté une grande attention à ce qu'ils ne soient pas exposés médiatiquement.

Le nom « Jackson » n'est pas inscrit sur la pochette du disque.

Singles Breaking News : sa sortie en tant que premier single est annulée et son clip reste inédit en raison de la polémique sur l'authenticité de la chanson. Hold My Hand : Ce premier single est disponible depuis le lundi à 12 h 01 (EST) en téléchargement légal et depuis le en format CD. Hollywood Tonight : Sortie le . Un clip est diffusé pour la première fois le . Behind the Mask : la sortie du single a été annoncée à la fin du mois de mars. Le clip a été révélé le . Intitulé Behind The Mask Project, il a été réalisé grâce aux contributions de fans à travers le monde.

Liste des pistes

Controverses sur l'authenticité de trois titres À la sortie de la chanson Breaking News, qui évoque les tabloïds et les médias en général —thème que l'on retrouvait déjà sur des titres comme Leave Me Alone (1987), Tabloid Junkie (1995) et Privacy (2001) — de nombreux fans se posent des questions sur l'authenticité de la chanson. En effet, comme la famille de la star en amont de la sortie de l'album, ceux-ci croient déceler des différences entre la voix de Michael Jackson et celle qui apparaît sur trois des titres de l'album : Breaking News, Monster et Keep Your Head Up.. Certains fans décident même de boycotter l'album. En novembre 2010, la succession Jackson publie un document de quatre pages dans lequel elle soutient que les titres qui ont été acquis auprès de la famille Cascio sont authentiques. Les avocats affirment s'appuyer sur l'opinion de proches collaborateurs de Jackson, y compris certains de ses producteurs et ingénieurs.

Après le décès de Jackson, sa succession — dirigée par John Branca et John McClain — et Sony signent un contrat extrêmement lucratif de 250 millions de dollars, dans le cadre duquel ils s'engagent à publier plusieurs albums posthumes de Jackson. Les anciens collaborateurs de l'artiste sont alors contactés afin d'identifier des enregistrements récents inédits et suffisamment complets pour pouvoir être intégrés à ces albums. On sait que Jackson a enregistré de nombreux morceaux au cours de sa carrière, dont beaucoup n'ont jamais été complétés et inclus à ses albums. On sait également qu'après son procès, en 2005, Jackson enregistre peu. Il s'agit aussi pour lui d'éviter que ses chansons fuitent sur internet avant leur sortie officielle, comme cela s'est produit pour le morceau Hold my hand, enregistré avec Akon, en 2008.

La famille Cascio — dont certains des membres font par ailleurs l'objet d'une plainte pour extorsion de fonds par la succession Jackson en 2025 et d'autres ont déposé une plainte pour abus sexuels contre Michael Jackson en 2026— connaît Jackson depuis 1984 et se présente comme sa « seconde famille ». Eddy Cascio, l'un des quatre fils, est musicien, et son beau-frère, James Porte, est un producteur qui a brièvement collaboré avec Jackson dans le cadre de l'album Invincible et avec quelques autres artistes, comme Luther Vandross. Tous deux affirment qu'en 2007, alors que Jackson, sa nounou et ses enfants séjournent chez les Cascio, il aurait enregistré 12 titres complets dans le studio de musique personnel des Cascio.

Sony et la succession Jackson sont satisfaits de la qualité des enregistrements vocaux mais demandent à d'anciens producteurs de Jackson de retravailler les morceaux. Le , Teddy Riley, producteur et ami de longue date de Michael Jackson, qui a participé à produire Hollywood Tonight, Monster et Breaking News, déclare qu'il avait du modifier la voix du chanteur avec le logiciel Melodyne, pour que « sa voix colle avec la musique ». Il ajoute : « c'est pour cela que les vibratos sonnent faux ou artificiels ».

Vera Serova, une fan de Jackson, et l'équipe du podcast Faking Michael (« Simuler Michael »), produit par le journaliste australien Damien Shields, font appel aux services d'un audiologiste médico-légal, Dr George Papcun, qui conclut, sur la base d'indices acoustiques et linguistiques, que les trois morceaux problématiques ne sont pas interprétés par Michael Jackson. Sur le plan linguistique, l'expert montre notamment que l'interprète des trois morceaux présente un dialecte de l'anglais différent de celui de Jackson et typique de Brooklyn, à New-York. Jackson a grandi à Gary, dans l'Indiana. Celui-ci réalise par exemple un coup de glotte entre deux voyelles (« wai’in » pour le mot waiting), là où Jackson réalise au cours de sa longue carrière une consonne occlusive dentale sourde (« waitin ») dans le même contexte. Les voyelles de l'interprète de ces chansons se distinguent également de celles de Jackson, particulièrement dans la réalisation du nom « Jackson », prononcé « Jacksèn » dans l'une des chansons, au lieu de « Jacksoen » par la star. Les indices acoustiques examinés montrent, entre autres, que le vibrato de cet interprète est significativement plus rapide que celui de Jackson, qui montre un contrôle plus avancé de sa voix. D'après le neveu de Jackson, Taryll Jackson, et l'un de ses ingénieurs, Michael Prince, il semble également que certains extraits des enregistrements des Cascio — notamment les ad libs icôniques de Jackson et ses bruits de respiration — ont été copiés et collés à partir d'autres morceaux.

Dans le cadre de leur enquête, les auteurs du podcast découvrent que Porte et Cascio ont affirmé aux proches de Jackson que les disques durs comportant les sessions d'enregistrement avec Jackson ont tous été « détruits à sa demande » — ce qui ne s'est jamais produit auparavant avec d'autres producteurs, qui par ailleurs déclarent qu'ils n'auraient jamais accepté de détruire des enregistrements aussi précieux que ceux de Michael Jackson. Les enregistrements vocaux provenant des Cascio se distinguent des enregistrements habituels de Jackson en ce qu'on ne l'entend pas taper du pied, claquer des doigts et produire toute sorte de bruits rythmiques dont il est un habitué durant ses enregistrements. Le journaliste, Damien Shields, découvre également que Cascio et Porte ont complété la procédure administrative d'enregistrement des droits d'auteur des 12 morceaux vendus à la succession Jackson et à Sony seulement deux jours après le décès de Jackson et qu'ils y ont inclus son nom comme auteur. La procédure avait été initiée plusieurs années auparavant, sur la base d'enregistrements de la voix de James Porte, et le nom de Jackson ne figurait pas dans les précédentes mises à jour des documents.

Le 2014, Vera Serova saisit la justice contre la succession Jackson, Sony, Eddie Cascio, James Porte et Angelikson Productions, la société de production des Cascio pour « pour violation des lois californiennes sur la protection des consommateurs et la publicité mensongère ». La procédure connaît de nombreux rebondissements. Il s'agit notamment de déterminer si Sony et la succession Jackson ont trompé les consommateurs en commercialisant et en promouvant un album qui « contient 9 pistes vocales inédites interprétées par Michael Jackson » dont ils ne sont pas en mesure de prouver que tous les titres sont bien chantés par Michael Jackson.

En 2015, tous les morceaux produits par la famille Cascio fuitent sur internet.

Le , la maison de disque Sony Music admet devant les juges de la Cour d'Appel de Californie ne pas avoir de preuves démontrant l'authenticité de ces trois morceaux. L'avocat de Sony Music fait une déclaration le expliquant que Sony Music n'était pas au courant, en sortant l'album, que ces titres provenant de la famille Cascio n'étaient pas interprétés par Michael Jackson. La défense de la maison de disque repose sur l'idée qu'elle ne peut être tenue pour responsable puisque l'authenticité des enregistrements n'était pas facilement vérifiable et qu'elle n'avait pas connaissance qu'ils étaient faux.

Le , à l'initiative de Sony et de la succession Jackson, les titres polémiques sont retirés des comptes officiels de Michael Jackson sur les services de streaming (Spotify, Deezer, YouTube Music...). Un accord à l'amiable met par ailleurs fin au litige avec Vera Serova. Le 10 août 2022, la Cour Suprême de Californie casse la décision de la Cour d'Appel de Californie et donne raison à Serova .