Charles Toutain, sieur de La Mazurie (ou de La Mazière) ou Charles Toustain, est un poète français de la Renaissance.

Biographie Les dates de naissance et de mort de Charles Toutain ne sont pas connues avec précision. Les dates proposées sont 1536 et 1590Gillian Jondorf, French Renaissance Tragedy: The Dramatic Word, Cambridge University Press, 2006, p. 160. Il est né à FalaiseOlivier de Lagarde, Les noms de famille en Normandie, Archives & Culture, 1998, p. 197. Il a étudié le droit à PoitiersJérôme baron Pichon, Notices biographiques et littéraires sur la vie et les ouvrages de Jean Vauquelin de la Fresnaye et Nicolas Vauquelin des Yveteaux, gentilshommes et poètes normands, 1536-1649, Techener, 1846, p. 1. Il devient lieutenant général de la vicomté de Falaise.

Poète normand, Charles Toutain est l'élève de Marc-Antoine Muret. Il était lié au groupe de Poitiers (Jean Vauquelin de La Fresnaye et Jean-Antoine de Baïf).

En 1562, lors du sac de l'église Saint-Étienne de Caen et du tombeau de Guillaume le Conquérant par les protestants, Charles Toutain aurait sauvé de la destruction un fémur de GuillaumePaul German, Histoire de Falaise, C. Corlet, 1993, p. 182Statistique de l'arrondissement de Falaise, t. 1, Falaise, Brée aîné, 1826-1829, p. 114 Jean Dastugue, « Le fémur de Guillaume le Conquérant. Étude anthropologique », Annales de Normandie, vol.37, n°1, 1987, p. 5-10.

Œuvres La Tragédie d'Agamemnon, avec deux livres de chants de philosophie et d'amour, Paris, Martin le Jeune, 1557 (adaptation en cinq actes et en vers de l'Agamemnon de Sénèque) Le Mortgage de Normandie soubs le déguisement des ventes, 1577 Les Martiales du Roy au chasteau d'Alaiz, Martin le Jeune, 1581 Lunae luces et labores a Sapientia Deo coevacoeva antequam mundus crearetur, 1584

Œuvre perdue Guillaume le Conquérant, 1556Trevor Peach, « Une tragédie perdue: Guillaume le Conquérant (?) de Charles Toutain (1556?) », Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance, t. 52, n° 1, 1990, p. 105-107

Éditions modernes La Tragédie d'Agamemnon, éd. critique par Trevor Peach, Exeter, University of Exeter, coll. « Textes littéraires », 1988 La tragédie à l'époque d'Henri II et de Charles IX, vol. I (1550-1561) : Charles Toutain, Agamennon, édité et présenté par Michel Dassonville, Casa Editrice Leo S. Olschki s.r.l., 1986, p. 175-236

Bibliographie François Secret, « De quelques courants prophétiques et religieux sous le règne de Henri III », in Revue de l'histoire des religions, 1967, vol. 172, 172-1,

Citation Tout à coup Phoebus fait silence. Dessus sa face une pâleur, Sur son corps une peur s’élance Qui lui ternit toute couleur. Son crin et molle chevelure Horriblement se dresse en haut. Son cœur d’un enfermé murmure Tout battu de sanglots tressaut. Or ses yeux inconstants tournoient, Tantôt sont tournés à l’envers Qui, cruels, derechef flamboient, Tantôt aux cieux les tient ouverts, Haussant sa tête outre-coutume Démarche largement ses pas, Tantôt son ire qui s’allume Dedans ses flancs veut mettre bas, Tantôt cette folle naïade Veut ses paroles retenir, Qu’elle, par sa fureur malade, Ne peut malgré soi contenircité in Samuel Junod, « La théâtralisation du prophète dans les tragédies françaises de la Renaissance », La littérature tragique du XVIe siècle en France, vol. 44, n° 2, 2008, p. 58.

Cité par Jean Vauquelin de La Fresnaye, « Épitaphe de Ch. Toutain » (Les diverses poésies de Jean Vauquelin, sieur de La Fresnaie, t. 2, publiées et annotées par Julien Travers, impr. de F. Le Blanc-Hardel (Caen), 1869-1870, p. 668) : Par ses beaux vers Toûtain fçauant Plaisoit aux Mufes en viuant : Par ses bons mots qu'il fçauoit dire, Ceux de Falaife il faisoit rire: Pour ses beaux vers le saint troupeau Donne des fleurs à fon tombeau. Mais ceux de Falaise marris, Pour ses bons mots & ioyeux ris Luy donnent des larmes cuisantes, Et s'elles ne font suffisantes, Ils requerent Ante & Creffi De luy donner les leurs aussi.

Gustave Le Vavasseur, Poésies fugitives : De vieux amis d’ailleurs il n’a point pénurie : Le fidèle Toutain, sieur de la Mazurie, Gentilhomme de nom, poète de renom, Redit les vers géants de son Agamemnon ; À la rime française il tâche de soumettre Tantôt le vers phaleuce et tantôt l’hexamètre ; Puis ils s’en vont tous deux, Toutain et Vauquelin, Près de l’Orne, évoquant le souvenir du Clain, Donner, houlette en main, à toute la contrée, Au bois de Philérème, un avant-goût d’Astrée. Anne de Bourgueville, en femme qu’elle était, Grondait, baissait parfois les yeux, mais écoutait.

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